Iphione glabre I. glabra
Caput minimum, elytris altissime obtectum. Antennæ minusculæ. Tentacula crassa, subulata. Corpus ovale, latiusculum, 29 annulis eompositum. Elytra 26 ; prima rotundata, cætera oblonga, reniformia, profunde imbricata et decussata, a latere levissime fimbriata, omnino reticulata, posterius glabra. Cirri superiores brèves. Pili spicati.
Hab. l’ile de France. C. M.
Savigny dit, dans son ouvrage, que l’espèce précédente a été découverte à l’île de France, par M. Mathieu. Le Muséum possède, en effet, deux Iphiones rapportées, l’une par ce voyageur, l’autre par Péron et Lesueur et provenant de la localité indiquée. Ces deux exemplaires sont incontestablement de même espèce, malgré quelques différences d’aspect et de proportion, mais tous deux s’écartent, sur plusieurs points, de la description de Savigny, bien qu’ils soient très-voisins de l’espèce précédente.
La tête est fort petite, profondément enfoncée sous les élytres, dont les cinq premières paires concourent à former, au-dessus d’elle, une sorte de toit que dépasse à peine l’extrémité des tentacules inférieurs. Les antennes et les tentacules supérieurs restent cachés.
Les antennes sont très-petites. Les tentacules supérieurs sont un peu plus grands qu’elles ; les inférieurs beaucoup plus gros et plus longs. Ni les uns ni les autres ne sont renflés vers leur extrémité.
Comme dans l’espèce précédente, le corps se compose de 29 anneaux, quoique long seulement de 17-22 millimètres. Il est proportionnellement moins large que dans l’espèce précédente ; les élytres le recouvrent en entier. A peine l'extrémité des pieds se montre-t-elle un peu sur les côtés. Dans la figure de Savigny, au contraire, les pieds débordent les élytres tout autour de l’animal.
Les pieds ressemblent évidemment beaucoup à ceux de l’I. épineuse. Comme dans cette dernière, les mamelons sétigères sont portés par un même pédicule, et ceux de la rame supérieure sont venus se placer en avant de la rame inférieure. La première
APHHODITIENS.
n’est même représentée que par un très-petit faisceau de soies et une grosse touffe de poils. Ces poils, examinés même avec une très-forte loupe, ne laissent rien voir de particulier dans leur structure. A un grossissement de 200 diamètres, ils se montrent composés d’une tige excessivement mince portant, sur les côtés, des écailles pointues très-rapprochées, et rappelant l’aspect de grains de blé tenant encore à l’épi.
Les soies ressemblent assez à celles que j’ai représentées (1), seulement les dentelures ne vont pas jusqu’à l’extrémité qui est nue, forte et légèrement rçcourbée du côté dentelé.
Les élytres, au nombre de 13 paires et placées comme dans l’espèce de Savigny, sont très-grandes, plus allongées, plus profondément et plus largement échancrées que dans l’I. épineuse et fortement recourbées en avant. La première paire est arrondie. Toutes sont profondément entrecroisées. Leur surface est entièrement réticulée et ne porte aucune trace du bord si nettement tranché qu’a figuré Savigny. J’y ai trouvé quelques incrustations d’apparence calcaire, mais rien qui rappelât les épines figurées par le naturaliste que je viens de citer. Le bord postérieur est entièrement glabre. Au côté externe on trouve quelques petites franges, mais plus courtes et moins nombreuses que dans l’espèce précédente.
Le cirrhe supérieur des pieds sans élytres est petit. Il ne dépasse pas les soies et les poils des pieds et ne présente aucun renflement à son extrémité. Le cirrhe inférieur est difficile à trouver à cause de sa petitesse. Il est placé comme dans l’espèce précédente.
3. Iphione ovalaire. I. ovata. lylüone ovata, Kinberg, loc. cit. p. 383; Eug. Res., p. 8, pl. 3, fig. 8.
Caput minutissimum, elytris alte obtectum. Antennæ minutæ. Tentacula inferiora, crassa apice attenuato. Corpus ovale, 30 annulis compositum. Elytra 26; prima rotunda, caetera irregulariter reniformia, imbricata et decussata, omnino reticulata, nullo modo fimbriata. Cirri brèves. Pili spicati.
Hab. la mer Pacifique, la Nouvelle-Hollande. C. M.
Cette petite espèce n’a que 12-1-4 millimètres de long. La tête
(1) Pl. 6, lig. 2 et 23.
A. ERRANTES ABERRANTES
est très-petite, très-cachée. Les antennes sont subulées et grêles. Les tentacules inférieurs, très-gros dans les deux tiers de leur étendue, s’atténuent brusquement et se prolongent en une sorte de filet. Je n'ai pas trouvé aux tentacules supérieurs le renflement fusiforme figuré par Kinberg.
Le corps est ovalaire, composé de 30 anneaux, dont les 3-4 derniers sont rudimentaires, mais^portent cependant des pieds très-petits. Les élytres recouvrent tout le corps. Elles sont proportionnellement moins grandes que dans les espèces précédentes. L’échancrure antérieure est aussi moins régulière et on peut à peine dire qu’elles sont réniformes. La première paire est presque parfaitement ronde. Elles sont, d’ailleurs, aréolées sur toute leur surface, qui est légèrement incrustée en arrière, mais on n’y aperçoit ni épines ni franges latérales.
Les pieds ressemblent beaucoup à ceux de l’espèce précédente. Le cirrhe supérieur est aussi fort grêle et court. L’inférieur, extrêmement petit, est placé un peu plus en arrière. Les soies sont un peu coudées vers leur extrémité qui est très-légèrement recourbée. La portion coudée présente des stries en râpe. La toufte de poils, très-marquée, très-fournie, ressemble complètement à ce que nous avons vu précédemment.
Cette espèce a été rapportée par le capitaine Virgin, des environs d’Honololu, et par Péron et Lesueur de la Nouvelle- Hollande.