‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douceChapitre 45 sur 290 · VII. Genre DERO · texte numérisé non relu

VII. Genre DERO

(Aepio, j’écorche.)

Dero, Oken, Grube, Uoekem, Czerniavsky, Vejdovsky, Lkvinsen.

Prolo, Œrsted, Johnston.

Uronais, Gervais.

Corps allongé, anneaux subégaux à peu près quadrilatères, sauf le dernier, qui est plus développé, élargi en entonnoir muni de six à huit appendices digitiformes branchiaux.

Quatre faisceaux de soies locomotrices, les supérieurs composés de soies piliformes, avec ou sans soies courtes, à extrémité, crochues et bifides; cette dernière sorte de soies constitue seule les faisceaux inférieurs.

LOMBRICINIENS.

Yeux nuis.

Intestin simple. Sang rouge.

La reproduction par scissiparité est seule connue jusqu’ici.

Ce genre a été formé par Oken pour le Naïs digitata de Müller. Blainville,M. OErsted adoptent le nom de Proie, qui serait également dû à Oken, mais, suivant la remarque de Grube, sans qu’on puisse savoir à quel ouvrage de celui-ci il est emprunté. Les dénominations de Xantho, Dutrochet, d 'Uronaïs, Paul Gervais doivent être rejetées comme postérieures à la précédente.

Ce sont des Naïdiens de petite taille atteignant au plus 10 à 12 millimètres, tout à fait transparents, distinctement annelés, pourvus, à la partie moyenne de quatre faisceaux de soies, les supérieures sont, au moins en partie, capillaires, les inférieures sont toutes bifides (1). Sur les quatre anneaux antérieurs les faisceaux dorsaux manquent, excepté chez le Dero flagellum, Leidy, espèce douteuse comme appartenant à ce genre ; il en est de même parfois pour les deux ou trois anneaux qui précèdent la portion caudale.

L’anneau céphalique est simplement arrondi, sans yeux, d’où Müller avait d’abord pris pour son espèce l’épithète de cœca (2). Mais ce qui caractérise spécialement ce genre, c’est la conformation singulière du ou mieux des derniers anneaux, car il est plus que probable qu’il faut voir là un appareil résultant de la réunion de plusieurs de ceux-ci. Tout à fait à l’extrémité postérieure du corps se trouve, en effet, à l’état de contraction un renflement ovoïde, d’ailleurs peu distinct surtout quand l'animal se présente de côté, et qui renferme visiblement différents organes; lorsque cet appareil se déploie (3), on voit l’enveloppe former une sorte d’entonnoir ou pavillon et les parties contenues s’étendre en manière de prolongements ciliés, dans lesquels on s’accorde à reconnaître des appendices branchiaux. On doit remarquer que cette disposition n’est qu’un perfectionnement de la conformation générale de la partie postérieure du corps chez d’autres Naïdiens, les Tubifex, par exemple, chez lesquels les derniers segments du corps sont plus spécialement affectés à la respiration.

L'appareil digestif se compose d’un œsophage, qui occupe les quatre premiers anneaux dépourvus de soies capillaires ; dans tout le reste de son étendue c’est un tube d’un diamètre uniforme, quelque peu rétréci à chaque dissépiment et parsemé de granulations obscures sous forme de points, qui représentent sans doute les gland ules dites hépatiques.

(1) PL XXII, fig. 22 et 23.

(2) Vermium historia, t. I, pars 2, p. 23; 1774.

(3) PI. XXII, fig. 21.

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