LES. BATRACHOÏDES
La lête trés-déprimée et très-large; l'ouverture de lu bouche très-grande ; un ou plusieurs barbillons atta-
chés autour ou æu-dessous de La mächoire inférieure, ESPÈCES, CARACTÈRES.
Un grand nombre de filaments à la mächoire inférieure; trois aiguillons à la premiérenageoire dorsale et à chaque opercule,
| Un ou plusieurs barbillons au-des-
LE BATRACHOÏDE TAU. |
2. sous de la mâchoire d'eu-bas; les LE BATRACHOÏDE BLEN- deux premiers rayons de chaque NIOÏDE. | nageoire jugsulaire, terminés par
un long filament,
LE BATRACHOÏDE TAU?2.
Batrachoides Tau, Lacep.; Batrachus Tau, Sch., Cuy.; Lophius Bufo, Mitchill *.
Nous avons séparé le tau des gades, et le blennioïde des blennies, non-seulement parce que ces poissons n’ont pas tous les traits caractéristiques des genres dans lesquels on les avait inscrits en plaçant le dernier parmi les blennies et le premier parmi les gades, mais encore parce que des formes très-frappantes les distinguent de toutes les espèces que peuvent embrasser ces mêmes genres, au moins lorsqu'on a le soin nécessaire de n’établir ces cadres que d’après les principes réguliers auxquels nous tâchons toujours de nous conformer. Nous avons de plus rapproché lun de l’autre le tau et le blennioide, parce qu’ils ont ensemble beaucoup de rapports; nous les avons compris dans un genre particulier, et nous avons donné à ce genre le nom de Batrachoïde, qui désigne la ressemblance vague qu'ont ces animaux avec une grenouille, en grec Bxrpzyos, et qui rap-
+ A la nageoire du dos du brosme 100 rayons, à chacune des pectorales 20, à chacune des jugulaires 5, à celle de l'anus 60, à celle de la queue 50.
2 Expausancon. — Bloch, pl. 6, fig. 2 et 5. — Gade lau, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Gadus tau. Lin. Gmel.
3 Le genre Batrachoïde de Lacépède, ou Butrachus de Schneider èst adnus par M. Guvier. Quant à la figure de ce poisson, donnée par M. de Lacépède, il la rapporte au Batrachus surinamensis de Bloch et de Schneider. D.
pelle d’ailleurs les dénominations de Grenouiiler et de Raninus, appliquées par Linnée, Daubenton, et plusieurs autres célèbres naturaiistes, au blennioïde.
Le tau habite dans l’Océan atlantique , comme presque tous les gades, dans le genre desquels on avait cru devoir le faire entrer ; mais on l’y a pêché à des latitudes beaucoup plus rapprochées de l'équateur que celles où l'on a rencontré la plupart de ces poissons. On ja vu vers les côtes de la Caroline, où il a été observé par le docteur Garden, et d'où il a été envoyé en Europe.
Ses formes et ses couleurs , qui sont très-remarquables, ont été fort bien décrites par le célèbre ichthyologiste et mon savant confrère le docteur Bloch.
Il est revêtu d'écailles molles, petites, minces, rondes, brunes, bordées de blane, et arrosées par une mucosité tres-abondante, comme celles de la lote et de la mustelle. Le dos et les nageoires sont tachetés de blanc où d’autres nuances.
La tête est grande et large, le museau trèsarrondi. Les yeux, placés vers le sommet de cette partie et très-rapprochés l’un de l’autre, sont gros, saillants, brillants par l'éclat de l’or que présente l'iris, et entourés d’un double rang de petites verrues. Entre ces organes de ja vue et la nuque, s'étend transversalement une fossette et une bande plus ou moins irrégulière, de couleur jaune, sur les deux bouts de laquelle on peut observer quelquefois une tache ronde et très-foncée.
Les dents sont aiguës. Il n’y en a que deux rangées de chaque côté de la mächoire inférieure; mais la mâchoire d'en haut, qui est beaucoup plus courte,en montre un plus grand nombre de rangs. Une double série de ces mémes dents hérisse chaque côté du palais.
Plusieurs barbillons sont placés sur les côtés de la mâchoire supérieure; un grand nombre d’autres filaments sont attachés à la mâchoire d’en-bas, et disposés à peu près en portion de cercle.
Chaque opercule, composé de deux lames, est de plus armé de trois aiguillons.
Le tau a deuxnageoires dorsales; la première est soutenue par trois rayons très-forts et non articulés. Celle de la queue est arrondie.
Le Tau a éténommé ainsi, à cause de la res-
| semblance de la bande jaune et transversale
qu'il a auprès de la nuque, avee latraverse d'un x grec, ou fau !.
Le dessin qui représente ce poisson, et que nous avons fait graver, en donne une idée trèsexacte.
LE BATRACHOÏDE BLENNIOÏDE?.
Bastrachoides blennioides, Lacep.; Gadus Ranious, Mull.; Blennius Raninus, Gmel.; Phycis Ranina, BI.5.
Ce batrachoïde a un ou plusieurs barbillons au-dessous de la mâchoire inférieure. Les deux premiers rayons de chacune de ses nageoires jugulaires sont beaucoup plus longs que les autres: ce qui, au premier coup d'œil, pourrait faire croire qu’il n’en a que deux dans chacune de ces nageoires, comme la plupart des blennies dans le genre desquels on l’a souvent placé, et ce qui m’a engagé à lui donner le nom spécifique de Blennioïde. On le trouve dans les lacs de la Suède, où il paraît qu'il est redouté de tous les poissons moins forts que lui, qui s’écartent le plus qu’ils peuvent, des endroits qu’il fréquente. Quoiqu'il tienne, pour ainsi dire, le milieu entre les gades et les blennies, il n’est pas bon à manger *.
C’est avec toute raison, ce me semble, que le professeur Gmelin regarde comme une simple variété de cette espèce qu’il rapporte au genre des blennies, un poisson de l'Océan septentrional, dont voici une très-courte deseription ÿ.
Il est d’un brun très-foncé. Ses nageoires sont noires et charnues ; son iris est jaune ; une mucosité abondante, semblable à celle dont le tau est imprégné, humecte ses écailles, qui sont petites. Sa tête très-aplatie, est plus large que son corps; l'ouverture de sabouche très-grande ; chaque mâchoire armée d’un double rang de dents acérées et rougeûtres, suivant plusieurs
4“ A la membrane branchiale du tau, 6 rayons, à la première dorsale 5, à la seconde 23, à chacune des pectorales 20, à chacune des jugulaires 6, à celle de l'anus 15, à celle de la queue 12.
3 Faun. suecic. 516. — Blenne grenouiller, Daubenton, Enc. méth.— Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Müll., Prodrom. Zool. danic., n. 539. — Strom. sondm. 1, p. 559.
5 M. Cuvier place ce poisson dans le sous-genre Raniceps, du genre des Gades. D
4 À la membrane branchiale 7 rayons, à la nageoire dorsale 66, à chacune des nageoires pectorales 22, à chacune des jugulaires 6, à celle de l'anus 60, à celle de la queue 30.
5 Gmelin, éd. de Linnée , art. du Blennius raninus. — MOll., Zool. dan., p. 13, tab. 45. — Dansk. Vidensk. Selsk. Skrift. 12, p. 291.
observateurs ; la langue épaisse, musculeuse, arrondie par devant ; le premier rayon dechaque nageoire jugulaire terminé par une sorte de fil délié; et le second rayon des mêmes nageoires prolongé par un appendice analogue, mais ordinairement une fois plus long que ce filament.