Polynoé écailleuse. P. squamata
Aphrodiia squamata, Linné, p. 655.
Baster, Oper. subs., t. II, p. 62, pi. 6, fig. 5 a-c. Pallas, Mise. Zool., p. 91, pl. 7, fig. 14. Reprod. dans VEncycl. mélhod., pl. 61, fig. 27 et 29.
Muller, Wurm., p. 170, pl. 13. Reprod. dans VEncycl.
méthod., pl. 61, fig. 21-26, et Zool. Dan., t. III, p.25. Gmélin, p. 3108.
Pennant, Brit. Zool., p. 44.
Cuvier, Diçt. des sc. nat., art. Aphrodite.
Polynoe squamata, Savigny, Syst. des Ann., p. 22.
Lamarck, Hist. des An. s. vert., t. V, p 544.
Audouin et Edwards, Ann., p. 80, pl. 1, fig. 10—16. Cuvier, Bègn. an., t. III, p. 207.
Thompson, Faun. of Ireland, p. 273.
Johnston, Ann. of nat. Hist., t. II, p. 432, pl. 22, fig. 1; Index.
Grube, Fam. der Ann., p. 36.
Quatrefaces, Ann. des sc. nat., 3e sér., § 14, p. 364, pl. 9, fig. 1.
Lepidonotus squamatus, Kinberg, Eug. Rcs., p. 13, pl. 4, fig. 15. Eumolpe squamata, Blainville, art. Vers.
APHRÔDITIENS.
Aphrodila punctata (?), Muller, Zool. Dan., t. III, p. 25, pi. 96.
Fabricius, Fa un. Groenl., p. 311.
Cuvier, art. Aphrodite.
Polynoe punctata (?), Savigny, Syst. des Ann., p. 26.
Cuvier, Règ. an., p. 207.
Eumolpe punctata (?), Blainville, art. Vers.
Aphrodita clava (?), Montagu, Trans. of the Linn. soc., t. IX, p. 108, pl. 7, fig. 3.
Lepidonotus clavatus (?), Leach, Suppl, to the Encycl. Rrit., p. 452.
Caput minimum, rotundatum. Antenna media lateralibus duplo longior et crassior, tentaculis inferis paululum brevior et gracilior. Corpus 26-28 annulis compositum (1). Elytra magna, fereæqualia, ovata,tuberculata, limbriata, corpus totum non pedes tegentia. Appendices omnes apieçm versus tumefacti.
Hab. toutes nos côtes occidentales. C. M.
Cette espèce extrêmement commune tout le long de nos côtes, n’atteint guère que 3 centimètres de long. Sa tête est petite, arrondie et comme bilobée. L’antenne médiane repose sur une portion basilaire très-large et placée un peu en dessous. Renversée en arrière, cette antenne atteint presque le 5e anneau. Elle est grosse, conique, et vers son extrémité, elle se renfle d’abord pour finir ensuite en pointe aiguë. Cette disposition est d’ailleurs commune à tous les appendices de nature analogue (cirrhes, tentacules, etc.). Les antennes latérales sont à peu près moitié moins longues que la précédente et beaucoup plus grêles. Les tentacules inférieurs sont encore plus gros et un peu plus longs que l’antenne médiane. La branche inférieure des tentacules supérieurs, quoique plus grêle, est presque aussi longue que l’antenne médiane. Les yeux, fort petits, sont disposés par paires légèrement convergentes en arrière, sur les côtés de la face supérieure de la tête.
J’ai compté de 26 à 28 anneaux, et parfois les variations en plus ou en moins n’étaient nullement en rapport avec la taille des individus. Ces segments sont d’ailleurs courts et serrés. Le dernier est rudimentaire et porte, au lieu de pieds, une paire de cirrhes aussi longs et aussi gros que les tentacules inférieurs.
(1) Je n’ai pas trouvé chez les Polynoés, non plus que dans les autres genres voisins, la fixité presque absolue du nombre des anneaux, que paraissent admettre bien des naturalistes. Les variations à cet égard sont certainement moins grandes qu’ailleurs, mais elles n’en existent pas moins dans certaines limites.
A. ERRANTES ABERRANTES
Les mamelons sétigères des deux rames sont três-rapprochés. Celui de la rame supérieure porte deux sortes de soies disposées en faisceaux séparés. Les unes sont assez longues, flexibles et trèsfinement dentelées circulairement ; les autres plus grosses, plus courtes, s’élargissent vers leur extrémité, qui est en outre concave et dentelée sur les bords. Elles ressemblent beaucoup à celles que j’ai représentées (1). Les soies de la rame inférieure occupent l’extrémité du pédoncule commun. Elles sont encore plus fortes, plus longues que les précédentes. Elles s’épaississent et s’élargissent d’une manière marquée vers leur extrémité qui est en outre courbée et dentelée sur le côté convexe.
Les élytres sont assez grandes pour s’imbriquer et s’entrecroiser sur le milieu du corps. Elles sont à peu près égales entre elles, et recouvrent le dos tout entier, ainsi que la base des pieds. Leur forme est irrégulièrement ovalaire; leur consistance assez grande. La surface supérieure est hérissée de petits tubercules. L’ensemble est d’une teinte grisâtre, plus ou moins tacheté de brun. Le bord postérieur externe est fortement frangé.
Les cirrhes supérieurs des pieds sans élytres sont longs et dépassent les pieds d’une longueur à peu près égale à celle des faisceaux de soies. Les cirrhes inférieurs sont au contraire trèscourts, grêles et non renflés vers leur extrémité.
Millier et Fabricius eux-mêmes, ont déjà rapporté à cette espèce leur A. punctata. Cet exemple a été suivi par la plupart des autres naturalistes. Il me reste pourtant des doutes à cet égard. Les premières figures de Müller représentent une Polynoé dont les élytres ne se croisent pas sur le dos et s’imbriquent à peine de chaque côté. Il figure en outre deux très-longs cirrhes terminaux. Dans sa Zoologie danoise, il figure 15 paires d’élytres, malgré le texte qui n'en indique que 12. Ces caractères sont loin de s’accorder avec les caractères assignés par presque tous les naturalistes à l’espèce dont nous parlons. OErsted, qui distingue les deux espèces, n’insiste pas sur les différences que je viens de signaler. Voici, du reste, sa caractéristique : Corpore oblongo utrinque œqualiler obtuso. Segmentis 25. Tentaculo medio palpis el cirris tentacularibus duobus maximis ferme ejusdem, longitudinis, glabris. Capite postice excisa. Branchiarum scabriuscularum paribus 12. Se Lis pinnœ superioris vix prominulis, pinnœ inferiorisporrectis, apicem versus parum serralis, curvatis. (OErsted, Groenl. Ann. Dors. Lepidonote punctata, p. 168.)
(1) PL 6, fig. 23.
APHR0D1TIENS.
Deux individus très-beaux, que j’ai reçus de M. Steenstrup, sous l’étiquette de Lepidonota punctata (Müller), n’ont que 12 paires d’élytres, et par tous leurs autres caractères appartiennent bien à l’espèce actuelle. Ne faudrait-il pas conclure de ces contradictions, que l’illustre auteur de la Zoologia danica n’a pas luimême distingué deux espèces en réalité séparées, comme le veut Œrsted ?
Ce n’est aussi qu’avec de très-grands doutes, que je rattache à la Polynoé écailleuse, l’d. clava de Montaigu, comme l’avait déjà fait Johnston. La figure représente les élytres comme étant si petites, si séparées, que je suis très-porté à y voir une espèce distincte. On aurait donc ici trois espèces différentes.