I. Genre ÆOLOSOMA
(AîôXo;, bigarré; corps).
Æolosoma , Ehrenberg, Œrsted, Grube, Udekem, Schmarda, Leydig, Maggi, etc.
Æolonaïs, Gervais, 1838.
Chætodemus, Leidy, Czerniavsky.
Ver de taille petite ou médiocre, corps plus ou moins transparent ; tégument renfermant dans son épaisseur sous la cuticule des corpuscules, tantôt colorés, tantôt incolores, fortement réfringents à la manière des substances graisseuses. Tête pourvue le plus ordinairement de cils vibratiles.
Soies piliformes, rarement mélangées de soies fourchues.
Système nerveux constitué par une masse ganglionnaire sus-œsophagienne, incluse dans le tégument, d’où partent latéralement des filets nerveux.
Bouche infère, presque toujours une dilatation gastro-intestinale plus ou moins distincte, nettement séparée de l’œsophage.
Appareil des vaisseaux clos très simple comprenant un tronc dorsal, naissant du sinus gastro-intestinal et un tronc ventral, ces deux vaisseaux communiquent par des branches péri-œsophagiennes seulement. Fluide de ce système incolore ou très faiblement teinté en jaunâtre.
Organes sexuels rarement observés, rudimentaires, comprenant un testicule et un ovaire, en outre un orifice servant à la sortie des produits ; un demi clitellum formé de glandules entassés. La reproduction par bourgeonnement est la plus habituelle.
Habitent les eaux douces, plus rarement les eaux saumâtres.
LOMBRICINIENS.
Les Æolosoma sont des vers qui atteignent au maximum 10mm à 12mm, cela, joint à leur transparence, les rend très difficiles à découvrir.
Les soies sont bisériées ou quadrisériées, parfois on trouve le passage entre ces deux dispositions, un faisceau, unique en réalité, présentant une légère division, ce qu'Ehrenberg a signalé dans son Æolosoma décorum. Le nombre de ces organes par faisceau semble dans un même type éprouver certaines variations, aussi ne peut-on se servir de ce caractère qu'avec réserve pour la distinction des espèces. Quant à la forme, sauf chez le 7 Æolosoma tenebrarum,\ ejd., elle est toujours la même. Les différences de longueur dans un même faisceau sont peut-être de plus d'utilité pour la classification.
M. Vejdovsky a insisté sur l'imperfection de l'appareil nerveux, ce qui résulte et de sa situation dans le tégument, en dehors par conséquent de la cavité viscérale, et de son peu de complication, puisqu'on ne trouverait aucun amas ganglionnaire sous-intestinal. La forme du cerveau donne également, comme on le verra dans la description des espèces, de bons caractères distinctifs.
La peau, surtout à la région céphalique, a sa surface couverte de cils vibratiles entremêlés de soies rigides, plus grosses et plus rares) soies tactiles, se rattachant à l’exercice d'un sens spécial. Est-ce à ce même ordre de fonctions que servent deux fossettes, constamment placées sur les côtés de la tête, dans lesquelles des cils vibratiles plus développés se meuvent avec une grande activité ?
Dans la matrice de la cuticule on rencontre avec une constance si grande des globules spéciaux, que cette particularité pourrait à la rigueur être regardée comme caractère générique, cependant on a vu chez le 1 Ctenodrilus pardalis, Clap. quelque chose d'analogue. Ces corpuscules tégumentaires sont toujours assez régulièrement sphériques, leur diamètre est faible 0mm,006 ; le contenu très réfringent à l'aspect des corps gras et cette composition, d'après M. Vejdovsky, serait confirmée par cette double réaction, qu'ils pâlissent par l'action de l'alcool, et noircissent par l'action de l'acide osmique, qui coagule le contenu, car ces organites auraient la constitution d'une cellule parfaite avec une paroi à double contour. La matière qui remplit la cellule est colorée en rouge de Saturne vif dans le plus grand nombre des espèces, pour d’autres animaux en jaune d’or ou en verdâtre; chez Y Æolosoma nweum, Leydig, elle serait même incolore, mais il n'est pas certain que cette espèce soit établie d’après des exemplaires parfaitement adultes.
Le tube digestif est généralement très simple. La bouche infère plus ou moins dilatable, garnie de cils vibratiles, précède un pharynx musculeux, auquel fait suite un œsophage de moindre calibre, cylindrique assez allongé. Pour le plus grand nombre des espèces, VÆolo-