DEUX CENT QUATRIEME GENRE
LES POLYNÈMES ‘.
Des rayons libres auprès de chaque pectorale; la têle revélue de petites écailles; deux nageoires dorsales.
PREMIER SOUS-GENRE
Lu nageoire de la queue, fourchue, ou échancrée en croissant.
CARACTÈRES
Huit rayons aiguillonnés à la premiere nageoire dn dos; un rayon aiguillonné et treize rayons arli-
LA culés à la seconde; trois rayons
Le POLYNÈME EMOI aiguillonnés et onze rayons arti-
- culés à la nageoire de l'anus; cinq rayoos libres auprès de chaque pectorale.
Sept rayons à la première dorsale; seize à la seconde ; deux rayons aiguillonnés et vingt-huit rayons articulés à l'anale; cinq rayons jure auprès de chaque pectorale.
ESPÈCES
LE nu PENTA- DAUTYLE.
Sept rayons aiguillonnés à la première nageoire du dos; un rayon aisuillonné et quatorze rayons arliculés à la seconde; un rayon aiguillonné et quatorze rayons articulés à l'anale; le museau conique ; la ligne latérale terminée au lobe inférieur de la nageoire de la queue ; cinq rayons Li auprès de chaque pectorale,
LE PouNÈnE RAYÉ.
{ Huit rayons à la première dorsale ; treize à la seconde; seize à la nageoire de l'anus ; sept rayons libres auprès de chaque pectorale.
Huit rayons à la première nageoire du dos ; un rayon aiguillonné et treize rayons articulés à la seconde ; deux rayons aiguillonnés et onze rayons articulés à l'anale ; dix rayons libres auprès de chaque pectorale.
LE POLYNÈME PARADIS.
dE LE POLYNÈME DECADAC- TYLE,
SECOND SOUS-GENRE
La nagcoire de la queue, rectiligne, au arrondie, ou lancéolée, el sans échancrure.
Sept rayons à la première dorsale; un rayon aiguillonné et douze rayons articulés a la seconde ;
6. deux rayons aiguillonnés et qua- && POLYNÈME MANGO. torze rayons articulés à la nageoire de l'anus; la caudale lancéolée; sept rayons libres auprès | de chaque pectorale.
{ Le genre POLYNÈME , conservé par M. Cuvier, est placé par lui dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes, et il supprime le genre POLYDAGTYLE, comme fondé sur une espèce de véritable polynème. Les six Polynèmes de M. de Lacépède et son Polydactyle Plumier se rapportent à quatre seulement des espèces admises par M. Cuvier, savoir : Le Polynéme Émoi et le P. rayé , au POLYNÈME PLEBÉIEN ; le Polynéme pentadactyle et le P. Paradis (Séba), au POLy- NÈME À LONGS FILETS; le Polynème décadactyle, au Po- LYNÈME À DIX BRINS ; le Polynème Mango et le P. Plumier, au POLYNÈME D'AMÉRIQUE. D.
LE POLYNÈME ÉMOI *,
Polynemus plebieus, Brouss., Cuv., Lac.; Polynemus lineatus, Lac.; Polynemus Sele, Buchan. 2.
Le Polynème pentadactyle 5, Polynemus longifilis, Guv. : Polynemus quinquarius, Lin. Gmel.; Paradisea piscis Edwards; Pentanemus , Sébas Polynemus paradiseus ? Lion., Gmel. 4, — P. rayé 5, Polynemus plebeius, Brouss., Cuv.; Polynemus lineatus, Lac.f. — P. Paradis? , Polynemus longifilis, Cuv.; Polynemus Paradiseus, Linn., Gmel., Lacep.; Polynemus plebeius et Pol. quinquarius, Linn., Gmel., Lac.; Pentanemus, Séba; Paradiseus Piscis Edwards #. — P. décadactyle*, Polynemus decadactylus. BI., Cuv., Lac. 10, — P. Mango !!, Polynemnsamericanus, Cuv.; Polynemus virginicus, Linn.? Polynemus Mango et Polydactylus Plumieri, Lacep.; Polynemus Paradiseus, BI. 42,
Nous conservons au premier de ces polynèmes le nom d’Émoi ; ila été donné à ce poisson par les habitants de l’ile d'Otahiti, dont il fréquente les rivages. Il est doux ; il retrace des souvenirs touchants ; il rappelle à notre sensibilité ces îles fortunées du grand Océan équinoxial, où la nature a tant fait pour le bonheur de J’homme, où notre imagination se hâte de chercher un asile, lorsque, fatigués des orages de la vie, nous voulons oublier, pendant quel-
1 Peire royal, par les Portugais de la côte de Malabar. — Kalamin, par les Tamulaines. — /d. Broussonnet, Ichth. fascic. 4, tab. 8. — Polynéme émoi. Bounaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 400.
* M. Cuvier réunit dans cette espèce le Polynéme emot de Broussonnet, adopté par M. Lacépède , et le Polynème rayé de ce dernier, fondé sur une figure de Commerson. D.
5 Polynéme pentadactyle. Daubenton et Haüy, Enc. métb. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth, — Gronov, Mus. 1, n. 74. — Pentanemus. Séba, Mus. 5, tab. 27, fig. 2.
4 La véritable synonymie de cette espèce, selon M. Cuvier, est la suivante : Séba, t. IL, pl. 27, fig. 2; Edwards, pl. 208; Polynemus quinquarinus, et Pol. paradiseus, Gmel. — Le Polynemus paradiseus de Bloch, pl. 42, est un tout autre poisson, le même que le virginieus de Liunée ou que le POLYDACTYLE de M. de Lacépède. D.
5 « Polynemus cirris pectoralibus quinque ad anum vix « attingentibus, » Commerson, manuscrits déjà cités.
5 Ge poisson est le même que le Polynème émoi de cet article. 11 n'est fondé que sur la description d'une figure de Commerson. D.
1 Polynéme poisson de paradis. Daubenton et Hay, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc, méth. — Bloch, pl. 402. — Paradisea piscis. Edw. Av. 208, tab, 208.
“Ce poisson est le même que le Polynème pentadactyle. seulement la figure de Bloch, pl. 402, ne s y rapporte pas: elle représente le Polynemus virginicus de Lionée, ou le POLYDACTYLE de M. de Lacépède. D.
* Polynemus decadactylus , Polynème camus. Blocn, pl. 401.
40 Du genre POLYNÈME, Cuv. Famille des Acanthoptérygienspercoïdes. D
M4 Polynème mango. Daubentonetllaüy, Enc. méth.— /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth,
43 Cette espèce ne diffère pas du POLYDAGTYLE PLUMIER décrit ci-apres. Ce poisson se rapporte à la pl. 402 de Block. citée à tort par M. de Lacépède cormme appartenant à son Polynème paradis, sui n'est autre que le Pentadactyle, De
ques moments, les effets funestes des passious qu'une raison éclairée n’a pas encore calmées, des préjugés qu’elle n’a pas détruits, des institutions qu’elle n’a pas perfectionnées. Et qui doit mieux conserver un nom consolateur, que nous, amis dévoués d’une science dont le premier bienfait est de faire naître ce calme doux, cette paix de l’âme, cette bienveillance aimante, auxquels l'espèce humaine pourrait devoir une félicité si pure? La reconnaissance seule aurait pu nous engager à substituer au nom d’Emoi celui de Broussonnet. Mais quel zoologiste ignore que c’est à ce savant que nous devons la connaissance du polynème émoi ?
Les côtes riantes de l’île d'Otahiti, celles de l'île Tanna , et de quelques autres îles du grand Océan équinoxial, ne sont cependant pas les seuls endroits où l’on ait pêché ce polynème : on le trouve en Amérique, particulièrement dans l'Amérique méridionale; il se plaît aussi dans les eaux des Indes orientales ; on le rencontre dans le golfe du Bengale, ainsi que dans les fleuves qui s’y jettent; il aime les eaux limpides et les endroits sablonneux des environs de Tranquebar. Les habitants de Malabar le regardent comme un de leurs meilleurs poissons ; sa tête est surtout pour eux un mets très-délicat. On le marine, on le sale, on le sèche, on le prépare de différentes manières, au nord de la côte de Coromandel, et principalement dans les grands fleuves du Godaveri et du Krisehna. On le prend au filet et à l’hamecon. Mais comme il a quelquefois plus de quatre pieds et demi de longueur , et qu’il parvient à un poids très-considérable , on est obligé de prendre des précautions assez grandes pour que la ligne lui résiste lorsqu'on veut le retirer. Le temps de son frai est plus ou moins avancé, suivant son âge, le climat, la température de l’eau. 11 se nourrit de petits poissons, et il les attire en agitant les rayons filamenteux placésauprès deses nageoires pectorales, comme d’autres habitants des mers ou des rivières trompent leur proie en remuant avec ruse et adresse leurs barbillons semblables à des vers.
Sa tête est un peu allongée et aplatie, chacune de ses narines a deux orifices; les yeux sont grands et couverts d'une membrane; le museau est arrondi; la mâchoire supérieure plus avancée que celle d'en bas; chaque mâchoire garnie de petites dents ; le palais hérissé d’autres dents très-petites ; la langue lisse ; la ligne laté-
rale droite ; une grande partie de la surface des nageoires revêtue de petites écailles ; la couleur générale argentée ; le dos cendré; les pectorales sont brunes, et parsemées, ainsi que le boré des autres nageoires, de points très-foncés.
Il est bon de remarquer que l'on a trouvé dans les couches du mont Bolca, près de Vérone ‘, des restes de poissons, qui avaient appartenu à l'espèce de l’émoi ?.
Le polynème pentadactyle habite en Amérique.
Lerayé, dontles naturalistes ignorent encore l'existence, a été décrit par Commerson. Sa longueur ordinaire est d’un pied et demi ou environ. Ses écailles sont faiblement attachées. Sa couleur est argentine, relevée, sur la partie supérieure de l'animal, par des teintes bleuâtres; les pectorales offrent des nuances brunâtres. Une douzaine de raies longitudinales et brunes augmentent de chaque côté, par le contraste qu'elles forment, l’éclat de la robe argentée du polynème. Le museau, qui est transparent, s’avance au delà de l'ouverture de la bouche. La mâchoire inférieure s’emboîte, pour ainsi dire, dans celle d’en haut. On compte deux orifices à chaque narine. On voit de petites dents sur les deux mâchoires, sur deux os et sur un tubercule du palais, sur quatre éminences voisines du gosier , sur les ares qui soutiennent les branchies. Les yeux sont comme voilés par une membrane, à la vérité, t msparente. Deux lames , dont la seconde est Lordée d’une membrane, du côté de la queue, composent l’opercule. Les cinq rayons libres, ou filaments placés un peu en dedans.et au-devant de chaque pectorale, ne sont pas articulés, et s'étendent, avec unedemi-rigidité, jusqu'aux nageoires ventrales. Cinq ou six écailles, situées dans la commissure supérieure de chaque pectorale ; forment un caractère particulier. La seconde dorsale et l’anale sont échancrées Ÿ.
4 Ichthyolithologie des environs de Vérone, par le comte de Gazola, etc.
2 Voyez notre Discours sur la durée des espèces.
57 rayous à la membrane brauchiale du polynème émoi, 12 à chaque pectorale , { rayon aiguillonné et 5 rayons articulés a chaque ventrale, 22 rayons à la nageoire de la queue. — 3 rayops à la membraue des branchies du polynème pentadactyle, 16 à chaque pectorale, 4 rayon aiguillonné et % rayons articulés à chaque ventrale, 17 rayons à la caudale.— 7 rayons à la membrane branchiale du polynème rayé, 17 à chaque pectorale, 6 à chaque ventrale, dont les deux rayons intérieurs sont joints d'une manière particulière, 48 à la caudale, dont le lobe supérieur est un peu plus avancé que l'inférieur, — 5 rayons à la membrane des branchies du pa-
DES POISSONS
Le polynème rayé est apporté, pendant presque toute l'année, au marché de l’îte Maurice.
Celui qu’on a nommé Paradis a deux orifices à chaque narine; les mâchoires garnies de pelites dents; la langue lisse; le palais rude; la pièce antérieure de l’opercule dentelée ; le dos bleu ; les côtés et le ventre argentins ; les nageoires grises; une longueur considérable; la chair très-agréable au goût; l’habitude de se nourrir de crustacées et de jeunes poissons ; les parages de Surinam , des Antilles et de la Caroline pour patrie.
Le devant du museau assez aplali pour présenter une face verticale ; les yeux très-grands ; la mâchoire inférieure plus étroite, moins avancée, moins garnie de petites dents que la mâchoire d’en haut; la langue unie et dégagée; l’orifice unique de chaque narine ; les articulations des rayons libres ; l’inégalité de ces rayons, dont cinq de chaque côté sont courts, et cinq sont allongés ; la grandeur et la mollesse des écailles, l’argentin des côtés, le brun du dos et des nageoires, la bordure brune de chaqueécaille, peuvent servir à distinguer le décadactyle qui fait son séjour dans la mer de Guinée, qui remonte dans les fleuves, pour y frayer sur les basfonds, que l’on pêche au filet et à la ligne, qui devient assez grand et qui est très-bon à manger.
Le polynème mango a l'opercule dentelé, le premier rayon de la première dorsale très-court, la caudale large. C’est dans les eaux de l’Amérique qu'il a été péché,