‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 87 sur 535 · ET LE BLENNIE FASCE · texte numérisé non relu

ET LE BLENNIE FASCE

Blennius fasciatus, Linn., BI.5.

Le cornu présente un appendice long, effilé, non palmé, placé au-dessus de chaque œil ; une multitude de tubereules à peine visibles, et disséminés sur le devant ainsi que sur les côtés de la tête; une dent plus longue que les autres de chaque côté de la mâchoire inférieure; une peau visqueuse, parsemée de points ou de petites taches roussâtres : il vit dans les mers de l'Inde, et a été décrit, pour la première fois , par l’immortel Linnée ©.

Le tentaculé que l'on pêche dans la Méditerranée , ressemble beaucoup au cornu; il est allongé, visqueux, orné d’un appendice non palmé au-dessus de chaque œil, coloré par points ou par petites taches très-nombreuses. Mais indépendamment que ces points sont d’une teinte

4 Blenne cornu, Daubenton, Enc. méth.—Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.—Mus. ad. fr. 2, p.61.—Amænit. acad. 1, p- 516.

2 Blennius radio supra oculos simplici, pinnä dorsali in- « tegrâ, anticè inoculatâ. » Brunn., Pisc. massil., p.26, n. 56. — Blenne nébuleuse, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

# Sujet, Act. petropolit. 1779,2, p. 198, tab. 6, fig. 2, 4. —

4 Blenne perce-pierre, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

5 Les deux premiers et le quatrième de ces poissons sont du sous-genre des Biennies proprement dites, dans le genre Blennie de M. Cuvier. Le troisième est de son sous-genre Salarias. D

# À la nageoïre dorsale du blennie cornu 54 rayons, à chacune des pectorales 15, à chacune desjugulaires 2, à celle de l'anus 26, à celle de la queue 12.

très-brune, on voit sur la nageoïre fnrsale une grande tache ronde qui imite un œil, ou , pour mieux dire, une prunelle entourée de son iris. De plus, le dessous de la tête montre trois 8a quatre bandes transversales et blanches ; l'iris est argenté avec des points rouges; des bandes blanches et brunes s'étendent sur la nageoire de l'anus ; les dents sont très-peu inégales; et enfin, en passant sous silence d’autres -dissemblances moins faciles à saisir avec précision, le tentaculé paraît différer du cornu par sa taille, ne parvenant guère qu’à une longueur moindre d’un décimètre. Au reste, peut-être, malgré ce que nous venons d'exposer, et l’autorité de plusieurs grands naturalistes, ne faudrait-il regarder le tentaculé que comme une variété du cornu , produite par la différence des eaux de la Méditerranée à celles des mers de l'Inde.

Quoi qu’il en soit, c’est Brunnich, qui a fait connaître le tentaculé, en décrivant les poissons des environs de Marseille *.

Le sujéfien a un appendice non palmé au-dessus de chaque œil, comme le cornu et le tentaculé; mais cet appendice est très-petit. Nous lui avons donné le nom de Sujéfien , parce que le naturaliste Sujef en a publié la description. Il parvient à la longueur de plus d'un décimètre. Son corps est menu; l’ouverture de sa bouche, placée au-dessous du museau, chacune de ses mâchoires garnie d’une rangée de dents trèscourtes, égales et très-serrées ; son opercule branchial composé de deux pièces ; sa nageoire dorsale précédée d’une petite élévation ou loupe graisseuse, et réunie à celle de la queue, qui est arrondie ?.

Les mers de l’Inde, qui sont l’habitation ordinaire du cornu, nourrissent aussi le fascé. Ce dernier blennie est enduit d’une mucosité trèsgluante. Sa partie supérieure est d’un bleu tirant sur le brun, sa partie inférieure jaunâtre: quatre ou cinq bandes brunes et transversale relèvent ce fond; les intervalles qui séparent ces fascies, sont rayés de brünatre; d’autres bandes ou des taches brunes paraissent sur plusieurs nageoires ; celle de la queue, qui d’ail. leurs est arrondie, montre une couleur grise ?.

4 A la nageoire du dos du tentaculé 54 rayons, à chacune des pectorales 44, à chacune des jngulaires 2, à celle de l’anus 25, à celle de la queue 11.

2 À la nageoire dorsale du blennie sujéfien 27 rayons , à chacune des pectorales 13, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 17, à celle de la queue 45.

# A la nageoire du dos du fascé 29 rayons, à chacune des.

DES POISSONS

Deux appendices non palmés s'élèvent entre les yeux ; la tête, brune par-dessus et jaunâtre par-dessous, est assez petite; l’ouverture branchiale très-grande; celle de l’anus un peu rapprochée de la gorge, et la ligne latérale peu éloignée du dos.

LE BLENNIE COQUILLADE ".

Blennius Galerita ; Blennius Coquillad, Lacep. 3,

On pêche ce poisson dans l’Océan d'Europe, ainsi que dans la Méditerranée. Il n’a pas ordinairement deux décimètres de longueur. Sur sa tête paraît un appendice cutané, transversal, un peu mobile, et auquel on a donné le nom de Crête. 11 habite parmi les rochers des rivages. Il échappe facilement àla main de ceux qui veulent le retenir , parce que son corps est délié et très-muqueux. Sa partie supérieure est brune et mouchetée. Sa partie inférieure d'un vertfoncé et noirâtre. On a comparé à une émeraude la couleur et l'éclat de sa vésicule du fiel. Sa chair est molle®. Il vit assez longtemps hors de l'eau, parce que, dit Rondelet, l'ouverture de ses branchies est fort petite; ce qui s'accorde avec les idées que nous avons exposées dans notre premier Discours, sur les causes de la mortalité des poissons au milieu de l'air de l’atmosphère. D’ailleurs on peut se souvenir que nous avons placé parmi ceux de ces animaux qui vivent avec plus de facilité hors de l’eau, ies osseux etles cartilagineux qui sont pénétrés d’une plus grande quantité de matières huileuses propres à donner aux membranes la souplesse conyenable.

pectorales 15, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 19, À celle de la queue, qui est arrondie , 41,

4 Blenne coquillade, Daubenton, Enc. méth, — Id. Bonnaterre, pl. de l'Euc. méth.— « Blennius cristä capitis trans- « versä, cutaceà. » Artedi, gen. 27, syn. 44, — Coquillade, Alauda cristata, Galerila, Rondelet, part. 4, 1. 6, c. 21. — Aldrovand., 1. 1, c. 23, p. 114. — Jonston, tab. 17, fig. 5. — Charlet., p. 157. — Galeria, Raï, p. 75. — Alauda cristata, sive Galerita, Gesner, p. 17. 20, (Germ.) fol. 4, a. — Willughby, Ichth., p. 154. — Adonis, Bélon, Aquat. 219. — £rested blenny. Brit. Zool. 5 , p. 467. — Strom. sondm. 522. —Blennus galerita, Brosme toupée, Ascagne, pl. 19.

2 Du sous-geure des Blennies proprement dites, dans le genre Blenuie, Cuv. D.

# À la nageoire du dos 60 rayons, à chacune des pectorales 10, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 56, a celle de la queue 16.

LE BLENNIE SAUTEUR .

Blennius saliens, Lacep., Cuv. ?.

Nous avons trouvé une description très-détaillée et très-bien faite de ce blennie dans les manuscrits de Commerson, que Buffon nous a confiés dans le temps , en nous invitant à continuer son immortel ouvrage. On n’a encore rien publié relativement à ce poisson, que le savant Commerson avait cru devoir inscrire dans un genre particulier, et nommer l’A//ique sauteur. Mais il nous a paru impossible de ne pas le comprendre parmi les blennies, dont ilatousles caractères généraux, et avec lesquels l'habile voyageur qui l’a observé le premier, a trouvé luimême qu'il offrait les plus grands rapports.

Nous osons même penser que si Commerson avait été à portée de comparer autant d'espèces de blennies que nous, les caractères génériques qu'il aurait adoptés pour ces osseux auraient été tels, qu’il aurait renfermé son sauteur dans leur groupe. Nous avons done remplacé la dénomination d’Allique sauteur par celle de Blennie sauteur, et réuni dans le cadre. que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs , ce que présentent de plus remarquable les formes et les habitudes de ce poisson.

Ce blennie a été découvert auprès des rivages et particulièrement des récifs de la Nouvelle- Bretagne, dans la mer du Sud. Il y a été observé en juillet 1768, lors du célèbre voyage de notre confrère Bougainville. Commerson l’y a vu se montrer par centaines. Il est très-petit , puisque sa longueur totale n’est ordinairement que de soixante-six millimètres, sa plus grande largeur de cinq, et sa plus grande hauteur de huit.

Il s’élance avec agilité, glisse avec vitesse, ou, pour mieux dire, et pour me servir de l’expression de Commerson, vole sur la surface des eaux salées; il préfère les rochers les plus exposés à être battus par les vagues agitées , et là, bondissant, sautant, ressautant, allant, revenant avec rapidité, il se dérobe en un clin d'œil à l’ennemi qui se croyait près de le saisir, et qui ne peut le prendre que très-diflicilement.

Il a reçu un instrument très-propre à lui

4 « Alticus saltatorius, pinnä spurià in capitis vertice ; seu « pinnulà longitudinali ponè oculos cartilagineä ; seu alticus « desuitor, occipite cristato, ore circulari deorsum palulo. » Commerson, Manuscrits déjà cités.

3 Du sous-geure Salarias , dans le genre Blennie de M. Cu

vier, D.

donner cette grande mobilité. Ses nageoires pectorales ont une surface très-étendue, relativement à son volume; elles représentent une sorte de disque lorsqu'elles sont déployées; et leur longueur, de douze millimètres, fait que, lorsqu’elles sont couchées le long du corps , elles atteignent à très-peu près jusqu'à l'anus. Ce rapport de forme avec des pégases, des scorpènes, des trigles, des exocets, et d’autres poissons volants, devait lui en donner aussi un d'habitude avec ces mêmesanimaux, et le douer de la faculté de s’élancer avec plus ou moins de force.

La couleur du blennie sauteur est d’un brun rayé de noir, qui se change souvent en bleuclair rayé ou non rayé, après la mort du poisson.

On a pu juger aisément, d’après les dimensions que nous avons rapportées, de la forme très-allongée du sauteur; mais de plus, il est assez comprimé par les côtés pour ressembler un peu à une lame.

La mâchoire supérieure étant plus longue que l’inférieure, l'ouverture de la bouche se trouve placée au-dessous du museau.

Les yeux sont situés très-près du sommet de la tête; gros, ronds, saillants, brillants par leur iris, qui a la couleur et l’éclat de l'or; et auprès de ces organes, on voit sur l’occiput une crête ou un appendice ferme, cartilagineux, non composé de rayons, parsemé de points, long de quatre millimètres ou environ, arrondi dans son contour, et élevé non pas transversalement, comme celui de la coquillade, mais longitudinalement. '

Deux lames composent chaque opercule branchial.

La peau du sauteur est enduite d’une mucosité très-onctueuse.

Commerson dit qu’on n’apercoit pas d'autre ligne latérale que celle qui indique l'intervalle longitudinal qui règne de chaque côté entre les muscles dorsaux et les muscles latéraux ‘.

‘5 rayons, au moins, à la membrane des branchies, 53 articulés à la nageoire du dos, 15 à chacune des pectorales, 2 mous et filiformes à chacune des jugulaires, 26 à celle de l'anus, 10 à celle de la queue, qui est lancéolée.

LE BLENNIE PINARU !.

Blennius Pinaru, Lacep. ; Blennius pilicornis, Cuw. ?,

Le pinaru ressemble beaucoup au blennie sauteur. Il habite, comme ce dernier poisson, dans les mers voisines de la ligne. Un appendice longitudinal s’élève entre ses yeux, de même qu'entre ceux du sauteur; mais cette sorte de crête est composée de petits filaments de couleur noire. De plus, le sauteur, ainsi que le plus grand nombre de blennies, n’a que deux rayons à chacune de ses nageoires jugulaires ; et le pinaru a ses nageoires jugulaires soutenues par trois rayons Ÿ.

La ligne latérale de ce dernier osseux est d’ailleurs courbe vers la tête, et droite dans le reste de sa longueur.

On le trouve dans les deux Indes.

LE BLENNIE GADOÏDE 1,

Blennius gadoides, Lacep.

LE BLENNIE BELETTE ,

Bleunius mustelaris, Linn.; Blennius mustela, Lac, +. ET LE BLENNIE TRIDACTYLE

Blennius trydactylus, Lacep.‘.

Ces trois poissons appartiennent au troisième sous-genre des blennies : ils ont deux nageoires sur le dos; et on ne voit pas de barbillons ni d’appendices sur la partie supérieure de leur tête.

Le gadoïde a été découvert par Brunnich.

Ce naturaliste l’a considéré comme tenant le milieu entre les gades et les blennies; et c’est

4 Blenne pinaru , Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Gronov. Mus. 1, n.75.—Pinaru, Rai, Pisc., p. 75.

2 Du sous-genre des Blennies proprement dites dans le genre Blennie, Cuv. D.

5 A la membrane branchiale 5 rayons, à la nageoire du dos 26, à chacune des pectorales 44, à chacune des jugulaires 5, à celle de l'anus 46, à celle de la queue, qui est arrondie, 11.

4 Brunn.., Pise. Massil., p. 24, n. 54.—Gade à deux doigts, Bonnaterre, pi. de l'Enc. méth.

8 « Blennius pinnä dorsal antericretriradiatä. » Mus. Ad. Frid. 4, p. 69.— « Blennius pinnà dorsi anteriore triradiatà, « posteriore 40. » Ibid. — Blenne beletle, Daubenton, Enc. méth.

‘ Du sous-genre Clinus dans le genre Blennie, Cuv. D.

T1 Trifurcated, Pennant, Zool. Bril., t. HI, p. 196.—Gade trident, Bonnaterre , pl. de l'Enc. méth.

“M, Cuvier ne mentionne, ni cette espèce, ni celle du Bleunie gadoïde. D.

DES POISSONS

aour désigner cette position dans l’ensemble des êtres vivants, que je lui ai donné le nom de Gadoïde. Il a été compris parmi les gades par plusieurs célebres naturalistes : mais la nécessité de former les différents genres d'animaux conformément au plus grand nombrede rapports qu’il nous est possible d’entrevoir, et de les indiquer par des traits précis et faciles à distinguer, nous a forcés d’exiger pour les deux familles des blennies et des gades, des caractères d'après lesquels nous avons dû placer le gadoïde parmi les blennies.

Ce poisson habite dans la Méditerranée. Il est mou, étroit, légèrement comprimé. Sa longueur analogue à celle de la plupart des blenuies, ne s'étend guère au-delà de deux décimètres. Sa mâchoire inférieure est plus courte que la supérieure, marquée de chaque côté de sept ou huit points ou petits enfoncements, et garnie, au-dessous de son bout antérieur , d’un filament souvent très-long.

On voit deux aiguillons sur la nuque; la ligne latérale est droite.

L'animal est blanchâtre, avec la tête rougeâtre. Des teintes noires règnent sur le haut de la première nageoire dorsale, sur les bords et plusieurs autres portions de la seconde nageoire du dos, sur une partie de celle de l’anus, et sur celle de la queue !.

Il est aisé de séparer de cette espèce de blennie celle à laquelle nous conservons le nom de Belette. En effet, ce dernier poisson n’a point de filament au-dessous du museau, et on ne compte que trois rayons à sa première nageoire dorsale ?. Il a été découvert dans l'Inde.

Le tridactyle a été considéré jusqu’à présent comme un Gade ; il a surtout beaucoup de ressemblance avec le gade mustelle et le cimbre. Ila, de même que ces derniers animaux, la première nageoire dorsale cachée presque en entier dans une sorte de sillon longitudinal, et composée de rayons qui tous, excepté un, sont extrémement courts et difficiles à distinguer les uns des autres. Mais chacune de ses nageoires jugulaires n’est soutenue que par trois rayons;

4 A la membrane branchiale du blennie gadoïde 7 rayons, à la première nageoire dorsale 10, à la seconde 56, à chacune des pectorales 41, à chacnne des jugulaires 2, à celle de l'anus 55, à celle de la queue 46.

3 A la première nageoire dorsale du blennie belelte 5 rayons, à la seconde 45, à chacuue des pectorales 17, à chacune des jugulaires 2° à celle de l'anus 29, à celle de la aveuc 15.

et cela seul aurait dû nous engager à le rapporter aux blennies plutôt qu'aux gades. Les nageoires jugulaires, ou tloracines, ayant été comparées, aussi bien que les abdominales, aux pieds de derrière des quadrupèdes, les rayons de ces organes äe mouvement ont été assimilés à des doigts; et c’est ce qui a déterminé à donner au blennie que nous examinons, le nom spécifique de Tridactyle, où à trois doigls. D'ailleurs, dans cet osseux, les trois rayons de chaque nageoire jugulaire ne sont pas réunis par une membrane à leur extrémité, et cette séparation vers un de leurs bouts les fait paraître encore plus analogues aux doigts des quadrupèdes.

La tête du tridactyle est un peu aplatie. Ses mâchoires sont garnies de dents recourbées :

celle d’en-bas présente un long barbillon au dessous de son extrémité antérieure.

On voit au-dessus de chaque nageoire pectorale une rangée longitudinale de tubercules, qui sont, en quelque sorte, le commencement de la ligne latérale. Cette dernière ligne se fléchit très-près de son origine, forme un angle obtus, descend obliquement et se coude de nouveau pour tendre directement vers la na-

La couleur de la partie supérieure de l’animal est d’un brun foncé; les plis des lèvres, et des bords de la membrane branchiale, sont d’un blanc très-éclatant.

Ce blennie habite dans les mers qui entourent la Grande-Bretagne; le savant auteur de la Zoologie britannique l’a fait connaître aux naturalistes.

LE BLENNIE PHOLIS 2.

Blennius Phoiis, Linn., Gmel., Lacep., Cp, ‘.

Les blennies &ont il nous reste à traiter, forment le quatrième sous-genre de la famille que

4 5 rayons à la membrane des branchies du blennie tridactyle, 4 rayon très-allongé et plusieurs autres rayons trèscourts à la première nageoire dursale, 45 rayons à la seconde, 14 à chacune des pectorales, 5 à chacune des jugulaires, 20 à celle de l'anus, 16 à celle de la queue.

1 Buveuse, sur plus. côtes mérid. de France. — Galeetto, auprès de Livourne. — Mulgranoo, Bulcard, auprès des rivages de Cornouailles en Angleterre. — Blenne baveuse, Daubeuton, Enc. méth, — Id. Bounaterre, pl. de l'Enc. méth. — Mus. Ad. Erid. 2, p. 62.— « Blennius maxillà supe- « riore lougiore, capite summo acuminato. » Arteui; gen.27,

“ Du sous-genre des Bleunies proprement dites dans le

genre Blennie, Cuv. D. LE

nous considérons ; ils n’ont ni barbillons ni appendices sur la tête, et leur dos ne présente qu'une seule nageoire.

Le premier de ces poissons dont nous allons parler, est le pholis. Cet osseex a l'ouverture de la bouche grande, les lèvres épaisses, la mâchoire supérieure plus avancée que l’inférieure, et garnie, ainsi que cette derniere, de dents aiguës, fortes et serrées. Les ouvertures des narines sont placées au bout d’un petit tube frangé. La langue estlisse, le palais rude, l’œil grand, l'iris rougeâtre, la ligne latérale courbe, et l'anus plus proche de la gorge que de la nageoire caudale ".

La couleur du pholis est olivâtre avec de petites taches dont les unes sont blanches, et les autres d’une teinte foncée.

Ce blennie vit dans l'Océan et dans la Méditerranée. Il s’y tient auprès des rivages, souvent vers les embouchures des fleuves ; il s’y plait au milieu des algues ; il y nage avec agilité ; il dérobe aisément à ses ennemis son Corps enduit d’une humeur ou bave très-abondante et tres-visqueuse, qui lui a fait donner un de ses noms ; et quoiqu'il n’ait que deux décimetres de longueur, il se débat avec courage contre ceux qui l’attaquent, les mord avec obstination, et défend de toutes ses forces une vie qu'il ne perd d’ailleurs que difficilement.

Il n'aime pas seulement à se cacher au-dessous des plantes marines, mais encore dans la vase; il s’y enfonce comme dans un asile, ou s’y place comme dans une embuscade. Il se retire aussi très-souvent dans des trous de rocher, y pénètre fort avant, etde là vient le nom de Perce pierre qu’on a donné à presque tous les blennies, mais qu’on lui a particulièrement appliqué. II se nourrit de très-jeunes poissons, de très-petits crabes, ou d œufs de leurs espèces; il recherche aussi les animaux à coquille et principalement les bivalves, sur lesquels la faim et sa grande hardiesse le portent quelquefois à se jeter sans précaution à l'instant où il syn. 45 et 416. — PHAS. Arist., 1. 9, c. 57. — Aldrov., L. 4, €. 25, p. 114 et 116. — Gesner. p. 18 et 714; et (germ.) fol, 4, a, et 5, a. — Jonston, lib. 1, tit. 2, cap 2, à, 1, tab. 17,0. 4; ettab. 18, fig. 2 — Charlet., Onom, 457.—Willughby, Ichth,, p.155 et155, tab. H, 6, fig.2 et 4. — Raï, p. 75, n. 17 et74, — Perce-pierre, Empetrum, Alauda non cristata, Baveuse, Pholis, Rondelet, part, 1,1, 6, c. 22, 25 — Gronov., Mus. 2,n. 175; Zooph.76, n. 279. — Bloch, pl. 71, fig. 2. — Smooth blenny, Brit. Zool. 3, p.169. n.5.

* A la membrane des branchies 7 rayons, à la nageoire du

dos 28, a chacune des pectorales 14, à chacune des jugulaires 2. à celle de l'anus 19 ,à celle de la queue 10.

peut devenir la victime de sa témérité, être saisi entre les deux battants refermés avec force sur lui ; et c’est ainsi que fut pris comme dans un piége, un petit poisson que nous croyons devoir rapporter à l'espèce du blennie pholis, qui fut trouvé dans une huître au moment où l’on en écarta les deux valves, qui devait y être renfermé depuis longtemps, puisque l’huître avait été apportée à un très-grand nombre de myriamètres dela mer, et que découvrit ainsi, il y a plus de vingt ans, dans une sorte d’habitation très-extraordinaire, mon compatriote et mon ancien ami M. Saint-Amans, professeur d'histoire naturelle dans l’école centrale du département de Lot-et-Garonne, connu depuis longtemps du public par plusieurs ouvrages très-intéressants, ainsi que par d’utiles et courageux voyages dans les hautes Pyrénées .

LE BLENNIE BOSQUIEN ?.

Blennius boscianus, Lacep.

M. Bose, l'un de nos plus savants et plus zélés naturalistes, qui vient de passer plusieurs années dans les États-Unis d'Amérique, où il a exercé les fonctions de consul de la république française, a découvert dans la Caroline ce blenie, auquel j'ai cru devoir donner une dénomination spécifique qui rappelât le nom de cet habile naturaliste. M. Bosc a bien voulu me communiquer la description et le dessin qu'il avait faits de ce blennie : l’une m’a servi à faire un article; j'ai fait graver l’autre avec soin ; et je m'empresse d'autant plus de témoigner ici ma reconnaissance à mon ancien confrère pour cette bienveillante communication, que, peu de temps avant son retour en Europe, il m'a fait remettre tous les dessins et toutes les descriptions dont il s'était occupé dans l'Amérique septentrionale, relativement aux quadrupèdes ovipares, aux serpents et aux poissons, en m’invitant à les publier dans l’Histoire naturelle dont cet article fait partie. J'aurai une grande satisfaction à placer dans mon ouvrage les résultats des observations d’un naturaliste aussi éclairé et aussi exact que M. Bosc.

Le blennie qu’il a décrit ressemble beaucoup

4 Voyez le Journal de physique, oct, 1778.

2 Blennius morsitans, Bosc, manuscrits. — « Blenniug « morsitans, capite cristà nullà, corpore alepidoto, viridi « fusco , alboque variegato, pinnâ anali radiis apice recurvis, « Habitat in Caroling. » Note communiquée par L. Bosc.

DES POISSONS

au pholis dont nous venons de parler ; mais ilen diffère par plusieurs traits de sa conformation, et notamment par la proportion de ses mâchoires, dont l’inférieure est la plus longue, pendant que la supérieure du pholis est la plus avancée. D'ailleurs l’anus du pholis est plus près de la gorge que de la nageoire caudale, et celui du bosquien est à une distance à peu près égale de ces deux portions du corps de l'animal ‘.

La tête du bosquien est, en quelque sorte, triangulaire ; le front blanchâtre est un peu aplati ; l'œil petit ; l'iris jaune; chaque mâchoire garnie de dents menues, très-nombreuses et très-recourbées ; la membrane branchiale étendue et peu cachée par l’opercule ; le corps comprimé, dénué en apparence d’écailles, gluant, d’une couleur verte foncée, variée de blane, et relevée par des bandes brunes cependant peu marquées.

Les nageoires sont d’une teinte obscure, et tachetées de brun. Les onze premiers rayons de celle du dos sont plus courts et plus émoussés que les autres. Ceux qui soutiennent la nageoire de l’anus, se recourbent en arrière à leur extrémité : cette nageoire de l’anus et la dorsale touchent celle de la queue, qui est arrondie.

Le bosquien a près d’un décimetre de longueur totale; sa hauteur est de vingt-sept millimètres, et sa largeur de neuf.

Cette espèce, suivant M. Bose, est très-commune dans la baie de Charleston. Lorsqu'on veut la saisir, elle se défend en mordant son ennemi, comme la murène anguille, avec laquelle elle a beaucoup de ressemblance; et c’est cette manière de chercher à sauver sa vie, que M. Bosc a indiquée par le nom distinctif de morsilans qu’il lui a donné dans sa description latine, et que j'ai dû, malgré sa modestie, changer en une dénomination dictée par l’estime pour l'observateur de ce blennie.

LE BLENNIE OVOVIVIPARE ?.

Blennius viviparus, Linn., Gmel. ; Blennius ovoviviparus, Lacep. *.

De tous les poissons dont les petits éclosent

4 A la nageoire du dos 50 rayons , à chacune des pectorales 42, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 18, a celle de la queue 12.

3 Blenne vivipare, Naubenton, Enc. méth.— Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. mêth. — Faun. suecic. 517. — Müli. Prodrom., Zool. danic., p. 45, n. 558; et Zool. daüic., t.57.—

# Du sous-genre Zoarcès dans le genre Blennius selon M.Cuvier. D.

dans le ventre de la femelle, viennent tout formés à la lumière, et ont fait donner à leur mère le nom de Vivipure, le blennie que nous allons décrire, est l'espèce dans laquelle ce phénomène remarquable a pu être observé avec plus de soin et connu avec plus d’exactitude. Voilà pourquoi on lui a donné le nom distinctif de Vivipare, que nous n’avons pas cru cependant devoir lui conserver sans modification, de peur d’induire plusieurs de nos lecteurs en erreur, etque nous avons remplacé par celui d’Ovovivipare, afin d'indiquer que s’il n’éclôt pas hors du ventre de la mère, s’il en sort tout formé, et déjà doué de presque tous ses attributs, il vient néanmoins d’un œuf, comme tous les poissons, et n’est pas véritablement vivipare dans le sens où l’on emploie ce mot lorsqu'on parle de l’homme, des quadrupedes à mamelles, et des cétacées !. Voilà pourquoi nous allons entrer dans quelques détails relativement à la manière de venir au jour, du blennie dont nous écrivons l'histoire, non-seulement pour bien exposer tout ce qui peut concerner cet animal curieux, mais encore pour jeter un nouveau jour sur les différents modes de reproduction de la classe entière des poissons.

Mais auparavant montrons les traits distinctifs et les formes principales de ce blennie ?.

L'ouverture de sa bouche est petite, ainsi que sa tête: les mâchoires, dont la supérieure est plus avancée que l’inferieure , sont garnies de petites dents et recouvertes par des lèvres épaisses; la langue est courte et lisse comme le palais ; deux os petits et rudes sont placés auprès du gosier ; les orifices des narines paraissent chacun au bout d’un petit tube non frangé; le ventre est court ; l'ouverture de l’anus trèsgrande; la ligne latérale droite ; la nageoire de

Mus. Ad., Frid. 4, p.69.—Taxglake, Act.Stockh. 1748, p.52, tab. 2. — Gronov. Mus. 1, p. 65, n. 145; Zooph., p. 77, n. 265. — Act. Upsal. 1742, p. 87. — Bloch, pl. 72. — « Blennius ca- « pite dorsoque fusco flavescente lituris nigris. pinnâ ani « flavâ. » Artedi, syn. 45. — « Terlia mustelarum species vi- « vipara et marina. » Schonev., p. 49, 50 — « Mustela marina « vivipara. » [d., tab. 4, fig. 2.—Jonston, Pisc., p. 4, tab. 46, fig. 8.—« Mustela vivipara Schoneveldii. » Willughby, Ichth., p. 122. — Raï, p. 69. — « Viviparous blenny. » Brit. Zool. 5, p.472. 0.5, tab. 10.

1 On peut consulter à ce sujet ce que nous avons écrit dans le Discours sur la nature des serpents, et dans le Discours sur la nature des poissons.

37 rayons à la membrane des branchies, 20 à chacune des nageoires pectoraies, 2 à chacune des jngulaires, 148 à celles du dos , de la queue et de l'anus, considérées comme ne formant qu'une seule nageoire.

l'anus composée de plus de soixante rayons, et réunie à celle de la queue; et souvent cette dernière se confond aussi avec celle du dos.

Les écailles qui revêtent l’ovovivipare, sont très-petites, ovales, blanches ou jaunâtres et bordées de noir; du jaune règne sur la gorge, et sur la nageoire de l’anus ; la nageoire du dos est jaunâtre, avec dix ou douze taches noires.

La chair de ce blennie est peu agréable au goût ; aussi est-il tres-peu recherché par les pécheurs, quoiqu'il parvienne jusqu’à la longueur de cinq décimètres. Il est en effet extrêmement imprégné de matières visqueuses ; son corps est glissanteomme celui des murènes ; et ces substances oléagineuses dont il est pénétré à l’intérieur ainsi qu'à l’extérieur, sont si abondantes, qu'il montre beaucoup plus qu'un grand nombre d’autres osseux, cette qualité phosphorique que l’on a remarquée dans les différentes portions des poissons morts et déjà altérés !. Ses arêtes luisent dans l’obseurité, tant qu’elles ne sont pas entierement desséchées ; et par une suite de cette même liqueur huileuse et phosphorescente, lorsqu'on fait cuire son squelette, il devient verdâtre.

L'ovovivipare se nourrit particulièrement de jeunes crabes. Il habite dans l'Océan atlantique septentrional, et principalement auprès des côtes européennes.

Vers l’équinoxe du printemps , les œufs commencent à se développer dans les ovaires de la femelle, On peut les voir alors ramassés en pelotons , mais encore extrêmement petits, et d’une couleur blanchâtre. A la fin de mai, au commencement de juin, ils ont acquis un accroissement sensible, et présentent une couleur rouge. Lorsqu'ils sont parvenus à la grosseur d’un grain de moutarde, ils s’amollissent, s’étendent, s’allongent, et déjà l’on peut remarquer à leur bout supérieur deux points noirâtres qui indiquent la tête du fœtus, et sont les rudiments de ses yeux. Cette partie de l’embryon se dégage la première de la membrane ramollie qui compose l'œuf; bientôt le ventre sort aussi de l'enveloppe, revêtu d’une autre membrane blanche et assez transparente pour qu’on puisse apercevoir les intestins au travers de ce tégument; enfin la queue, semblable à un fil délié et tortueux , n’est plus contenue dans l'œuf, dont le petit poisson se trouve dès lors entièrement débarrassé,

* Discours sur la nature des poissons.

Cependant l'ovaire s'étend pour se prêter au développement des fœtus ; il est, à l'époque que nous retraçons , rempli d’une liqueur épaisse , blanchätre , un peu sanguinolente, insipide , et dont la substance présente des fibres nombreuses disposées autour des fœtus comme un léger

duvet , et propres à Jes empêcher de se froisser

mutuellement.

On a prétendu qu’inàépendamment de ces fibres, on pouvait reconnaitre dans l'ovaire, des filaments particuliers qui, semblables à des cordons ombilicaux , partaient des tuniques de cet organe, s’étendaient jusqu'aux fœtus, et entraient dans leurs corps pour y porter vraisemblablement, a-t-on dit, la nourriture nécessaire. On n’entend pas comment desembryons qui ont vécu pendant un ou deux mois entièrement renfermés dans un œuf, et sans aucune communication immédiate avec le corps de leur mère, sont soumis tout d’un coup, lors de la seconde période de leur accroissement, à une manière passive d’être nourris, et à un mode de circulation du sang, qui n’ont encore été observés que dans les animaux à mamelles. Mais d’ailleurs les observations sur lesquelles on a voulu établir l’existence de ces conduits comparés à des cordons ombilicaux, n'ont pas été convenablement confirmées. Au reste , il suffirait que les fœtus dont nous parlons , eussent été pendant les premiers mois de leur vie, contenus dans un véritable œuf, et libres de toute attache immediate au corps de la femelle, pour que la grande différence que nous avons indiquée entre les véritables vivipares et ceux qui ne le sont pas !, subsistât toujours entre ces mêmes vivipares ou animaux à mamelles et ceux des poissons qui paraissent le moins ovipares, et pour que la dénomination d’Ovovivipare ne cessät pas de convenir au blennie que nous décrivons.

Et cependant ce qui achève de prouver que ces filaments prétendus nourriciers ont use destination bien différente de celle qu’on leur a attribuée, c’est qu’à mesure que les fœtus grossissent, la liqueur qui lesenvironnes’épuise peu à peu, et d’épaisse etde presque coagulée qu’elle était, devient limpide et du moins très-peu vis queuse, ses parties les plus grossières ayant été employées à alimenter les embryons.

Lorsque le temps de la sortie de ces petits animaux approche, leur queue, qui d’abord avait paru sinueuse , se redresse, et leur sert à

* Discours sur la nature des poissons.

DES POISSONS

se mouvoir en différents sens, comme pour chercher une issue hors de l’ovaire. Si dans cet état ils sont retirés de cet organe, ils ne périssent pas à l'instant, quoique venus trop tôt à la lumière ; mais ils ne vivent que quelques heures: ils se tordent commede petites murènes, sautillent, et remuent plusieurs fois leurs mâächoires et tout leur appareil branchial avant d’expirer.

On a vu quelquefois dans la même femelle jusqu’à trois cents embryons, dont la plupart avaient plus de vingt-cinq millimètres de longueur *.

Il s'écoule souvent un temps très-long entre le moment où les œufs commentent à pouvoir être distingués dans le corps de la mere, et ce- Jui où les petits sortent de l'ovaire pour venir au jour. Après la naissance de ces derniers, cet organe devient flasque, se retire comme une vessie vide d'air ; et les mâles ne différent alors des femelles que par leur taille, qui est moins grande, et par leur couleur, qui est plus vive ou plus foncée.

Nous ne terminerons pas cet article sans faire remarquer que pendant que la plupart des poissons pélagiens s’approchent des rivages de la mer dans la saison où ils ont besoin de déposer leurs œufs, les blennies dont nous nous occupons, et qui n’ont point d'œufs à pondre, quittent ces mêmes rivages lorsque leurs fœtus sont déjà un peu développés, etse retirent dans iOcéan à de grandes distances des terres, pour y trouver apparemment un asile plus sûr contre les pêcheurs et les grands animaux marins qui à cette époque fréquentent les côtes de l'Océan, et à la poursuite desquels les femelles chargées du poids de leur progéniture pourraient plus difficilement se soustraire ?,

Je n’ai pas besoin d’ajouter que les œufs de ces blennies éclosant dans le ventre de la mere, et par conséquent devant être fécondés dans son intérieur, il y à un accouplement plus ou moins prolongé et plus ou moins intime entre le mâle et la femelle de cette espèce, comme entre ceux des squales, des syngnathes, etc.

* Consultez particulièrement l'ouvrage de Schoneveld , cité si souvent dans cette Histoire.

2 Voyez le mème ouvrage de Schoneveld.

LE BLENNIE GUNNEL !.

Blennius Gunnellus, Linn., Gmel., Lacep. *.

Le gunnel est remarquable par sa forme comprimée ainsi que très-allongée, et par la disposition de ses couleurs. 11 est d'un gris jaunâtre, et souvent d’un olivâtre foncé dans sa partie supérieure ; sa partie inférieure est blanche ainsi que son iris ; la nageoire dorsale et celie

de la queue sont jaunes ; les pectorales présen-

tent une belle couleur orangée, qui parait aussi sur la nageoire de l'anus, et qui y est relevée vers la base par des taches très-brunes. Mais ce qui frappe surtout dans la distribution des nuances du gunnel, c’est que, le long de la nageoire dorsale, on voit de chaque côté neuf ou dix et quelquefois douze taches rondes ou ovales, placées à demi sur la base de la nageoire, et à demi sur le dos proprement dit, d’un beau noir, ou d’uneautre teinte très-foncée, et entourées, sur plusieurs individus, d'un cercle blanc ou blanchâtre, qui les fait ressembler à une prunelle environnée d’un iris.

La tête est petite, ainsi que les nageoires jugulaires *. Des dents aiguës garnissent les mâchoires, dont l’inférieure est la plus avancée. La ligne latérale est droite ; l’anus plus éloigné de la nageoïire caudale que de la gorge.

Par sa forme générale , la petitesse de ses écailles, la viscosité de l’humeur qui arrose sa surface, la figure de ses nageoires pectorales, le peu de hauteur ainsi que la longueur de celle de son dos, et enfin la vitesse de sa natation, le gunnel a beaucoup de rapports avec la murène anguille : mais il n’a pas une chair aussi agréable au goût que celle de ce dernier animal.

Il vit dans l’Océan d'Europe; il s’y nourrit d’œufs de poisson, et de vers ou d'insectes ma-

4 Gunnel, d'où vient gunnellus , signifie en anglais, plat bord, et désigne la forme très-allongée et très-comprimée du blennie dont il est question dans cet article, — Bulter fish, sur quelques côtes d'Angleterre. — Liparis, dans quelques contrées de l'Europe. — Blenne gunnel, Daubenton, Enc. méth. — !d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Mus. Ad. Frid. 4, p.69. — Faun. Suecic. 518. — Bloch, pl. 65, fig. 1. — « Blennius maculis circiter decem nigris, etc. » Artedi, gen. 27, syn. 45. — Gronov., Mus. 4, n. 77; Zooph., p. 78, n. 267. — Willughby, Ichth., p. 115, tab. G, 8, £g. 5. — Rai, pisc.. p. 444, n. 11.— Gunellus, Séba, mus. 5, p. 91, tab. 50, fig. 6. — Brit. Zool. 5, p.171, n.4.tab. 10.

2 Du sous-genre GONNELLE, Cuv. (Murænoïdes, [Lacep.) dans le genre Blennie; ou du genre Centronotus de Schneider. D.

5 À la nageoïre dorsale 88 rayons , à chacune des pectoraæ les £0, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 45, à celle de La queue, qui est un peu arrondie 18.

rins ; et il est souvent dévoré par les cartilagineux et les osseux un peu grands, ainsi que par les oiseaux d’eau.

Nous croyons, avec le professeur Gmelin, devoir regarder comme une variété de l’espèce du gunnel , un blennie qui a été décrit par Othon Fabricius dans la Faune du Groenland *, et qui ne paraît différer d’une manière très-marquée et très-constante de l'objet de cet artiele que par sa longueur, qui n’est que de deux décimètres, pendant que celle du gunnel ordinaire est de trois ou quatre, par le nombre des rayons de ses nageoires ?, et par la couleur des taches œillées et rondes ou ovales de la rageoire du dos , dont communément cinq sont noires , et cinq sont blanchâtres ou d’un blane éclatant.

LE BLENNIE POINTILLE.

Blennius punctulatus 5.

La description de ce blennien'a encore été publiée par aucun auteur. Nous avons vu dans ia collection du Muséum d'histoire naturelle, un individu de cette espèce; nous en avons fait graver une figure que l’on trouvera dans cette Histoire.

La tête est assez grande, et toute parsemée, par-dessus et par les côtés, de petites impressions, de pores ou de points qui s'étendent jusque sur les opercules , et nous ont suggéré le nom spécifique de ce blennie. L'ouverture de la bouche est étroite;les lèvres sont épaisses ; les dents aiguës et serrées ; les yeux ronds et très-gros ; les écailles très-facilement visibles ; les nageoires pectorales ovales et très-grandes, lesjugulaires composées chacune de deux rayons mous, ou filaments, presque aussi longs que les pectorales. La ligne latérale se courbe au-dessus de ces mêmes pectorales, descend comme pour les environner, et tend ensuite directement vers la queue. La nageoire du dos, qui commence à la nuque, et va toucherla nageoire caudale, est basse ; les rayons en sont garnis de petits filaments, et tous à peu près de la même longueur,

4 Ot. Fabr. Faun. Groenl., p. 155, n. 110.

27 rayons à la membrane des branchies du gunnel décrit par Othon Fabricius, 50 à la nageoire dorsale, 17 à chacune des peciorales, 4 à chacune des jugulaires, 58 à celle de l'anus, 18 à celle de la queue.

# M. Cuvier considère ce poisson comme un individu mal conservé du Blennius swperciliosus de Bloch, qui, pour lui, appartient au sous-genre Clinus , dans le genre Blennie. D.

excepté les huit derniers, dont six sont vlus longs et deux plus courts que ies autres. La nageoire de l’anus est séparée de la caudaïe, qui est arrondie ‘. Un grand nombre de petites taches irrégulières et nuageuses sont répandues sur le pointillé.

LE BLENNIE GARAMIT ?,

Blennius Garamit, Lacep.; Gadus Salarias, Forsk. ';

LE BLENNIE LUMPÈNE #, Bleonius Lumpenus , Walb., Lacep.5

ET LE BLENNIE TORSK ®.

Blennius Torsk, Lacep. 7.

Le garamit a été placé parmi les gades : mais il a été regardé par Forskaël, qui l’a découvert, comme devant tenir le milieu entre les gades et les blennies ; et les caractères qu’il présente nous ont forcés à le comprendre parmi ces derniers poissons. Ses dents sont inégales ; on en voit de placées vers le bout du museau, qui sont beaucoup plus longues que les autres, et qui, par leur forme, ont quelque ressemblance avec les crochets des quadrupèdes carnassiers. Il présente diverses teintes disposées en taches nuageuses ; la nageoire dorsale règne depuis la nuque jusqu’à la nageoire caudale. La ligne latérale est à peine visible, et assez voisine du dos. Ce blennie est long de trois ou quatre décimètres. IL se trouve dans les eaux de la mer Rouge #.

4 A la nageoire du dos 47 rayons, à chacune des pectorales 17, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 29, à celle de la queue 15.

2 Gadus garamit, Forsk., Faun. Arab. — Gade garamit Bonniterre, pl. de l'Enc. métb.

5 Ce poisson n'est pas cilé par M. Cuvier qui donne le nom de Salarias à un sous-genre des Blennies, dont le Blenmius Gattorugine de Forskaël est le type. D,

4 Variété du blenne vivipare, Daubenton, Enc. méth. — Blenne lumpêne, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth, — Müll. Prodrom., Zool. danic., p. ix. — « Bleunius cirris sub gula « pinniformibus quasi bifidis, etc. » Artedi, syn. 45. — Tangbrosme, Strom. Sondm.1, p.515, n.4. — Ot, Fabric, Faun. Groenl., p.151, n. 109.

5 Du sous-genre Clious dans le genre Blennie, Cuv. D.

8 Strom. Sondm. 4, p. 272. — Pennant, Zool. Brit, 5, p. 205, n. 89. — Gade torsk, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

1 Espèce douteuse. Le nom de Dorsch où de Torsk se donue sur les côtes de la Baltique à une petite espèce de morue, C'est-a-dire à un gade pourvu de trois nageoires dorsales et de deux anales. D,

# A la membrane branchiale du garamit 6 rayons, à la na geoire dorsale 56, à chacune des pectorales 14, à chacune des jugulaires 2, à celle de l'anus 26 à celle de la queue 43.

C’est dans celles de l'Océan d'Europe qu'habite le lumpène. Il y préfère les fonds d’argile ou de sable, s’y cache parmi les fucus des rivages, et y dépose ses œufs vers le commencement de l’été. Ses écailles sont petites , rondes, fortement attachées. Sa couleur est jaunâtre sur la tête, blanchâtre avec des taches brunes sur le dos et les côtés , jaune et souvent tachetée sur la queue, blanche sur le ventre. Ses nageoires jugulaires, par leur forme et par leur position, ressemblent à des barbillons ; elles comprennent chacune trois rayons ou filaments , dont le dernier est le plus allongé ‘.

Le torsk préfère les mers qui arrosent le Groenland, ou celles qui bordent l'Europe septentrionale. Il présente un barbillon, et ce filament estau-dessous de l'extrémité antérieure de la mâchoire d’en bas. Ses nageoires jugulaires sont charnues et divisées en quatre appendices. Le ventre est gros et blanc ; la tête brune: les côtés de l'animal sont jaunâtres ; les nageoires du dos, de la queue et de l’anus, lisérées de blanc. Ce blennie parvient à la longueur de six ou sept décimètres , et à la largeur d’environ un décimètre et demi ?,

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