‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douce (volume 2)Chapitre 200 sur 424 · Onupiiis sicilienne. 0. sicula · texte numérisé non relu

Onupiiis sicilienne. 0. sicula

Onupliis, Valenciennes, Coll, du Mvs.

Caput minimum, rotundatum. Anlennæ anticæ ovatæ, oblongæ; médité brcviusculæ; posticæ mullo longiores, fere æquales. Annulus buccalis brevis. Maxillæ superæ brèves; inferae rectæ, lenuissime 10-12 denticulatæ. Denticula lævia. Labrum latissime incisum. Corpus teres.

(i) Pi. 14, fig. 21.

EUNICIENS.

Pedes anlici prolracti; posteriores mulio breviores, cirro supero minimo, infero nullo. Branchiæ uno filo constitutæ. Uncini dentibus liberis.

Hab. les côtes de Sicile et d’Italie, Palerme. C. M.

Dans cette espèce, qui parait être un peu plus grande que la précédente, la tête est extrêmement petite, et la surface en est presque en entier occupée par la base des antennes, au moins dans les individus conservés dans l’alcool. Les antennes antérieures ressemblent fort à celles de l’espèce précédente. Elles sont ovoïdes et allongées. Les moyennes sont assez courtes. Les postérieures au contraire, très-longues, surtout celle du milieu. Ces antennes n’ont pas de portion basilaire marquée, si ce n’est un assez gros article initial. Elles paraissent plissées jusque près de leur extrémité.

L’anneau buccal est très-court. La lèvre supérieure est forte et bilobée. L’appareil maxillaire, un peu plus foncé que dans l’espèce précédente, présente des dispositions analogues. Les mâchoires supérieures sont courtes et faibles ; les inférieures droites et très-finement denticulées* Il m’a paru qu’il y avait au moins 11-12 dents. Les denticules ont le bord lisse. Le labre est largement échancré.

Le corps est arrondi, mais n’ayant que des individus incomplets, je n’ai pu compter les anneaux.

Les pieds antérieurs sont très-saillants et allongés. Les pieds postérieurs ne forment plus que de simples mamelons arrondis. Les cirrhes, aux pieds antérieurs, sont bien développés; dès que les branchies se montrent, ils diminuent très-rapidement. L’inférieur disparaît complètement. Le supérieur est à peine visible à la base de la branchic. Celle-ci consiste en un filament simple, assez long. Les soies présentent la plus grande ressemblance avec celles de l’espèce précédente ; mais les soies à crochet ont leurs pointes libres et non pas réunies par une lame ; elles ne sont pas aussi nombreuses. Peut-être cette dernière particularité tient-elle à ce que je n’ai pu examiner de pieds placés suffisamment en arrière.

Les tubes de cette espèce rappellent ceux de l’O. lubicola. Ils sont seulement un peu moins cylindriques.

L’Onuphis sicilienne est extrêmement voisine de l’O. tubicola, mais indépendamment des autres petites différences, probablement plus sensibles sur le vivant que sur les individus conservés dans l’alcool, la forme des soies à crochet permet de les distinguer très-facilement.

Annclés. Tome I.

A. ERRANTES PROPREMENT DITES

ESPÈCES INCERTÆ SEDIS.

Léodice a trois antennes. L. triantennala.

Leodice triantennata, Risso, Eur. mérul., p. 4-22.

Eanice triantennata, Audouin et Edwards, Ann., p. 145.

Le nombre des antennes, s’il a été exactement reconnu, écarte cette espèce des Eunices et des genres voisins. Elle aurait des tentacules.

Léodice a tête rouge. L. erythrocephala.

Leodice erythrocephala , Risso, Eur. mérid., p. 423.

Eunice erylrocephala, Grube, loc. cit. p. 45.

L’observation précédente s’applique aussi à cette espèce, qui est en outre indiquée comme privée de tentacules, caractère qui la rapprocherait des Marphyses.

Nereis Bertoloni.

Nereis Bertoloni, Delle Chiaje, Desc. e not., pl. 95, fig. 12-15.

Cette espèce aurait une tête d’Eunice, les tentacules placés comme les Diopatres et le corps dépourvu de branchies. 11 est difficile de dire quelle place lui revient. Peut-être doit-on la ranger parmi les Lombrinèriens, mais une nouvelle étude de ses caractères est, en tout cas, nécessaire.

J’en dirai autant des espèces suivantes, bien que Grube paraisse disposé à les placer parmi les Diopatres.

Néréide frontale. N. frontalis.

Nereis frontalis, Bosc, Hi"t. nat. des Vers, 1. 1, p. 143, pl. 5, fig. 5.

Néréide fasciée. N. fasciala.

Nereis fasciata, Bosc, loc. cit. pl. 5, fig. 6.

Ni pour l’une, ni pour l’autre, l’auteur ne mentionne ni ne figure de branchies. Cependant ces espèces ont le faciès des Eunices.

LOMBRINÈRIENS.

FAMILLE DES LOMBRINÈRIENS.

LOMBBINEREA.

La famille actuelle, composée d’espèces plus ou moins voisines des Lombrinères de Blainville, doit certainement être détachée du groupe des Euniciens. C'est un des points au sujet desquels la publication de M. Schmarda a prévenu celle que j'aurais pu faire depuis longtemps, e't cette similitude dans les vues de naturalistes qui ont puisé leurs convictions dans l’étude d’espèces d’ailleurs fort différentes, paraîtra, je pense, une preuve de plus en faveur de notre manière de voir. Le rapprochement entre les deux familles dont il s’agit m’a toujours surpris , car quelques-uns de leurs principaux points de ressemblance avaient échappé à mes prédécesseurs qui avaient, au contraire, sous les yeux des caractères différentiels très-frappants. Au reste, les naturalistes mêmes qui ont cru devoir réunir les Lombrinèriens aux Euniciens, les ont, en général, placés au moins dans deux divisions distinctes d’une même famille. C’est ainsi qu’ont agi MM. Audouin et Edwards, ainsi que M. Grube.

Chez les Lombrinèriens, la tête, quoique très-petite, est toujours distincte (1), et les deux anneaux en sont bien marqués. La tête proprement dite, est tantôt entièrement dépourvue d’appendices (2), tantôt elle en porte de un à cinq, mais il est difficile, dans certains cas, d’en déterminer la nature. Dans certains genres ( Blainvillea ), l’appendice unique, implanté sur le milieu de la tête proprement dite, est certainement une antenne. Mais chez d’autres, chez les Lvsidices, par exemple, les appendices semblent implantés au bord antérieur de l’anneau buccal et seraient donc des tentacules. Pour décider la question, il serait nécessaire de rechercher l’origine des nerfs qui se rendent à ces organes. Dans le doute, je conserverai la dénomina-

(t) PI. 10, fig. 6 et 7.

(2) PI. 10, fig. 7.

356 A. ERRANTES PROPREMENT DITES

tion universellement adoptée, et regarderai tous ces appendices comme des antennes , bien que croyant l’opinion contraire mieux fondée dans certains cas.

Le corps est généralement fort long relativement à son diamètre , renflé dans la portion médiane, plus ou moins atténué à ses deux extrémités (1).

Les pieds, toujours uniramés, peuvent être dépourvus de cirrhes (2), n'avoir que le cirrhe supérieur ou bien présenter les deux cirrhes normaux. Les soies sont le plus souvent simples; elles forment tantôt un seul, tantôt deux faisceaux, et se terminent par des pointes dont la disposition se rapproche plus ou moins de celles que j’ai figurées (3).

Aucun Lombrinèrien n'a de branchies, tandis que tous les Euniciens en sont pourvus.

L’appareil digestif des Lombrinèriens, au moins des espèces que j’ai étudiées, ressemble fort h celui des Eunices. A une bouche proprement dite, membraneuse et cylindrique, succède une grosse trompe charnue que j’ai représentée ailleurs (4). Cette trompe est aussi bien armée que celle des Euniciens. On y reconnaît aisément les mâchoires supérieures, très-semblables à celles que nous avons trouvées dans la famille précédente. Mais les mâchoires inférieures prennent, en général, un aspect tout autre; et se rapprochent, par leurs formes souvent bizarres, desdenticules (5). Elles ne paraissent pas beaucoup plus mobiles que ces derniers. Aussi ne les en distinguerai-je pas dans la description des espèces.

Le nombre et la distribution de ces pièces varient, mais elles sont toujours placées en haut sur les côtés de l’orifice œsophagien. En bas, on trouve constamment une sorte de lèvre cornée composée de deux pièces qui rappellent entièrement ce qui existe chez les Euniciens.

(1) PI. 10, fig. 6.

(2) PI. 10, fig. 8.

(3) PI. 10, fig. 9 et 10.

(4) Mémoire sur le système nerveux des Annélides (Ann. des sc.nat., 3« sér., 1. 14, pl. 9, fig. 6).

(b) PI. 10, fig. 11.

LOMBRINÈRIENS.

Comme chez ces dernières, l’œsophage prend naissance à la partie antérieure et supérieure de la trompe. Il est très-grêle, musculaire et aboutit à un tube digestif large qui, par ses étranglements et ses dilatations, rappelle exactement ce que nous avons vu dans la famille précédente. Les parois de cet intestin, revêtues de la substance hépatique, sont épaisses, comme pultacées'et de couleur jaune.

L’appareil circulatoire consiste en un vaisseau dorsal, un vaisseau ventral et un tronc qui accompagne la chaîne ganglionnaire. Les deux premiers troncs envoient très-régulièrement des rameaux <\ l’intestin et aux muscles. Dans la région œsophagienne, il existe entre eux des branches de communication directes, mais je n’ai rien vu qui rappelât les dilatations, remplissant les fonctions de cœur, si caractéristiques de l’appareil circulatoire des Eunices.

Le ‘système nerveux céphalique consiste en deux gros ganglions bien distincts, placés dans la tête. Le système nerveux stomato-gastrique prend naissance directement sur le cerveau par deux cordons qui naissent en dessous et en arrière pour se porter ensuite sur les côtés de l’œsophage, exactement comme chez les Euniciens.

La plupart des espèces sont aveugles ou, du moins, je n’ai pu distinguer les yeux. Quand ils existent, ils sont au nombre de deux et placés en haut sur les côtés de la tête.

Les Lombrinèriens que j’ai observés vivants se sont toujours montrés comme des animaux très-vifs, nouant et dénouant avec une rapidité extrême les replis tortueux de leur long corps (1). La résistance îi la rupture est chez eux bien plus grande que chez la plupart des autres Annélides Errantes. Je ne me rappelle pas d’en avoir vu se fractionner spontanément, mais peut-être ce fait tient-il à ce que j’ai rarement conservé vivantes dans mes vases, des espèces appartenant h cette famille. La plupart des Lombrinèriens sécrètent, quand ils sont pris, une quantité très-abondante de mucosité transparente qui devient trèspromptement fort tenace, et dont le volume dépasse parfois de beaucoup celui de l’animal. Les Lombrinères,

(i) PI. 10, fig. 6.

A. ERRANTES PROPREMENT DITES

comme je l’ai déjà dit (1), sont remarquables sous ce rapport. Tous vivent dans des galeries souterraines à la manière des Lombrics, dont ils semblent être les représentants les plus directs parmi les Annélides Errantes.

Caractères. — Tête distincte, toujours petite, pourvue ou dépourvue d’antennes et d’yeux.

Anneau buccal distinct, dépourvu de tentacules.

Trompe non exsertile, en forme de sac, armée de mâchoires, de denticules et d’un labre.

Corps allongé, grêle, composé d’un très-grand nombre d’anneaux.

Pieds uniramés, pourvus ou dépourvus de cirrhes, ne portant habituellement que des soies simples.

Point de branchies.

Caput distinctum , minimum, antennis ocidisque præditum vel destitutum.

Annulus buccalis distinctus , tentacidis destitutus.

Proboscis haud exsertilis, sacculiformis, maxillis , denticulis et labro armata.

Corpus elongatum, gracile, numerosissimis annulis compositum.

Pedes uniremes, cirris instructi vel destituti, setis tantum plerumque insignes.

Branchiæ nullæ.

TABLEAU DES GENRES

(Pas de cirrhe dorsal

Lombrinére.

jUn cirrhe dorsal

Notocirrhe.

Antennes/

(Pas de cirrhe dorsal

, Blainvillée.

(Un cirrhe dorsal

Nématonéréide.

. Œnone.

iTcte libre

. Lysidice.

(Tête cachée

Aglaure.

Pliocère.

(t) Introduction, p. 76.

LOMBRINÈRIENS.

Genre LOMBRINÈRE. LUMBRINERIS.

Lumbricus, 0. F. Muller.

Œnone, Savigny.

Lumbrineris, Blainville, Audouin et Edwards.

Lumbriconereis, Grube.

Aracoda , Sciimarda.

Jrabello., Grube.

Tête dépourvue d’yeux et d’antennes.

Pieds dépourvus de cirrhes, n’ayant que des soies simples.

Caput oculis antennisque destitutum.

Pedes absque cirris setis tantum instructi.

Cette caractéristique est celle de Blainville, ramenée au vocabulaire généralement employé. Il est facile de voir, en consultant les figures données par ce naturaliste, que telle est bien sa pensée. C’est aussi la caractéristique du genre Aracoda (Sciimarda) qui doit disparaître, ainsi que le genre Arabella (Grube).

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