Polynoé vésiculeuse. P. impatiens
Polynoe impatiens, Savigny, Syst. des Ann., p. 24; Ann. grav., pl. 3, fig. 2. Cop. dans Ail. du Dict. des sc. nat., pl. 10, fig. 1, Audouin et Edwards, Ann., p. 92.
Cuvier, Iiègn. an., t. III, p. 207.
Grube, Fam. der Ann., p. 36.
Eumolpe impatiens, Blainville, art. Vers et Atl. du Dict. des sc. nat.
Caput parvum, panlo elongatum, quadratum. Antennæ médiocres, fere æquales. Tentacula inferiora paulo longiora. Corpus 27 annulis compositum latiusculis. Elytra mediocria vix decussata, imbricata, lævia tenuissime fimbriata. Styli 6 postici. Appendices omnes apicem versus acutum tumefacti.
Hab. la mer Rouge. C. M.
Je donne cette caractéristique et la description détaillée suivante, d’après un exemplaire assez bien conservé, rapporté par M. Botta. Celui qui avait servi à Savigny était bien manifestement incomplet et profondément altéré. Il avait perdu non-seulement presque toutes ses élytres, mais encore ses antennes et ses styles terminaux, dont il ne restait que les portions basilaires.
Cette Polynoé a environ 4 centimètres de long. Sa tête est petite, étroite, presque quadrangulaire. L’antenne médiane, médiocrement longue, ne dépasse que de très-peu les antennes latérales. En revanche, elle est dépassée d’une quantité à peu près égale par les tentacules inférieurs.
Le corps a le nombre d’anneaux indiqués par Savigny, dont
A. ERRANTES ABERRANTES
les figures sont ici fort exactes. Sur l’animal vivant, il doit être évidemment recouvert en totalité par les éiytres, mais celles-ci ne sont pas assez grandes pour s’entrecroiser et s’imbriquer aussi profondément que dans l'espèce précédente. La dernière paire est en outre bien plus petite que les autres. Ces éiytres sont rondes, lisses et très-finement frangées sur presque toute l’étendue du bord externe et postérieur. Elles sont un peu en forme de cloches, convexes en dessus, concaves en dessous. D’ailleurs, les deux membranes qui les composent se décolent évidemment très-aisément, ce qui avait induit Savigny en erreur, en lui faisant regarder comme normale l’altération que j’ai signalée plus haut (1). Sur l’exemplaire que j’ai eu sous les yeux, et qui avait conservé presque toutes ses éiytres, une seule présentait encore ses caractères vrais; toutes les autres ressemblaient à de petits ballons irréguliers et rappelaient entièrement les figures données par Savigny.
Les pieds, bien représentés par ce savant, sont longs, et les deux rames sont médiocrement distinctes. Elles sont réunies sur un fort pédoncule commun. La supérieure porte un faisceau de 7-8 soies fortes, courtes, courbes, annelées presque de la base au sommet.
La rame inférieure, bien plus marquée que la supérieure, porte deux faisceaux de soies presque confondus. Ces soies sont un peu plus épaisses que les précédentes, mais bien plus longues et coudées seulement vers l’extrémité qui est élargie et dentelée, à peu près comme dans l’espèce précédente; mais dans l’espèce actuelle, les dents sont bien plus longues et disposées par séries transverses sur toute la portion coudée. En outre, la pointe de la soie se recourbe pour former un crochet.
La position et la forme des cirrhes ont été très-exactement reproduites par Savigny. Le supérieur part d’un gros mamelon allongé, et est lui-même assez long pour dépasser l’extrémité des soies. L’inférieur est petit, conique, et placé vers le milieu du pédoncule commun aux deux rames.
Les cirrhes supérieurs des derniers anneaux dépourvus d’élytres, forment en arrière six styles terminaux qui dépassent de beaucoup les dernières éiytres.
Tous ces appendices du corps, aussi bien que ceux de la tête, se terminent par une pointe aiguë que précède un petit renflement bien marqué, que Savigny a représenté. Cette espèce, d’a-
(1) Voir les généralités de la famille des Aphroditiens.
APHRODITIENS. 223
près Savigny, est très-commune à Suez, où on la voit ramper sur le fond au milieu des Oscabrions.