‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douceChapitre 46 sur 290 · IV. F. NAID1DÆ. VII. G. DERO · texte numérisé non relu

IV. F. NAID1DÆ. VII. G. DERO

Le système des vaisseaux colorés est des plus simples, il comprend un vaisseau dorsal et un vaisseau ventral, réunis dans chaque anneau par une anastomose directe, en avant seulement, à la hauteur de l'oesophage, ces branches se ramifient ; en arrière, le vaisseau inférieur se divise en deux branches qui donnent une anse pour chacune des digitations et se réunissent enfin dans le vaisseau dorsal situé au milieu de celles-ci. Les contractions ondulatoires postéro-antérieures sont bien visibles dans le tronc dorsal. Le liquide est jaune, légèrement verdâtre ou rougeâtre.

A l’espèce de Müller, mieux définie par Udekem, ce dernier auteur, en 1853, a ajouté le D. obtusa. Grube (1) indiquait avec doute comme pouvant peut-être se rapporter à ce genre deux espèces décrites par Dujardin, les Nais equisetina (2) et N. picta (3). Avec le savant professeur de Breslau, je crois que ces animaux, tous deux marins, se rapportent à des Annélides de la famille des Serpuliens, voisins des Fabricia. Suivant lui, la première serait peut-être Y Amphicora sabella Ehr., mais la figure donnée par Dujardin indique un animal ayant des prolongements branchiaux simples tandis que, pour justifier le rapprochement, ils devraient être pinnés, il s’agirait donc plutôt d’un Amphicorina (4). On pourrait en dire autant duNais picta, lequel avec ses points oculaires disposés par paires entre les faisceaux de soies, la teinte verte signalée, provenant sans doute du liquide coloré des vaisseaux, se rapproche un peu de V Amphicorina argus , Quatr. (5); cependant la brièveté et la forme des prolongements figurés par Dujardin, peuvent faire penser avec M. de Quatrefages qu’il s’agit là d’une espèce appartenant aux Polyophtalmes (6); il est également possible, suivant l’idée de Grube, qu’il faille encore joindre à cette espèce comme synonyme le Nais bipunctata de St. delle Chiaje (7). Pour la dernière espèce, le rapprochement fait par Dujardin ne manque pas de justesse, car les Polyophtalmes offrent des rapports évidents avec les Naïdiens; quant à la première, chez laquelle cet auteur a en réalité pris la tête pour la portion caudale, les zoologistes, qui ont eu l’occasion d’examiner ces petits Serpuliens à letat de vie, s’expliqueront cette erreur, car les deux extrémités étant également pourvues de points oculiformes et la progression, lorsque l’animal est plongé à nu dans l’eau de mer, se faisant presque toujours à reculons, la

(1) Die Familie der Anneliden, p. 105; 1851.

(2) Ann. Sc. nat. 2e Ser. t. VIII, p. 31 ; pi. I, fig. 24 et 25; 1837.

(3) Id. id. t. XI, p. 293; pl. VII, fig. 9 à 12; 1839.

(4) Voy. t. II, p. 474.

(5) Voy. t. II, p. 478.

(6) Voy. t. II, p. 205.

(7) Memorie sulla storia e notomia degli animali sensa vertebre, t. II,

p. 405; pl. XVIII, f. 19.

LOMBRICIN'IENS.

confusion est facile si l'on ne recherche avec soin la disposition des organes internes, surtout de l’appareil nerveux.

Le Xaniho decapoda de Dutrochet(1819)est trop incomplètement connu pour qu'on puisse savoir si c’est une espèce réelle. D'autres paraissent moins incertaines : tel est le Dero palpigcra, de Grebnitzky, plus complètement décrit par M. Semper sous le nom de Dero Rodriguezi. Enfin, l 'Aulophorus oxycephalus, Schmar., me semble également devoir être réuni aux Dero.

Le genre serait d'ailleurs largement répandu à la surface du globe, M. Leidy a fait connaître de l’Amérique du Nord trois Naïdiens, qui doivent y être rapportés : Dero limosa, Pristina flagellum, Aulophorus vagus ; et M. Semper a observé dans l'Extrême-Orient le Dero philippinensis, il faudrait encore citer V Aulophorus oxycephalus, Schmar., de Ceylan.

En ajoutant que l'anatomie de trois espèces : 5 Dero obtusa, Udek., 3 Dero vaga, Leidy, 2 Dero palpigera , Grebn. ; a été faite avec le plus grand soin par MM. Perrier (1872), Reighard (1884), Stolc (1883), on conviendra que peu de groupes des Lombriciniens ont été aussi soigneusement étudiés.

La détermination des espèces laisse cependant encore beaucoup à désirer. Les distinctions, sans parler de celles moins importantes tirées de la composition des faisceaux de soies, sont en effet spécialement basées sur la forme du pavillon pygidien et le nombre des lobes branchiaux. Or, sur l'animal mort tout disparaît, et sur le vif l'observation de ces parties, agitées de mouvements continus, présente une réelle difficulté, de plus, l’état variable de contraction des différents organes en change singulièrement l’aspect, enfin le nombre des lobes branchiaux ne peut-il pas varier dans certaines limites? Sans doute, parmi les espèces les mieux connues du groupe, on peut distinguer deux formes principales, celle dans laquelle le pavillon pygidien porte de longs tentacules, l'autre où les bords de cet organe sont simples, mais au-delà les caractères manquent de précision.

Ces vers vivent dans les ruisseaux et les eaux dormantes, se creusant dans la vase un trou ; l'animal, la partie antérieure en bas fait sortir l’extrémité caudale, qu'il agite en sens divers. Quelques espèces empruntent, comme l'a fait remarquer P. Gervais, des tubes de Plumatelles, d'autres construisent une enveloppe avec de petites pierres, des débris végétaux ou animaux, se formant ainsi une sorte de fourreau comparable à celui des Friganes, les parties antérieures et postérieures du Dero font saillie au dehors dans l'extension, il transporte cette gaine protectrice avec lui et peut s’y retourner en se repliant sur lui-même.

C'est sans doute l'existence de cette enveloppe, qui a porté quelques naturalistes à distinguer sous le nom d 'Aulophorus certains

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