V. F. CHÆT. II. G. CHÆTOG., 7. III. G. CTENODRILUS
Soies quadrisériées, peu nombreuses dans chaque faisceau, ceux-ci écartés à la partie antérieure du corps. Les soies ne sont pas seulement subulées, mais pectinées, ou renflées vers l’extrémité libre.
Bouche infère à une certaine distance du museau, en partie au moins exsertile.
Organes segmentaires réduits à une seule paire placée à la région céphalique.
Reproduction sexuée inconnue.
La position de ces vers dans la série zoologique est des plus douteuses et ne pourra pas être établie avant de connaître la forme parfaite; on peut jusque-là se demander si les individus étudiés ne conservent pas des caractères larvaires, qui masqueraient plus ou moins leurs véritables affinités.
En considérant la forme de la tête et la disposition des soies en deux séries sur l’animal décrit comme type par Claparède, j’avais cru devoir rapprocher les Ctenodrilus des Chætogaster. Les découvertes nouvelles enlèvent à ce dernier caractère une grande partie de sa valeur puisque d’une part de vrais Chætogastridæ, les I Amphichæta, ont les soies quadrisériées, et que, sauf le Ctenodrilus pardalis (= 1 C. serratus , O. Schm.), type de Claparède, toutes les autres espèces du genre ont quatre faisceaux de soies par anneau; on verra même que, d’après M. Kennel, l’individu observé sur les côtes de Normandie n’était sans doute pas arrivé à son entier développement. Toutefois certains rapports peuvent être établis, d’après ce que nous connaissons, entre ces Ctenodrilus et les Chætogaster. M. Vejdovsky a également insisté dans une savante discussion sur les relations à établir entre ceux-ci et les Æolosoma, Ehr., d’après certaines particularités tirées de la structure de l’hypoderme, qui renferme dans l’un et l'autre genre des granulations colorées, graisseuses, et, fait plus important, de la constitution de l’appareil nerveux, sans toutefois que ce dernier soit aussi dégradé chez les Ctenodrilus qu’il le serait chez les Æolosoma.
Pour nous résumer, et faisant les restrictions que comporte l’état imparfait de nos connaissances sur ces animaux, c’est entre les Chætogaster et les Æolosoma autant qu’on en peut juger qu'il convient de les placer. On doit remarquer aussi qu’ils établissent une liaison assez intime avec les véritables Annélides, et par la forme de leurs soies et par la présence chez l’un d’eux d’un tentacule.
Au point de vue de la division systématique de ces animaux et des distinctions spécifiques à établir, les auteurs, qui ont pu les étudier sur nature, sont très partagés.
Annelés. Tome III.
L0MBR1CINIENS.
Le premier zoologiste qui en ait fait connaître une espèce est Oscar Schmidt, lequel, en 1857, étudiait et figurait sous le nom de Parthenope serrata un ver observé par lui dans la baie de Naples. En 1863, Claparède décrivit d’une manière plus détaillée son Ctenodrilus pardalis de Saint-Vaast-la-Hougue, dont M. Ray Lankester montra l'analogie avec l’espèce d’Oscar Schmidt; toutefois, le nom générique donné par Claparède doit être conservé, le nom de Partlienope ayant été précédemment employé par Fabricius pour désigner un genre de Crustacés brachyures. Pendant près de vingt années ces vers paraissent avoir échappé aux recherches des observateurs, lorsqu’en 1882 M. Kennel retrouve en assez grande abondance un Lombricinien qu’il regarde comme identique au Ctenodrilus pardalis, Clap., et l’année suivante, M. Zeppelin fit connaître, sous le nom de Ctenodrilus monostylos, un ver assez différent des précédents par la forme de ses soies et la présence d’un tentacule céphalo-dorsal, sans parler d’autres caractères non moins importants, dont il sera fait mention plus loin.
Quoique les espèces soient peu nombreuses, qu’elles aient été étudiées par les zoologistes les plus compétents, il est curieux de constater les divergences d’opinion relatives aux assimilations ou aux distinctions à établir entre elles. On a vu plus haut que M. Ray Lankester regarde comme identiques les Parthenope serrata , O. Schm. et Ctenodrilus pardalis, Clap. M. Kennel s’est élevé contre cette interprétation et trouve ces animaux non seulement spécifiquement distincts, mais admet qu’ils doivent former deux genres composant pour lui une famille nouvelle des Ctexodrilidæ. Cette opinion a été adoptée par M. Zeppelin, qui place dans les Ctenodrilus son type nouveau. Cependant ce dernier présente des caractères très tranchés et, comme le fait remarquer M. Vejdovsky, diffère certainement plus des deux précédents que ceux-ci l’un de l’autre, c’est pourquoi cet auteur l’érige en genre distinct sous le nom de Monostylos tentaculifer, dénomination qui ne pourrait être conservée, le nom spécifique primitif ne pouvant, sans inconvénient, être ainsi transformé en nom générique et si, ce qui paraît probable, cette manière de voir était conservée, un terme tel que celui de Zeppelina monostylos serait préférable. M. Vejdovsky interprète de plus, d’une façon toute autre, le rapport des anciennes espèces. Suivant lui, le Ctenodrilus pardalis observé par M. Kennel n’est pas identique à celui décrit sous ce même nom par Claparède, mais doit être assimilé au Parthenope serrata O. Schmidt, en sorte qu’on devrait admettre trois espèces réparties en deux genres :
Ctenodrilus pardalis, Clap. (necKenn.)
Ctenodrilus serratus O. Schm.
Monostylos tentaculifer X e jd. (= Ctenodrilus monostylos Zepp.).