‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 82 sur 535 · LE GADE MERLUS · texte numérisé non relu

LE GADE MERLUS

Gadus Merluccius, Linn., Bl., Cuv. Lacep. ?.

Ce poisson vit dans la Méditerranée ainsi que dans l'Océan septentrional ; et voilà pourquoi il a pu être connu d'Aristote, de Pline, et des autres naturalistes de la Grèce ou de Rome, qui, en effet, ont traité de ce gade dans leurs ouvrages. 11 y parvient jusqu à la grandeur de huit ou dix décimètres. Il est trèsvorace : il poursuit, par exemple, avec acharnement, les scombres et les clupées; cependant, comme il trouve assez facilement de quoi se nourrir, il n’est pas, au moins fréquemment, oblicé de se jeter sur des animaux de sa famille. Il ne redoute pas l’approche de son semblable. Il va par troupes très-nombreuses ; et par conséquent il est l’objet d’une pêche trèsabondante et peu pénible. Sa chair est blanche et lamelleuse; etdans les endroits où l’on prend une grande quantité d'individus de cette espèce, on les sale ou on les sèche , comme on prépare les morues, les seys et d’autres gades, pour pouvoir les envoyer au loin. Les merlus sont ainsi recherchés dans un grand nombre de parages : mais dans d’autres portions de la mer où ils ne peuvent pas se procurer les mêmes aliments , il arrive que leurs muscles deviennent gluants et de mauvais goût; ce fait était connu dès le temps de Galien. Au reste, le foie du merlus est presque toujours un morceau très-délicat.

Ce poisson est allongé, revêtu de petites

4 Merluzo, Asello, Asino, Nasello, en Italie. — Hake, en Angleterre.— Gade grand merlus, Daubenton, Enc. méth. — 1d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Le grand Merlus, Duhamel, Traité des pêches, part. 2, sect. 4, c. 4, pl. 24. — Merlu , et Merluche, Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat. — Mus. ad. fr. 2, p.60. — Faun. suecic. 514. — Forsk. Faun. Arabic., p.19. — Gronov. Zooph., p. 597. n. 515. — Müll. Prodrom. Zool. danic., p. 41, n.542. — Ot. Fabric. Faun. groeul., p. 148. — « Gadus dorso dipterygio, maxillà infe- « rire longiore. » Artedi, gen.22. syn. 56.—Lysing, Strom. sondm. 295., — Asellus primus, sive Merlucius, Raï, p. 56. — Asellus prinus Rondrletii, sive Merlucius, Willughby, p. 174, tab. L, m. 2, n.4.— Oves, Arist., 1.8, c. 15; L. 9, c.57. == Üvcs, qades, Athen., 1. 7, p.515. —@xnérrus, Ælian, 1. 5. c. 20, p. 276; 1.9, c. 58.--Oppian., Hal.,l. 1, p.5; 1.2, p-59.—Asellus, Plin., Hist. mundi, 1. 9, c. 16, 17.—Aselius,

- Ovid., v. 151.— Varro, L 4, De lingua latina.— Jov., cap.20, p. 87.— Merlus, Rondelet, part. 4, 1. 9, c. 8. — Salv., fol. 75. — « Merluccius, asellus, et primüm de merlucio. » Gesner, p. 84,97; Icon. anim., p.76; et (Germ.) fol. 59, B. — Merluccius, Bélon, Aquat., p. 125.—4sellus alter, etc., Aldrov., L 5,c. 2, p. 256.— 4sellus fuscus, Charlet., p. 122.— Hake, Brit, Z00!, 5, p. 156, n. 10. — Jonston, De piscibus, p.7, tab. 4, fig. 5.

2 Type du sous-genre Merluche dans le genre Gade de M, Cuvier. D,

écailles, blanc par-dessous , d’un gris plus ou moins blanchâtre par-dessus ; et c’est à cause de ces couleurs comparées souvent à celles de l’âne, qu'il a été nommé Anon par Aristote, Oppien, Athénée, Élien, Pline, et d’autres auteurs anciens et modernes. Le nom d’Anon est même devenu , pour plusieurs naturalistes , un mot générique qu'ils ont appliqué à plusieurs espèces de gades.

La tête du merlus est comprimée et déprimée ; l’ouverture de sa bouche, grande ; sa Jigne latérale plus voisine du dos que du basventre, et garnie auprès de la tête de petites verrues dont le nombre varie depuis einq jusqu’à neuf ou dix : des dents inéoales , aigués, et dont plusieurs sont crochues , garnissent les mäâchoires , le palais et le osier ‘.

J’ai trouvé dans les papiers de Commerson une courte description d’un gade à deux nageoires, sans barbillons, et dont tous les autres caractères conviennent au merlus. Commerson l’a vu dans les mers australes ; ce qui confirme mes conjectures sur la possibilité d'établir dans plusieurs parages de l’hémisphère méridional, des pêches abondantes de morues et d’autres gades.

Le merlus est si abondant dans la baie de Galloway , sur la côte occidentale de l’Irlande, que cette baie est nommée, dans quelques anciennes cartes, la baie des Jakes, nom donné par les Anglais aux merlus.

LE GADE BROSME ?*.

Gadus Brosme, Linn., Gmel., Penn., Cuv., Lacep.®.

Nous avons maintenant sous les yeux le cinquième sous-genre des gades. Les caractères qui le distinguent, sont un ou plusieurs barbillons, avec une seule nageoire dorsale. On ne peut encore rapporter qu'une espèce à ce sousgenre, et cette espèce est le brosme.

Ce gade préfère les mers qui arrosent le Groenland, ou l’Europe septentrionale.

4 A la membrane des branchies 7 rayons, à la première nageoire du des 40, à la seconde 59, à chacune des pectorales 42, à chacune des jugulaires 7, à celle de l'anus 37, à celle de la queue 20. i

2 Gadus brosme, Ascagne, Icon. rerum natural., tab, 17.— Mull., Prodrom. Zoo!. danic., p. 41, n. 541. — Brosme, Pontoppid. Norveg. 2, p. 178. — Strom. sonm. 1, p. 272, tab. 1, fig.19.— Aaila, Olafs. Island., p. 558, lab. 27.—Gade broswe, Bonnatcrre, pl. de l'Euc. méih.

“Type du sous-genre Brosine, Brosmius, de M, Cuyier. D.

DES POISSONS

Il a la nageoire de la queue en forme de fer de lance, et quelquefois une longueur de près d’un mètre. La couleur de son dos est d’un brun foncé ; ses nageoires et sa partie inférieure sont d’une teinte plus elaire; on voit sur ses côtés des taches transversales *.

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