‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 94 sur 535 · CINQUANTE-SEPTIÈME GENRE · texte numérisé non relu

CINQUANTE-SEPTIÈME GENRE

LES TÆNIOÏDES.

Une nageoire de l'anus ; les nageoires pectorales en forme de disque, et composées d'un grand nombre de rayons ; le corps et la queue très-allongés et comprimés en forme de lame; le ventre à peu prés de la longueur de la têle; les écailles très-petites; les yeux à peine visibles ; point de nageoire caudale.

ESPÈCE. CARACTÈRES

LE TÆNIOÏDE HERMAN- { Trois ou quatre barbillons auprès NIEN. de l'ouverture de la bouche,

LE TÆNIOÏDE HERMANNIEN!.

Tænoicides Hermanni, Lacep. ; Cepola cæcula, BI. Schn.; Gobioides rubicunda, Buch.

Ce poisson, que nous avons dû inscrire dans un genre particulier, n’a encore été décrit dans aucun ouvrage d'histoire naturelle. Nous lui donnons un nom générique qui désigne sa forme très-allongée, semblable à celle d’un ruban ou d’une banderole, et très-voisine de celle des cépoles qui ont été appelés Tœnia. Nous le distinguons par l’épithète d’Hermannien, pour donner au savant Hermann de Strasbourg une nouvelle preuve de l'estime des naturalistes, et de leur reconnaissance envers un professeur habile qui concourt chaque jour au progrès des sciences et particulièrement de l’ichthyologie.

Ce tænioide, dont les habitudes doivent ressembler beaucoup à celles des cépoles, puisqu'il se rapproche de ces osseux par le plus grand nombre de points de sa conformation, et qui doit surtout partager leur agilité, leur vitesse, leurs ondulations, leurs évolutions rapides, en diffère cependant par plusieurs traits remarquables.

Premièrement, ses yeux sont si petits, qu'on ne peut les distinguer qu'avec beaucoup de peine, et qu'après les avoir cherchés souvent pendant longtemps, on ne les aperçoit que cemme deux petits points noirs ; Ce qui lui donne un rapport assez important avec les cécilies.

Secondement, il n’a point de nageoire caudale ; et sa queue se termine, comme celle des trichiures, par une pointe très-déliée, près de l'extrémité de laquelle on voit encore s’étendre

‘Ce genre Tænioïfde n'est pour M. Cuvier qu'un sousgenre dans le genre Gobous, parmi les Acanthoptérygiens de la famille des Gobioïdes. D,

DES POISSONS

la longue et très-basse nageoire dorsale, qui part très-près de la tête, et tire son origine de la partie du dos correspondante à l’anus.

Troisièmement, la nageoïire anale est trèscourte.

Nous devons ajouter que la tête de l’hermannien est comme taillée à facettes, dont la figure que nous avons fait graver, montre la forme, les dimensions et la place. La peau de l’animal , dénuée d'’écailles facilement visibles, laisse reconnaitre la position des principaux muscles latéraux; on voit des points noirs sur les pectorales, ainsi que sur la nageoire de l'anus, et des raies blanchâtres sur la tête ; les barbillons, situés auprès de l’ouverture de la bouche, sont très-courts, et un peu inégaux en longueur.

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