IV. F. NAIDIDÆ. XVII. G. CI.ITELL
Le genre Pododrilus établi par M. Czerniavsky différerait des Clitellio par les soies portées aux anneaux antérieurs sur des replis cutanés, élevés. Cette disposition, qui rappellerait le pied des Annélides Polychætes, demande des études plus approfondies.
Enfin, je place encore ici le genre Monopylepliorus , de M. Levinsen, dont l’espèce typique me paraît douteuse. Cependant, les divisions proposées par cet auteur, mais qui ne s’appliquent encore qu’à un trop petit nombre des espèces, mériteront sans doute d’être prises plus tard en considération. Ce savant helminthologiste admet, en effet, trois genres :
Clitellio : soies en partie simples, en partie obscurément bifides, pénis sans gaine chitineuse.
Monopylophorus : soies nettement bifides, orifice sexuel simple, médian, pénis sans gaine chitineuse.
Limnodrilus : soies nettement bifides, orifice sexuel double, pénis avec une gaine chitineuse.
Caractérisé comme je le propose ici, le genre Clitellio comprendrait près d’une trentaine d’espèces, mais bon nombre d’entre elles, il faut l’avouer, ne sont que fort imparfaitement connues, et on doit particulièrement ici regretter l’absence de méthode définie dans les descriptions des auteurs, ce qui rend impossible toute comparaison de leurs travaux ; aussi, dans l’énumération suivante, se trouvent sans doute un grand nombre d’espèces nominales et beaucoup d’autres si mal connues, qu’elles méritent à peine d’être conservées dans la série zoologique.
Pour la simple commodité de l’exposition, les espèces, d’après l'habitat, seront groupées en marines, Clitellio sens. str. et des eaux douces, Limnodrilus.
Parmi les premières, deux seulement sont bien connues : \ Clitellio arcnarius, Müll., 2 C. Benedii , Udek. O. F. Muller a distingué trois autres espèces, 3 Lumbricus lineatus, 4 L. minutus, S L. inæqualis (i), qui doivent sans doute s’y joindre, mais ne sont peut-être que des états particuliers de la première espèce. Le 6 Sænuris neurosoma , Fr. et L., appartient aussi vraisemblablement à ce groupe, de même que
(1) Il est plus difficile encore d’assigner une place au Lumbricus ciliatus du même auteur (1774, p. 30 et 1776, p. 215, n° 2607), ver marin, placé par lui à côté des précédents, qui montrerait, à la loupe, des soies aux intersegments sans parler des quatre rangées caractéristiques. Grube (1831, p. 103), on l’a vu (p. 399), le place avec doute parmi les Sænuris (Tubifex). Miiller ne signalant pas les soies comme sétacées et insistant même sur la brièveté de ces organes, il conviendrait plutôt de le placer avec les Clitellio.
LOMBRICINIENS.
les 7 Lumbriculus tenuis , Leidy, 8 Clitellio irroratus , Verr., 9 C. dubius, Czern.
Pour les espèces de la section des Limnodrilus, trois ont été décrites en détail, des diagnoses comparatives ont été données par plusieurs auteurs, aussi peuvent-elles être regardées comme des mieux établies, ce sont les 10 Limnodrilus Udekemianus, Clap., 11 L. Hoffmeisteri , Clap., 12 L. Claparedianus, Ratz. Le 13 Tubifexelongatus , Udek., se rapporte sans doute à l’une de celles-ci, mais il est impossible de déterminer laquelle, même d’une façon approchée, ce nom sans cela devrait avoir l’antériorité. M. Eisen a fait connaître de l’Amérique du Nord (Californie) six espèces qu’il rapporte à ce même genre : 14 Limnodrilus ornatus, Eis., 13 L. Steigerwaldi, Eis., 16 L. monticola, Eis., 17 L. alpestris, Eis., 18 L. Silvani , Eis. ; il faut y joindre les quatre Naïdiens composant son genre Camptodrilus ; 19 C. spiralis , Eis., 20 C. igneus, Eis., 21 C. corallinus, Eis., 22 C. californiens, Eis. L’autorité de ce savant, sa connaissance des êtres de ce groupe et des travaux, dont ils ont été l’objet, doivent faire prendre en sérieuse considération les distinctions spécifiques qu’il a ainsi présentées, toutefois les diagnoses sont peu comparables à celles de ses prédécesseurs, on peut craindre aussi qu’il ne se soit laissé entraîner à exagérer la valeur de certains caractères et par conséquent à multiplier les types spécifiques. Cependant, jusqu’à ce que ces vers aient été revus et étudiés de nouveau, ce sont là de simples présomptions, qui ne peuvent être présentées qu’avec réserve.
M. Czerniavsky a fait connaître du Sud de la Russie les 23 Clitellio Suchumicus, et 24 C. heterotosus , trop incomplètement caractérisés pour qu'on puisse établir une diagnose différentielle. Il en est de même des 23 Sænuris abyssicola, Verr., et 26 S. limicola, Verr. Quant au 27 Tubifex uncinarius, Dug., il est difficile de savoir même à quel genre il conviendrait de le rapporter. Le 28 Nais gigantea, Kessl., ne paraît guère mieux établi.
Les descriptions des 29 Clitellio inquilinus, Senger, et 30 Limnodrilus Bogdanowi, Grimm, m’étant inconnues, je ne puis juger de leur légitimité.
Les espèces du genre Clitellio sont réparties sur de vastes espaces ; on en connaît de toute l’Europe, tant moyenne que septentrionale, et de l’Amérique du Nord depuis les côtes de l’Atlantique jusqu’en Californie.