ET LA CLUPÉE ROUSSE
Clupea rufa, Lac , M. Noël, notre savant correspondant de
1 8 rayons à la membrane branchiale de la clupée alose, 45 à chaque pectorale, 48 à la nageoire de la queue.
2 Serpe. — Calw'hau (nom donné aux mâles de celle espèce par les pêcheurs de la Seine inférieure).
3 Du sous-genre ALOSE, Alosa, Cuv., dans le grand genre des HARENGs, famille des clupes, ordre des Malacoptéry giens abdominaux. D.
4 Dans la première édition du Règne animal, M. Cuvief
Rouen, nous a envoyé des notes très-intéresantes sur cette clupée, que l’on a souvent conondue avec l’alose, et que l’on pêche dans la Seine.
La chair de la feinte, quoique agréable au goût, est très-différente de celle de l’alose. Les femelles de cette espèce sont plus nombreuses, plus grandes, plus épaisses, d’une saveur plus délicate, et plus recherchées que les mâles, auxquels on a donné un nom particulier, celui de Cahuhau.
La feinte remonte dans la Seine comme l’alose ; elle s’'avance également par troupes : mais les habitudes de cette espèce diffèrent de celles de l’alose, en ce que les plus grands individus quittent la mer les premiers, au lieu que les aloges les plus petites, les plus maigres et les moins bonves, sont celles qui se montrent les premières dans la rivière. On a remarqué à Villequier que ces premières feintes, plus grosses que les autres, ont aussi l’œil beaucoup plus gros et la peau plus brunâtre; ce qui les a fait appeler Feintes au gros œil, et Feintes noires. Elles sont non-seulement plus grandes, mais encore plus délicates que les individus qui ne paraissent qu’à la seconde époque, et surlout que ceux de la troisième, que l’on a désignés par la dénominalion de Feintes bretonnes.
Ces feintes bretonnes ou noires, et en général tous les poissons de l’espèce qui nous occupe, aiment les temps chauds et orageux. On en fait la pêche depuis l'embouchure de la Seine jusqu'aux environs de Rouen. On les prendavec des guideaux ou avec des seines', qu’on appelle quelquefois feintières.
M. Noël nous assure que les feintes sont aujourd’hui beaucoup moins nombreuses qu'il y a vingt ans. Il attribue cette diminution à Ja destruction du frai de £es clupées, occasionnée par les guideaux du bas de la Seine, et aux qualités malfaisantes pour ces animaux, que communique à l’eau le suint des moutons que l’on y lave, aux époques et dans les endroits préférés par ces osseux.
Voici maintenant ce que cet observateur nous a écrit au sujet de la rousse. Les pêcheurs distinguent deux variétés dans cette espèce. Celle que l’on prend dans le printemps est plus petite,
remarque que la rousse de la Manche n’a pas encore élé suffisamment comparée à l’alose. : D.
1 Voyez, pour le guideau, l’article du Gade colin, et pour la seine ou saine, celui de la Raie bouclée,
mais a l'évaille plus grande que celle que Pon pêche dans les mois d'août et de septembre. Les individus qui composent ces deux variétés présentent quelquefois des taches noires ou brunàtres comme celles de l'alose.
On prend peu de clupées rousses dans la Seine; on ne les pêche que depuis la pointe du Hode jusqu'à Aisiers, c’est-a-dire dans les eaux saumâtres de l'embouchure de la rivière. Il paraît qu'elles fraient dans les grandes eaux.
Elles ont les écailles plus fines, la chair plus délicate et moins blanche que l’alose, Leur peau est d’un blanc de crème légèrement cuivré.
On n’en consomme que dans les endroits où on les pêche; et voilà pourquoi elles sont encore peu connues, On en a pris dans le lac du T'ot qui pesaient de quatre à six livres.
Dans les mois de juillet et d'août, elles sont assez grasses pour éteindre, comme les harengs d’été de la Manche, les charbons sur lesquels on cherche à les faire cuire”.
LA CLUPÉE ANCHOIS?2,
Engraulis vulgaris, Cuv.; Clupea Encrasicholus, Linn., Gmel., BL, Lac. #.
Il n’est guère de poisson plus connu que l’anchois, de tous ceux qui aiment la bonne chère. Ce n’est pas pour son volume qu’il est recherché, car il n’a souvent que cinq à six pouces ou moins de longueur; il ne l’est pas non plus pour la saveur particulière qu’il présente lorsqu'il est frais : mais on consomme une énorme quantité
1 45 rayons à chaque pectorale de la clupée rousse, 27 à la nageoire de la queue.
2 Sacella, à Malte. — Anjovis, en Allemagne. — Bykling, Moderlose, en Danemarck.— Saviliussak, dans le Groenland. — Sprat des Anglais, à la Jamaïque.— Clupe anchois. Daubenton et Haüy, Enc. méth.— Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc méth. — Bloch, pl. 50, fig. 2. — « Clupea « maxillà superiore longiore. » Arledi, gen. 7, syn. 17. — 'O Eyyeavhos. Arist. 1. 6, ©. 45, p. 477.— Id. Athen., |. 4, p. 448; el 1 7, p. 285, 300.— 'Eyypañhsts Vel éyremoiyohoi. Auxocôpo, Ælian., 1. 8, c. 48, p. 497. — Halecula. Bélon. — Engraulis Wolton. 1. 3, c. 482, fol. 461, b. — Anchois. Rondelet part. 4, 1. 7, ©. 3.— Encrasicholi, etc. Gesner (Krancf.) p. 68, et(germ.) fol. 4 b. — Encrasicholus. Aldrov., I. 2 c. 33, p. 214. — Id. Jonston, 1. 4, Lit. 3, c. 4, a.48, tab. 49 fol. 45. — Id. Willughby, p. 225, tab. P. 2, fig. 2.— Id. Rai p. 407, n. 9.— Müll. Prod. Zool. Danic., p. 50, n. 424. — Brünn. Pise. Massil., p. 83, n. 401. — O. Fabrice. Faun Groëenl., p. 483. — Brit. Zool. 3, p. 495, n. 4. — Anchois Yalmont de Bomare. Diet. d'hist. nat.
3 Du genre AncHois. Engraulis, formé par M. Cuvier dans la famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens ab dominaux. D. 7
DES POISSONS
d'individus de cette espèce, lorsqu’après avoir été salés ils sont devenus un assaisonnement des plus agréables et des plus propres à ranimer l’appétit. On les prépare en leur ôtant la tête et les entrailles ; on les pénètre de sel ; on les renferme dans des barils avec des précautions particulières; on les envoie à de très-grandes distances sans qu’ils puissent se gâler, Ils sont employés sur les tables modestes comme dans les festins somplueux, à relever la saveur des végélaux, et à donner aux sautes un piquant de très-bon goût. Leur réputation est d’ailleurs aussi ancienne qu’étendue. Les Grecs et les Romains, dans le temps où ils attachaieni le plus d'importance à l’art de préparer les aliments, faisaient avec ces clupées une liqueur que l’on nommait garum, et qu’ils regardaient comme une des plus précieuses. Au reste, ils pouvaient satisfaire aisément leurs désirs à cet égard, les anchois étant répandus dans la Méditerranée , ainsi que le long des côtes occidentales de l'Espagne et de la France, dans presque tout l'Océan Atlantique seplentrional et dans la Baltique. On préfère de les pêcher pendant la nuit; on les attire, comme les harengs, par le moyen de feux distribués avec soin. Le temps où on les prend est celui où ils quittent la haute mer pour venir frayer auprès des rivages, et celle dernière époque varie suivant les pays.
Les anchois ont la tête longue; le museau pointu; l'ouverture de la bouche très-grande ; la langue pointue et étroite; l'orilice branchial un peu large; le corps et la queue allongés; la peau mince; les écailles tendres et peu attachées; la ligne latérale droite et cachée par les écailles ; les nageoires courtes et transparentes; le canal intestinal courbé deux fois; dix-huit appendices auprès du pylore; trente-deux côtes de chague côté, et quarante-six vertèbres!
LA CLUPÉE ATHÉRINOIDE?,
Engraulis atherinoïdes, Cuv.; Clupea atherinoïdes, BI. Linn., Gmel., Lac. *.
La Clupée raie-d'argentf, Engraulis..…. Cuv.; Clupea vittargentea, Lac.; Stotephorus Commersonnii, Lac.; Atherina australis. White? 5, C. ApolikeS Megalops. … Cuv.; Clupea cyprinoïdes, BI., Linn., Gmel., Lac., Clupea gigantea, Shaw 7. — C. BélameS, Thrissa selirostris, Cuv.; Clu-
1 42rayons à la membrane branchiale de la clupée anchois, 48 à chaque pectorale, 48 à la nageoire de la queue.
2 Bande d'argent. — Atherine, en Italie. — Narum, Ruruwah , sur la côte de Malabar. — Clupe bande d'argent
pea selirostris, Lacep.; Clupea Belama, Forsk. ?.— C. Do= rab 10, Chirocentrus Dorab, Cuv.; Clupea Corab, Lacep, Linn. Gmel. 11, — C. Malabar t2, Engraulis malabaricus, Cuv.; Clupea Malabar, Lac.; Clupea malabarica, BI. 13, — C. tuberculeuse , Engraulis tuberculosus, Cuv.; Clu= pea tuberculosa, Lacep. 5. — C. chrysoptère 6, Clupea chrysoptera, Lacep. 17, — C. à bandes 1%, Clupea fasciata, Lacep. 19,— C. Macrocéphale®, Butirinus americanus, Cuv.; clupea macrocephala, Lac.; Butirinus Banane, Lac.; Synonus Vulpes, Lac.; Clupea brasniensis, Albula gonorhynchus et Albula Plumieri, Bl., Schn.21, — C, des Tropiques??, Clupea tropica, Linn., Gm , Lac. #3.
Pour ne rien omettre d’essentiel dans la désignation de ces onze clupées, il faut indiquer :
Daubenton et Haüy, Enc. méth. — Id, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Bloch., pl. 408, fig. 1.
3 Du genre Ancuois, Engraulis, Cuvier, dans la famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens abdominaux. D,
# « Encrasicholus mandibulä inferiore breviore, lænià la a terali argenteä. » Commerson, manuscrits déjà cités.
5 M. Cuvier rapporte ce poisson au genre ANCHOIS, dans la famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens abdominaux. Il est décrit deux fois dans l’ouvrage de M. de Lacépède, 40 sous le nom de STOLEPHORE COMMERSONNIEN ; VOYEZ ci-avant page 535, et 20 sous célui de CLUPÉE RAIE D’AR= GENT. D.
6 Karpfen-hering, par les Allemands. — Deep water fish Pond king fish, par les Anglais des îles Caraibes. — Cama= ripugnacu, par les Brasiliens. — Savalle, à la Martinique, — Apalika, par les Otahitiens. — Marakay, dans l’idiome tamutique.—Clupe apalike. Bonnaterre, pl. de l’Enc. méth. — Bloch, pl. 403. — Broussonnet, Ichth. fascicul. 4, tab. 9, — Camaripugnacu. Mareg. Brésil., p. 179. — Id. Pis. Ind., p. 65. — Alauda argentes, pinnulà, caudatà vulvd savalle à «la Martinique. » Plumier, peintures sur vélin déjà citées.— Willughby, Ichth., p. 230; tab. p. 6, fig. 1.—Rai, Pise., p. 108. — «Cypriaus argenteus, squamis maximis pelalis, pinnâ «dorsali appendice longissimä suffullà : apalika. » Barrère, France équinox., p. 172.
1 M. Cuvier, adoptant le genre M£éGaLoPres, Lac., le trouve composé de deux espèces : 40 l’une d'Amérique, est la Clu= pée apalike de Lacépède, décrite dans cet article ; 20 l'autre qui se trouve dans les mers de l’Inde est le Mégalope filae menteux du même naturaliste, dont nous avons donné la : description. Le genre MÉGALOPE est de la famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens abdominaux. D.
# Clupe bélame. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Broussonnet, Ichth. fasc. 4, tab. 14. — Clupea bælama. Forskael, Faun. Arab., p. 72, n. 407.
3 Du sous-genre Turisse, Thrissa, dans le genre AN” cHois, famille des Clupes. D,
10 Clupe lySan. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Clupe Dorab. Forskael. Faun. Arab., p.72, n. 108.
11 Du genre CHIROCENTRE, Chirocentrus de M. Cuvie dans la famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens dominaux. Ce poisson a été décrit deux fois par M, de Li pède : 40 sous le nom d'Esoce CuIROCENTRE, voyez p. 520, et 20 sous celui de CLuPEE DoraB, dans le présent article, D,
12 Aduppa adipuruwai, par les Malabares. — Blech, pl. 432.
13 M. Cuvier, dans la première édition du Règne ar*wral place ce poisson dans le sous-genre ANCHOIS, Eng is Dans la seconde, il n’en fait plus mention, D.
14 Sardine de l'ile de France. — Clapea mandibul4 in « feriore breviore, rostro apice tube culo verrucæform « macinâ miniatà ad superiores branchiarum commissura Commerson, manuscrits déjà cités.
5 Du genre ANcHois, Engraulis, Cuy., dans la famille ues Clupec D
Dans l’Afhérinoide, qui habite lAdriatique, la mer de Surinam et celle du Malabar.
La petitesse de la tête; les grandes lames qui couvrent celte partie ; la largeur de l’orifice de la bouche et de l'ouverture branchiale ; les rangées de petites dents de chaque mâchoire; la surface unie de la langue et du palais; la dentelure des os de la lèvre supérieure; l’orifice unique de chaque narine; la matière brune et visqueuse qui humecte la peau; la brièveté des nageoires lu ventre ; l'étendue et les écailles de celles de ‘anus; la longueur de l’animal, qui est ordinairement de huit pouces; la graisse et le bon goût de la chair, que l’on mange fraîche ou salée :
Dans la Raie-d'argent, dont les manuscrits de Commerson nous ont présenté la description, et dont ce naturaliste a vu des myriades auprès des rivages de l'Ile-de-France,
La brièveté des dimensions, la transparence de plusieurs parties; la facilité avec laquelle Îes écailles se détachent; la saillie du museau audevant des deux mâchoires; la petitesse des dents, qu’on ne peut souvent distinguer qu’avec ane loupe; les opercules très-brillants, trèsargentés et dénués de petites écailles; le défaut d’une véritable ligne latérale; le peu de temps nécessaire pour changer en garum le ventre du poisson : Ê
Dans l’Apalike, que nourrissent les eaux du grand Océan et celles de Pocéan Atlantique, particulièrement auprès de l'équateur et des tropiques,
Les dimensions, qui sont telles que la lon-
16 « Encrasicholus platygaster, caudà flavescente. » Commerson, manuscrils déjà cités.
17 Ce poisson n’est pas cité par M. Cuvier. Le nom que lui a donné Commerson semble indiquer qu'il appartient au genre des ANCHOIS. D.
:8 « Halex corpore latè cathetoplateo dorso supra lineam “lateralem transversim fascialo, infra eamdem gullato.» Commerson , manuscrits déjà cités.
1 M. Cuvier ne fait pas mention de ce poisson, D.
20 Banane, à la Marunique. — « Cephalus argenteus, vulgù « banane à la Martinique. » Plumier, peintures sur vélin déjà citées.
21 Ce poisson est l'espèce d'Amérique du genre BUTIRIN, Butirinus, que M. Cuvier admet dans la famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens abdominaux. ll esLtrois fois mentionné dans l'ouvrage de M. de Lacépède, comme apparlenant à trois genres différents: c'est 10 le BUTIRIN BANANE; 20 le SYNODE RENARD ; et 30 la Clupée MacROCEPHALE. D.
2? Clupea tropica.— Id. Linnée, édition de Gmelin.— Hareng des tropiques. Daubenton et Haüy, Enc. meéth.— Id. Bonnaterre, pl. de l’Enc, méth. — « Clupea caudà cuneta formi. » Osb. It. 300.
3 M. Cuvicr ne cite pas ce poisson, D
gueur de l’animal peut excéder douze pieds, et que l'ouverture de la gueule est assez grande pour engloutir la tête d’un homme; la largeur des écailles, qui égale environ deux pouces; la figure de ces lames, qui est hexagone; la graisse de la chair; la compression du corps et de la queue ; les lames écailleuses et étendues qui recouvrent la tête; les dents, dont les mâchoires sont, pour ainsi dire, parsemées; la courbure des os de la lèvre supérieure ; la rudesse de la langue et des quatre os qui entourent le gosier, les trois rangées de dents disposées en are sur le devant du palais; le double orifice de chaque narine ; les teintes argentines de la couleur générale ; les nuances bleues du dos ainsi que de. nageoires .
Dans la Bélame de la mer d’Arabie et du grand Océan Equinoxial,
L'azur de la partie supérieure ; l'éclat argentin des autres ; le peu d'épaisseur des écailles qu’un faible froissement peut faire tomber; la petitesse et l'inégalité des dents des mâchoires; la rudesse des environs du gosier; la couleur blanchätre des nageoires; la forme lancéolée de celles du ventre et de celles de la poitrine :
Dans la Dorab, qui appartient à la mer d’Arabie,
Le brillant des côtés; le bleu du dos; les douze dents très-saillantes de la mâchoire infé— rigure ; les stries ondulées des opercules; la direction droite de la ligne latérale ; la position de la dorsale deux fois plus voisine de la caudale que de la tête ; la vetitesse très-remarquable des ventrales :
Dans la clupée HMalabar, qu’on peut pêcher toute l’année, près de la côte dont elle porte le nom,
La finesse des ‘dents; la dentelure des os de la lèvre d’en haut; l’opercule uni et composé de plusieurs lames dénuées de petites écailles ; le bleu des pectorales et des ventrales ; le gris des autres nageoires; les {taches jaunes qui relèvené l'argenté du dos :
Dans les Tuberculeuses, que Commersou a vues se jouer en troupes très-nombreuses à la surface de l’eau qui baigne les rivages de l’Ilede-France, et que, selon cet observateur, où peut y prendre par milliers,
La petitesse des dimensions; la longueur totale, qui surpasse à peine quatre pouces; le blane argentin des côtés et du ventre; les reflets azurés du dos; le rouge-brun de la dorsale et de
la nageoire de la queue; le peu d’adhérence des écaiiles à la peau ; la brièveté des dents qui garnissent les mâchoires, et que l’on sent par le toucher plus facilement qu’on ne les voit; Porifice de la bouche, prolongé jusqu’au delà des yeux; la langue bordée de filaments ou soies rudes : l’opercule, qu'aucune petite écaille ne recouvre ; le défaut de véritable ligne latérale; le bon goût de la chair :
Dans la CArysoptère, dont nous devons la
onnaissance à Commerson,
La ressemblance de la tête à celle de l’anchois, du corps à celui de la sardine, de la grandeur à celle d’un petit hareng ; le bleu mêlé de blanc de la partie supérieure du poisson; les teintes argentines des côtés et du ventre; la dorure des joues et des opercules ; l’incarnat pâle de l’intérieur de la bouche; l'éclat de la mâchoire infé— rieure ; la transparence du devant des yeux :
Dans la Clupée à bandes, que Commerson à observée auprès des côtes de l'Ile-de-France,
La couleur générale argentée; le dos bleuâtre; les écailles si peu adhérentes que le poisson en est dénué très-fréquemment ; les dents qui hé— rissent les mâchoires et qui sont extrêmement petites ; la grande facilité d'étendre le museau; le sillon large et peu profond que présente l'occiput; les yeux très-grands, arrondis, plats et rapprochés ; l’opercule composé de deux pièces ; le double orifice de chaque marine; la ligne latérale, qui consiste dans une série de petites lignes; la position des ventrales très-près des nageoires de la poitrine :
Dans la Clupée macrocéphale, dont nous avons trouvé une figure sur une des peintures exécutées sous les yeux de Plumier, et conservées par les professeurs du Muséum d'histoire naturelle,
La saillie du museau; la prolongation de la mâchoire supérieure au delà de celle d’en bas; l'iris doré ; les trois pièces des opercules ; le défaut de petites écailles sur ces mêmes opereules et sur Ja tête ; l'arrondissement et la largeur-des écailles du dos ; l'échancrure de la dorsale, ainsi que de la nageoire de l'anus ; les nuances rougeâtres des nageoires; les reflets argentés qui brillent sur le ventre de même que sur les côtés, et relèvent la couleur azurée de la partie supérieure du poisson :
Et enfin, dans la Clupée des tropiques, qui fréquente l’île de l’Ascension,
La blancheur, la hauteur et la compression
du corps et de la queue; la courbure du dessus de la tête; l'avancement de la mâchoire inférieure au delà de celle d’en haut; les dents de chaque mâchoire disposées sur un seul rang; les petites écailles placées sur les opercules; la ligne latérale, qui est droite et plus près du dos qu du ventre ?,