Nephtys de Homberg. N. Hombergii
Nephtys Hombergi, Audouin et Edwards, Ann., p. 235, pl.Vb, fig. 1-6.
Blainville, art. Néréide, p. 438, et art. Vers, p. 483.
Edwards, Règ. An. ill., pl. XV, fig. 2.
Grube, p. 53 et 128.
Valenciennes, Coll, du Mus.
Caput quadratum, postero coarctatum. Antennæ minusculæ, æque distantes. Proboscis denticulata denticulis minimis. Corpus vermiforme, 130-140 annulis compositum, supra et infra subrotundatum, lateribus quasi planis. Pedes brèves, remis omnino sejunctis. Uterque remus lamina elongatâ, dilatatâ, lingulà adventitiâ et setarum 2 fasciculis instructus. Setæ filiformes, in uno fasciculo subfestuciformes, in altero ad apicem annulatæ.
llab. Chausey, l’île des Chiens ( côtes granitiques). C. M.
Je conserve le nom de Nephtys de Homberg à l’espèce décrite par MM. Audouin et Edwards. Elle diffère pourtant beaucoup, comme nous le verrons tout à l’heure, de l’espèce qui servit de type à Cuvier pour l’établissement de ce genre et qui lui avait été envoyée du Havre par Homberg. Je semble méconnaître ainsi le principe de la priorité ; mais Cuvier s’était borné à caractériser le genre sans décrire l’espèce, la description de MM. Audouin et Edwards est, au contraire, devenue classique, et ce serait entraîner à des confusions inévitables que de ne pas accepter pour la Nephtys de Homberg, celle que ces naturalistes appellent de ce nom. Quant à la distinction que je fais ici des deux espèces, elle repose sur la comparaison d’un individu rapporté des îles Chausey par MM. Audouin et Edwards avec l’individu même envoyé par Homberg à Cuvier.
La Nephtys de Homberg a la tête assez distincte. Son pourtour est quadrangulaire et rétréci en arrière. Les antennes sont fort petites et à peu près coniques. Je n’ai pu distinguer les yeux.
L’anneau buccal est court, et les pieds qu’il porte n’ont qu’un très-petit faisceau de soies. La trompe, très-développée, prend quand elle est sortie, une forme presque cylindrique. Elle présente alors en avant une sorte de double lèvre oblongue, frangée de gros cirrhes. En arrière de ces lèvres, on voit comme une double collerette frangée de la môme manière. Les denticules, qui
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ne font jamais saillie au dehors, sont placés en dedans et en arrière de la double lèvre.
Le corps de cette espèce atteint jusqu’à 12-13 centimètres de long sur une largeur de 6-7 millimètres, les pieds faisant saillie au-delà. Il compte alors de 130 à 140 anneaux courts, lisses et beaucoup moins marqués sur la ligne médiane. Il se termine en arrière par un cirrhe unique, assez court et cylindrique. Les pieds ont à peine, en longueur, le tiers de la largeur du corps. Les deux rames sont absolument distinctes. Chacune d’elles est formée par un gros mamelon sur lequel sont attachés les divers appendices, et ces appendices sont assez compliqués.
A la rame supérieure, on trouve un cirrhe supérieur digitiforme, placé vers le tiers moyen et dépassant à peine le mamelon pédieux. Sur la face postérieure et en haut, s’attache une lame mince, transparente, ovalaire, s’étendant d’une extrémité à l’autre de la rame, placée transversalement et qui déborde de beaucoup le mamelon en avant et en haut. La branchie implantée au bord inférieur, est conique, allongée, courbée habituellement en S. En avant de la base de cette même branchie, on aperçoit une petite languette fusiforme.
La rame inférieure présente une composition analogue. Le cirrhe est placé à la base même du mamelon. Il est court et conique. La lame s’attache en avant et en bas, déborde dans ces deux sens, s’étend d’une extrémité à l’autre de la rame et se recourbe un peu en haut. En avant et en haut, on trouve une petite languette, mais pas de branchies.
A chaque rame, les soies forment deux faisceaux. L’un d’eux sort de l’extrémité du gros mamelon pédieux, l’autre de la base de la lame. Celui-ci forme un éventail peu ouvert, celui-là a des soies presque parallèles. Toutes ces soies sont simples en réalité, mais celles du premier faisceau sont légèrement annelées à leur extrémité. Celles du second, légèrement entaillées sur leur bord en forme d’hameçon, peuvent être prises pour des soies composées. La portion qui correspondrait à la baïonnette est longue, lisse et effilée.