Nephtys boulonaise. N. bononensis
Kephiys bononensis, Qlatrefages, Ann. des sc. nat., 3e série, t. l-l, p. 332, pl. 9.
Caput exagonum, postice contractum, oculis externis nullis, antennulis proximis, crassis, bipartitis. Proboscis denticulata denticulis minimis. Corpus constrictum, 130 annulis compositum. Pedes breviusculi, remis remotis. Uterque remus lamina, cirro et lingulâ instructus. Remus superus brevior lamina parvâ, inferus major, protractus lamina rotundatà insignis. Setæ in fasciculo uno longæ, inflexæ, serratæ, in altero ad apicem fusiformes, intus caméra tæ.
Hab. Boulogne. C. M.
La forme hexagonale de la tête, dans cette espèce, semble résulter de la troncature des angles antérieurs. C’est sur cette troncature que sont placées les antennes dont les bases se touchent presque. Chacune d’elles consiste en un mamelon peu allongé et proportionnellement très-gros , surmonté d’un bouton plus petit et conique. Je n’ai aperçu extérieurement aucune trace d’organe oculaire, bien que celui-ci se soit nettement montré à la dissection.
L’anneau buccal est peu marqué. Cependant ses pieds rudimentaires sont bien reconnaissables. La bouche profondément fendue et garnie des deux lèvres. La trompe, forte et glandiforme quand elle so développe au dehors, présente deux lèvres char-
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
nues, finement tentaculées et un triple rang de cirrhes rappelant ce que nous avons déjà dit. Les denticules sont d’une extrême petitesse.
Le corps, d’une longueur de 7-8 centimètres au plus, est proportionnellement plus étroit que dans l’espèce précédente et ne compte guère que 130 anneaux. Les pieds sont formés de deux rames presque absolument isolées l’une de l’autre.
La rame supérieure n’a qu’une lame pour ainsi dire rudimentaire. Le cirrhe et la languette sont très-petits. La branchie est au contraire proportionnellement plus longue que dans l’espèce précédente. Lorsqu’elle se contracte chez l’animal vivant, elle forme 1 1/2 tour de spire.
La rame inférieure est plus longue que la supérieure, qu’elle dépasse sensiblement. Sa lame est bien développée et d’une forme arrondie.
Aux deux rames, les soies sont plus abondantes que dans les espèces précédentes. Celles qui partent de la base des lames sont longues, nombreuses, et se déploient, surtout en haut, en un large éventail. Elles sont coudées comme dans l’espèce précédente, mais le côté convexe de la courbure, en s’élargissant, se creuse d’une gouttière, dont les bords sont finement dentés dans les soies courtes, et tranchants dans les soies les plus longues. Dans ces dernières, la pointe est presque aussi allongée que dans la Nephtys nacrée. Les soies du mamelon pédieux sont courtes, légèrement renflées en fuseau vers leur extrémité et cloisonnées à l'intérieur.
A l’époque de mes recherches, cette espèce habitait surtout les bords du parc aux huîtres (1). Sa couleur, sur le vivant, est à peu près celle de la N. nacrée. Elle paraît pourtant moins rouge sur les côtés, parce que les branchies sont plus cachées. Ses habitudes sont d’ailleurs celles de toutes leurs congénères.