VI. F. AMEMJLLATA. I. G. ÆOI.OSOMA
somapictum, Schmar., seul ferait exception, l’œsophage débouche dans une dilatation stomacale ou mieux gastro-intestinale, car il est difficile souvent d’apprécier sa limite postérieure puisqu’elle se continue directement en entonnoir jusqu’à l’anus, qui est terminal. Les glandes chloragéniques sont d’ordinaire peu nombreuses ou manquent complètement, ce qui dans certains cas n’est pas peu favorable à l’étude anatomique de ces vers.
C’est même ce qui a permis à M. Vejdovsky de décrire dans tous ses détails le sinus vasculaire intrapariétal du gastro-intestin sur les trois espèces qu’il a pu étudier. Formant un réseau diversement compliqué, tantôt réticulaire, 7 Æolosoma tenebrarum, Vejd., par exemple, tantôt formé de vaisseaux en pinceaux, se réunissant sur un ramuscule, qui aboutit à un tronc longitudinal médian, 1 Æolosoma Hemprichii, Ehr., ce sinus est situé immédiatement en dehors de l'épithélium, qui revêt la face interne de l’intestin ; plus à l’extérieur se trouvent la couche musculaire, puis la membrane péritonéale. Le nom de sinus paraît d’autant plus convenable pour cette partie du système des vaisseaux clos, qu'on ne découvre pas de paroi propre à ces conduits. Au niveau de l’origine du renflement gastro-intestinal se détache le tronc dorsal, qui offre intérieurement ces cellules vasculaires, dont le rôle est assez énigmatique, mais qui pourraient bien, entre autres fonctions, servir comme valvules et régulariseraient le cours du fluide contenu. En avant, une branche simple ou bifurquée, se détache de chaque côté pour contourner l’œsophage à son point d’origine, elles se réunissent en-dessous et donnent naissance au tronc ventral, qui se dirige en arrière et communique par des anastomoses avec le réseau gastro-intestinal complétant ainsi le circuit.
Les organes segmentaires, assez difficiles à distinguer, sont remarquablement simples, constitués par un tube replié en siphon, à peine dilaté en entonnoir à l’extrémité libre, un ligament suspenseur le retient à la paroi. On ne trouve souvent qu’une paire de ces organes, 1 Æolosoma Hemprichii , Ehr., 6 Æ. quaternarium, Ehr., chez le 7 Æolosoma tenebrarum, Vejd., il en existe deux; M. Vejdovsky a montré le parti qu’on peut tirer pour caractériser les espèces de la considération du point où se trouve située la paire unique d’organes segmentaires.
Les individus sexués sont excessivement rares, aussi les organes de la reproduction proprement dits ne sont-ils qu’imparfaitement décrits. Ukedem (1861) le premier les a fait connaître. Le testicule consiste en une glande accolée à la paroi supérieure de la cavité viscérale, et s’étend du 5e au 6e anneau; les cellules spermatogènes tombent librement dans la cavité viscérale où elles achèvent de se développer. L’ovaire est de même ordre que l’organe précédent, attaché à la paroi ventrale au 5e anneau, il s’étend jusqu’au 7e au fur et à mesure du
LOMBRICIMENS.
développement des œufs. Ceux-ci, arrivés à maturité et fixés aux corps submergés après la ponte, sont énormes, avec un vitellus blanc, Ehrenberg en a donné les dimensions pour son Æolosoma décorum (— 1 Æ. Hemprichii Ehr.); c’est le seul zoologiste qui ait eu jusqu’ici l’occasion de les examiner. A la face inférieure du 7e anneau, Udekem signale un orifice arrondi entouré de glandules tubuleuses qu’il regarde comme l’orifice efférent femelle; en ce même point il a trouvé un demi-clitellum ventral où la peau, chargée de glandes, se distingue nettement des parties avoisinantes. Ce même auteur a fait cette remarque, que le développement du testicule et celui de l’ovaire sont généralement inverses sur un individu donné, en sorte que les uns paraîtraient plutôt agir comme mâles, les autres comme femelles.
La reproduction par bourgeons est en somme le mode de reproduction habituel. Ces bourgeons se développent à la partie postérieure du corps suivant le mode ordinaire, et M. Vejdovsky a étudié avec le plus grand soin (1) leur mode de formation, depuis leur première origine, indiqué par un léger épaississement des couches dermiques dorsales, jusqu’à leur entier achèvement.
Le genre Æolosoma est des plus naturel et, depuis Ehrenberg, tous les zoologistes l’ont universellement adopté. Leidy a cependant proposé une subdivision en formant pour les espèces où les soies sont quadrisériées le genre Chætodcmus, idée reprise dans ces derniers temps par M. Czerniavsky. Pour un groupe où ces appendices locomoteurs se trouvent dans un état très évident de dégradation, ce caractère ne peut être regardé comme ayant une valeur suffisante pour justifier une coupe générique, d’autant plus qu’on trouve, ainsi que cela a été dit plus haut, des passages entre l’une et l’autre disposition, aussi ne doit-on au plus employer cette différence que pour la distinction et le groupement des espèces.
Celles-ci offrent beaucoup de difficulté dans leur détermination et, sauf pour les Æolosoma d'Europe, étudiés par les zoologistes spécialistes dans ces derniers temps, la plupart sont fort douteuses et les rapprochements qu’on peut établir ne doivent être acceptés qu’avec réserve.
Ehrenberg, au début, avait admis trois espèces sous le nom à'Æolosoma Hemprichii, Æ. décorum et Æ. quaternarium. Malgré certaines différences, qui ne sont cependant pas sans importance et dont il sera question plus loin, la plupart des auteurs réunissent les deux premières et beaucoup d’entre eux allant même plus loin, ont changé le nom en celui d 'Æolosoma Ehrenbergii , contrairement aux règles de la nomenclature.
(1) Vejdovsky, 1884, p. 161 ; pl. I, fig. 16, 29, 31, 32, 33.