VI. Fam. histriobdellidæ
Corps peu distinctement et inégalement annelé. Tête renflée, munie de tentacules et de deux prolongements terminés par des organes d’adhérences. Partie postérieure du corps bifurqujée ; chacune des branches contractile et mobile, terminée également par une ventouse. Bouche infère, en fente simple. Un bulbe œsophagien, placé en dessous de la partie antérieure du tube digestif, renferme des mâchoires chitineuses, allongées, au nombre de trois, une supérieure et deux latérales. Anus dorsal. Pas de système vasculaire distinct. Animaux dioïques.
Les caractères présentés par ces animaux s’écartent encore beaucoup plus de ceux des véritables Hircdines que pour les Microbdellidæ. Les ventouses revêtent une apparence, qui rappelle bien plutôt ce qu’on connaît chez les Trématodes, que ce qu’on observe pour les Sangsues. L’organisation interne n’est pas moins anormale. Au premier abord les trois mâchoires, qu’on rencontre vers la partie antérieure du tube digestif, paraîtraient rappeler ce qui existe chez les Ilirudo et genres voisins, mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit facilement qu'elles sont bien plutôt analogues aux mâchoires des Annélides Polychètes. La distinction des sexes est un nouveau rapport avec celles-ci, dont elles s’écartent d’ailleurs par l'absence complète de soies.
En résumé c’est là un type dont la place est encore difficile à déterminer avec exactitude et M. Fœttinger (1884), qui a traité fort complètement cette question, propose d’en former un Sous-Ordre, Histriodrilides, mis auprès des Polygordides dans l’Ordre des Arcuiaxnélides. On peut en tout cas regarder la Famille des Histriordellidæ comme un passage à la fois entre les Polychètes, les Hirudiniens et même les Lumbriciniens.