Lombrinère contournée. L. contorta
Caput lanceolatum. Annulus buccalis brevis. Maxillæ médiocres. Denticulorum paria 3. Corpus filiforme, teres, numerosissimis annulis compositum. Pedes minusculi, setarum fasciculis duobus et lingulâ mediocri instructi. Setæ dissimiles.
Hab. Guettary. C. M.
Dans cette espèce, la tête est assez allongée, lancéolée (2), aplatie en dessous, arrondie en dessus. L’anneau buccal n’est pas plus long que le suivant; mais il n’en est pas moins très-distinct de la tête. La bouche, médiocrement grande, présente deux bourrelets latéraux. La trompe est armée en dessus d’une paire de mâchoires assez semblables à celles des Eunices,et de 3 paires de denticules. Le dcnticule postérieur, correspondant à la mâchoire inférieure des Eunices, est très-gros, se prolonge en arrière, de façon à s’articuler avec les pièces postérieures médianes, et cache presque entièrement la mâchoire correspondante,
(1) PL 10, fig. 6 à 11.
(2) PI. 10, fig. 7.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
dont l’extrémité seule dépasse le bord interne des denticulcs (1). Le labre est large et légèrement échancré en arrière et en avant.
Le corps est arrondi, grêle, composé d’anneaux extrêmement nombreux. Sur un individu qui, contracté par l’alcool, avait environ 15 centimètres de long, j’ai compté plus de 200 anneaux.
Les pieds (2) sont très-petits et formés par un seul mamelon qui se détache nettement du corps sans montrer la moindre trace de cirrhe. A son extrémité, la face postérieure se prolonge en lamelle triangulaire. En avant de cette lamelle sont placées les soies qui forment deux faisceaux.
Les soies du faisceau supérieur (3) sont plus longues, coudées presque en baïonnette à leur extrémité, qui est d’ailleurs élargie et pliée, de manière à former une gouttière triangulaire, se terminant en pointe fort aiguë. Les soies du faisceau inférieur (4) sont bien plus courtes et se terminent en large spatule, repliée en forme de cuilleron coudé, dont un des bords porte une petite dent.
Cette espèce, que j’ai eue souvent vivante à Guettary, vit dans le sable et dans les fentes du rocher. Elle est légèrement irisée et très-vive dans ses mouvements, dont j’ai tâché de donner une idée dans la figure (b).