XVII. Genre CLITELLIO
(de Clitellum, ceinture des Lombrics.)
Lumbricus, sp., Muller, Fabricius, Dalyell.
Nais, sp., Muller, Bruguière, Kessler.
Clitellio, Savigny, Grube, Claparède, Johnston, Vaillant, Verrill, Czer-
NIAVSKY.
? Lumbricillus , Œrsted.
Peloryctes, Leuckart, Senger.
Tubifex, sp., Udekem.
Limnodrilus, Claparède, Ratzel, Vejdovsky, Eisen.
Camptodrilus, Eisen.
Pododrilus, Czerniavsky.
Monopylephorus, Levinsen.
Corps allongé, anneaux ordinairement aussi longs que larges. Segment buccal peu saillant, arrondi ou faiblement appointe
Quatre faisceaux de soies locomotrices par anneau, toutes peu courbées, fourchues, 2 à 6 par faisceau.
Tube digestif cylindrique dans sa portion antérieure, moniliforme dans le reste de son étendue. Sang coloré en rouge. Troncs dorsal et ventral occupant leur situation ordinaire.
Pas d’yeux.
Une ceinture du 9e au 11e anneau. Canal déférent sans vésicules séminales, son orifice sur le 11° anneau. Pénis généralement très allongé.
Habitent la mer ou les eaux douces.
Le genre Clitellio a été établi par Savigny pour deux espèces indiquées par O. F. Müller et décrites plus en détail, dans le Fauna
LOMBRICINIENS.
Grocnlendica de Fabricius, les Lumbricus arenarius , Müll., et L. minutus, Müll. Le caractère sur lequel il le fondait est inexact, car la distinction principale aurait été la présence de deux rangées de soies seulement, les deux rangées supérieures ayant échappé à l'attention de ces éminents zoologistes. Mais la difficulté a été résolue par Leuckart, qui, d'après l'un des types, le Lumbricus arenarius , étudié par lui, a rectifié la diagnose et défini le genre de Savigny d’une manière précise en donnant malheureusement un nouveau nom, celui de Peloryctes.
Les recherches de Claparède (1861 et 1862) achevèrent de fixer les limites du genre par la connaissance anatomique des principaux appareils ; depuis cette époque l’étude ne paraît pas avoir été reprise pour l'espèce typique. Ce même auteur crée dans ce travail un genre Limnodrilus différant des Clitellio par la présence d'une vésicule séminale ( glande agglutinante ; Kittdrüse, Cementdrüse ; pour M. Vejdovsky), greffée sur le canal déférent. Est-ce un caractère suffisant pour justifier cette distinction générique ? M. Vejdovsky ne cite qu'avec doute l'absence de cet organe chez les Clitellio , ce qui amènerait à confondre ces deux groupes. Il est aussi facile de voir que dans bien des cas les auteurs, dans l’impossibilité de constater cette disposition anatomique, ont placé les animaux dans l'un ou l'autre genre, sur la simple considération de l'habitat, qui, chez les espèces suffisamment bien déterminées, est la mer pour les Clitellio , les eaux douces pour les Limnodrilus, mais ceci ne peut être considéré comme ayant une valeur taxinomique. En somme, bien qu’on puisse regarder comme très probable, que la distinction sera plus tard justifiée. à l’heure actuelle, on est obligé de réunir toutes ces espèces en un seul genre, comme je l’avais proposé en 1868.
Malgré l'autorité du naturaliste qui l'a indiqué, le genre Camptodrilus, Eis., ne peut non plus être regardé comme distinct. Il ne diffère des Limnodrilus que par la disposition en spirale des fibres musculaires qui entourent le pénis, or en se reportant aux figures et aux descriptions données par Claparède sur les espèces typiques, on peut déjà constater que l'arrangement de ces mêmes fibres est bien voisin, sinon même identique. M. Vejdovsky a achevé de démontrer que cette disposition pouvait exister sur les vrais Limnodrilus, cette différence ne peut donc être considérée que comme au plus de valeur spécifique.
Est-ce bien à ce genre que doivent être réunis les Lumbricillus, d'OErsted, comme l'a déjà fait Grube ? Ceci paraît fort probable. Bien que le genre soit très incomplètement caractérisé et les espèces non décrites, l'habitat et la disposition des soies parlent en faveur de cette manière de voir.