Néréide fardée. N. fucata
Lycoris fucata, Savigny, Syst. des Ann., p. 31.
Nereis fucata, Blainville, art. Néréide et Vers.
Audouin et Edwards, Ann., p. 188.
Thompson, Faun. of Irel.
Johnston, Ann. of Nat. Hist., t. 5, p. 175.
Grube, Fam. der Ann., p. *49 et 127.
Caput fere triangulum, ad apicem rotundatum. Antennæ latérales triannulatæ, médias æquantes. Annulus buccalis vix 2 annulos æquans. Maxillæ 20 serratæ. Denticula numerosa, acervatim glomerata. Corpus 100-110 annulis compositum. Pedes lingulà superâ dilatatâ, sinuatâ, crassà, insuper rotunde foliaceà, extremitatem versus cirrum longum gerente. Cirrus inferus remotus, longiusculus, acuminatus.
Hab. les côtes de France et d’Angleterre. C. M.
Cette espèce, découverte au Havre par Homberg, a été retrouvée par Thompson sur les côtes d’Irlande, par Johnston sur celles d’Angleterre, par moi-même à St.-Vaast.
La tête, quoique élargie à la base, est, dans son ensemble, presque triangulaire, et les antennes externes sont obliquement implantées sur les côtés. Elles sont assez grosses et portent, indépendamment de l’article terminal, un petit anneau peu distinct vers leur extrémité. Elles ne dépassent guère les antennes moyennes, qui sont coniques et assez aiguës.
(1) PI. 6 bis, flg. 7.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
L’anneau buccal est à peu près double de celui qui suit. 11 porte les tentacules disposés comme d’ordinaire. Les deux supérieurs sont presque égaux et plus longs que les autres. Ils ont environ deux fois la longueur de la tête.
Les mâchoires sont médiocrement fortes, d’un brun assez clair et portent, sur leur courbure, une vingtaine de dentelures fines.
A la région moyenne de la trompe les denticules forment, en dessous , un demi-cercle interrompu ; en dessus se trouve un groupe de 3-4 denticules. A la région buccale (postérieure quand la trompe est sortie), on voit, en dessus, deux petits groupes de 4-5 denticules formant un quadrilatère irrégulier.
Le corps, long de 43 centimètres sur l’individu que je décris, compte environ 140 anneaux, mais je suis certain d’en avoir vu qui devaient en avoir plus et d’autres moins que ce chiffre.
Les pieds, comme l’ont déjà remarqué MM. Audouin et Edwards, rappellent un peu ceux de la Néréide de Marion. Toutefois, dès les premiers anneaux , la languette branchiale supérieure est plus développée, plus arrondie, et surtout le cirrhe en est beaucoup plus long; il l’est à peu près autant que la rame elle-même. Vers la partie moyenne du corps, la même languette s’élargit encore et forme, en arrière du cirrhe, un grand lobe arrondi, dont la partie supérieure est foliacée. Le cirrhe se rac- ' courcit un peu, mais dépasse toujours le pied. Vers le milieu du corps celte même languette a presque la forme d’un battoir. On trouve au-dessous le mamelon sétigère portant un seul faisceau; puis la seconde languette branchiale assez peu développée. A la rame inférieure, le mamelon sétigère est armé de deux faisceaux de soies; la languette branchiale n’est guère plus grande que lui, et le cirrhe, quoique inséré isolément en arrière de celle-ci, la dépasse quelque peu.
Les soies rappellent presque complètement celles de la N. bilineata. Elles sont seulement plus fortes, les appendices en sont plus longs et plus robustes; enfin, les dents de peigne des appendices courts sont plus marquées, tandis que les denticules des autres appendices sont tout aussi fins que dans mes figures (4). Quand cette espèce est vivante elle rappelle assez, par sa couleur, la N. bilineata. Elle présente un trait de mœurs curieux qui, du reste, lui est commun, je crois, avec d’autres espèces. Je l’ai trouvée souvent logée dans des coquilles de Buccinum ondaturn, habitées par des Pagures.
(1) PI. 7, fm. 8-10.
NÉRÉIDIENS.