‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douce (volume 2)Chapitre 291 sur 424 · Malacocère de Girard. M.Girardi · texte numérisé non relu

Malacocère de Girard. M.Girardi

Malacoceros Girardi, Quatrefaces, Mag. de Zool., 1813, p. 10, pl. 3,

Caput duobus antennis triangularibus, tenuibus, utroque latere emergentibus preditum. Tentacula calice ad basim circumdata. Anus 16 vittis longis circumdatus.

Hab. Saint-Malo, Chausey, St-Vaast. C. M.

Dans cette belle espèce, la tête et l’anneau buccal sont confondus en un lobe arrondi, terminé en avant par une sorte de mufle, assez semblable à une enclume dont les cornes, formées par les antennes, s’allongeraient à droite et à gauche (3). Quand on irrite l’animal, il reploie en dessous ces deux appendices.

(1) Pl. 7 bis, fig. 3.

(2) Pl. 10, fig. 12, etpl. 7 bis, fig. 4.

(3) Pl. 7 bis, fig. 4.

NÉRIN1ENS.

Les tentacules, placés tout-à-fait en arrière, semblent prendre naissance sur le premier anneau du corps et pourraient être pris facilement pour des cirrhes tentaculaires (1). Mais ces appendices reçoivent leurs nerfs d’un ganglion appartenant à la partie supérieure du connectif œsophagien, ce qui met hors de doute leur véritable nature. Ils sont légèrement canaliculés en dessous et ondulés sur le bord de cette gouttière. A leur base, ils sont entourés d’une sorte de calice très-élégant. On aperçoit, au travers, le vaisseau qui les parcourt d’un bout à l’autre, et qui se ramifie en donnant des ramuscules à droite et à gauche.

Le corps se compose de 220 à 250 anneaux courts et assez larges. Les pieds sont presque exactement les mêmes d’un bout à l’autre de l’animal, et ressemblent presque entièrement aux pieds moyens du M. vulgaire (2). On distingue à la rame supérieure, un mamelon sétifère, un cirrhe supérieur et une branchie, mais ces trois appendices sont en partie confondus. Le premier, d’abord assez épais jusqu’au point de sortie des soies, se perd pour ainsi dire dans une membrane foliacée qui unit toutes ces parties. Le cirrhe ne, se dégage de cette membrane que vers son extrémité, et la branchie elle-même n'est complètement distincte que dans la portion qui se recourbe au-dessus du dos. A la rame inférieure, on trouve un mamelon sétigère aplati, arrondi, au-dessus duquel est placé le cirrhe inférieur, fort petit et presque rudimentaire. Les soies, toujours simples, sont de deux sortes. Les unes sont courtes et arrondies à leur extrémité. Elles arment seules la rame inférieure, et se retrouvent aussi à la rame supérieure. Celle-ci porte, en outre, d’autres soies plus longues, capillaires, qui forment un large éventail et se recourbent sur le dos.

Cette belle Annélide a la tête rosée et semée de points bleuâtres sur la ligne médiane. Les calices tentaculaires sont d’un blanc mat. Le corps est d’un jaune rougeâtre sur lequel tranche le rouge vif des branchies. A travers ses parois, on aperçoit l’intestin qui donne à la portion moyenne une teinte verdâtre (3). Ces couleurs sont, du reste, à peu près celles de toutes les espèces du même genre.

Le Malacocère vit dans les sables légèrement vaseux, vers le milieu de la zone qui couvre et découvre à chaque marée. Il n’a pas de tube permanent, mais quand on le découvre, il est habituellement renfermé dans un tube d’apparence soyeuse, transit) PI. 7 bis, fig. 4.

(2) PI. 7 bis, fig. 8.

(3) PI. 10, fig. 12.

444 A. ERRANTES PROPREMENT DITES

parent, qu’il reproduit au besoin avec une grande rapidité. Ses mouvements sont extrêmement rapides. Il nage en s’infléchissant brusquement, de manière à figurer une suite de 8 continus. Trèssouvent il se rompt spontanément par suite de la violence de ces mouvements. 11 est du reste extrêmement fragile, et quelque soin que j’aie pris pour en rapporter d’intacts, toujours les tentacules se sont détachés, et l’animal s’est fragmenté en tronçons très-courts.

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