‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 86 sur 535 · rieure; les nageoires jugulaires · texte numérisé non relu

rieure; les nageoires jugulaires

La BLENNIE TORSE. charnues et divisées chacune en

quatre lobes.

LE BLENNIE GUNNEL.

| |: corps très-allongé ; les nageoi-

Lx BLENNIE POINTILLÉ. |

LE BLENNIE GARAMIT.

LE BLENNIE LUMPÈNE.

LE BLENNIE LIÈVRE !.

Blennius ocellaris, Bl., Cuv., Linn., Gmel.; Blennius Lepus, Lacep. ?.

L'homme d’état ne considérera pas avec autant d’intérêt les blennies que les gades ; il ne

4 Lebre demare, dans plus. départ. mérid.—Mesoro, dans quelques contrées d'Italie. — Butterfly fish, en Angleterre. — Blenne lièvre, Daubenton, Enc: méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Lièvre marin vulgaire, Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat. — Mus. ad. fr. 2, p. 62. — Cetti, Pise. sard., p. 412.—Brunn., Pisc. massil., p. 15, n. 53. —« Blennius.….. maculà magnâ in pinna dorsi. » Artedi, gen. 26, syn. 44. — Bjevvos, Oppian., 1. 1, fol. 108, 53, ed. Lippiüi. — Blennius, Plin., 1.52, c. 9. — Blennus, Salvian., fol. 218. — Bélon, Aquat., p. 210. — Gesner (Germ.), fol. 3, a; et Aquat., p. 126, 447; Icon. anirn., p. 9. — Blennus Bel-

3 Du sousgenre des Blennies proprement dites, dans le genre Blennie de M. Cuvier. D.

les verra pas aussi nombreux, aussi grands, aussi bons à manger, aussi salubres, aussi recherchés que ces derniers, faire naître, comme ces mêmes gades, des légions de pêcheurs, les attirer aux extrémités de l'Océan, les contraindre à braver lestempèêtes, les glaces, les brumes, etles changer bientôt en navigateurs intrépides, en ouvriers industrieux, en marins habiles et expérimentés : mais le physicien étudiera avec curiosité tous les détails des habitudes des blennies; il voudra les suivre dans les différents climats qu'ils habitent ; il désirera de connaître toutes les manières dont ils viennent à la lumière, se développent, croissent, attaquent leur proie ou l’attendent en embuscade, se dérobent à leurs ennemis par la ruse, ou leur échappent par leur agilité. Nous ne décrirons cependant d’une manière étendue que les formes et les mœurs des espèces remarquables par ces mêmes mœurs ou par ces mêmes formes; nous n’engagerons à jeter qu’un coup d’œil sur les autres. Où il n’y a que peu de différences à noter, et, ce qui est la même chose, peu de rapports à saisir ; avec des objets déjà bien observés, il ne faut qu’un petit nombre de considérations pour parvenir à voir clairement le sujet de son examen.

Le blennie lièvre est une de ces espèces sur lesquelles nous appellerons pendant peu de temps l’attention des naturalistes. Il se trouve dans la Méditerranée ; sa longueur ordinaire est de deux décimètres. Ses écailles sont très-petites, enduites d’une humeur visqueuse ; et c’est de cette liqueur gluante dont sa surface est are rosée, que vient le nom de Blennius en latin, et de Blennie ou de Blenne en français, qui lui a été donné ainsi qu'aux autres poissons de son genre tous plus ou moins imprégnés d’une substance oléagineuse, le mot 6k:v0; en grec, signifiant mucosite.

Sa couleur générale est verdâtre, avec des bandes transversales et irrégulières d'unenuance de vert plus voisine de celle de l'olive; ce verdâtre est, sur plusieurs individus, remplacé par du bleu, particulièrement sur le dos. La premièrenageoire dorsale est ou bleue commeledos, ou olivâtre avec de petites taches bleues et des points blanes ; et indépendamment de ces points lonüi, meliüs depictus, Aldrov., lib. 2, cap. 28, p. 205. — Willughby, p. 131, tab. H, 5, fig. 2. — Raï. p.72,n. 13. — Blennus pinniceps, Klein, Miss. pis. 5, 51, n. 1. — Scor-

piofdes, Liévre marin du vulgaire, Rondelet, part. 1,1,6, 6. 20. — Jonston, Pisc., p. 75, tab. 19 fig.5.

et de ces petites gouttes bleues, elle est ornée d’une tache grande, ronde, noire, ou d’un bleu très-foncé, entourée d’un liséré blane, imitant une prunelle entourée de son iris, représentant vaguement un œil; et voilà pourquoi le blennie lièvre a été appelé OLillé; et voilà pourquoi aussi il a été nommé poisson papillon (Butterfly fish en anglais)...

Sa tête est grosse, ses yeux sont saillants ; son iris brille de l’éclat de l’or. L'ouverture de sa bouche est srande; ses mâchoires, toutes les deux également avancées, sont armées d'un seul rang de dents étroites et très-rapprochées. Un appendice s’élève au-dessus de chaque œil ; la formede cesappendices, qui ressemblent un peu à deux petites oreilles redressées , réunie avec la conformation générale du museau, ayant fait trouver par des marins peu difficiles plusieurs rapports entre la tête du lièvre et celle du blennie que nous décrivons, ils ont proclamé ce dernier Lièvre marin , et d’habiles naturalistes ont cru ne devoir pas rejeter cette expression.

La langue est large et courte. 11 n’y a qu'une pièce à chaque opercule branchial ; Panus est plus près de la tête que de la nageoire caudale, et la ligne latérale pius voisine du dos que du ventre,

On compte sur ce blennie deux nageoires dorsales ; mais ordinairement elles sont si rapprochées l’une de l’autre, que souvent on a cru n'en voir qu'une seule !.

Pourajouter au parallèle entre le poisson dont nous traitons et le vrai lièvre de nos champs, on a dit que sa chair était bonne à manger. Elle n’est pas, en effet, désagréable au goût; mais on y attache peu de prix. Au reste, c’est à cet animal qu’il faut appliquer ce que Pline rapporte de la vertu que l’on attribuait de son temps aux cendres des blennies, pour la guérison ou le soulagement des maux causés par la présence d’un calcul dans la vessie 2,

4 À la première nagcoire du dos 44 rayons, à la seconde45, à chacune des pectorales 12, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 16, à celle de la queue, qui est arrondie, 44.

2 Chap. déjà cité dans cet article,

LE BLENNIE PHYCIS !.

Phycis Tinca, Schn ; Phycis mediterraneus, Laroche, Cuv.; Blennius Phycis, Liun., Gmel. ?,

Ce poisson est un des plus grands blennies :

il parvient quelquefois jusqu’à la longueur de cinq ou six décimètres. Un petit appendice s’élève au-dessus de l’ouverture de chaque narine, et sa mâchoire inférieure est garnie d’un barbillon. Ce dernier filament , ses deux nageoires dorsaleset son volume, le fontressembler beaucoup à un gade; mais la forme de ses nageoires jugulaires, qui ne présentent que deux rayons, le place et le retient parmi les vrais blennies.

Les couleurs du phycis sont sujettes à varier, suivant les saisons. Dans le printemps, il a la tête d’un rouge plus ou moins foncé, presque toujours son dos est d’un brun plus ou moins noirâtre; ses nageoires pectorales sont rouges, et un cercle noir entoure son anus ÿ.

On trouve ce blennie dans la Méditerranée #.

LE BLENNIE MÉDITERRANÉEN 5.

Blennius mediterraneus, Lacep. *.

Cette espèce a été jusqu'à présent comprise parmi les gades sous le nom de Méditerranéen ou de Monoptère; mais elle n’a quedeux rayons à chacune de ses nageoires jugulaires, et dèslors nous avons dû l’inserire parmi les blennies. Nous l’yavonsplacée dans le second sous-genre, parce qu’elle a des barbillons sur la tête, et que son dos n’est garni que d’une seule nageoire.

Elle tire son nom de la mer qu’elle habite.

Elle vit dans les mêmes eaux salées que le gade capelan, le gade mustelle et le gade merlus, avec lesquels elle a beaucoup de rapports. In-

4 Mole, dans quelques départ. mérid. — Molere, en Espagne. — Phico, en Italie. — Blenne mole, Daubenton , Ene, méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Phycis, Artedi, gen, 84, syn. 411. — La Moule, Rondelet, part. 4, 1 6, ©. 10. — Gesner, Aquat., p. 748. — Willughby, Ichthyol., p. 205. — Tinca marina, Raï, Pisc., p.75, et p. 164, £, 8. — Lesser hake, Brit. Zool.5, p. 158, .11. — Zest hake, Ibid., p. 460, n. 12.

2 M. Cuvier retire les phycis du genre Blennie, pour les reporter dans celui des Gades où ils forment un sous-genre parüculier entre les Brotules et les Raniceps. D.

5 Quinze appendices intestinaux sont disposés autour du pylore,

4 A la membrane branchiale 7 rayons, à la première dorsale 10, à la seconde 61, à chacune des peclorales 45, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 57, à celle de la queue, qui est arrondie, 20.

5 Mus. ad, fr. 2, p. 60.— Gade monoptére, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

# M. Cuvier ne fait pas mention de cette espèce. D,

DES POISSONS

dépendamment des deux filaments situés , sur | des contrées équatoriales, il a des couleurs

sa mâchoire d’en-haut, il y en a un attaché à la mâchoire inférieure ‘

LE BLENNIE GATTORUGINE *.

Blennius palnicornis, Penn., Cuv.; Blennius Gattorugine, Lacep. *.

Le gattorugine habite dans l'Océan atlantiqueet dans la Méditerranée. Il n’a guère plus de deux décimètres de longueur : aussi ne se nourrit-il que de petits vers marins, de petits crustacées et de très-jeunes poissons. Sa chair est assez agréable au goût. Ses couleurs ne déplaisent pas. On voit sur sa partie supérieure des raies brunes, avec destaches, dont les unessont d’une nuance claire, et les autres d’une teinte foncée. Les nageoires sont jaunâtres. Il n'y en a qu'une sur le dos dont les premiers rayons sont aisuillonnés *, et les derniers très-longs. La tête est petite; les yeux sont saillants et trèsrapprochés du sommet de la tête ; l'iris est rougeâtre. Deux appendices palmés paraissent auprès de l'organe de la vue, et deux autres semblables sur la nuque. Les mâchoires également avancées l’une et l’autre, sont garnies d’un rang de dents aiguës, déliées , blanches et flexibles. La langue est courte ; le palais lisse; l’opercule branchial composé d'une seule lame ; l'anus assez voisin de la gorge, et la ligne latérale droite ainsi que rapprochée du dos.

LE BLENNIE SOURCILLEUX *.

Blennius saperciliosus , Bl., Cuy., Lacep. ‘.

Les mers de l’Inde sont le séjour habituel de ce blennie. Comme presque tous les poissons

4 A la nageoire du dos 54 rayons, à chacune des pectoraes 15, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 44.

2 Blenne gatiorugine, Daubenton, Enc. méth.— Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc, méth.— Mus. ad. fr. {, p. 68; et 2, p. 64. « Blennius pinnulis duabus ad oculos, pinnà ani ossiculo- « rum 25. » Artedi, gen. 26, syn. 44. — « Blennius pionis su- « percilioruin palmatis, etc. » Brunn., Pisc. massil., p. 27, n. 57,— « Blenuius capite cristato ex radio inermi, etc. » Gronov., Zooph., p. 76, n. 264. — Willughby, Ichth., p.152, tab. H, 2, fig. 2. — Rai, Pisc. 72, n. 14. — Gatlorugine, Brit. Zool. 5, p.168, n. 2.

3 Du sous-genre des Blennies proprement dites, dans le genre Blennie, Cuv. D.

446 rayons non articulés et 14 articulés à la nageoire dorsale, 14 rayons à chacune des pectorales, 3 à chacune des jugulaires, 25 à celle de l'anus, 15 à celle de la queue.

5 Blenne sourcilleux, Daubenton, Enc. méth. — Id, Bonpaterre, pl. de l'Enc. méth.—« Blennius pinnulis ocularibus

# Du sous-genre Clinus dans le genre Blennie, Cuv. D,

agréables et vives ! ; un jaune plus ou moins foncé, plus ou moins voisin du brillant de l'or, ou de l’éclat de l'argent . et relevé par de belles taches rouges, règne sur tout son corps.Il se nourrit de jeunes crabes et de petits animaux à coquille ; et dès lors nous ne devons pas être surpris, d’après ce que nous avons déjà indiqué plusieurs fois, que ce sourcilleux présente des nuances riches et bien contrastées. Plusieurs causes se réunissent pour produire sur ses téguments ces teintes distinguées : la chaleur du climat qu’il habite, l'abondance de la lumière qui inonde la surface des mers dans lesquelles il vit, et la nature de l’aliment qu'il préfère, et qui nous a paru être un des principes de la brillante coloration des poissons. Mais quoique ce blennie, exposé aux rayons du soleil, puisse paraitre quelquefois parsemé, pour ainsi dire ,de rubis , de diamants et de topazes , il est encore moins remarquable par sa parure que par ses habitudes. Ses petits sortent de l'œuf dans le ventre de la mère, et viennent au jour tout formés. Il n’est pas le seul de son genre dont les œufs éclosent ainsi dans l’intérieur de la femelle, Ce phénomene a été particulièrement observé dans le blennie que les naturalistes ont nommé pendant longtemps le Vivipare. Nous reviendrons sur ce fait, en traitant, dans un moment, de ce dernier poisson. Considérons néanmoins déjà que le sourcilleux, que sa manière de venir à la lumière lie, par une habitude peu commune parmi les poissons, avec l’anguille, avec les silures, et peut-être avec le gade lote, a, comme tous ces osseux, le corps très-allongé, recouvert d’écailles très-menues, et enduit d’une mucosité très-abondante.

Au reste , sa tête est étroite ; ses yeux sont saillants, ronds, placés sur les côtés, etsurmontés chacun d’un appendice palmé et divisé en trois, qui lui a fait donner le nom qu'il porte. L'ouverture de la bouche est grande; la langue courte; le palais lisse; la mâchoire d’enhaut aussi avancée que l’inférieure, et hérissée d’un rang extérieur de grosses dents, et de plu-

« brevissimis palmatis, etc. » Amœænit. acad, 1, p. 547. — Gronov., Mus. 2, n.172, tab. 5, fig. 5; Zooph., p.75, n.258, — Bloch, pl. 168. — Blennius varius, etc., Séb., mus. 5, tab. 50, fig. 5. — Indinnischer gottorugina, Seeligm., Voegel. 8, tab. 72,

4 A la nageoire du dos 44 rayons, à chacune des pectorales 14, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 28, à celle de la queue 12,

sieurs rangées de dents intérieures plus petites et très-pointues ; l’opercule branchial composé d’une seule lame , ainsi que dans presque tous les blennies ; la ligne latérale courbe ; l’anus large comme celui d’un grand nombre de poissons qui se nourrissent d'animaux à têt ou à coquille, et d'ailleurs plus voisin de la gorge que de la nageoire caudale. Tous les rayons de la nageoire du dos sont des aiguillons, excepté les cinq ou six derniers.

LE BLENNIE CORNU #,

Blennius cornutus, Linn., Lacep.

LE BLENNIE TENTACULÉ ?,

Blennius tentacularis. Linn., Cuv.; BI. tentaculatus, Lacep.

LE BLENNIE SUJÉFIEN #, Blennius sujefianus. Lacep.; Bl. simus, Linn.

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