‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 75 sur 535 · LE GADE BIB · texte numérisé non relu

LE GADE BIB

Gadus luseus, Penn., Linn., Gmel , Cuvy.

De même que l’æglefin, le gade bib habite dans l'Océan d'Europe. Sa longueur ordinaire est de trois ou quatre décimètres. L'ouvere ture de sa bouche est petite, sa mâchoire inférieure garnie d’un barbillon, son anus plus rapproché de la tête que de l’extrémité de la queue, sa seconde nageoire dor-

4 A la première nageoire dorsale 16 rayons, à la seconde 20, à la troisième 49, à chacune des peclorales 19, à chacune des jugulaires 6, à la première de l'anus 22, à la seconde 24, à celle de la queue, qui est fourchue, 27.

3 Bib, Blinds, sur les côtes d'Angleterre. — Mus. ad. fr.2, p. 60. — « Gadus... ossiculo pinoarum ventralium, primo, «in setam longam producto. » Artedi, gen. 21, syn. 35. — Asellus fuscus, Raï, Pisc., p. 54.—Willuzhby, Ichth., p.165. — Gade bibe, Daubenton, Enc. méth. — li. Bonnaterre, pl de l'Enc. méth. — Bi, Brit. Zoo. 5, p. 149, tab. 60.

DES POISSONS

sale très-longue, et le premier rayon de chacune des nageoires jugulaires, terminé par un filament!. Ses écailles sont très-adhérentes à la peau, et plus grandes à proportion de son volume que celles même de la morue. Sa partie supérieure est jaunâtre ou couleur d’olive, et sa partie inférieure argentée. Sa chair est exquise.

Ses yeux sont voilés par une membrane, comme ceux des autres gades ; on a même cru que le bib pouvait à volonté enfler cette pellicule diaphane , et former ainsi une sorte de poche au-dessus de chacun ou d’un seul de ses organes de la vue. N’aurait-on pas pris les suites de quelque accident pour l’effet régulier d'une faculté particulière attribuée à l'animal ? Quoi qu’il en soit, c’est de cette propriété vraie ou fausse que viennent le nom de Borgne et celui d’'Aveugle, donnés au gade dont nous parlons.

LE GADE SAIDA ?, Gadus Saida, Lepech., Linn., Gmel., Cuv.

ET

LE GADE BLENNIOÏDE *.

Gadus blennioides, Penn., Linn., Gmel., Lac., Cuv.

Ces deux gades ont la nageoire de la queue fourchue. Le premier a été découvert par le savant Lepéchin, et le second par le célèbre Pallas.

Le saida a les deux mâchoires armées de dents aiguës et crochues ; deux rangées de dents garnissent le palais, et l’on voit auprès du gosier deux os lenticulaires hérissés de petites dents. La mâchoire inférieure est plus avancée que la supérieure, tandis que, dans la morue, l'æglefin et le bib, celle de dessus est plus longue que celle de dessous. Chaque opercule branchial présente trois lames, l’une triangulaire et garnie de deux aiguillons, l’autre elliptique, et la dernière figurée en croissant. La ligne latérale est droite et voisine du dos. Les na-

4 A la première nageoiredorsale 15 rayons, à la seconde 25, à la troisième 10, à chacune des pectorales 41, à chacune des jugulaires 6, à la première de l'anus 51, à la seconde 18, à celle de la queue, qui est fourchue, 17.

3 Lepéchin, Nov. Comment. petropol. 18, p. 512. — Gade saida, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

* Pallas, Spicileg. zool. 8, p. 47, tab. 5, fig. 2,— Gade blennoie, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

geoires dorsales et celles de l’anus sont triæigulaires !. Le quatrième rayon de la troisième dorsale , le cinquième de la première de l'anus, et le second des jugulaires, sont terminés par un long filament.

Une couleur obscure règne sur la partie supérieure de l’animal, qui d’ailleurs est parsemée de points noirâtres distribués irrégulièrement, Des points de la même nuance relèvent l’éclat argentin des opercules; les côtés du poissor: sont bleuâtres. Sa partie inférieure est blanche ; et le sommet de sa tête, très-noir.

Le saida ne dépasse guère en longueur deux ou trois décimètres. Sa chair est peu succue lente, mais cependant très-fréquemment mangeable Il habite la mer Blanche au nord de l'Europe.

Dans une autre mer également intérieure, mais bien éloignée des contrées hyperboréennes, se trouve le blennioïde. Ce dernier gade vit en effet dans la Méditerranée : mais comme il n’a presque jamais plus de trois décimètres de longueur, et qu’il n’est pas d’un goût trèsexquis, il n’est pas surprenant qu'il ait été dans tous les temps très-peu recherché des pêcheurs, et qu'il ait échappé aux observateurs de l’ancienne Grèce, à ceux de l’ancienne Rome, et même aux naturalistes modernes, jusqu'à Pallas, qui en a le premier publié la description, ainsi que nous venons de le dire ?.

Il a beaucoup de rapports avec le merlan, et peut avoir été souvent confondu avec ce dernier poisson. Ses écailles sont petites : la couleur de la partie supérieure de son corps et de sa queue est argentée; toutes les autres portions de Ja surface de l’animal sont d’un blanc d'argent, excepté les nageoires, sur lesquelles on voit des teintes jaunäâtres ou dorées.

Les lèvres sont doubles et charnues; les dents très-petites et inégales ; la ligne latérale est courbée vers la tête. Le premier rayon de chacune des nageoires jugulaires est divisé en deux ; et comme il est plus long que les autres rayons, il parait, au premier coup d'œil, com-

{A la première nageoire du dos du saida, de 10 à {4 rayons, à la seconde, de 16 à 17, à la troisième 20, à chacune des pectorales 16, à chacune des jugulaires 6, à la premiere nageoire de l'anus 18, à la seconde 20, à celle de la queue, de 24 à 26.

3 À la membrane branchiale du blennioïde 6 rayons, à la première uageoire dorsale 10 à 41, à la seconde 17, à la troisième 16, à chacune des pectorales 19, à chacune des jugulaires 3, à la première de l'anus 27, à la seconde 19, à celle de la queue 27.

poser toute la nageoire : dès lors on croit ne devoir compter que deux rayons dans chacune des jugulaires du gade que nous décrivons, et de là vient la dénomination de Blennioide, qui lui a été donnée, parce que la plupart des blenaies n’ont que deux rayons à chacune des nageoires que l’on voit sous leur gorge.

LE GADE CALLARIAS !,

Gadus Callarias, Linn., Gmel., BI. Lacep., Cuv.

LE GADE TACAUD?,

Gadus barbatus, Linn., Gmel., Cuv.; Gadus Tacaud, Lacep.

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