‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 76 sur 535 · ET LE GADE CAPELAN · texte numérisé non relu

ET LE GADE CAPELAN

Gadus mioutus, Bl., Linn., Gmel.; Gadus Capellanus, Lacep.

Le callarias habite non-seulement dans la

4 Suna Lorsk, en Suèäe. — Græs torsk , en Danemarck. — Dorsch, par les Allemands. — Cod, Cod fish, en Angleterre. — Gade narvaga, Daubenton, Enc. méth.— Id. Bonuaterre, pl. de l'Enc. méth.— Faun suec. 507. — « Gadus, dorso « tripterygio, ore cirroso, colore vario, etc. » Artedi, gen. 20, spec. 65, syn. 55.— Asellus varius, vel striatus, Schonev., p. 49. — Willughby, p. 172, tab. L, memb. {. fig. 1. — Rai, p. 54, n. 5. — Asellus varius, Jonston, tab. 46, fig. 7. — Roberg., Dissert. de pisc. Upsal., p. 14. — Gadus callurias, torsk, Ascagne, pl. 4.—Gronov., Mus. 4, p. 21, n.58; Zooph., p- 9, n. 519. — Gadus balthicus, torsk, It. Oel. 87. — Gadus callarias halthicus, It. scan. 220. — Callarias barbaus, etc., Klein, Miss. pisC. 5,p.6, n. 5;etp.7, n. 7. — « Pis- «cis. Russis nawaga dictus. » Koelreuter, Nov. Comment, petrop. 44, 1, p. 484. — Muschehout, et Léopard, Rondelet. part.1,1.9, c. 12. — Muschebout, Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.

3 Pouting, Pout, Whiting pout, en Angleterre. — Fico, à Rome, — Faun. suecic. 311. — « Gadus lineä excavatä ponè « caput. » It. Wgoth. 178.—Strom. sondm.316, n. B. — « Ga- « dus. lougitudine ad latitudinem triplä. » Artedi, gen. 21, syn. 37, spec. 65. — Asellus mollis latus, Lister, apud Willughby, p. 22. — Raï, p. 55, n.9.— Asellus barbatus, Char- Yton, p. 121. — Bloch, pl. 165. —Gade tacaud, Daubenton Enc. méth.— Id. Bonuaterre, pl. de l'Enc. méth.—Gronov., Mus. 4. p.21, n. 160; Zooph., p. 99, n. 520.— « Callarias bar- « batus, dilutè olivacei coloris, etc. » Klein, Miss. pisc. 8, p. 6, n.5.— 77 hiling pout, Brit. Zool. 5, p. 548. — Gadus tilling, Ascagne, pl. 5. — Tacaud, Duhamel, Traité des péthes, part. 2, sect. 1, c. 5, art. {,n.156, pl. 25 , fig. 2. — Morue molle, Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.

5 Mollo, à Venise. — Poor, Power, dans le comté de Cor- “ouailles.—Gade capelan, Daubenton, Enc. méth.—Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.—+ Gadus.. corpore sesquiunciali, eanoin medio corporis. » Artedi, gen. 21, syn.56.—Capelan, Rondelet, part. 1, 1.6, ©. 42.—4 Anthiæ secunda species, » Gesner, p.56; Icon. anim., p. 241 Germ.), ful.13.—<«Asellus mollis «minor, seu Ase:lus omnium minimus. » Willughby, p. 174, tab. L. — Rai, p. 56, n. 10. — Capelan, Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat. — « Callarias barbatus corpore con- « tracto, et Callarias…... omnium minimus, etc. » Klein, Miss. pisc. — Poor, Brit. Zool, 5, p. 185, n. 77, t.50.

partie de l'Océan qui baigne les côtes de l’Europe boréale, mais encore dans la Baltique. Il se tient fréquemment à l'embouchure des grands fleuves, dans le lit desquels il remonte même quelquefois avec l’eau salée. Il est rare qu’il ait plus de trois décimètres de longueur, et qu’il pèse plus d'un kilogramme. Il se nourrit de vers marins, de crabes, de petits mollusques, de jeunes poissons : sa chair est tendre et d’un goût très-agréable; quelquefois elle est trèsblanche, d’autres fois elle est verte, et Ascagne rapporte qu'on attribue cette dernière nuance au séjour que le callarias fait souvent près des rivages au-dessus de ces sortes de prairies ma-rines formées par des algues qui se pressent sur un fond sablonneux. Nous avons vu les tortues franches devoir la couleur verte de leur chair à des plantes marines plus ou moins verdâtres ; mais ces tortues en font leur nourriture, et l’on n’a point observé que dans aucune circonstance le callarias préférât, pour son aliment, des végétaux aux substances animales.

Le nombre, la forme et la distribution ainsi que la disposition de ses dents, empêchent de le présumer. Sa mâchoire supérieure est, en effet, garnie de plusieurs rangs de dents aiguës : on n’en voit quelquefois qu'un rang à la mâchoire de dessous, mais il y en a au palais; et de plus, l'ouverture de la bouche est trèsgrande.

Les écailles qui recouvrent le callarias, sont petites, minces et molles : la ligne latérale est large, et voisine du dos; elle est d’ailleurs tachetée, et voici la nuance des couleurs des autres parties de l'animal. La tête est grise avec des taches brunes; l’iris jaunâtre; la partie supérieure de l’animal, grise et tachetée de brun comme la tête; la partie inférieure est blanche, et l’on remarque un ton plus ou moins brunâtre sur toutes les nageoires ‘. Mais ce qu'il faut observer, et ce qui a fait donner au gade dont nous parlons, le nom de Variable, c’est qu'il est de ces teintes du callarias qui varient avec l’âge, ou avec les saisons. Les nageoires, et même le dessous de l’animal, sont quelquefois rougeâtres ; le ventre n’est pas toujours sans petites taches; celles du corps et de la queue des callarias encore jeunes sont souvent dorées, au lieu d’être brunes; et pendant l’hiver on voit les taches brunâtres de la tête acquérir, sur presque tous les individus de l'espèce que

4 Or s comoté, dans un Calarias 655 vertèbres et 48 côtes.

DES POISSONS

nous décrivons , une couleur d’un beau noir !.

Le tacaud est remarquable par la hauteur de son corps qui égale à peu près le tiers de sa longueur totale ; les lèvres renferment des portions cartilagineuses; la mâchoire inférieure présente neuf ou dix points de chaque côté; les yeux sont grands et saillants, les ouvertures branchiales étendues , les écailles petites et fortement attachées ; l'anus est voisin de la gorge, et la ligne latérale se fléchit vers le bas au-dessous de la seconde nageoire dorsale ?.

L'iris est argenté ou couleur de citron ; le dos d'un verdätre foncé; les côtés sont d’un blanc rougeâtre ; la nageoire de la queue est également d’un rouge pâle; toutes les autres sont olivâtres et bordées de noir; une tache noire parait souvent à la base des pectorales, et une teinte très-foncée fait aisément distinguer la ligne latérale,

Le tacaud parvient à une longueur de cinq ou six décimètres : il s'approche des rivages au moins pendant la saison de la ponte; il s’y tient dans le sable, ou au milieu de très-hauts fucus, à des profondeurs quelquefois très-considérables au-dessous de la surface de la mer. Il vit de crabes, de saumons, de blennies. Sa chair est blanche et bonne à manger; mais souvent un peu molle et sèche. On le trouve dans l’océan de l’Europe septentrionale.

Le capelan vit dans les mêmes mers que je tacaud et le callarias ; mais il habite aussi dans Ja Méditerranée. Il en parcourt les eaux en troupes extrèmement nombreuses ; il en occupe pendant l'hiver les profondeurs, et vers le printemps il s’y rapproche des rivages, pour déposer ou féconder ses œufs au milieu des graviers, des galets, ou des fucus. Il est très-petit, et surpasse à peine deux décimètres en longueur. On voit au bout de sa mâchoire inférieure, comme à l'extrémité de celle du callarias et du tacaud, un assez long filament. La ligne latérale est droite; le ventre très-caréné, c'est-à-dire terminé longitudinalement en en-bas par une arête presqueaigué ; l’anus placé à peu près à une égale distance de la tête et del’extrémité de la queue.Son

4 A la première nageoire dorsale du callarias 45 rayons, à la seconde 16, à la troisième 18, à chacune d s pectorales 17, à chacune des jugulaires 6, à la première de l'anus 48, à la seconde 17, à celle de la queue 26. «

2 A la première nageoiïre dorsale du tacaud 15 rayons, à la seconde 19, à la troisième 48, a chacune des pectorales 18, à chacune des jugulaires 6, à la première de l'anus 23, à la seconde 17, à celle de la queue 50,

dos est d'un jaune brunâtre, et tout lereste d’une couleur d'argent plus ou moins parseméede points noirâtres ; l’intérieur de son abdomen est noir, Il se nourrit de crabes, d'animaux à coquille, et d’autres petits habitants de la mer. Les pé cheurs le recherchent peu pour la bonté de sa chair : mais il est la proie des grands poissons; il est même fréquemment dévoré par plusieurs espèces de gades, et c’est parce qu’on a vu sou. vent des morues, des æglelins et des callarias, suivre avec constance des bandes de capelans qui pouvaient leur fournir une nourriture copieuse et facile à saisir, qu’on a donné à ces derniers gades le nom de conducteurs des Callarias, des Æglefins et des Morues*.

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