‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douce (volume 2)Chapitre 384 sur 424 · Néréide pélagique. N. pelagica · texte numérisé non relu

Néréide pélagique. N. pelagica

Warzige Nereide, Muller, Wurm., p. 140, pl. 7 (?).

Nereis pelagica, Linné, Syst. nat. p. 1086 (?). %

Baster, üpusc. Subs., p. 133, pl. 6, fig. 6 (?).

Gmélin, p. 3116 (?).

Rathke, Faun. Norw., p. 158, pl. 8, fig. 1-3 (?).

Nereis verrucosa, Fabricius, Faun. Groenl., p. 292.

Œrsted, Groenl. Ann. dorsïbr., p. 175, pl. 4, fig. 52, 53, 55, 56, 58, et Consp., p. 21.

Frey et Leuckart, Beitr., p. 154, pl. 2, fig. 7.

Grube, Fam. der Ann., p. 48 et 125.

Caputpiriformctruncatnm. Antcnnæ latérales magnæ, crassæ, articulo parvo, rotundato ; mediæ longiusculæ, conicæ. Annulusbuccalis latus. Tentacula brévia. Maxillæ 3-4 ondulatæ. Denticula gregatim disposita. Corpus latum, 70 annulis compositum. Pedes incrassati, distinctissimi. Uterque cirrus longiusculus, inferus valde remotus.

Hab. les côtes de Norwège, du Groenland. C. M.

Cette espèce est très-voisine de la précédente, ce qui explique comment Johnston a pu les réunir. Elle en diffère pourtant par divers détails, et en particulier par les mâchoires.

Rathke et Grube ont rapporté cette Néréide à la Warzige Ncreide de Muller, lequel regarde son espèce comme identique avec la Nereis pelagica de Baster. Mais les deux espèces qu’on veut ainsi rapprocher, diffèrent notablement par la longueur des tentacules et des cirrhcs supérieurs, qui sont, les uns et les autres, bien plus courts dans l’espèce de Baster. La Néréide de Muller se prête mieux à une assimilation avec l’espèce de Rathke. Toutefois, celle-ci a les tentacules et les cirrhes sensiblement plus courts que la Warzige Nereide. Quoi qu’il en soit, la caractéristique et la description que je donne ici ont été tracés d’après un magnifique exemplaire, que M. Stcenstrup a bien voulu m’envoyer, et qui vient du Groenland. Celui-ci est bien l’espèce décrite par Œrsted, et que ce naturaliste rapporte, mais à tort, à la N. verrucosa de Muller.

IS'ÉRÉIDIENS.

La tête est piriforme, brusquement tronquée en avant, et non arrondie, comme dans le dessin de Rathke. Les deux antennes moyennes semblent en prolonger les côtés, et non pas s’implanter en avant, comme dans la figure du même auteur. Elles sont * d’ailleurs coniques et un peu renflées à leur base, comme il les a représentées. Les antennes latérales sont grosses, presque cylindriques, tronquées à leur extrémité, au milieu de laquelle on observe un article terminal arrondi et d’un diamètre bien moindre. Les paires d'yeux latérales forment deux lignes beaucoup plus divergentes que ne l’a représenté Rathke.

L’anneau buccal égale en longueur les deux suivants. Les tentacules sont courts, et le supérieur, le plus long, atteint à peine au 3e anneau. Les mâchoires sont plus courbées que celles qu’a représentées Rathke, et en outre, au lieu de présenter les six dents bien prononcées et atteignant l’extrémité qu'a décrites et figurées ce naturaliste, elles ne présentent sur leur tranchant que 3-4 ondulations à peine marquées, et n’atteignant pas, à beaucoup près, le sommet de la mâchoire. Les denticules forment à la région buccale, en dessous et sur les côtés, une large bande de plusieurs rangs; en dessus, on trouve deux groupes formés chacun de quatre denticules à pointe très-saillante. A la région maxillaire, on trouve en dessous deux grands groupes irréguliers, et en dessus deux groupes allongés placés derrière les mâchoires.

Le corps ne compte que 70 anneaux, pour une longueur de 20 centimètres, et une largeur d’un centimètre environ.

Les pieds sont grands, mais je ne les ai trouvés comme pédiculés que tout-à-fait en avant, tandis que Rathke indique cette disposition pour un pied à peu près médian. Comme dans l’Annélide décrite par mon illustre confrère, les languettes branchiales sont ici courtes et renflées. Les mamelons sétigères sont à peu près nuis, surtout à la rame supérieure, les soies sortant simplement de l’intervalle qui sépare les languettes. Le cirrhe supérieur est par suite placé près de l’extrémité du pied, et dépasse sa languette du double au moins de sa longueur.

Les soies sont assez peu nombreuses et relativement grêles.

La tête en est profondément fourchue. Les appendices longs ne présentent de dentelures que jusque vers le milieu de leur longueur. Les appendices courts que j’ai vus, au lieu de présenter la forme recourbée ordinaire (4), étaient modelés sur le même

(1) PI. 7, fig. 10.

844 A. ERRAMES PROPREMENT DITES.

type que les autres, et étaient seulement moins longs, plus grêles et sans dentelures. Mais OErsted en a figuré qui rappelaient parfaitement le type normal. Peutrêtre s’étaient-ils détachés dans les pieds que j’ai examinés, quoique j’aie observé les soies d’au moins une dizaine de pieds.

On voit que j’ai eu à signaler quelques différences entre mes propres observations et celles de Rathke. Or, l’exactitude de l’illustre auteur de la Faune de Norwège est trop connue, pour que je mette ses résultats en doute. La N ereis pclagica du Groenland ne serait donc pas tout-à-fait semblable à celle des côtes de Norwège. S’agit-il d’une simple différence de race, ou bien doit-on distinguer deux espèces? C’est ce qu’auront à rechercher mes confrères Scandinaves.

Je place ici cette Annélide, à raison des rapports qu’elle offre avec la précédente, mais en réalité elle devrait prendre place dans la première section.

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