I. Fam. TREMACEPHALIDÆ
Térétulariens le plus souvent de taille petite ou médiocre, à trompe armée, orifice buccal généralement en avant du cerveau ; tégument ayant la couche basilaire sous la couche des cellules superficielle, les deux couches musculaires fondamen-
TÉRÉTULARIENS.
taies, circulaire et annulaire, seules existent ; nerfs en dedans des couches musculo-cutanées. Pas de grandes fentes céphaliques longitudinales, mais très souvent des fentes transversales en rapport avec les organes latéraux. Développement sans métamorphoses.
Habitent le plus souvent la mer, dans quelques cas, rares, l’eau douce ou même les lieux humides.
Ces Vers doivent être regardés comme les plus élevés du groupe au point de vue de leur organisation. Non seulement la présence du stylet proboscidien, mais encore la disposition de l'appareil nerveux, l’adjonction aux organes sensoriels des otocystes, qu’on rencontre chez quelques-uns d’entre eux et qui manquent dans les autres familles, peuvent en être regardés comme preuve.
Le nombre des Trémacéphalidés qu’on connaît sur nos côtes, fait légitimement prévoir l’existence d’une multitude de types exotiques. Ainsi la disposition des yeux en indiquant un rapport, bien faible il est vrai, avec le Telrastemma rend supposable que le Borlasia (Colpocephalus, Dies.) quadripunctata (1) trouvé par Quoy et Gaimard (1833) dans les mers d’Amboine, appartient à cette Famille. La probabilité paraît plus grande encore pour quelques espèces observées par M. Schmarda (1859) et qu’il rapporte à deux genres Borlasia et Ommatoplea, la position de l’orifice cœliaque porté très en avant, l'absence de fentes céphaliques justifient le rapprochement, on doit même ajouter que pour YOmmatoplea hcterophthalma, de la Nlle-Zélande, sur une figure (2) se voient des stylets, mais celle-ci n’a pas toute la clarté désirable, il faudrait y joindre l’O. ophiocephala, du Cap de Bonne-Espérance, et pour ce genre Borlasia les B. trilineata, B. dorycephala, tous deux de cette même localité, B. cardiocephala, des côtes du Chili, B.unilineata, du Pérou, B. bilineata , delà Jamaïque. Des espèces exotiques ont été également signalées par divers auteurs, entre autres Stimpson, mais la plupart ne sont pas figurées et les descriptions laissent de côté trop de caractères importants, pour qu’on puisse, d’après les bases de la classification généralement admise aujourd’hui, savoir à quel genre les rapporter ou s’ils méritent d’en former de nouveaux. Il serait donc inutile d’insister davantage sur ce point, ce qui vient d'être exposé fait suffisamment pressentir combien des recherches dirigées dans ce sens seraient fructueuses.
Le tableau ci-joint, en grande partie emprunté à M. Hubrecht, expose d’une manière synoptique les caractères distinctifs des genres d’Europe les mieux déterminés.
(1) PI. XXVII, fig. 15, 16, 17.
(2) Schmarda, 1859, PI. X, fig. 90b.