‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douce (volume 2)Chapitre 273 sur 424 · Nephtys nacrée. N. margaraticea · texte numérisé non relu

Nephtys nacrée. N. margaraticea

Nephtys margaraticea, Johnston, Lond. Mag.of nat. Hist.,t. 8, p.341, fig. 33, et Index, p. 439.

Caput quadrato-rotundatnm. Antennæminusculæ, posteræ inferiores. Oculi (?) duo ad basim antennarum anteriorum. Proboscis denticivlatadenticulisminimis. Corpus vermiforme, quadratum, supra subrotundatum, 1 40— 150 annulis brevibus compositum. Pedes longi, remis ad basim conjunctis. Uterque remus lamina dilatatâ, cordatoovatâ instructus; superus cirro, inferus lingulâ carens. In uno fasciculo setæ longæ, inflexæ, radulatæ, in altero brèves, septis internis ad apicem cameratæ.

Hab. les côtes d’Angleterre, Saint-Vaast. C. M.

Cette belle espèce, découverte par Johnston, est bien distincte des deux précédentes. La tôte est carrée, mais à bords arrondis, surtout en arrière. Les deux antennes antérieures continuent pour ainsi dire les angles du front. A leur base, on aperçoit un petit point noir. Serait-ce un œil(?). Les antennes latérales sont placées un peu en dessous, si bien qu'on les voit mieux en regardant du côté ventral que du côté dorsal.

L’anneau buccal est peu prononcé en dessus, bien plus en dessous où il se prolonge au-delà des 2 premiers anneaux du corps. Ses pieds rudimentaires sont bien accusés. La bouche est

424 A. ERRANTES PROPREMENT DITES

grande, bien fendue longitudinalement et garnie de deux lèvres en bourrelet. La trompe est médiocrement grande. Quand elle est bien développée, elle est renflée au milieu. La double lèvre qui la termine est bordée de cirrhes fins et serrés. En arrière, on trouve, au lieu des collerettes de la N. de Homberg, 4-5 rangées de petits tubercules. Les dents sont très-petites et plutôt brunes que noires.

Le corps, long de 14 à 15 centimètres, compte de 140 à 150 anneaux courts, dont les plis de séparation sont à peine marqués sur la ligne médiane. L’ensemble du corps est d’ailleurs prismatique plutôt qu’arrondi. Il se termine en arrière par un cirrhe unique très-petit.

Les pieds sont longs et égalent presque le diamètre du corps proprement dit. Les deux rames en sont unies par un pli bien accusé des téguments.

La rame supérieure manque de cirrhe. J’ai vérifié avec le plus grand soin ce fait signalé par Johnston. La lame en est allongée en forme de feuille de rose, et à son bord inférieur, au-dessus de la languette, présente un petit lobe supplémentaire. Elle dépasse d’ailleurs le niveau du pied et en déborde sensiblement l’extrémité. La languette est petite et conique. La branchie, recourbée en faucille, est assez courte pour être cachée entre les deux rames.

La rame inférieure possède un cirrhe, mais manque de languette. La lame prend naissance à la base du cirrhe, contourne le mamelon pédieux qu’elle dépasse du double et se termine un peu au-dessus de son extrémité.

Les soies qui se rattachent à la lame sont longues et filiformes. A la hauteur à peu près du bord de la lame, elles se coudent, s’aplatissent en s’élargissant et sont fortement dentées en râpe sur le côté convexe de cette partie. Puis elles s’arrondissent de nouveau, perdent toute trace de dentelures et s’effilent en une pointe très-fine et très-prolongée. Les soies qui sortent du mamelon pédieux, ne dépassent pas le bord de la lame. Elles sont plus grosses, et leur extrémité un peu renflée est cloisonnée à l’intérieur, de manière à former des chambres à peu près semblables à celles que j’ai figurées (1). Les acicules ne présentent rien de remarquable.

A l’état vivant, la Nephtys nacrée mérite bien le nom que lui a donné le naturaliste anglais. Son dos et son ventre réfléchissent

(1) PI. 7, fig. 15.

NEPHTYDIENS.

en effet les teintes de la plus belle nacre, surtout sur la ligne médiane. Les côtés du corps paraissent d’un blanc rougeâtre, ce qui est dû à l’afflux du sang et surtout à la présence des branchies dont la teinte perce à travers le voile imparfait que forment les soies et les lames des pieds. Dans l’alcool, elle prend souvent une couleur marron plus ou moins foncé.

J’ai trouvé très-souvent celte espèce aux environs de Saint- Vaast. Elle affectionne surtout la terre sablonneuse plantée de Zoslères et qui, dans les anfractuosités des rochers alternativement couverts et découverts, forme des plaques plus ou moins étendues d’un gazon sous-marin. Je l’ai vue bien des fois s’enfoncer dans ce terrain, quelquefois assez compacte, par le procédé indiqué plus haut.

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