‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douceChapitre 209 sur 290 · VIII. Genre PONTOBDELLA · texte numérisé non relu

VIII. Genre PONTOBDELLA

Leach, 1815, t. II, p. 9.

Corps renflé d’avant en arrière, résistant, arrondi, à téguments épais, très ordinairement plus ou moins verruqueux. Ventouses très distinctes, hémisphériques, cotyloïdes, sans prolongements ou avec de simples tubercules sur le bord de la ventouse antérieure, lequel bord est habituellement épaissi.

Orifice buccal vers le centre de la ventouse correspondante.

Pas d’yeux distincts ni d’organes contractiles latéraux.

Ce genre anciennement connu et défini dès lors dans ses espèces typiques, comprend des Hirudiniens de taille généralement assez forte et que l’on a rencontrés, sauf de rares exceptions, sur différents Elasmobranches Hypotrèmes ( Rhinobatis , Raja, Torpédo), tous marins.

Parmi les espèces à peau verruqueuse, lesquelles sont les plus caractéristiques, on trouve en abondance dans nos mers les P. muricata, Lin. (1) et P. verrucata, Leach ; sur les côtes de l’Amérique du Nord et aux Antilles, on a signalé les P. depressa, Kr. et P. macrothela, Schmar., qui ne paraissent constituer qu’une seule espèce et même ne diffèrent peut-être pas du P. indica. Lin. (2). Ces trois derniers types sont déprimés et non arrondis, ce qui pourrait bien tenir à l’action des liquides conservateurs, car les Pontobdelles de nos côtes, plongées brusquement dans l’alcool pur, prennent parfois cette forme. Le P. prionodiscus, Schmar., provient des mêmes localités; les P. variegata, Baird, P. planodiscus, Baird, de la Patagonie; le P. afra, Baird, des îles du Cap Vert. Enfin, on a signalé de l’Australie les P. leucothela, Schmar., P. Raynerii, Baird, P. papillata, Gr.

Les espèces à corps sans verrues, qui appartiennent certainement à ce genre, sont les P. lævis, Blainv., et P. areolata, Leach, mais elles sont mal connues et la seconde même, suivant la remarque faite par M. de Quatrefages, pourrait bien n’être qu’un P. muricata, Lin., ou un P. verrucata, Leach, accidentellement distendu ; si on laisse en effet un individu d’une de ces deux dernières espèces s’endosmoser dans l’eau douce, cet aspect aréolé se produit fréquemment.

(1) PL XXIV, fig. 8.

(2) Celui-ci, il est vrai, viendrait des Indes orientales.

HIRUD1NIENS.

D’autres Hirudiniens ne peuvent être placés parmi les Pontobdella qu’avec doute et appartiennent peut-être plutôt aux Ichthyobdella ou quelqu'autre des genres précédents, ainsi le P. oligothela, Schmar. de la mer Adriatique trouvé sur une Scorpène, dans celui-ci une partie des verrues seraient contractiles. M. Packard cite du Labrador un P. livida, décrit d'une manière trop imparfaite pour qu’on puisse savoir même à quel genre il peut bien appartenir ; le même auteur cite, sans désignation spécifique, un Pontobdella trouvé sur le Crangon boreas, c’est-à-dire un Crustacé.

Enfin, sous le nom de Piscicola rectangula, M. Levinsen (1881) a fait connaître un Hirudinien, qui avec ses deux ventouses profondément cotyloïdes, son corps divisé en deux, la portion antérieure étant rétrécie, mériterait sans doute.de former un genre à part, mais me paraît mieux placé parmi les Pontobdella que dans l’un des deux genres précédents. Le P. rectangula, Lev., a été trouvé sur les branchies d’un Gade, en Mandchourie.

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