‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 47 sur 535 · TRENTE-QUATRIÈME GENRE · texte numérisé non relu

TRENTE-QUATRIÈME GENRE

LES AMMODYTES.

Une nageoïre de l'anus ; celle de la queue séparée de la nageoire de l’anus et de celle du dos ; La tête comprimée et plus étroile que le corps ; la lèvre supérieure double : la mächoire inférieure élroile et pointue ; le corps très-allonge.

CARACTÈRE

| La nageoire de la queue, fourchue.

ESPÈCE

L'AMMODYTE APPAT.

L'AMMODYTE APPAT.

Ammodytes tobianus.—Ammodytes alliciens, Lacep. 7.

On n’a encore inscrit que cette espèce dans le genre de l’ammodyte : elle a beaucoup de rapports avec l’anguille , ainsi qu'on a pu en juger par la seule énonciation des caractères distinctifs de son genre; et comme elle a d’ailleurs l'habitude de s’enfoncer dans le sable des

4 Sul, en Norvése. — Sandspiring, en Allemagne. — Saud-eel, launce, Grig, Qt son jeune äge, en Angigterre. — Lançon, sur plus. côtes de France. Tolis, en Suël jet en Danemarck.— Ammodyte appät de vase, Daubenton, Enc. méth.— 1d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Ammodytes, Artedi, gen. 16, spec. 55, syn. 29. — Gronov., Z00ph., p.115, n. 404; Mus. 4, p. 15, n. 35. — Faun. Suecic. 502. — It. Scan. 441.— It. Oel. 87.— Mus. Adol. Frid, 4, p.75.— Bloch, pl.75, fig. 2. — Piscis sandilz dicius, Salv., Aquat.. p.69, b, et 70, b. — Sandils Anglorwm, Aldrov., Pisc., p.252, 254. — £andilz, Jonston, Pisc., p. 90, tab. 21, fig. 1. — Sandels or launce, Rai, Pise., p. 58. n. 165, tab. 44, fig. 12.— Sandlaunce, Brit. Zool. 5, p. 156, n. 65, pl. 25.—Tobis, sandaai, Fisch. naturg. Liell., p. 114. — Anguille de sable, Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat. — Tobianus, Schonev., p.76. — Ammocætus, exocælus marinus, ammodytes. Gesnér, germ., fol. 59. — Ammodyles Gesneri, Willughby, p. 415. — Ammodytes Anglorum verus, Jago (in Raï, syn.), p. 165. — Anguilla de arena, Charl., p. 146. — Ammodyles 1obtanus, Ascague, pl. 1.

2 Nos côtes produisent deux espèces d'ammodytes qui cnt été longtemps confondues : 4° le lançon (4. tobianus , BL) à mâchoire inférieure très-pointue et maxillaires longs avec le pédicules des intermaxillaires très-couris, et à nageoire dor« sale, commencant vis-à-vis la fin des pectorales ; 2° l'équille (4. lancea, Penn.) à maxillaires plus courts, pédicules des intermédiaires plus longs, et à nageoire dorsale commencant vis-à-vis le milieu des pectorales.— Ils sont éxalement com-

| ag sur nos cÔtcs. Cuy., Reg. anim, t. Il, p. 560, 2* édit, D,

mers, elle a été appelée Anguille de sable en Suède, en Danemarck, en Angleterre, en Allemagne , en France, et a recu le nom générique d'Ammodyte, lequel désigne un animal qui plonge, pour ainsi dire, dans le sable. Sa tête comprimée, plus étroite que le corps, et pointue par devant, est l'instrument qu'elle emploie pour creuser la vase molle , et pénétrer dans le sable des rivages jusqu’à la profondeur de deux décimètres ou environ. Elle s’enerre ainsi par une habitude semblable à l’une de celles que nous avons remarquées dans l’anguille, à laquelle nous venons de dire qu’elle ressemble par tant de traits ; et deux causes la portent à se cacher dans cet asile souterrain : non-seulement elle cherche dans le sable les dragonneaux et les autres vers dont elle aime à se nourrir, mais encore elle tâche de se dérober dans cette retraite à la dent de plusieurs poissons voraces , et particulièrement des scombres, qui ta préfèrent à toute autre proie. De petits cétacées même en font souvent leur aliment de choix; et on a vu des dauphins poursuivre l'ammodyte jusque dans le limon du rivage, retourner lesable avec leurmuseau, ety fouiller assez avant pour déterrer et saisir le faible poisson. Ce goût très-marqué des scombres et d’autres grands osseux pour cet ammodyte le fait employer comme appât dans plusieurs pêches; et voilà d’où vient le nom spécifique que nous lui avons conservé.

C’est vers le printemps que la femelle dépose ses œufs très-près de la côte. Mais nous avons assez parlé des habitudes de cette espèce : voyons rapidement ses principales formes.

Sa mâchoire inférieure est plus avancée que la supérieure ; deux os hérissés de petites dents sont placés auprès du gosier ; la langue est allongée, libre en grande partie, et lisse; l'orifice de chaque narine est double; les yeux ne sont pas voilés par une peau demi-transparente, comme ceux de l’anguille. La membrane des branchies est soutenue par sept rayons ‘; l’ouverture qu’elle ferme est très-grande; et les deux branchies antérieures sont garnies , dans leur concavité, d’un seul rang d'apophyses, tandis que les deux autres en présentent deux rangées. On voit de chaque côté du corps trois lignes latérales ; mais au moins une de ces trois lignes paraît n’indiquer que la séparation des

4 À la nageoire du dos 60 rayons, à chaque nageoire pecorale 12, à la nageoire de l'anus 38, à celle de la queue 16.

muscles. Les écailles qui recouvrent l’ammodyte appât sont très-petites ; la nageoire dorsale est assez haute, et s'étend presque depuis la tête jusqu’à une très-petite distance de l’extrémité de la queue, dont l'ouverture de l'anus est plus près que de la tête.

Le foie ne paraît pas divisé en lobes ; un Cœæcum ou grand appendice est placé auprès du pylore; le canal intestinal est grêle, long et contourné, et la surface du péritoine parsemée de points noirs.

On compte ordinairement soixante-trois vertèbres avec lesquelles les côtes sont légèrement articulées; ce qui donne à l’animal la facilité de se plier en différents sens, et même de se rouler en spirale, comme une couleuvre. Les intervalles des muscles présentent de petites arêtes qui sont un peu appuyées contre l’épine du dos. La chair est peu délicate.

La couleur générale de l’'ammodyte appât est d’un bleu argentin, plus clair sur la partie ine férieure du poisson que sur la supérieure. On voit des raies blanches et bleuâtres placées alternativement sur l'abdomen; et une tache brune se fait remarquer auprès de l’anus.

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