‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douce (volume 2)Chapitre 28 sur 424 · Aphrodite oursin. A. echinus · texte numérisé non relu

Aphrodite oursin. A. echinus

Caput obtectum, antennis æqualibus et carunculà pro- (1) ’Pl. 6, fig. 3-7.

minente præditum. Corpus 34-35 annulis compositum. Pedes quasi pedunculati. Elytra 30, modica, fere circularia. Fornixpilis tenuissimis laxissime textus. Fimbriæ setosæ nullæ.

Hab. la Méditerranée. C. M.

Cette jolie espèce, qui mériterait peut-être de former un nouveau genre, peut assez facilement être prise pour une Hcrmione, par suite de la manière dont les soies ramenées en arrière sur le dos recouvrent la voûte feutrée que son peu de développement achève de soustraire à un examen peu attentif. La taille, qui n’est guère que de 22-25 millimètres, et les proportions générales du corps peuvent en outre faciliter cette méprise.

La tête est petite et assez difficile à découvrir au milieu des paquets de soie qui l’enveloppent en tous sens. Elle porte trois antennes à peu près égales, un peu grosses et qui atteignent à peine le 3e ou le 4e anneau. L’antenne médiane placée un peu en arrière des deux latérales, a devant elle une caroncule assez proéminente.

Le corps est ovale allongé. Il porte 15 paires de pieds à élytres. Les 13 premières sont placées de deux en deux anneaux; les deux dernières de trois en trois anneaux. Ces élytres sont médiocrement grandes et atteignent à peu près la ligne médiane sur les animaux morts et contractés. Sur le vivant, elles doivent laisser une partie du dos à découvert. Leur forme est à peu près circulaire, et excepté celles des deux extrémités qui sont presque rudimentaires, elles sont plissées transversalement.

Les pieds avec ou sans élytres sont composés comme à l’ordinaire de deux rames portées par une base commune presque cylindrique, plus large à son extrémité qu’à sa base et susceptible de se dresser presque verticalement (1). La rame supérieure présente deux mamelons peu marqués fournissant chacun un faisceau de soies qui sortent d’une manière assez irrégulière (2). Les poils de la voûte dorsale sont insérés seulement au bord interne de cette rame dans les deux sortes de pieds. Ils sont très-fins, et le tissu qui résulte de leur entrelacement est extrêmement lâche, quoique encore assez épais pour cacher complètement les élytres (3). Je dois faire remarquer que je n’ai pu découvrir de

(2) PL 6, fig. b et 6.

(3) PL 6, fig. b et 6.

APHRODITIENS.

cirrhe supérieur aux pieds dépourvus d’élytre; mais il m’a probablement échappé à cause de sa petitesse au milieu des poils qui doivent l’entourer, surtout si, comme dans certaines espèces de la même famille, il est placé sur le dos.

Les rames inférieures des deux sortes de pied se ressemblent à peu près entièrement (1). Elles sont représentées par un mamelon conique, plissé, sortant presque à angle droit de la base commune, pourvu d’un très-petit cirrhe inférieur et armé à son sommet de trois ou quatre soies très-courtes.

Les soies de la rame supérieure sont épaisses, robustes, un peu courbées à leur extrémité et terminées par une pointe assez mousse. Sur quelques-uns des individus que j’ai examinés, ces faisceaux présentaient de petites incrustations calcaires, adhérentes au point de sortie des soies ou sur les soies elles-mcmes. Ces incrustations causent peut-être en partie l’irrégularité que j’ai reproduite, car sur d’autres exemplaires à incrustation moins prononcée, les soies se développaient plus régulièrement en se .portant vers le dos. Les soies de la rame inférieure sont également très-fortes et terminées par deux dents, dont l’une est beaucoup plus longue que l’autre (2).

Parmi les exemplaires que possède la collection du Muséum, il en est qui s’écartent quelque peu des caractères que je viens d’indiquer. L’un d’eux, entre autres, ne compte que 13 paires d’élytres toutes placées de deux en deux anneaux; mais il est très-petit, et je n’ai vu là qu’une différence d’âge.

Cette espèce paraît se trouver dans presque toute la Méditerranée, car le Muséum en possède plusieurs individus qui ont été rapportés de Toulon par M. Lucas, de Marseille par M. Barbou, de Barcelonne par M. Veilleux, de Palerme par M. Caron..., etc.

§ 4. Espèces dont les poils sont beaucoup trop courts pour former une voûte dorsale, et dont les élytres sont par conséquent à découvert.

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