HOMMAGE D'AMOUR , DE RECONNAISSANCE, ET DE DOULEUR'ÉTERNELLE
vives. C’est auprès de son lit de douleur que j'ai écrit une grande partie de l'Histoire des poissons. Que cet ouvrage renferme l'expression de ma tendresse, de mon estime, de ma reconnaissance : je l'offre, cette expression, à la sensibilité profonde qui répand un si grand charme sur mes jours; à la bonté qui fait le bonheur de tous ceux qui l’entourent; aux vertus qui ont, en secret, séché les larmes de tant d'infortunés ; à cet esprit supérieur qui craint tant de se montrer, mais qui m'a accordé si souvent des conseils si utiles ; au talent qui a mérité les suffrages du public ‘ ; à la douceur inaltérable, à la patience admirable avec laquelle elle supporte la longue et cruelle maladie qui la tourmente encore ?. Quelle que soit la destinée de mes écrits, je suis tranquille sur la durée de ce témoignagne de mes sentiments; je le confie au cœur sensible des naturalistes ; le nom d’Anne- Caroline Hubert-Jubé Lac£PèDe leur sera toujours cher.Que le bonheur soit la récompense de leur justice envers elle, et de leur bienveillance pour son époux !
Le mugilomore Anne - Caroline a la tête allongée, comprimée et déprimée ; un sillon assez large s'étend longitudinalement entre les yeux ; l'ouverture de la bouche est grande; les deux côtés de la carène intérieure de la mâchoire d’en bas forment, en seréunissant, un angle obtus ; la langue est épaisse , osseuse et unie; les yeux sont très-grands; l'iris est couleur d’or; la ligne latérale se dirige parallèlement au dos; toutes les nageoires sont accompagnées d’une membrane adipeuse, double, longue, égale dans la dorsale et dans l’anale , inégale dans ies pectorales et dans les ventrales. Les trente-quatre rayons de la membrane branchiale sont égaux.
La longueur ordinaire du poisson est de deux pieds; la hauteur, de quatre pouces ; la largeur ou épaisseur, d’un pouce et demi à deux pouces.
Ce mugilomore se trouve dans la mer qui baigne les côtes de la Caroline. Le goût de sa chair est très-agréable ©.
1 Pendant la vie de son premier mari, M. Gauthier, homme de lettres très-estimable, auteur d'/nés et Léonore, que l'on joua avec succés sur le théâtre Favart, de plusieurs articles du Dictionnaire des sciences, de quelques parties de l'Histoire universelle , etc., elle publia, sous le nom de madame G..…, un roman intitulé Sophie, ou Mémoires d'une jeune Religieuse, et dédié à la princesse douairière de Lœwenstein.
2 Le 16 brumaire, an {1 de l'ère française.
8 34 rayons à la membrane branchiale du mugilomore