ET LE GADE SEY
Gadus virens, Ascan., Lacep., Cuv.
Ces trois poissons appartiennent au second sous-genre des gades : ils ont trois nageoires dorsales , et leurs mâchoires sont dénuées de barbilions ; plusieurs ressemblances frappantes rapprochent d’ailleurs ces trois espèces. Voyons ce qui ies sépare; et commencons par décrire le colin.
Il ne faut pas confondre ce poisson avec des indiviüus de l’espèce de la morue que des pé-
4 Colefish, dans plus. parties septent. de l'Angleterre. — Raw poliack, dans plus. parties mérid. de l'Angleterre. — Gade colin, Daubenton, Enc. méth.— 1d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — « Gadus dorso trip‘erygio, imberbis, « maxillà iuferiore longiore, lineà laterali rectä. » Artedi, gen. 20, syn. 54. — « Callarias imberbis, capite et dorso , car- « bonis instar, nigricantibus. » Klein, Miss. pisc. 5, p. 8, n.2. — Piscis colfish Anglorum, Bélon, Aquat., p. 155. — Colfish Anglorum, Gesner, Aquat., p.89 (Germ.), fol. 44, a, Icon. anim., p.79. — Asellus niger carbonarius, Schonev., p.19. — Asellus niger, seu Carbonarius, Charlet.. p. 421. Asellus niger, Aldrov., lib. 5, cap. 7, p.28 — Asellus niger, Sive Mollis nigricans, Willughby, p. 168. tab. L, m. 4,
.5.— Rai, p.34, 0.5. — Coal/fish, Brit. Zool. 5, p. 452, n.7.
3 Awhiling pollack, en Angleterre. — Lyr, dans plus. contrées du Nord.— Zyr blek, Lerblening, dans plus. parties de la Suède, — Gade lieu, Daubenlon, Enc. meth. — Id, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Faun. suecic., p. 312. — Müller, Prodrom. Zool. dan.. p. 42, n. 555.—Gadus lyrblek, It. Wgoth., p. 177.—« Gadus dorso tripteryg10, imberbis, « maxillà luferiore longiore, lineà laterali curvä. » Artedi, gen. 20, syn. 53.— 4selus whiting pollachius, Willugbby, p. 467, — Rai, p. 55, n. 2. — Gadus pollachius, Ascagne, cab. 5, pl. 20, — Gronov., Nus. 4, n. 37. — Bioch, p.68. — Gelbes kohlmaul, W albaum, Scbr. der Berl. naturf, 4, p. 447. Pollack, Brit. Zuol.5, p. 154, n. 8.
3 A l'âge d’un an, Mort, a l'âge de deux ans, Palle, à l'âge de trois ans, Treærin, a l'âge de quatre aus, Seyou Graasey, dans la vieillesse, Ufs , sur plus. côtes boréales de l'Europe. Gade sey, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnäaterre , pl. da l'Enc. méth., — Faun. suecic., p. 509. — Müller, Prodrom. Zool. dan., p. 43, 0. 554. — Gronov., Act. Upsal. 4742, p. 6 — Gadus virens, et Sey. Ascagne, cab. 5, pl. 41.
DES POISSONS
cheurs partis de plusieurs ports occidentaux de France ont souvent appelés Colins, parce qu’ils les avaient pris dans une saison trop avancée pour qu'on püt les faire sécher.
Le vrai colin a ordinairement près d’un mètre de longueur ; sa tête est étroite, l'ouverture de sa bouche petite, son museau pointu ; ses écailles sont ovales, et ses nageoires jugulaires très-peu étendues *.
On l’a nommé Poisson charbon où Charbonnier, à cause de ses couleurs. En effet, la teinte olivâtre qu’il présente dans sa jeunesse, se change en noir lorsqu'il est adulte; les nageoires sont entièrement noires, excepté celle de la queue , qui n’est que brune, et les deux premières dorsales , ainsi que les pectorales , dont la base est un peu olivâtre; une tache noire très-marquée est placée au-dessous de chaque nageoire pectorale ; la bouche est même noire dans son intérieur; et ces nuances si voisines de celles du charbon paraissent d'autant plus foncées, que la ligne latérale est blanche, que.les opercules brillent de l'éclat de l’argent, et que la langue a aussi la blancheur de ce métal.
On trouve le colin non-seulement dans l'Océan d'Europe , mais encore dans la mer Pacifique. Dès les mois de février et de mars, il s'approche des côtes d'Angleterre pour y déposer ou féconder des œufs qui ont la covleur et la petitesse des grains de millet, et desquels sortent, au bout de quelques mois, de petits poissons que l’on dit assez bons dans leur jeunesse,
On le pêche non-seulement avec des haims, mais encore avec différentes sortes de filets,
tels que des verveux ?, des guideaux #, des demi-folles *, des trémaux *, etc.
{A la première nageoire dorsale du colin 44 rayons, à la seconde 19, à la troisième 20, à chacune des pectorales 21, à chacune des jugulaires 6, à la première de l'anus 25, à la seconde 20, à celle de la queue 26.
? Le verveux, ou vermier, est un filet en forme de manche, et à l'entrée duquel on ajoute un second filet intérieur, nommé goulet, terminé en pointe, ouvert dans son extrémité de manière à laisser pénétrer le poisson dans le premier filet, mais propre d'ailleurs à l'empêcher d'en sortir.
5-4 Le guideau est aussi un filet en forme de manche : il va en diminuant depuis son embouchure jusqu'a son extrémité. On peut le tendre surun châssis qui en maintient l'embouchure ouverte. Le plus souvent cependant on se contente d'enfoncer dans le sable, à la basse mer, des piquets sur lesquels on attache deux traverses, l'une en haut et l'autre en bas ; ce qui produit à peu près le même effet qu'un châssis. Pour que le poisson soit entrainé dans la manche, on 1ppose au courant l'embouchure du guideau ; mais la force de l'eau, |
Lorsque la morue est abondante près des côtes du Nord on y recherche très-peu les colins; mais lorsqu'on y pêche un petit nombre de morues, on y sale les colins , qu'il est assez difficile de distinguer de ces dernières apres cette préparation.
Le pollack à, comme le colin, la nageoire de la queue fourchue, et la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure ; mais la ligne latérale est droite dans le colin, et courbe dans le pollaek ‘. Ce dernier poisson habite, comme le colin, dans les mers septentrionales de l’Europe : il se plait dans les parages où la tempête soulève violemment les flots. Il voyage par troupes extrêmement nombreuses, cherche moins les asiles profonds, paraît plus fréquemment à la surface de l'Océan que la plupart des autres gades , et sait cependant aller chercher dans le sable des rivages l’ammodyte appât, dont il aime à se nourrir. Sa longueur ordinaire est de cinq décimètres. Sa couleur, qui est d’un brun noirâtre sur ie dos, s’éclaircit sur les côtés, y devient argentée, et se Change, sur la partie inférieure de l'animal, en blanc pointiilé de brun ; l'iris, d’ailleurs, est jaune, avec des points noirs; chaque écaille est petite, mince, ovale, et lisérée de jaune ; les nageoires pectorales sont jaunâtres, les jugulaires couleur d’or, et celles de l’anus olivâtres et pointillées de noir.
On prend, toute l'année, des pollacks sur plusieurs des rivages occidentaux de France; on y en trouve souvent de pris dans les divers filets préparés pour la pêche d’autres espèces de poissons : mais, de plus, il y a sur ces côtes des endroits où vers le printemps il est très-recherché. On s’est servi pendant longtemps pour le
qui en parcourt toute la longueur, comprime tellement les poissons qui s'y renferment, que les gros y sont tués, et les petits réduits en une espèce de bouillie, Les piquets sur lesquels on tend le guideau, portent le nom d'étaliers. Quelquefois ils sont longs de près de trois mètres; d'autres fois ils ne s'élèvent que de dix ou douze décimètres, et alors 1e guideau est beaucoup plus petit. De là sont venues les expressions de guideau à hauts étaliers, et de guideau à bas étaliers. — Nous avons placé une courte description de la demi-folle, dans l'article Raie bouclée.— Le trémail est un filet composé de trois nappes, dont deux, qui sont de fil fort et à grandes mailles, se nomment hamaux, et dont la troisième, qui flotte entre les deux autres , est d'un fil fin, à petites mailles, et s'appelle toile ou flue.
{A la membrane des branchies du pollack 7 rayons, à Ia première uageoire dorsale 15, à la seconde 148, à la troisième 19, à chacune des pectorales 19, à chacune des jugulaires6, à la première de l'anus 28, à la seconde 19, à celle de la queue 42, 12
prendre, de petis bateaux portant une ou deux voiles carrées, et montés de six ou huit hommes. On jetait à la mer des lignes dont chacune était garnie d’un haim amorcé avec une sardine, ou avec un morceau de peau d’anguille. Comme le bateau qui était sous voile voguait rapidement, et que les pêcheurs secouaient continuellement ieurs haims, les pollacks, qui sont voraces, prenaient l’appât pour un petit poisson qui fuyait, se jetaient sur cette fausse proie et restaient accrochés à l’hamecon.
Le sey ressemble beaucoup au pollack ; il a même été confondu pendant longtemps avec ce dernier gade : mais il en diffère par plusieurs caractères, ct principalement par les dimensions de ses mâchoires, qui sont toutes les deux également avancées, trait de conformation qui le sépare aussi de l’espèce du colin; sa ligne latérale est droite, et la couleur de sa partie supérieure est verdâtre !.
Les seys sont très-nombreux pendant toute ‘année sur les côtes de Norvéce. Ils y sont l’objet d’un commerce assez étendu ; et voilà pourquoi ils ÿ ont été observés assez fréquemment et avec assez de soin pour qu’on leur ait donné, selon leur âge, les cinq noms différents que nous avons rapportés dans la troisième note de cet article, et pour que l'on ait su que communément ils avaient cent trente-cinq millimètres au bout d’un an, quatre cent trentetrois millimètres à la fin de la troisième année ; et six cent quarante-neuf millimètres après la quatrième.
Pendant l'été, ils y recherchent beaucoup une variété de hareng nommée Brisling; et on les y a souvent pêchés avec un filet fait en forme de nappe carrée, interrompu dans son milieu par une sorte de sac ou d'enfoncement, et attaché par les coins à quatre cordes qui aboutissent à autant de bateaux. Ce filet n’est point garni de ftotles, ni de est : le poids du fil dont il est formé, et des cordes qui le bordent, suffit pour le maintenir. Quand les pêcheurs croient avoir pris une quantité suffisante de seys, ils se rapprochent du filet, et en retirent, avec un manet?, les poissons qui sont au fond du sac placé au milieu de la nappe.
1 A la première nageoire du dos du sey 13 rayons, à la se-
conde 20, à la troisième 19, à chacune des pectorales 17, à |
chacune des jagulaires 6, à la première de l'anus 24, à la seconde 20, à celle de la queue qui est fourchue, 40.
? Voyez, pour la description du wanet, l'article dela Trachine vive.