Eunice cuivrée. E. cuprea
Nereis cuprea, Bosc, Hist. nat. des Vers, t. I, p. 142, pl. S, fig. 1-4. Diopatra, Audouin et Edwards, Ann., p. 158.
Je ne puis adopter le rapprochement proposé par les naturalistes que je viens de citer, car la description et les figures de Bosc,quoiqu’incomplètes, se rapportent évidemment à une Eunice. Les quatre tubercules dont il parle comme étant placés en dessous sont les 4 lobes qne nous avons rencontrés fréquemment chez ces Annélides. Si c’était réellement des antennes, comme l’admettent MM. Audouin et Edwards, cette espèce présenterait toujours une bien singulière anomalie dans le genre Diopatre, puisque toutes les espèces connues ont les antennes placées sur la tête et bien plus développées que les tubercules coniques dont parle Bosc.
Genre MARPHYSE. MARPHYSA.
Nereis, Montagu, Blainville.
Leodicæ Marphysœ, Savigny, Lamarck, Grube.
Nereidcnia, Blainville.
Eunice, Cuvier, Audouin, Edwards, Johnston, Grube.
Tête portant 2 yeux et 5 antennes placées sur un seul rang transversal.
Anneau buccal dépourvu de tentacules.
Branchies pectinées ou laciniées d'un seul côté.
Soies composées partant fréquemment un appendice long en lame de couteau.
Caput oculos 2 et 5 antennas gerens unâ sérié transver sa or dîna tas.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
Annulus buccalis tentaculis destitutus.
Branchiæ uno latere pectinatœ vel laciniatœ.
Festucæ sæpe cuspide longâ, cultratâ.
\. Marphyse sanguine. M. sanguinea (1).
Nereis sanguinea, Montagu, Trans. of the Linn. Soc., t. XI, p. 26, pl. 3, fig. 1.
Blainville, art. Néréide.
Leodice opalina, Savigny, Syst. des Ann., p. 51.
Nereidonta sanguinea, Blainville, art. Vers, et Allas, pl. 15, fig 2. Euniee sanguinea, Cuvier, Règn. an., t. III, p. 200.
Audouin et Edwards, Ann., p. 147.
Grube, Fam. der Ann., p. 44 et 123.
Valenciennes, Coll, du Mus.
Caput breve, alte bilobatum. Antenmæ brèves. Annulus buccalis longiusculus. Maxillæ superæ robustæ, infe— ræ 3 dentatæ. Denticula incisa, denticulata. Labrum angustatum, antice incisum. Corpus 250-300 annulis compositum. Pedes médiocres, utroque cirro minimo, supero majori. Branchiæ quasi flabellatæ, 5-6 loris.
Hab. les côtes de France et d’Angleterre. C. M.
Cette Annélide, la plus large, mais non peut-être la plus longue des espèces propres à nos côtes, a la tête petite relativement à ses autres dimensions, arrondie et profondément écliancrée en avant. Les antennes lisses, subulécs, sont plutôt courtes que longues.
L’anneau buccal n’a guère que deux fois la longueur du suivant. Les mâchoires supérieures (2) sont robustes et présentent une rainure sur leur bord concave. Les mâchoires inférieures, larges et renflées, ne portent que 3 dents médiocres, la pointe faisant la 4e. Les denticules ont leur bord échancré et finement denticulé. Enfin, le labre rétréci en arrière, porte une arête crénelée sur chacune de ses moitiés.
La longueur de cette Annélide varie beaucoup, probablement selon son âge et aussi selon son habitat. Les plus grandes que j'aie
(1) Pl. 10, fig. 5.
(2) Pl. 10, fig. 5. Dans cette figure, l’animal est ouvert par le dos, et on a mis à jour la base des mâchoires en enlevant une partie des muscles.
EUMCIENS.
trouvées à Bréhat dans les prairies de Zostères, avaient jusqu'à 60-65 centimètres de long sur 15-17 mill. de large, pendant leur vie et comptaient alors plus de 300 anneaux. Mis dans l’alcool, ces grands individus se contractent beaucoup, augmentent de diamètre et s’aplatissent bien plus qu’ils ne le font à l’état vivant.
Les pieds sont médiocrement saillants. Les deux cirrhcs en sont petits, surtout l’inférieur qui repose sur une base en forme de mamelon. Le mamelon sétigère dépasse les deux cirrhcs et porte deux faisceaux de soies. Le supérieur se compose de soies simples, effilées, à peine aplaties et élargies dans leur portion terminale, courbées et rugueuses dans leur côté convexe. Le faisceau inférieur porte des soies composées. La tète en est médiocrement forte et terminée en pointe à peu près comme dans les soies correspondantes des Eunices (1). Mais l’appendice est long, aplati, très-aigu et en forme de lame de couteau ou mieux de yatagan. Les branchies n’ont jamais plus de 6 digitations et sont plutôt flabcllécs que pcctinées. Elles commencent à paraître vers le 20e anneau et arrivent, mais en se simplifiant beaucoup, jusque vers l’extrémité postérieure.
Les couleurs de la Marphyse sont très-variables. Les plus riches teintes se voient sur celles qu'on prend dans les fentes de rocher où elles se creusent de longues galeries. Là, elles sont d’un vert clair lavé de rouge cuivreux avec des reflets nacrés et métalliques très-riches. Dans la terre vaseuse des prairies de Zostères, leur couleur devient bien plus foncée et plus terne. J’en ai trouvé qui étaient presque noires.