‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 483 sur 535 · LA CLUPÉE RAIE- D'ARGENT · texte numérisé non relu

LA CLUPÉE RAIE- D'ARGENT

LA CLUPÉE APALIKE,

dos; trente-deux à l’anale ; sept à chaque ventrale; la caudale fourchue; la mâchoire inférieure moins avancée que celle d’en haut; les os de la lèvre supérieure terminés par un filament,

Dix-sept rayons à la dorsale ; trentequatre à l’anale; sept à chaque ventrale ; la caudale fourchue ; la mâchoire d'en bas plus avancée que celle d'en haut; deux dents longues et dirigées en avant au bout de la mächoire supérieure,

LA CLUPÈE BELAME.

mn.

LA CLUPÉE DORAB.

Huit rayons à la nageoire du dos ; trente-huit à celle de l’anus; sept à chaque ventrale; la caudale fourchue ; la mâchoire inférieure courbée vers le haut,

Quatorze rayons à la nageoire du dos ; trente à celle de l'anus; sept à chaque ventrale; la caudale fourchue ; la mâchoire inférieure moins avancée que la supérieure ; un lubereule à l'extrémité du museau ; une tache rouge à la commissure supérieure de chaque pectorale. £

Une tache noire de chaque côté du corps; toules les nageoires jaunes.

/ Sept rayons aiguillonnés et dixsept rayons articulés à la nageoire du dos; deux rayons aiguillonnés et quatorze rayons articulés à celle de l'anus; un rayon aiguillonné et cinq rayons articulés à chaque ventrale; la caudale fourchue; le premier rayon de la nageoïre du dos, ter miné par un long filament ; les deux mächoires presque également avancées ; des bandes transversales depuis le sommet du dos jusqu’à la ligne latérale; des taches pelites et arrondies au-dessous de celle ligne,

LA CLUPRE MALABAR.

LA CLUPÉE TUBERCU- LEUSE.

LA CLUPÉE CHRYs0- PTÈRE.

La CLUPÉE A BANDES.

DES POISSONS

ESPÈCES. CARACTÈRES

YVouze ou treize rayons à la dorsale; onze ou douze à l’anale ; 16 celte nageoire de l’anus à une CE D égale distance des ventrales et CLUPÉE MACROCÉ de la caudale ; la caudale four- PHALE.

chue; la longueur de la tèle égale au moins au sixième de la longueur lotale.

-A nageoire de la queue , rectiligne, ou arrondie, ou lancéolée, et sans échancrure.

Vingt-six rayons à la nageoire du dos ; vingl-six à celle de l'anus; six à chaque ventrale; la dorsale el l'anale longues et voisines de la nageoire de la queue; la caudale lancéolée,

£a CLUPÉE DES TROPI- QUES.

LA CLUPÉE HARENG!.

Clupea Harengus, Linn., Gmel., BI., Lac., Cuv. ?.

Honneur aux peuples de l’Europe qui ont vu dans les légions innombrables de harengs que chaque année amène auprès de leurs rivages, un don précieux de la nature!

Honneur à l’industrie éclairée qui a su, par des procédés aussi faciles que sûrs, prolonger la durée de cette faveur maritime, et l’étendre jusqu’au centre des plus vastes continents !

Honneur aux chefs des nations, dont la toutepuissance s’est inclinée devant les heureux in-

venteurs qui ont perfectionné l’usage de ce bienfait annuel !

Que la sévère postérité, avant de prononcer son arrêt irrévocable sur ce Charles d'Autriche, dont le sceptre redouté faisait fléchir la moitié de l’Europe sous ses lois, rappelle que, plein de reconnaissance pour le simple pêcheur dont

1 Heering Strohmling (quand il vient de la Baltique; Büchling (quand il est fumé), en Allemagne.— Strimmalas, Silk, Konn, Keng, en Livonie. — Bectschutsch, au Kamis- <hatka. — Sill (quand il est gros) ; Stroming (quand il est petit), en Suède. — Sild, Quale sild, Grabeen sild (quand il est gros); Stromling (quand il est petit), en Danemarck. = Straale-sild, Quaale sild, en Norvège.— Kapiselikan, dans le Groenland. — Hareng, en Hollande. — Herring, en Angleterre. — Clupe haring. Daubenton et Haüy, Enc. métb. — Id. Bonnaterre, pl. de l’Enc. méth. Bloch, pl. 29, fig. 1.— Faun. Suecic. 315, 317. — Fabric. Faun. Groenland. 482. — « Clupea maxillà inferiore longiore, maculis nigris « carens. » Arledi, gen. 7, spec. 37. syn. 44. — Harengus, Gesner (Francf.), p. 408 et 486 ; et Germ. f. 5. — Id. Schon6V., p. 36, 37. — Id. Johnston, liv. 4, tit. 4, C. 4, a. 3,t.4, L 6; et Thaumat., p. M6. — Id. Willughby, p. 219. — Id. Ral, p. 103. — Harengus flandricus, Aimov., 1. 4, t, 10, p. 294. — Hareng. Rondelet, part. 4, 1.7, c. 43. — Gronov. Mus. 1.4, p. 5, n.21.— Brit. Zool. 3, p.284, n, 4, 1.47. — Hareng. Valmont de Bomare, Dict. d’hist. nat,

3 Du sous-genre des HARENGs proprement dils, dans le grand genre HAREenG famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens abdominaux. D.

l'habileté dans l’art de pénétrer le hareng de sel marin avait ouvert une des sources les plus abondantes de prospérité publique, il déposa l’orgueil du diadème, courba sa tête victorieuse devant le (tombeau de Guillaume Deukelzoon, er rendit un hommage public à son important découverte.

Et nous, Français, n'oublions pas que si un pêcheur de Biervliet a trouvé la véritable manière de saler et d’encaquer les harengs, c’est à nos compatriotes les habitants de Dieppe que l’on doit un art plus utile à la partie la plus nombreuse et la moins fortunée de l’espèce kumaine, celui de le fumer.

Le hareng est une de ces productions naturelles dont l'emploi décide de la destinée des empires. La graine du caféier, la feuille du thé, les épices de la zone torride, le ver qui file la soie, ont moins influé sur les richesses des na— tions, que le hareng de l'Océan Atlantique. La luxe ou le caprice demandent les premiers : la besoin réclame le hareng. Le Batave en a porté la pêche au plus haut degré. Ge peuple, qui avait été forcé de créer un asile pour sa liberté, n'aurait trouvé que de faibles ressources sur son territoire factice : mais la mer lui a ouvert ses trésors ; elle est devenue pour lui un champ fertile, où des myriades de harengs ont présenté à son activité courageuse une moisson abondante et assurée. Il a, chaque année, fait partir des flottes nombreuses pour aller le cueillir. Il à vu dans la pêche du hareng la plus importante des expéditions maritimes ; il l'a surnommée la grande péche ; il Va regardée comme ses mines d'or. Mais au lieu d’un signe souvent stérile , il a eu une réalité féconde ; au lieu d voir ses richesses arrosées des sueurs, des larmes, du sang de l’esclave, il les a reçues de l’auddte de l'homme libre; au lieu de précipiter sans cesse d’infortunées générations dans les gouffres de la terre, il a formé des hommes robustes, des marins intrépides , des navigateurs expérimentés, des citoyens heureux.

Jetons un coup d'œil sur ces grandes entreprises, sur ces granles manœuvres, sur ces grandes opérations; eer qui mérite mieux Île nom de grand, que ce qui donne à un peuple sa nourriture, son commerce , sa force, son habileté, son indépendance et sa vertu ?

Disons seulement auparavant que tout.le monde connaît trop le hareng, pour quenous devions décrire toutes ses parties,

On sait que ce poisson a la têle petite, l'œil grand ; l'ouverture de la bouche courte; la langue pointue et garnie de dents déliées; le dos épais; la ligne latérale à peine visible; la partie supérieure noirâtre ; l’opercule distingué par une tache rouge ou violette; les côtés argentins ; les nageoires grises ; la laite ou l'ovaire double; la vessie natatoire simple et pointue à ses deux bouts ; l'estomac tapissé d’une peau mince; le canal intestinal droit, et par conséquent trèscourt ; le pylore entouré de douze appendices; soixante-dix côtes; cinquante-six vertèbres.

Son ouverture branchiale est très-grande; il n’est donc pas surprenant qu’il ne puisse pas la fermer facilement quand il est hors de l’eau, et qu’il périsse bientôt par une suite du desséchement de ses branchies !.

Il à une caudale très-haute el très-longue ; il a reçu par conséquent une large rame; et voilà pourquoi il nage avec force et vitesse ?.

Sa chair est imprégnée d’une sorte de graisse qui lui donne un goût très-agréable, et qui la rend aussi plus propre à répandre dans l'ombre une lueur phosphorique. La nourriture à laquelle il doit ces qualités consiste communément en œufs de poisson, en petits crabes et en vers. Les habitants des rivages de la Norvège ont souvent trouvé ses intestins remplis de vers rouges qu’ils nomment Aoë-aat. Cette sorte d’aliment contenu dans le canal intestinal des barengs fait qu’ils se corrompent beaucoup plus vie si l’on tarde à les saler après les avoir péchés : aussi, lorsqu'on croit que ces poissons ont avalé de ces vers rouges, les laisse-t-on dans l'eau jusqu’à ce qu'ils aient achevé de les digérer,

On a cru pendant longtemps que les harengs se retiraient périodiquement dans les régions du cercle polaire; qu’ils ycherchaïentannuellement, sous les glaces des mers hyperboréennes, un asile contre leurs ennemis, un abri contre les rigueurs de l'hiver; que, n’y trouvant pas une nourriture proportionnée à leur nombre prodigieux, ils envoyaient, au commencement de chaque printemps, des colonies nombreuses vers des rivages plus méridionaux de l’Europe ou de l'Amérique. On a tracé la route de ces légions errantes. On à cru voir ces immenses tribus se diviser en deux troupes, dont les innombrables détachements couvraient au loin Ja sur-

12 Discours sur la nature des poissons

face des mers, ou en traversaient les couches supérieures. L'une de ces grandes colonnes se pressait autour des côtes de l'Islande, et, se ré= pandant au-dessus du banc fameux de Terre- Neuve, allait remplir les golfes et les baies du continent américain ; l’autre, suivant des directions orientales, descendait le long de la Norvège, pénétrait dans la Baltique, ou, faisant le tour des Orcades, s’avançait entre l'Écosse et l'Irlande, cinglait vers le midi de cette dernière île, s’étendait à l’orient de la Grande- Bretagne , parvenait Jusque vers l'Espagne, et occupait tous les rivages de France, dela Batavie et de l'Allemagne, qu'arrose l'Océan. Après s'être offerts pendant longtemps, dans tous ces parages, aux filets des pêcheurs, les barengs voyageurs revenaient sur leur route, disparaissaient, et allaient regagner leurs retraites boréales et profondes.

Pendant longtemps, bien loin de révoquer en doute ces merveilleuses migrations, on s’est efforcé d’en expliquer l'étendue, la constance, et le retour régulier; mais nous avons déjà annoncé, dans notre Discours sur la nature des poissons, et dans l’histoire du scombre maquereau, qu'il n’était plus permis de croire à ces grands et périodiques voyages. Bloch, et M. Noël de Rouen, ont prouvé, par un rapprochement très-exact de faits incontestables, qu'il était impossible d'admettre cette navigation annuelle et extraordinaire. Pour continuer d’y croire, il faudrait rejeter les observations les plus sûres, d'après lesquelles il est hors de doute qu’il s'écoule souvent plusieurs annees sans qu’on voie des harengs sur plusieurs des rivages principaux indiqués comme les endroits les plus remarquables de la route de ces poissons ; qu’auprès de beaucoup d’autres prétendues stations de ces animaux, on en pêche pendant toute l’an née une très-grande quantité; que la grosseur de ces osseux varie souvent, selon la qualité des eaux qu'ils fréquentent, et sans aucun rapporé avec la saison, avec leur éloignement de leur asile septentrional , ou avec la longueur de l’espace qu’ils auraient dû parcourir depuis leur sortie de leur habitation polaire; et entin qu’aueun signe certain n’a jamais indiqué leur rentrée régulière sous les voûtes de glace des très-hautes latitudes.

Chaque année cependant les voit arriver vers les îles et les régions continentales de l’Amé- !rique et de l'Europe qui leur conviennent le

DES POISSONS

mieux, ou vers les rivages septentrionaux de l'Asie. Toutes les fois qu’ils ont besoin de chercher une nourriture nouvelle, et surtout lorsqu'ils doivent se débarrasser de leur laite ou de eurs œufs, ils abandonnent les fonds de la ner , soit dans le printemps, soit dans l'été, soit dans l’automne, et s’approchent des embouchures des fleuves et des rivages propres à leur frai. Voilà pourquoi la pêche de ces poissons n’est jamais plus abondante que lorsque leurs laites sont liquides , ou leurs œufs près de s’échapper. La nécessité de frayer n’étant pas cependant la seule cause qui les arrache à leurs profonds asiles , il n’est pas surprenant qu’on en prenne qui n’ont plus d’œufs ni de liqueur prolifique, ou dont la laite ou les œufs ne sont pas encore développés. On a employé différentes dénominations pour désigner ces divers états des harengs, ainsi que pour indiquer quelques autres manières d’être de ces animaux. On a nommé Harengs gais où Harengs vides , ceux qui ne montrent encore ni laite, ni œufs; Harengs pleins, ceux qui ont déjà des œufs ou de la laite; Harengs vierges, ceux dont les œufs sont mûrs, ou dont la laite est liquide ; Harengs à la bourse, ceux qui, ayant déjà perdu une partie de leurs œufs ou leur liqueur séminale, ont des ovaires, ou des enveloppes de laite semblables à une bourse à demi remplie; et Harengs marchaïs, œux qui, après le frai, ont repris leur chair, leur graisse, leurs forces et leurs principales qualités. Au reste, il est possible que les harengs fraient plus d’une fois dans la même année.

Le temps de leur frai est du moins avancé ou retardé, suivant leur âge et leurs rapports avec le climat qu’ils habitent. C’est ce qui fait que, dans plusieurs parages , des harengs de grandeur semblable ou différente viennent successivement pondre des œufs ou les arroser de leur laite, et que pendant près de trois saisons, on ne cesse de pêcher de ces poissons pleins et de ces poissons vides. Par exemple, vers plusieurs rivages de la Baltique, les Zarengs du printemps fraient quand la glace commence à fondre, et continuent jusqu’à la fin de la saison dont ils portent le nom. Viennent ensuite les plus gros harengs, que l’on nomme ÆHarengs d'été, et qui sont suivis par d’autres, que l’on distingue par la dénomination de Harengs d’automne.

Mais, à quelque époque que les poissons dont nous écrivons l’histoire quittent leur séjour d’hi-

ver, ils paraissent en troupes, que des mâles isolés précèdent souvent de quelques jours , et dans lesquelles il y a ordinairement plus de màles que de femelles. Lorsque ensuite le frai commence, ils frottent leur ventre contre les rochers ou le sable, s’agitent, impriment des mouvements rapides à leurs nageoires, se mettene tantôt sur un côté et tantôt sur un autre, aspi rent l’eau avec force et la rejettent avec viva cité.

Les légions qu'ils composent dans ces temps remarquables, où ils se livrent à ces opérations fatigantes, mais commandées par un besoin impérieux, couvrent une grande surface, et ce pendant elles offrent une image d'ordre. Les plus grands, les plus forts ou les plus hardis, se placent dans les premiers rangs, que l’on a compas rés à une sorte d'avant-garde. Et qu'on ne croie pas qu’il ne faille compter que par milliers les individus renfermés dans ces rangées si longues et si pressées. Combien de ces animaux meurent victimes des célacées, des squales, d’autres grands poissons, des différents oiseaux d’eau! et néanmoins combien de millions périssent dans les baies, où ils s’étouffent et s’écrasent, en se précipitant, se pressant, et s’entassant mutuellement contre les bas-fonds et les rivages ! com-— bien tombent dans les filets des pêcheurs! Il est telle pelite anse de la Norvège où plus de vingt millions de ces poissons ont été le produit d’une seule pêche : il est peu d'années où l’on ne prenne dans ce pays, plus de quatre cents millions de ces clupées. Bloch a calculé que les habitants des environs de Gothemhourg en Suède s’emparaient chaque année de plus de sept cents millions de ces osseux. Et que sont tous ces millions d'individus à côté de tous les harengs qu'amènent dans leurs bâtiments les pêcheurs du Holstein , de Mecklembourg , de la Poméranie , da la France, de l'Irlande, de l'Écosse, de l’Angleterre, des États-Unis , du Kamif{schatka , et principalement ceux de Hollande, qui, au lieu de les attendre sur leurs côtes, s’avancent au-devant d’eux, et vont à leur rencontre en pleine mer, montés sur de grandes et véritables flottes?

Ges poissons ne forment pour tant de peuples une branche immense de commerce, que depuis le temps où l’on a employé, pour les préserver de la corruption, les différentes préparations que l'on a successivement inventées et perfection nées. Avant la fin du quatorzième siècle , époque à laquelle Guillaume Deukelzoon, ce pi-

cheur célèbre de Biervliet en Flandre, dont nous avons déjà parlé, trouva l’art de saler les harengs , ces animaux devaient être et étaient en effet moins recherchés : mais, dès le commencement du quinzième siècle, les Hollandais employèrent à la pêche de ces clupées, de grands filets et des bâtiments considérables et allongés, auxquels ils donnent le nom de buys ; et, depuis ge même siècle, il y a eu des années où ils ont mis en mer {rois mille vaisseaux et occupé quatre eent cinquante mille hommes pour la pêche de ces osseux.

Les filets dont ces mêmes Hollandais se servent pour prendre les harengs ont de cinq à six cents pieds de longueur : ils sont composés de cinquante ou soixante nappes, ou parties distinctes. On les fait avee une grosse soie que l’on fait venir de Perse, et qui dure deux ou trois fois plus que le chanvre. On les noircit à la fumée, pour que leur couleur n’effraie pas les harengs. La partie supérieure de ces instruments est soutenue par des tonnes vides ou par des morceaux de liége; et leur partie inféricure est maintenue par des pierres ou par d’autres corps pesants, à la profondeur convenable.

On jette ces filets dans les endroits où une grande abondance de harengs est indiquée par la présence des oiseaux d’eau, des squales, et des autres ennemis de ces poissons, ainsi que par une quantité plus ou moins considérable de substance huileuse ou visqueuse que l’on nomme graissin dans plusieurs pays, qui s'étend sur la surface de l’eau au-dessus des grandes troupes de ces clupées, et qu’on reconnaît facilement lorsque le temps est calme. Cette matière graisseuse peut devenir, pendant une nuit sombre, mais paisible, un signe plus évident de la proximité d’une colonne de harengs, parce qu’étant phosphorique, elle paraît alors répandue sur la mer, comme une nappe un peu lumineuse, Cette dernière indication est d'autant plus utile, qu'on préfère lobseurité pour la pêche des harengs. Ces animaux, comme plusieurs autres poissons, se précipitent vers les feux qu’on leur présente; et on les attire dans les filets en les trompant par le moyen des lumières que lon place de la manière la plus convenable dans différents endroits des vaisseaux, ou qu'on élève sur des rivages voisins.

On prépare les harengs de différentes manières, dont les détails varient un peu, suivant les contrées où on les emploie , et dont les résultats sont plus ou moins agréables au goût et avan-

tageux au commerce, selon la nature de ces détails, ainsi que les soins, l'attention et l’expérience des préparateurs.

On sale en pleine mer les harengs que l’on trouve les plus gras et que l’on croit les plus sue« culents. On les nomme Âarengs nouveaux où Harengs verts, lorsqu'ils sont le produit de la pêche du printemps ou de l'été; et Harengs pecs ou pekels, lorsqu'ils ont été pris pendant Pautomne ou lPhiver. Communément ils sont fermes, de bon goût, très-sains, surtout ceux du printemps : on les mange sans les faire cuire, et sans en relever la saveur par aucun assaisonnement. En Islande et dans le Groenland, on se. contente, pour faire sécher les harengs, de les exposer à l'air, et de les étendre sur des rochers. Dans d’autres contrées, on les fume ou saure de deux manières : premièrement, en les salant très-peu, et ne les exposant à la fumée que pendant peu de temps, et en leur donnant ainsi une couleur dorée; et secondement, en les:salant beaucoup plus, en les mettant pendant un jour dans une saumure épaisse, en les enfilant par la tête à de menues branches, qu’on appelle aines, en les suspendant dans des espèces de cheminées que l'on nomme roussables , en faisant au-dessous de ces auimaux un feu de bois qu’on ménage de manière qu'il donne beaucoup de fumée et peu de flamme, en les laissant longtemps dans la rowssable, en changeant aïnsi leur couleur en une teinte très-foncée , et en les mettant ensuite dans des tonnes ou dans de la paille.

Cemme on choisit ordinairement des harengs très-gras pour ce saurage, on les voit, au milieu de l’opération, répandre une lumière phosphorique très-brillante, pendant que la substanee huileuse dont ils sont pénétrés s'échappe, tombe en gouttes lumineuses et imite une pluie de feu.

Enfin, la préparation qui procure particulièrement au commerce d'immenses bénéfices , est celle qui fait donner le nom de Æarengs blanes aux clupées harengs pour lesquelles on la employée.

Dès que les harengs dont on veut faire de:

Harengs blancs sont hors de la mer, on les ouvre, on en Ôte les intestins, on les met dans um saumure assez chargée pour que ces poissons j surnagent ; on les en tire au bout de quinze ot dix-huit heures ; on les met dans des tonnes ; @t les transporte à terre, on les y encaque de nou

SU, CRT ed qu]

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DES POISSONS

veau, on les place par lits dans les caques où tonnes qui doivent les conserver, et on sépare les lits par des couches de sel.

On a soin de choisir du bois de chêne pour les #nnes-ou caques, et de bien en réunir toutes es parties, de peur que la saumure ne se perde, * que les harengs ne se gâlent.

Cependant Bloch assure que les Norvégiens -e servent de bois de sapin pour faire ces tonnes, et que le goût communiqué par ce bois aux harengs fait rechercher davantage ces poissons dans certaines parties de la Pologne,

Lorsque la pêche des harengs a été très-abondante en Suède, et que le prix de ces poissons y baisse, on en extrait de l’huile, dont le volume s'élève ordinairement au vingt-deux ou vingttroisième de celui des individus qui l'ont fournie. On retire cette huile en faisant bouillir les harengs dans de grandes chaudières ; on la purifie avec soin, on s’en sert pour les lampes; et le résidu de l’opération qui l’a donnée est un des engrais les plus propres à augmenter la fertilité des terres.

Tant de soins n’ont pas été seulement l’effet de spéculations particulières : depuis longtemps plusieurs gouvernements, pénétrés de cette vérité importante, que lon ne peut pas avoir de marine sans matelots, ni de véritables matelots sans de grandes pêches, et voyant, d’un autre côté, que de toutes celles qui peuvent former des hommes de mer expérimentés et enrichir le commerce d’un pays, aucune ne peut être plus utile, ni peut-être même aussi avantageuse à la défense de l’État et à la prospérité des habitants que la pêche du hareng, ont cherché à la favoriser de manière à augmenter ses heureux résultats, non-seulement pour le présent, mais encore pour l’avenir. Des sociétés, dont tous les efforts devaient se diriger vers ce but important, ont été établies et protégées par le gouvernement, en Suède, en Danemarck, en Prusse. Le gouvernement hollandais surtout n’a jamais cessé de prendre à cet égard les plus grandes précautions. Redoublant perpétuellement de soins pour la vonservation d’une branche aussi précieuse de l'industrie publique et privée, il a multiplié depuis deux siècles, et varié, suivant les circonstances, les actes de sa surveillance attentive pour le maintien, a-tl toujours dit, du grand commeree et de la principale mine d’or de sa patrie. N a donné, lorsqu'il l’a jugé nécessaire, un prix considérable pour chacun des vaisseaux

5ôi employés à la pêche des harengs. I a désiré que l’on ne cherchât à prendre ces poissons que dans les saisons où leurs qualités les rendent, après leurs différentes préparations, d’un goût plus agréable et d’une conservation plus facile. Il a voulu principalement qu’on ne nuisît pas à l'abondance des récoltes à venir, en dérangeant le frai des harengs, ou en retenant dans les filets ceux de ces osseux qui sont encore très-jeunes. En conséquence, il a ordonné que tout matelot et tout pêcheur seraient obligés, avant de partir pour la grande péche, de s'engager par serment à ne pas tendre les filets avant le 25 de juin ni après le 4% janvier, et il a déterminé la grandeur des mailles de ces instruments.

Il a prescrit les précautions nécessaires pour que les harengs fussent encaqués le mieux possible. D’après ses ordres, on ne peut se servir, pour cette opération , que du sel de la meilleure qualité. Les harengs pris dans le premier mois qui s’écoule après le 24 juin, sont préparés avec du gros sel ; ceux que l’on pêche entre le 24 juillet et le 45 septembre, sont conservés avec du sel fin. Il n’est pas permis de mêler dans un même baril des karengs au gros sel et des harengs au sel fin. Les barils doivent être bien remplis, Le dernier fond de ces tonnes presse les harengs. Le nombre et les dimensions des cereles, des pièces, des fonds et des douves, sont réglés avec exactitude; le bois avec lequel on fait ces douves et ces fonds, doit être très-sain et dépouillé de son aubier, On ne peut pas encaquer avec les bons harengs ceux dont la chair est mollasse, le frai délagé, ou la salaison mal faite. Des marques légales, placées sur les caques, indiquent le temps où l'on a pris les ha« rengs que ces barils renferment, et assurent que l’on n’a négligé, pour la préparation de ces poissons, aueun des soins convenables et déterminés,

On n’a pas obtenu moins de succès dans leg tentatives faites pour accoutumer les harengs & de nouvelles eaux, que dans les procédés relatifs à leur préparation. On est parvenu, en Suède, à les transporter, sans les faire périr, dans des eaux auxquelles ils manquaient. Dans l'Amérique septentrionale, on a fait éclore des œufs de ces animaux, à l'embouchure d’un fleuve qui n'avait jamais été fréquenté par ces poissons, el vers lequel les individus sortis de ces œufs ont contracté l'habitude de revenir chaque année, en entraînant vraisemblablement avec eux un

grand nombre d’autres individus de leur es- |

nèce ".

LA CLUPÉE SARDINE?2

Clupea Sardina, Cuv.; Clupea Spratus, Linn., Gmel. Pace

La sardine a la tête pointue, assez grosse, souvent dorée; le front noirâtre; les yeux gros; les opercules ciselés et argentés; la ligne latérale droite, mais à peine visible ; les écailles tendres, larges et faciles à détacher; le ventre terminé par une carène longitudinale, aiguë, tranchante et recourbée; cinq à six pouces de longueur ; les nageoires petites et grises ; les côtés argentins ; le dos bleuâtre ; quarante-buit vertèbres ; quinze côles à droite et à gauche.

On la trouve non-seulement dans l'Océan Atlantique boréal et dans la Baltique, mais encore dans la Méditerranée, et particulièrement aux environs de la Sardaigne, dont elle tire son nom. Elle s'y tient dans les endroits très-profonds ; mais pendant l’automne, elle s'approche des côtes pour frayer.

Les individus de cette espèce s'avancent alors

1 8 rayons à la membrane branchiale de la clupée hareng, 48 à chaque pectorale. 48 à la nageoire de la queue. Cradeau, Haranguet, dans quelques départ. du nordouest de la France. — Royan, à Bordeaux. — Breilling, en Prusse et en Poméranie. — Hwasbuk, Küllostromling, en Suède. — Id., Küllostklud, en Livonie. — Huas - sild, en Danemarck. — Blaa-sild, Smaa-sild, Brisling en Norvège. — Kop-sild, en Islande. — Garvock, à Inverness en Écosse. — Carvies ; à Kincardine. — Trichis. — Trichias. — Clupe sardine. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 29, fig. 2. — Mus. Ad. Frid. 2, p. 105. — Faun. Suec. 358. —Müll., Prodrom. Zool. Danic., p. 58, n, 422. — Brünn. Pise. Massill., P. 82. — « Clupea quadruncialis, etc. » Artedi, gen. 7, syn. 47, spec. 33. — Gronov. Mus. 4, p. 6, n. 22. — Klein, Miss, pisc. 5, p. 73, n.7.— Sardina. Aldrov., Pisc., p. 220. — Sprattus. Willughby, Ichth., p. 221. — Rai, Pise. p- 405, n.5.-- Brit. Zool., 3, p.294, n. 3. — Sardine. Rondelet, part 14,1,7, c. 40. — Id. Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.

3 Arledi et ses successeurs ont confondu ; Sous le nom de Clupea Spratus, deux espèces que M. Cuvier distingue : 40 Le MeLer, Esprot , ou Harenguet, Sprat des Anglais, dé-

crit et figuré par Bloch, pl. 29, fig. 2. Il a les formes du ha- |

reng, mais il est beaucoup plus petit; ses opercules ne sont pas veinés ; il montre une bande dorée le long de ses flancs dans le temps du frai ; 20 La SARDINE, proprement dite, figurée par Duhamel (Pèches, sect. II, pl. %6, fig. 4), de la taille du précédent, et très-semblable par ses formes au Pilchard Ci quoique beaucoup plus petite. Elle diffère du hareng par son corps plus étroit; ses opercules marqués de stries en rayons ; son subopercule coupé carrément au lieu de l'être curond,etc. D.

Le Pilchard, qui est une espèce de hareng proprement dite pour M. Cuyier, est du genre Clupanodon de M. de Lacepède, D,

vers les rivages en troupes si nombreuses , que fa pêche en est très-abondante. On les mange frais, ou salés ou fumés. La branche de commerce qu’ils forment est importante dans plusieurs contrées de l'Europe ; et nous croyons que l'on doit rapporter à cette même espèce la clupée décrite par Rondelet, sous le nom de Célerin!, et qui a la tête dorée et le corps argenté 2.

LA CLUPÉE ALOSES.

Alosa vulgaris, Cuv.; Clupea Alosa , Linn., Gmel., BI, Lac. {.

On doit remarquer dans l’alose la petitesse de la tête; la transparence des téguments qui couvrent le cerveau; la grandeur de l'ouverture de la bouche; les petites dents qui garnissent le bord de la mächoire supérieure ; ia surface unie de la langue, qui est un peu libre dans ses mouvements; l’angle de la partie inférieure de la prunelle; le double orilice de chaque narine ; les

1 Rondelet, part. 4, 1. 7, ©. 44.

2 8 rayons à la membrane branchiale de la clupée sardine 16 à chaque pectorale, 18 à la nageoire de la qneue.

3 Thrissa. — Thratta. — Thatta. — Trilia, par les anciens auteurs. (Note communiquée par mon collègue, M. Geoffroy, professeur au Muséum. ) — Coulac, à Bordeaux, — Cola, Alouze, dans plus. dép. mérid.— Loche d’étang. — Halachia, à Marseille. — Saboça, Saccolos, en Espagne. — Laccia, à Rome.— Chiepa, à Venise. — Saghboga , en Arabie. — Sardellæ balük, en Turquie. — Maibalik, en Tartarie, — Schelesniza, Beschenaja ryba, en Russie. — Alse, Else, Mayfisch, Gold fisch, en Allemagne — Perbel, en Poméranie. — Brislinq. Sildinger, Sardeller, en Danemarck. — Elft, en Hollande. — Shad, Mother of herring, en Angleterre. — Clupe alose. Daubenton et Haüy. Enc. méth. — 1d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 30, fig. 4 *. — Mus. Ad. Frid 2, p. 105. — Müller, Prod. Zool Danic., p. 50, n. 423. — « Clupea, apice maxillæ «Csuperioris bifido, etc. » Artedi, gen. 7, syn. 45, spec. 34.— "Hôpioa. Arist., |. 9, c. 32. — 14. Ælian. 1. 6, c. 32, p.357. — Id. Athen., 1. 4, p. 431:et1. 7, p. 318. — 14. Oppian., Hal., 1. 4, p. 40. — Alose. — Rondelet, part. 4, 1. 7, ©. 42. — Trissa, el clupea tyberina. Aldrov., 1. 4,c.4, p. 500 et 501. — Trichis Belonii. La Pucelle. Dessins et manuscrits de Plumier, déposés à la Biblioth., volume intitulé Pisces Ef AVES. — Clupea et alosa, Salvian. fol. 403, b, ad iconer

!et104. — Id. Jonstor, 1. 2, t. 4, c. 3, t. 27, fig. 3, 4. — Alosa

vel alausa, vel trissa. Schonev., p. 43, 44. — Alausa, cl pea vel thryssa piscis. Gesner, p.19, 21, et (germ.) 479. - Clupea. Plin., 1.9, ©. 15. — Id. Willughby, p. 227, lab. p. 3, fig. 4.— Id. Rai, p. 405, n. 6. — Gronov. Mus. 4, p. 6, n. 23 Zooph., p. 411, n. 374, — Hasselquist, It. 588. — Shad. Brit Zool. 3, p.296, n. 5. — Alose. Valmont de Bomare, Dict: d'hist. nat,

“ Du sous-genre ALOsr, Alosa, Cuv., dans le grand genre HarexG, famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens abdominaux. D.

* La figure de Bloch citée ici n’est pas celle de l’Alose. Elle représente une Feinte dont le bas-ventre était dépouillé de ses écailles, Cuv. D.

DES POISSONS

ciselures des opercules ; le très-grand aplatisse- | prudents ou moins difficiles. Le nombre de ces

ment des côtés ; la rudesse de la carène longitudinale du ventre; la figure des lames transversales qui forment cette carène ; la dureté de ces James ; le tranchant des pointes qu’elles présentent à l'endroit où elles sont pliées; la direction de la ligne latérale, qu'il est difficile de distinguer; la facilité avec laquelle les écailles se détachent; le peu d’étendue de presque toutes les nageoires ; les deux taches brunes de la caudale ; la couleur grise et la bordure bleue des autres; les quatre ou cinq taches noires que l'on voit de chaque côté du poisson, au moins lorsqu'il est jeune ; les nuances argentées du corps et de la queue; le jaune verdâtre du dos; la brièveté du canal intestinal; les quatre-vingts appendices qui entourent le pylore; la laite, qui est double comme l'ovaire; la vessie natatoire, dont l'intérieur n'offre pas de division; et les côtes, qui sont au nombre de trente à droite et à gauche.

°Les aloses habitent non-seulement dans lOcéan Atlantique septentrional, mais encore dans la Méditerranée et dans la mer Caspienne. Elles quittent leur séjour marin lorsque le temps du frai arrive ; elles remontent alors dans les grands fleuves, et l'époque de ce voyage annuel est plus ou moins avancée dans le printemps, dans Vété, et même dans l’automne ou dans l'hiver, suivant le climat dans lequel coulent ces fleuves, les époques où la fonte des neiges, et des pluies abondantes, en remplissent le lit, et la saison où elles jouissent dans l’eau douce, avec le plus de facilité, du terrain qui convient à la ponte ainsi qu’à la fécondation de leurs œufs, de l’abri qu’elles recherchent, de l'aliment le plus analogue à leur nature, et des qualités qu’elles préfèrent dans le fluide sans lequel elles ne peuvent vivre.

Lorsqu’elles entrent ainsi dans le Wolga, dans YElbe, dans le Rhin, dans la Seine, dans la Garonne, dans le Tibre, dans le Nil et dans les autres fleuves qu’elles fréquentent, elles s’avancent communément très-près des sources de ces fleuves. Elles forment des troupes nombreuses, que les pêcheurs de la plupart des rivières où elles s'engagent voient arriver avec une grande satisfaction, mais qui ne causent pas la même joie à ceux du Wolga. Les Russes, persuadés que la chair de ces animaux peut être extrémement funeste, les rejettent de leurs filets, ou les vendent à vil prix à des Talares moins

clupées cependant varie beaucoup d’une année à l'autre. M. Noël, de Rouen, m'a écrit que, dans la Scine inférieure, par exemple, on prenait treize ou quatorze mille aloses dans certaines années, et que, dans d’autres, on »’en prenait que quinze cents ou deux mille.

Elles sont le plus souvent maigres et de mauvais goût en sortant de la mer; mais le séjour dans l’eau douce les engraisse. Élles parviennent à la longueur de trois pieds : néanmoins , comme elles sont très-comprimées, et par conséquent très-minces, leur poids ne répond pas à l’étendue de cette dimension. Les femelles sont plus grosses et moins délicates que les mâles. Dans plusieurs contrées de l'Europe, où on en pêche une très-grande quantité, on en fume un grand nombre, que l’on envoie au loin; et les Arabes les fout sécher à l'air pour les manger avec des daltes.

M, Pénières dit, dans les notes manuscrites que j'ai déjà citées, que celles qui passent l’été dans la Dordogne, sont malades, faibles, exténuées, et périssent souvent pendant les trèsgrandes chaleurs.

Le mème observateur rapporte que lorsque ces clupées fraient, elles s’agitent avec violence, et font un bruit qui s’entend de très-loin.

Les aloses vivent de vers, d'insectes et de petits poissons.

On a écrit qu’elles redoutaient le fracas d’un {onnerre violent, mais que des sons ou des bruits modérés ne leur déplaisaient pas, leur éfaient même très-agréables dans plusieurs cr-::::fances, et que, dans certaines rivières, les pêcheurs attachaient à leurs filets des arcs de bois garnis de clochettes dont le tintement attirait fes aloses !.

LA CLUPÉE FEINTE?.

Alosa Finta , Cuv.; Clupea Fallax, Lac. *,

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