Didymobranche microcéphale. D. microcephalus
Didymobranchus microcephalus, Schmarda, loc. cit., p. 139, pl. 33, fig. 263.
Corpus vermiforme, quadrangulare, viride. Caputconicum, minimum. Segmenta 2 cirris simplicibus 4. Branchiæ in ultimis segmentis decrescentes (Schmarda). Hab. la côte du Chili.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
GENRES ET ESPÈCES INCERTÆ SEDIS
Genre ARISTÉNIE. AR1STENIA.
Aristenia eonspurcata, Savigny, Syst. des Ann., p. 64, Exp. d'Egypt., Ann., pl. II, fig. 4; copiées par Blainville, art. Vers, Atlas, pl. 8, fig. 2, et par Audouin et Edwards, Ann., p. 129, pl. 2“, fig. 13-14.
Grlbe, Fam. der Ann., p. 41.
Hab. la mer Rouge.
Le peu que Savigny a dit de cette Annélide, ne permet guère de juger delà place qui lui revient. Ses figures sont loin d’éclaircir la question. 11 attribue 7 cirrhcs à chaque pied, et figure le cirrhe supérieur comme laissant sortir de sa base un faisceau de soies (?). Blainville a laissé ce genre dans les Amphinomiens, en quoi il a été imité par Grube. Audouin et Edwards le rangeraient volontiers parmi les Trophonies. Mais ici les branchies sont pinnées et réparties par paires à chaque anneau, tandis qu’elles sont placées à la tête chez les Chlorèmiens. Je laisse donc provisoirement cette curieuse espèce à la place que lui a faite Savigny.
Genre CRYPTONOTA, Stimpson.
L’auteur lui-même regarde ce genre comme pouvant fort bien se confondre avec le genre Euphrosyne. Il ne fait connaître qu’une espèce, dont il n’a vu qu’un individu, c’est la C. citrina, jolie espèce de 1 centimètre de long, ovalaire, dont le dos est, en entier, recouvert par les soies des faisceaux supérieurs. L’auteur ne décrit, d’ailleurs, ni les soies ni les branchies. [Mar. ïnv. of Gr. Man., p. 36, fig. 27.)
Choleia repestris, Risso.
Loc. cit., p. 423.
Cette espèce est très-probablement un Eunicien, car l’auteur lui attribue des branchies composées, insérées sur les flancs, et des mâchoires d’un noir foncé.
Hab. Nice.
NEPHTYDIENS.
FAMILLE DES NEPHTYDIENS.
NEPHTYDEA.
Le genre Nephtys créé par Cuvier et adppté depuis par tous les naturalistes, avait été placé par MM. Audouin et Edwards à côté des Goniades et des Glycères, pour former la tribu des Ncrcidiens non tentacules. Grube a fait deux familles de ce groupe, et j’ai suivi son exemple, car cette division repose sur des caractères importants tirés de l'anatomie plus encore, peut-être, que de l’organisation extérieure.
Tous les Nephtydiens ont un aspect général commun qui permet presque de les distinguer au premier coupd’œil. Ce sont des Annélides assez épaisses et larges, dont le corps, plus ou moins aplati, surtout en dessous, ayant ses côtés presque verticaux, présente une apparence prismatique. Toutes les espèces que j’ai vues vivantes ont, en outre, des reflets nacrés très-remarquables et qui ont appelé l’attention de tous les observateurs. Ces reflets sont surtout prononcés sur la ligne médiane. D’ordinaire, les côtés du corps sont plus ou moins rougeâtres, ce qui tient à la coloration de la base et des languettes des pieds, jointe au rouge vif des branchies. L'anneau buccal est plus étroit que les premiers anneaux du corps, la tète plus étroite encore que l’anneau buccal. Il résulte de cette disposition que l’animal se termine en avant, par une sorte de pointe mousse ou arrondie, sur laquelle on n’aperçoit d’abord aucun appendice.
En effet, cette tête déjà très-peu développée porte, en général, des antennes qui lui sont proportionnées ou qui sont même proportionnellement fort petites. Ces antennes sont alors au nombre de 4 ou de 2. Elles peuvent parfois disparaître entièrement.
L’anneau buccal n’est guère plus long que la tête du côté dorsal. En dessous il s’élargit davantage. Sur chaque côté de l’anneau buccal, par une exception très-rare, on trouve un pied rudimentaire réduit à deux mamelons co-
414 A. ERRANTES PROPREMENT DITES
niques, mais dont la véritable nature est accusée par un petit faisceau de soies sortant de la base du cirrhe supérieur. L'ouverture de la bouche est longitudinale, et on trouve de chaque côté un bourrelet plus ou moins prononcé, faisant sans doute l'office de lèvres proprement dites.
Les anneaux du corps sont généralement très-peu allongés d’avant en arrière, séparés par des plis très-prononcés sur les côtés et sur les portions latérales des faces dorsale et ventrale, mais qui s’effacent presque entièrement sur la ligne médiane. Ici les téguments forment, d’une extrémité à l’autre de l’animal, une bande presque lisse et qui est le siège principal de la teinte nacrée que nous avons signalée plus haut. Ces différences extérieures correspondent à une particularité anatomique intéressante. Les masses musculaires du corps sont ici rejetées sur les côtés, comme dans les Hermelles (4).
Les pieds de tous les Nephtydiens connus jusqu’ici sont biramés. Ils sont formés par deux rames toujours très-séparées l’une de l’autre, mais qui tantôt se détachent isolément du corps, tantôt sont réunies par un repli tégumentaire plus ou moins accusé. Chacune d’elles se compose essentiellement d’un gros mamelon sur lequel sont implantés divers appendices, parmi lesquels on distingue un ou deux mamelons sétigères et une lame transparente plus ou moins développée, dont la base fournit un faisceau de soies, d'ordinaire plus nombreuses et plus longues que les précédentes.
La rame supérieure porte, en outre, la branchie. Celleci s’insère, en avant, au bord inférieur et se recourbe de manière à être habituellement logée entre les rames. Elle consiste en un cirrhe creux bordé sur ses bords supérieur et inférieur d’une large frange de cils vibratiles (2). Dans quelques espèces exotiques décrites par Schmarda, cette branchie semble devenir foliacée. Dans la plupart
(1) Pl. i, fig. 1.
(2) Pl. 7 bis, fig. 3.
NEPHTYUIEIS'S. 415
des espèces, les cirrhes supérieur et inférieur coexistent, mais le premier manque assez souvent.
Les pieds, assez compliqués dans la plus grande étendue du corps, se simplifient, comme d’ordinaire, dans les premiers et surtout dans les derniers anneaux. Ils perdent alors leurs lames caractéristiques et même leurs soies. Le dernier anneau porte le plus souvent un seul cirrhe court et assez gros, mais il peut aussi présenter des cirrhes longs et parfois contractiles, ce qui constitue une exception remarquable.
Les soies sont toujours simples, mais dans un assez grand nombre d’espèces elles se coudent sur un point, et la partie placée au-delà affecte diverses formes qui rappellent celles des appendices de certaines soies composées. En outre, la structure en est parfois fibreuse et à fibres non parallèles avec l’axe delà soie, précisément à ce point de courbure. De là résultent des fentes, des ruptures incomplètes qui ont fait croire à l’existence de soies composées dans quelques espèces.
La trompe qui fait suite à la bouche est très-développée, très-exsertile’et rétractile. On y distingue encore fort nettement les trois régions normales que nous avons décrites chez les Néréides (1). La première semble être entièrement membraneuse, les parois en sont très-minces et elle est, en outre, remarquable par sa belle couleur rosée. La seconde, encore essentiellement membraneuse, est pourtant doublée par une couche musculaire qui se détache trèsaisément de la membrane. La muqueuse qui la tapisse dans la Nephtys boulonaise est d’un vert pré foncé, dû peut-être à une sécrétion. La troisième région est essentiellement musculaire. On y distingue 6 gros faisceaux longitudinaux, dont deux à la face dorsale, deux à la face ventrale, et un de chaque côté. Une grande bande musculaire à fibres transverses commence, en outre, en arrière des denticules et se prolonge jusqu’à l’intestin. De ces trois régions, la première et la dernière constituent presque toute
(1) Introduction , p. 37.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
la trompe. La seconde est presque rudimentaire. La seconde est séparée de la troisième par un double bourrelet aplati garni de cirrhes plus ou moins nombreux et développés.
Lorsque la trompe se renverse par son développement au dehors, le mouvement d’extroversion s’arrête toujours à ce point, et les deux bourrelets font saillie au dehors sous la forme de deux lèvres ou de deux anches frangées. Il résulte de cet arrêt qu’on ne voit jamais 2 denticules toujours très-petits, de forme conique, qui sont implantés sur les côtés vers le commencement delà 3e région proboscidienne.
A la jonction de la première et de la seconde régions, on trouve aussi un léger rebord qui s’efface d'ordinaire pendant l'extroversion, et qui porte soit des cirrhes semblables aux précédents, soit des papilles disposées en cercles transversaux ou en séries longitudinales.
La trompe, considérée dans son ensemble, représente environ I/o de la longueur totale de l’animal.
L’intestin qui fait suite à la trompe est droit, sans renflements, au moins dans la Nephtys boulonaise. Il est revêtu d’une forte couche musculaire qui, en dessus et en dessous, manque sur la ligne médiane.
L’appareil digestif est maintenu par des muscles qui s’attachent aux parois du corps. Les premiers et les plus étendus s'insèrent à la jonction des diverses régions de la trompe. Ceux qui prennent naissance à la jonction de la trompe et de l’intestin sont beaucoup plus forts que tous les autres. Entre chaque anneau, on trouve ensuite une disposition analogue, mais nulle part on ne rencontre de véritables cloisons partageant la cavité générale en chambres distinctes.
L’appareil vasculaire des Nephtys ressemble beaucoup à celui des Néréides. Toutefois, le vaisseau ventral est ici remplacé par deux troncs distincts, et on ne trouve pas de traces des retia mirabilia placés dans le voisinage de la trompe des Néréides (Edwards).
J’ai décrit avec détail le système nerveux des Nephtys
NEPHTYD1ENS.
dans le Mémoire déjà cité (1). Il est remarquable par le fractionnement des masses cérébrales, qui consistent en un cerveau relativement volumineux placé en arrière et présentant, en avant, deux groupes de trois ganglions accolés, réunis par un septième ganglion allongé transversalement. Les groupes ganglionnaires latéraux fournissent les nerfs antennaires. Sur le cerveau, même chez une espèce qui ne montrait extérieurement aucune trace d’yeux, j’ai trouvé des organes oculaires bien caractérisés. Les connectifs œsophagiens fournissent les nerfs qui vont aux pieds rudimentaires de l’anneau buccal, ce qui détermine nettement cet anneau, malgré la présence exceptionnelle de ces appendices, et nous éclaire en même temps sur la nature fondamentale des tentacules ordinaires.
La chaîne abdominale est large, plate, composée de ganglions soudés et presque confondus. Chacun d’eux fournit un véritable pinceau de nerfs très-fins qui se perdent dans les muscles voisins. L’un de ces nerfs, beaucoup plus gros, quoique encore fort délié, arrive jusqu’au pied correspondant, et se renfle en un ganglion allongé d’où partent les nerfs pédieux.
Le système nerveux viscéral prend naissance sur le connectif œsophagien par quatre racines, deux de chaque côté. Ces racines se rendent directement à la face externe des membranes qui tapissent la première région de la trompe et se portent parallèlement en arrière. Un peu avant d’atteindre la région moyenne, elles rencontrent un premier anneau ganglionnaire en forme de chapelet transversal. Dix troncs nerveux récurrents partent de ce centre, remontent vers la bouche et forment, par leurs anastomoses, un réseau très-serré. Un second anneau nerveux formé par un chapelet de ganglions correspond aux lèvres frangées de la trompe. Un troisième, composé seulement de deux longs ganglions, se trouve presque au point de jonction de la seconde et de la troisième région proboscidienne. De ce dernier centre partent quatre gros troncs
(1) Ann. des sc. nat., 3e série, t. XIV, p. 329.
Annelés. Tome I.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
qui paraissent destinés aux masses musculaires de la dernière région.
A en juger par les espèces que j’ai observées vivantes, il n’est pas d’Annélides qui méritent mieux que les Nephtys l’épithète d 'Errantes. Elles vivent dans les sables les plus mobiles et s’y frayent un passage avec une rapidité merveilleuse en se servant de leur trompe. Celle-ci, chassée au dehors par la pression du liquide de la cavité générale, se déroule en se renversant et par son mouvement écarte les grains de sable. L’animal, en ramenant sa trompe à l’intérieur, pénètre dans l’espace ainsi rendu libre. Cette manœuvre s’exécute et se répète avec une promptitude telle, qu’une Nephtys s’enterre parfois avant qu’on ait le temps de la saisir.
La force que les Nephtys déploient dans ce cas est assez grande pour m’avoir surpris bien souvent lorsque, tenant une de ces Annélides dans la main, je sentais sa trompe pénétrer entre mes doigts.
Toutes les Nephtys que j’ai observées sont très-vives, très-alertes, et on pourrait dire d’elles que leurs mouvements sont brusques. Placées dans un vase, et se sentant captives, elles s’agitent beaucoup et ondulent en se courbant tellement que souvent leur corps forme le 8. Il n’est pas rare de les voir se rompre spontanément quand elles se livrent à ces violents exercices.
Caractères. — Tête petite, portant de 2 à 4 antennules ou dépourvue de ces appendices.
Anneau buccal pourvu de pieds rudimentaires au lieu de tentacules.
Bouche longitudinale.
Trompe exsertile, très-grande, à régions distinctes, séparées par des cirrhes diversement disposés, et armée de deux denticules qu’on n’aperçoit jamais à l’extérieur.
Corps linéaire, composé d’un grand nombre d’anneaux courts.
Pieds biramés, à rames très-séparées, caractérisés surtout par la présence à chaque rame d’un appendice en
NEPHTYDIENS. 419
lame molle et par une branchie placée en dessous de l’extrémité du bord inférieur de la rame supérieure.
Soies simples, simulant parfois les soies composées.
Caput minimum , antennullis 2 vel 4 instructum , vel appendice omnino destitutum.
Annulus buccalis pro tentaculis pedes imperfectos gerens.
Os longitudinale.
Proboscismaxima, exsertilis, cirris variis , in regiones distinctas tripartita, denticulis 2 armata semper occultis.
Corpus lineare , annulis numerosis , angustis compositum.
Pedes biremes, remis semper remotissimis ; laminâ molli in utroque remo et branchiâ cirriformi , inmargine anteriore infero rend super i affixâ, prœcipue insignes.
Setce nonnumquam festucas simulantes.
TABLEAU DES GENRES
14 antennes Nephtys.
I portant des antennes. I
(2 antennes Portélie.
Pas d’antennes Diplobranche.
Genre NEPHTYS. NEPHTYS.
Nephtys , Cuvier, Savigny, Acdouin et Edwards, et tous les auteurs.
Tête petite, mais distincte, présentant 4 petites antennes.
Corps terminé par un cirrhe unique.
Pieds à deux rames très-séparées, la supérieure portant une branchie cirrhiforme à son bord inférieur. Caput minimum , distinctum , 4 antennulis instructum. Corpus cirro unico terminatum.
Pedes biremes , remis remotis, superiore branchiam inferam cirriformem gerente.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES