Diplobranche cilié. D. ciliatus
Nereis ciliata, Muller, Zool. dan., vol. III, p. 14, pl. 89, fig. 1 à 4.
Gmélin, p. 3120.
Nephtys cilinta, Grube, Fam. dcr Ann., p. 53 et 128.
Hab. les côtes du Danemark.
La figure 2, représentant la trompe, qu’a donnée le naturaliste danois, est trop nette pour qu’on hésite à regarder cette Annélide comme un Nephtydien. On y voit les deux lèvres ciliées ou frangées caractéristiques, suivies en arrière de plusieurs rangs de papilles, comme nous en avons tous vu. Mais l’absence totale d’antennes et surtout les deux longs cirrhes des pieds ( branchies ?), sur lesquels l’auteur revient à diverses reprises, sont autant de caractères bien différents de ce que nous avons vu jusqu’ici. Ces particularités me font regarder comme nécessaire l’établissement d’un troisième genre dans cette famille.
ESPÈCE INCERTÆ SEDIS.
Nereis clava, Leach.
11 me semble impossible de placer ailleurs que parmi les Nephtys, une Annélide décrite et figurée par Blainville, qui lui a donné tour à tour des noms fort différents. Leach, qui l’avait découverte, l’appelait Nereis clava. Blainville, en la décrivant avec quelques détails dans son article Néréide, p. 439, lui donna le nom de Nereis splendida. Plus tard, dans son article Vers, il la rapporte du genre Nephtys, mais il la distingue de la Nephtys de Homberg. Enfin, dans Y Atlas de ce même Dictionnaire, il la représente en lui donnant ce dernier nom. 11 n’existe pourtant aucune ressemblance réelle entre ces deux espèces. La Nereis clava a une tête dépourvue d'antennes ; la trompe est plutôt festonnée que frangée à son extrémité ; au lieu des deux demi-collerettes placées en arrière des lèvres terminales, on trouve ici plusieurs séries longitudinales de tubercules, etc. Enfin les pieds sont représentés comme entourés de soies rayonnantes, formant presque un cercle complet, et il n’existe qu’une seule branchie. En supposant tous ces caractères exacts, la Nereis clava tiendrait pour ainsi dire le milieu entre les Portélies et les Diplobranches, mais je crois nécessaire d’ajourner toute décision à ce sujet. — Cette espèce parait originaire des côtes d’Angleterre.
NÉRINIENS.
C’est très-probablement une Nephtys, peut-être une Glycèrc , dont Peysonel a donné la description sous le nom de Scolopendre marine ( Obs . upon the Sea-Scolopendre or Sea-Millipes. — Phil. Trans. 1759, p. 35).
FAMILLE DES NÉRINIENS.
Parmi les groupes établis par les naturalistes qui, les premiers, s’occupèrent sérieusement des Annélides, il n’en est peut-être pas qui aient donné lieu à plus d’incertitudes et de contradictions que les Spios de Fabricius. Sans entrer ici dans des détails historiques qui nous entraîneraient trop loin, je ferai remarquer que les diverses espèces rapportées à ce genre ou rapprochées de lui sous d’autres noms génériques, se rattachent toutes à deux types trèsdifférents. L'un de ces types peut être réprésenté par les Nérines de Jonhston, l’autre par les Leucodores du même auteur et les Polydores de Bosc. Or, les premières présentent tous les caractères des Annélides Errantes; les secondes, au contraire, sont bien manifestement des Annélides Sédentaires. Il me paraît incontestable, en étudiant avec soin les figures, plus encore que les descriptions de Fabricius, que les Spios primitifs appartiennent h ce dernier type. Nous les retrouverons donc plus tard. Constatons ici seulement que les considérations que je me borne à indiquer, conduisent à répartir dans deux groupes, les divers Spios des auteurs et les genres qu’on a groupés autour d’eux.
Les Nériniens forment une petite famille nettement tranchée par quelques particularités anatomiques remarquables, aussi bien que par des caractères extérieurs. La tête proprement dite, est toujours très-petite relativement à l’anneau buccal auquel elle est intimement unie. Elle peut être pourvue ou dépourvue d’yeux et d’antennes, mais, en revanche, elle porte toujours, plus ou moins en arrière de l’anneau buccal, une paire de très-grands tentacules allongés, épais, coniques, parcourus par un gros vaisseau, très- musculaires, pouvant se plier et se rouler en tous
A. ERRAMES PROPREMENT DITES.
sens, mais, par cela même, peut-être très-sujets à se détacher de l’animal.
Le corps est linéaire et se compose d’un très-grand nombre d’anneaux fort semblables, mais dont les pieds peuvent se dégrader considérablement en arrière sur une étendue considérable. Ces pieds eux-mêmes sont presque toujours biramés. Les mamelons sétigères sont constamment plus ou moins foliacés. Les cirrhes peuvent manquer aux deux rames. Ils sont toujours plus ou moins confondus à la rame supérieure avec le mamelon sétigère et les branchies. Celles-ci consistent en un lobe foliacé falciforme, plus ou moins développé, plus épais au centre, et qui est parcouru par un gros vaisseau. L’anus est terminal et entouré de cirrhes plus ou moins développés.
Le tube digestif commence par une trompe inerme, exsertile, courte, charnue, très-vasculaire (1), suivie d’un œsophage large et court. L'intestin est renflé fortement à chaque anneau. L’appareil vasculaire présente les deux troncs fondamentaux dorsal et ventral. Les relations qui unissent ces deux grands vaisseaux ne présentent rien de remarquable.
Le système nerveux général, par une exception jusqu’à ce jour unique parmi les Annélides Errantes, forme deux chaînes latérales. Le cerveau est extrêmement petit, allongé et de forme naviculaire dans les deux espèces que j'ai étudiées (2). Les connectifs de l’anneau œsophagien sont très-longs et proportionnellement forts. Ils portent chacun un ganglion d'où partent les racines du système nerveux stomato-gastrique, lequel est très-peu développé. Il consiste en une sorte d’anneau qui entoure la trompe et d'où partent quelques filets qui accompagnent cet organe. Les ganglions de la chaîne ventrale sont aussi petits, allongés d’avant en arrière. Ils sont fort rapprochés sur la ligne médiane, mais réunis seulement par un filet trèsgrêle représentant la commissure. Les connectifs sont aussi peu volumineux.
(1) PI. 7 bis, fig. 4.
(2) Ces deux espèces sont le Malaeocère de Girard et l’Aonie foliacée [Mémoire sur le syst. nerv. des A nnélides).
NÉRINIENS.
Les Nériniens sont de belles Annélides d’assez grande taille, à mouvements vifs et gracieux. Elles vivent dans les sables vaseux, dans le sol des prairies de zostères. Leurs galeries sont tapissées par un tube d’apparence soyeuse, très-mince et parfaitement transparent. Ils en sécrètent de semblables en captivité. Placés dans des vases même grands et où l’eau est fréquemment renouvelée, ils meurent assez vite en se morcelant.
Caractères. — Tête pourvue ou dépourvue d’yeux.
Anneau buccal portant deux très-grands tentacules qui peuvent se mouvoir et se replier en tous sens.
Trompe inerme.
Corps linéaire, composé d’un grand nombre d’anneaux.
Pieds ordinairement biramés, armés le plus souvent seulement de soies simples; mamelons sétifères foliacés.
Branchies plus ou moins aplaties et falciformes.
Caput oculis antennisque preditum vel destitutum.
Annulus buccalis duobus tentaculis longis, cr assis, contortubilibus insignis .
Proboscis inermis.
Corpus lineâre, plurimis annulis compositum.
Pedes fere semper biremes, setis sæpissime instructi ; papillâ setigerâ foliaceâ , bi'anchiisque plus minusve foliaceis aut falciformibus compositi.
TABLEAU DES GENRES
dépourvus de]
Pas de soies à crochet . . Nérine.
Des soies à crochet.. . . Uncinie.
Iportantl f des ■ 'cirrhes.
inférieurs seulement Aonie.
Pieds
(infér. et supér.'
infér. et supér.j
(Des yeux. . . Colobranche.
(Point d’yeux. Malacocère.
PvGOSPIO.
Genre NÉRINE. NERINE.
Spio, Johnston, Rathke.
Nerine, ' Johnston, Quatrefages, Grube.
Lumbricus (?), Delle Chiaje.
Tête variable.
Anneau buccal portant des yeux ; tentacules placés au milieu de cet anneau.
Branchies plus ou moins distinctes des lobes sétigères, foliacés en avant, falciformes en arrière.
Pas de cirrhes aux pieds.
Caput variabile.
Annulus buccalis oculatus , in medio tentacula gerens. Branchiœ plus minasse a lobulo setigero distinctes; anteriores foliaceæ, mediœ falciformes.
Pedes cirris destituti.