CINQUANTE-SIXIÈME GENRE
LES CÉPOLES.
Une nageoire de l'anus ; plus d'un rayon à chaque nageoire thoracine ; le corps et La queue très-allongés et comprimés en forme de lume ; le ventre à peu prés de la longueur de La tête ; les écailles très-peliles.
PREMIER SOUS-GENRE
Point de rayons simples ou d'aiguillons aux nageoires.
ESPÈCES
LE CÉPOLE TÆNIA.
LE CÉPOLE SERPENTI- FORME.
SECOND SOUS-GENRE
Des rayons sunples ou aiguillons aux nageoires.
CARACTÈRES
Le museau très-arrondi; la nageoire de la queue, pointue,
Le museau pointu.
5 Les ia rudes ; la ligne laté-
ne 2 rale formée par une série d'é-
HE CR RRSRACE | cailles plus grandes que les au- 3 tres.
LE CÉPOLE TÆNIA !.
Cepola Tænia, Linn, Gmel., Lacep, ; Cepola rubescens, Linn., Cuv.?.
Presque tous les noms donnés à ce poisson désignent la forme remarquable qu’il présente : ces mots ruban , bandelelte, flamme, lame , épée, montrent en quelque sorte à l’instant son corps très-allongé, très-aplati par les côtés, très-souple, tres-mobile, se roulant avec facilité autour d’un cylindre, frappant l’eau avec vivacité , s’agitant avec vitesse, s’échappant comme l'éclair, faisant briller avec la rapidité
4 Spase ou épée, dans plus. départ. mérid. — Flamme. — Cavagiro. — Freggia. — Vitta.— Cépole ténia, Daubenton, Enc. méth.— Bloch, pl. 170. — Tauvre, Arist. 1. 2, C. 15. Oppian., 1. 4, p. 5. — Athen., 1. 7, p. 525. — Flambo, Seconde espéce de tœænia, Rondelet, part. 1, 14490. 46,17: — Tœnia, Gesner, p. 958, et (germ.) fol. 56, a; Icon. ani, p. 404. — “œnia Rondelet, el (ænia altera Rondelrt, Aldrov., 1. 5, €. 50, p. 569, 570. — Jonst., p. 25, tab. 6, fig. 4, 2, — Charlet. Ouom., p. 126. — « Tænia prima Rondeletii, » Rai, p. 59. — « Tænia, ichthyopolis Romanis cepole dicta, » Willughby, ichthyol., p. 416. — Tænia altera Rondeletii, » «d. ibid., p. 118, — Ruban de mer, Flambeau, Valmouat de Bomare, Dict. d'hist. nat. — « Euchelyopus totus pallidé ru- «bens, in imo ventre albesceus. etc. » Klein, Miss., pisc. 44, p. 57, n. 10. — Nota. Nous croyons devoir prévenir nos lecteurs que lorsque nous citons, dans Les différents articles de cette Histoire, les ouvrages dans lesquels les auteurs qui nous ont précédés ont traité des mêmes poissons qne nous, et les dessins qu'ils out donnés de ces animaux, nous n'entendons garantir en rien l'exactitude de leurs descriptions, ni celle des figures qu'ils ont publiées ; notre but est seulement d'indiquer que leurs planches ou leurs observations se rappore tent à telle ou telle des espèces dont nous nous sommes occupés.
? M. Cuvier place les cépoles dans la famille des Tænioïdes et dans l'ordre des Acanthoptérygiens. D.
| de la flamme les teintes rouges qu’anime l’éclat | argentin d’un grand nombrede ses écailles, dis- | paraissant et reparaissant au milieu des eaux comme un feu léger, ou cédant à tous les mouvements des flots, de la même manière que les flammes ou banderoles qui voltigent sur les sommets des mâts les plus élevés obéissent à tous les courants de l’atmosphère. Les ondulations par lesquelles ce cépole exécute et manifeste ses divers mouvements, sont d'autant plus sensibles, qu’il parvient à une longueur très-considérable relativement à sa hauteur, et surtout à sa largeur : il n’est large que d’un urès-petit nombre de millimètres , et il a souvent plus d'un mètre de longueur. Le rouge, dont il resplendit , colore toutes ses nageoires. Cette teinte se marie d’ailleurs à l’argent dont il est, pour ainsi dire, revêtu, tantôt par des nuances insensiblement fondues les unes dans les autres, tantôt par des taches très-vives; et remarquons que la nourriture ordinaire de ce poisson si richement décoré consiste en erabes et en animaux à coquille.
Sa tête est un peu large; son museau arrondi; sa mâchoire supérieure garnie d’une rangée, et sa mâchoire inférieure de deux rângées de dents aiguës et peu serrées les unes contre les autres; la langue petite, large et rude; l’espace qui sépare les yeux, très-étroit; l'ouverture branchiale assez grande; l’opercule composé d’une seule lame, et la place qui est entre cet opereule et le museau , percée de plusieurs pores; la ligne latérale droite; la nageoire dorsale très-longue, de même que celle de l’anus ; et la caudale pointue ‘.
Le corps du tænia est si comprimé, et par conséquent si étroit, ses téguments sont si minces, et toutes ses parties si pénétrées d’une substance oléagineuse et visqueuse, que lorsqu'on le regarde contre le jour, il parait trèstransparent, et qu’on aperçoit très-facilement une grande portion de son intérieur. Cette conformation et cette abondance d’une matiere huileuse n’annoncent pas une saveur trèsagréable dans les muscles de ce cépole; et en effet on le recherche peu. Il habite dans la Méditerranée, et y préfère, dit-on, le voisinage des côtes vaseuses.
1 A la membrane des branchies 6 rayons, à la nageoire du dos 66, à chacune des pectorales 15, a chacune des thoracines 6, à celle de l'anus 60, à celle de la queue 10.
LE CÉPOLE SERPENTIFORME !.
Cepola rubescens et Cepola Tænia, Linn., Gmel.; Cepola serpentiformis, Lacep. ?.
Le tænia a le museau arrondi; le serpentiforme l’a pointu. La nageoire caudale du tænia est pointue; il paraît que celle du serpentiforme est fourchue. On a donc eu raison de ne pas les rapporter à la même espèce. On a comparé le second.de ces cépoles à un serpent; on l'a appelé Serpent de mer, Serpent rouge, Serpent rougeûtre ; et voilà pourquoi nous lui avons donné le nom distinctif äe Serpentiforme. Sa couleur est d’un rouge plus ou moins pâle, avec des bandes transversales, nombreuses, étroites, irrégulières, etun peu tortueuses. L'iris est comme argenté; les dents sont aiguës, la nageoire du dos et celle de l’anus trèslongues, et assez basses 5. : Le serpentiforme vit dans la Méditerranée, de même que le tænia.
LE CÉPOLE TRACHYPTÈRE.
Cepola trachyptera, Linn., Gmel., Lacep. +.
C’est dans le golfe Adriatique, et par conséquent dans le grand bassin &e la Méditerranée, que l’on a vu le trachyptère. Il préfère donc les mêmes eaux que les deux autres cépoles dont nous venons de parler. Ses nageoires présentent des aiguillons ou rayons simples, et sont rudes au toucher. Sa ligne latérale est droite, et tracée, pour ainsi dire, par une rangée d’écailles que l’on peut distinguer faciiement des autres.
‘ Cépole serpent de mer, Daubenton, Ene. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth, — Mus. Ad. Frid, 2, p. 65. — Ophidium macropththalmum, Syst. nat. X, 1, p. 239. — Brunn, Pisc. Massil., p. 28, n. 59. — Tœnia serpens rubescens dicta, Artedi, syn. 115.—Serpens marinus rubescens, Gesner (Germ.) fol. 47, b. — Autre serpent rouge, Rondelet, part. 1,1. 14, 0. 8. — Murus aller, sive serpens rubessens Rondeletii, Aldrov., 1.5, ©. 28, p. 567.— Tœniæ potits species censenda, Willughby, ichth., p.148,
3 M. Cuvier (Reg. anim., prem. édit.) pense que ce poisson ne diffère pas spécifiquement du précédent. D.
5 A la nageoïire dorsale 69 rayons, à chacune des pectorales 15, à chacune des thoracines 6, à celle de l'anus 62, à celle de la queue 12.
‘M. Cuvier ne mentionne pas cette espèce, qui peut-être ne diffère pas des précédentes. D,