‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douce (volume 2)Chapitre 346 sur 424 · Néréide royale. N. regia · texte numérisé non relu

Néréide royale. N. regia

Nereis regia, Quatrefages, Ann. des sc. nat., 3e sér., t. XIV, p. 339, pl. 6 et 7.

Caput ad basim quadratum, antice rotundatum, parvum. Antennæ latérales magnæ, conicæ, articulo minimo, mamillato ; mediæ parvulæ. Annulus buccalis longiusculus. Tentacula brevissima. Maxillæ 5-6 crenatæ, apice prolungato. Denticula rarissima, nonnunquam nulla. Corpus antice subattenuatum, 160-170 annulis compositum. Pedes mamillâ superà minori, utroque cirro gracillimo.

Hab. Boulogne. C. M.

Cette espèce est, je crois, la plus grande Néréide connue. J’en ai trouvé qui, vivantes, avaient plus de 10 centimètres de long. Plusieurs de celles que j’ai rapportées, quoique contractées par l’alcool, mesurent 25 centimètres et plus. Cette grande taille m’a seule permis de donner sur le système nerveux des Néréides les détails que j’ai résumés dans l’introduction.

La tête est médiocre; la moitié postérieure en est presque carrée, l’antérieure arrondie. Celle-ci porte deux petites antennes médianes. Les antennes latérales sont grosses, coniques et terminées par un petit article un peu allongé en mamelon, et qui semble pouvoir se retirer en arrière, de manière à disparaître presque entièrement. Tel est du moins l’état dans lequel je l’ai trouvé chez quelques individus conservés dans l’alcool.

L’anneau buccal est à peine un peu plus long que le suivant.

51 2 A. ERRANTES PROPREMENT DITES

Les tentacules sont très-courts; le plus long dépasse à peine les antennes externes. La trompe, de médiocre grandeur, porte deux mâchoires allongées, étroites, garnies de 5-6 crénelures, qui sont fort loin d’atteindre l’extrémité. Les denticules, trèspetits et très-peu nombreux, forment deux petits groupes en dessus à la région buccale; encore manquent-ils parfois entièrement.

Le corps est très-atténué en arrière, assez peu en avant. Il se compose d’environ 160-170 anneaux pour les grands individus.

Les pieds sont bien détachés, mais un peu renflés à leur base, lis sont remarquables par la brièveté de la languette supérieure, qui est plus courte que les autres et surtout que l’autre languette de la môme rame. Le tubercule sétigère de la rame supérieure est aussi à peine marqué. Les deux cirrhes sont très-grêles. Le cirrhe supérieur n’atteint pas l’extrémité de sa languette, tandis que l’inférieur la dépasse presque.

Les soies présentent le type ordinaire, mais offrent cela de remarquable qu'elles ont toutes des appendices longs, et appartiennent par conséquent aux deux premiers types représentés dans l’Atlas (1). Du moins je n’ai pu en apercevoir appartenant au troisième type (2) sur une dizaine de pieds pris sur des individus conservés. L’appendice se raccourcit seulement et devient plus grêle à la rame inférieure. Toutes ces soies sont finement denticulées jusque vers le dernier quart de l’appendice.

Cette espèce paraît ne vivre que profondément enfoncée dans la vase. C’est pendant le creusement du port de Boulogne que je me la suis procurée, et je ne l’ai jamais trouvée ailleurs, ni dans le port même. Pendant sa vie elle est, en dessus, d’une couleur bleuâtre tirant sur le noir; sur les côtés, elle est rougeâtre avec une bande d’un bleu nacré; en dessous, elle est rougeâtre avec une bande brune sur la ligne médiane.

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