‹ Histoire naturelle des araignées (aranéides)Chapitre 13 sur 211 · L. hirtipes · texte numérisé non relu

L. hirtipes

Quoy et Gaymard, - Nouvelle-Zélande,

Perty, Klug,

Fabricius,

Notasie.

Espagne.

Brésil.

Brésil.

Porto-Rico.

Brésil.

4° groupe. MysALinA NiCoLET, tubereule oculaire relativement grand, presque arrondi, quoiqu'un peu plus large que long, yeux petits et écartés entre eux; — pattes courtes et très-velues,— les quatre antérieures assez élargies, — taille moyenne, quelquefois fort petite.

M. à dénts rouges,

se M.

annulipède, balayeuse, léporiné, brune, mindanäo, nubile, brülée,

3° sous-genr'e

M. rufidens,

M. annulipes,

M. scoparia,

M. leporina,

M. [usca (canc. K.,, M. mindanao,

M. nubila,

M. adusta,

Nicolet,

Brésil.

Nouvelle-Hollande.

Brésil.

Brésil-Bahia.

Brésil.

iles Philippines.

Chili.

Brésil,

. Pezionyx, E. S. (rx, fixe, immobile; ôvuE, ovuyos,

ongle). — Membres gréles et longs, à griffes terminales non rétractiles (fig. 28 a); organe copulateur terminé par une pointe très-longue et contournée; tubereule oculaire plus long que large, rétréci en avant,

. zébrée,

. maigre,

. drassiforme, . Guyanaise,

P. zebrea, P. macrura,

P.drassif.(pumilio.X.),

P. Guyanensis,

VWalckenaer,

VWalckenaer,

Brésil, Saint-Jouan.

Saint-Thomas.

Guyane.

Mygales rapportées du Chili par M. Nicolet et encore non classées.

. oculée,

. chilienne,

- pygmée,

. brune,

. brunnipède, . voisine,

M. oculala, M. chiliensis, M. pugmea, M. brunea, M. brunnipes, M. afinis,

Nicolet, Nicolet, Nicolet, Nicolet, Nicolet, Nicolet,

Chili.

Chili.

Chil.

Chili.

Chili.” Chili.

Le genre mygale, type de la famille, est aussi le plus nombreux ; car il renferme à lui seul plus des trois quarts

des espèces ; il est aussi le plus célèbre et le plus anciennement connu ; depuis les premiers voyages d'Européens dans les contrées chaudes, et depuis l'établissement des premières colonies en Afrique, en Asie ou en Amérique, ces gigantesques araignées ont acquis une célébrité, et sont universellement désignées sous le nom d’araignéescrabes. Ge sont les géants de l’ordre ; elles sont aux aranéides ce que sont les scarabés hercules aux coléoptères, les homards aux crustacés, l’érèbe aux lépidoptères ; c'est-à-dire que c’est un animal qui, tout en présentant les caractères de son ordre, les réalise dans des proportions plus grandes , et sous le rapport de sa taille, plus que de sa structure, est une véritable anomalie.

Les mygales ont tous les caractères de la famille, et l'on peut poser comme règle que tout ce qui ne s'appelle pas mygale manque d’un de ces caractères, ou est une exception ; donc nous n'avons pas besoin d’insister da vantage sur les affinités des mygales, puisque nous avons parlé en commençant des caractères de la famille, et ensuite de ceux du genre.

Leurs mœurs sont assez bien connues aujourd'hui, quoiqu'on ait souvent attribué aux mygales une force et une cruauté qu'elles ne possèdent réellement pas; toutes, au contraire , sont craintives , se construisent des coques dans les lieux les plus retirés, et n’en sortent que la nuit pour courir après les insectes. On a vu quelquefois ces grandes araignées amenées vivantes en Europe par les voyageurs ; mais jamais elles n’ont pu y vivre longtemps , car leur genre de vie demande un grand espace, qu'elles ne trouvent pas ordinairement en captivité.

ESPÈCES PRINCIPALES

Mygale aviculaire.— M. de Leblond.— M. cafrerienne. M. notasienne. — M. européenne.

La plus commune de toutes les espèces est la mygade

aviculaire du Brésil; c'est une araignée noirâtre, dont les membres robustes sont couverts delongs poils roides, et dont la taille ordinaire est de 6 à 8 centimètres.

Cest elle que nous prendrons pour type, et dont nous décrirons les mœurs.

La demeure de la mygale aviculaire consiste eri une coque d’un tissu soyeux, très - blanc, demi transparent, qui à une forme oblongue plus ou moins grande, suivant l’âge et la taille de l’araignée qu'elle renferme ; l'ouverture est à sa partie supérieure, et son extrémité inférieure est arrondie et se termine en cul-de-

sac. On trouve cette coque, soit entre les feuilles des végétaux rapprochées et maintenues par des fils nombreux, soit sous l'écorce des grands arbres, soit dans les interstices des tas de pierres , ou aussi dans les endroits les plus obscurs et les plus retirés des habitations.

La mygale ne construit pas de toile, mais tend autour de sa demeure de longs fils d’une force telle, qu'ils retiennent, non-seulement les plus gros insectes, mais encore les oiseaux -mouches et les petits reptiles dont elle fait sa nourriture.

Pendant tout le jour, la mygale reste blotrie et immo bile dans sa coque, la tête tournée en haut, du côté de l'ouverture ; mais aussitôt que le soleil se cache, on la voit sortir de sa retraite, se mettre en mouvement et parcourir les environs avec une rapidité étonuante, chassant les insectes, saisissant les plus redoutables d’entre eux avec ses puissantes chélicères, grimpant avec agilité sur les arbres, pénétrant dans le nid des colibris, et suçant leurs œufs ou le sang de leurs petits.

En effet, il est à peu près certain que les plus grandes mygales font la chasse aux oiseaux : Milbert, dans son Voyage à l'île de France, dit : «Je trouvai dans quelques « toufles de bambou des araignées d'une grosseur mon- « Strueuse. Un petit bengali s'était pris dans leurs filets « perfides, je me hâtai de le délivrer des atteintes de ces « odieux insectes (1). M. Perty a confirmé le fait et a prouvé que le naturaliste Langsdorf s'était trompé en disant que les avicuculaires du Brésil ne se nourrissent que de fourmis, de mouches, de guëpes, et non d'oiseaux.

(1) Cette observation parait s'appliquer à une épéire du genre néphile ; car M. Vinson dit que j'le de France ne nourrit aucune espèce de mygoliformes.

Suivant quelques voyageurs, il n’est pas rare de voir, lorsqu'on se promène le soir aux environs de Cayenne, une grande quantité de mygales aviculaires, courir sur le tronc des arbres qui bordent les avenues, et se laisser tomber à terre, suspendues à un fil comme le font les chenilles.

Lorsqu'elle a pondu ses œufs, qui sont gros et au nombre de 1800 à 2000 (1), suivant M. Moreau de Joannes , elle les entoure d’un tissu soyeux très-blanc, composé de trois couches dont l'intermédiaire est plus mince et non recouverte de bourre comme les deux autres ; lorsque l’aranéide femelle a terminé sa ponte et achevé son cocon, ce qui a lieu pendant la nuit, elle le place er sûreté, non loin de sa coque, et veille sur lui assidûment. M. Guérin a, dans sa collection, un cocon de mygale qui est couvert de petits cynips, qui y avaient, sans doute, introduit leurs œufs. Ce cocon a à peu près 8 centimètres de diamètre, et contenait les jeunes éclos qui avaient 6 millimètres de longueur.

Les mygales sont l’effroi des peuples parmi lesquels elles vivent; on leur fait partout une guerre acharnée ; on les désigne dans les colonies sous le nom d’araignéescrabes, probablement à cause de leur taille ; mais ce nom conviendrait mieux aux philodrômes etaux thomises, qui marchent de côté comme ces crustacés, et qui présentent parfois aussi de grandes dimensions. La morsure de ces araignées est douloureuse à cause de la puissance de leurs armes; mais leur venin paraît avoir moins d'effet que celui d'araignées d’une taille beaucoup moindre, telles que les tarentules, les latrodectes, etc.

(1) Je suppose qu'il y a erreur: peu d’aranéides pondent plus de cent œufs.

MYGALEÉ. 13

: Azara a eu plusieurs de ses nègres mordus par de grandes aviculaires de l'Amérique méridionale; il remarque qu'il est souvent résulté de ces morsures une fièvre de vingt-quatre heures, quelquefois accompagnée d'un peu de délire, dans les grandes chaleurs, mais qu’elles n’eurent jamais de suites fâcheuses.

Voici les quelques détails que M. Lucas donne sur deux grandes mygales d'espèce particulière (mygale bicolor, Luc. ) qu'il reçut vivantes de Bahia, et qu'il garda pendant plusieurs mois à Paris :

« Afin de les laisser dans les conditions climatériques « favorables, dit M. Lucas, je les confiai au gardien de « la ménagerie des reptiles; ces individus, qui étaient « des mâles, furent placés séparément dans de grandes « cages, et, après un mois de séjour environ, les parois « de cette cage et les compartiments qui les séparaient « furent tapissés de soie; elles construisirent aussi des « toiles plus ou moins irrégulières, assez grandes, à tissu « fin, serré, et sur lesquelles elles se tenaient ordinai- « rement presque immobiles pendant le jour; dans lanuit « elles étaient au contraire très-agiles, erraient çà et là « et couraient après leur proie, qui consistait en grillus « domesticus. Dans chacun des compartiments, on avait « placé une soucoupe assez grande contenant de l’eau, «et j'ai remarqué que ce liquide était promptement ab- « sorbé. En effet, j'ai appris du gardien qui les soignait « que l’eau était renouvelée tous les deux jours environ. « Non-seulement ces arachnides se plaisent à absorber «le liquide en y plongeant les organes de la mandu- « cation, mais elles trouvaient aussi une certaine satis-

« faction à y placer toute la région sternale de leur « COTPS.

«Ges mygales ont vécu pendant un laps de temps as-

«sez long. Placées dans la ménagerie des reptiles, vers « les premiers jours d'avril, la première mourut dans les « premiers jours d'août, et la seconde succomba vers le « commencement de novembre. »

La mygale de le Blond doit être signalée à cause de sa taille supérieure, de ses pattes plus longues, de son corselet moins velu, de sa couleur fauve plus claire, et de sa grande vulgarité dans l'Amérique du Sud.

Une mygale de le Blond vivante appartint aussi à M. Lucas, elle était comme engourdie, se laissait caresser Sans opposer de résistance; elle ne put vivre que quelques mois.

M. Sallé, qui a observé à Saint-Domingue des mygales de cette espèce, a remarqué que ces aranéides se tiennent sous les pierres, et que, lorsqu'on les tourmente, ou qu’on veut les saisir, elles se placent sur le dos du céphalothorax, et se défendent avec leurs pattes et les longs crochets qui arment leurs mandibules. M. Sallé dit aussi que les habitants de Saint-Domingue redoutent beaucoup ces aranéides.

Les espèces qui habitent les iles de la Nouvelle-Hollande ont un aspect différent de celles de l'Amérique ; leurs pattes, plus courtes, sont plus grosses er portées latéralement, ce qui leur donne un aspect thomisiforme.

La mygale cafrérienne du midi de l'Afrique et commune au Cap, est également grande et brune ; ses pattes sont courtes, comparées au volume du corps.

Une espèce qu’il est impossible de passer sous silence, malgré son extrème rareté, est la mygale européenne. Cette arénéide, qui est espagnole, quoique inférieure sous le rapport de la taille à la plupart des espèces exotiques, est cependant la plus grosse araignée du continent européen,

MYGALODONTE.

7° GENRE. MYGALODONTE, Zygalodonta, Eug. Simon. (Mygale, oùovc, dent.)

Synonymie : Mygale, Walckenaer; Tarentula, Brown; Clénizes, Latreille ; Némésis, Savigny.

Yeux, semblables à ceux des mygales.

Mächoires, non dilatées en palettes.

Pattes, effilées à leur extrémité, tarse allongé, avec des griffes terminales; articulations armées d’éperons, surtout chez les femelles.

Palpes, d'une prodigieuse longueur, servant à la locomotion.

Mandibules, fortes, pourvues, à l'extrémité de leur tige, de pointes ou lamelles cornées, droites, formant un ràteau qui leur sert à creuser. la terre.

Couleur, brun noir ou jaune vif, toujours uniforme; corps légèrement velu.

Taille, les plus grandes ont de 3 à 4 centimètres, mais ordinairement elles sont plus petites.

Patrie, elles sont propres à l’ancien monde {nidulans excepté), et la plupart se rencontrent en Europe.

Habitudes, aranéides mineuses, creusant en terre des terriers profonds, qu'elles garnissent de toiles et qu'elles ferment d’un opercule mobile.

ESPÈCES

M. recluse, M. nidulans, Jamaïque.

{ M. cœmentaria 9, }

M. maconne 1 Ë $ ? ÜM. carminans & , |

France méridionaie.

M. pionuière, M. fodiens, Walckenaer, Europe, Asie. M. ariane, M. ariana, Walckenaer, Europe, Corse. M. graja, M. graja, Koch, Europe orientale.

M. cellicole, M. cellicola, Savigny, Égypte.

M. sicilienne, M. sicula, Latreille, Sicile.

M. barbare, M. barbara, Lucas, Algérie.

M. gracilipède, M. gracilipes, Lucas, Algérie.

M. africaine. M. africana, Lucas, Algérie,

Je suis le premier à employer le mot mygalodonte. Les araignées dont se compose cette nouvelle coupe générique étaient réunies aux mygales par Walckenaer, dans sa famille des digitigrades mineuses ; Latreille les appela, plus tard, cténizes ; mais il ne put lui-même éta-blir ce genre, de sorte que cette dénomination est restée inconnue. Je préfère le mot de mugalodonte, parce qu'il exprime à la fois que ces araignées sont de véritables mygales, et qu'elles ont des dents, c'est-à-dire, de petites pointes cornées dentiformes, rangées régulièrement au milieu de longs poils, sur le bord interne des mandibules; de sorte que l’araignée peut, en grattant le sol, s’y pratiquer un trou, qu’elle tapisse ensuite d’une toile douce, et qu'elle ferme d'un opercule ou couvercle. Les mygalodontes, beaucoup moins nombreuses que les mygales, s’en distinguent à première vue par une taille trois à cinq fois moindre ; ce sont les mygaliformes d'Europe; elles vivent à la fois dans le midi de ce continent, le nord de l'Afrique et l'Amérique septentrionale. Leur industrie remarquable a depuis long-temps attiré l'attention des observateurs.

ESPÈCES PRINCIPALES

Mygalodonte maçonne.— M. pionnière. — M. recluse.

L'espèce la plus commune et la mieux connue de ce genre est la mygalodonte maçonne; c'est une araignée de grande taille pour l'Europe, <ar elle a près de 12 millimètres; son corps, gris de souris, présente une bande crénelée brune sur l'abdomen; le mâle a une teinte plus rougeûtre. C’est elle que je prendrai pour type et dont je décrirai les mœurs intéressantes.

Lex PRE ridére =

MYGALODONTE, 1

L'industrie extraordinaire de cette araignée a été étudiée, pour la première fois, en 1758, par l'abbé Sauvage.

Elle se creuse un terrier en forme de boyau de 30 à Go centimètres de Fig. 31.

profondeur , du même diamètre partout (4 à 5 centimètres) et assez large pour qu’elle puisse s’y mouvoir à volonté: elleta- 4 pisse ses parois d'une toile fine, blanche et adhé- ’ rente à la terre; 7; soit pour empê- 7 cher les éboule- 7Z ments, soit pour garantir SON Corps délicat du contact de la terre. Elle ferme ce trou avec un opercule ou couvercle qui lui Terrier de la mygalodonte.

sert à la fois de porte et de couverture; il est formé de différentes couches de terre détrempées et unies entre elles par des fils. Son contour est parfaitement rond; le dessus, qui est à fleur de terre, est plat et raboteux; le dessous est convexe, uni et tapissé de fils gros et nombreux, qui s’attachent sur l’un des côtés de l'ouverture du trou et forment ainsi une charnière solide et mobile que l’araignée ouvre et ferme avec une grande facilité.

Cette charnière est toujours fixée au bord le plus élevé de l'entrée, de manière que le couvercle retombe et se ferme par sa propre pesanteur, effet qui est encore facilité par l'inclinaison du terrain qu’elle choisit.

Lorsque l’on essaye d'ouvrir cette porte, l’araignée se cramponne à sa face inférieure, et aux parois du tube, avec ses mandibules et les griffes de ses pattes, elle la retient avec beaucoup de force; de sorte que lorsqu'on soulève l'opercule, on sent une résistance qui s'effectue par saecades. Si l’on enlève ce couvercle, le lendemain on en trouve un autre construit à l'entrée du même tube.

C'est pendant la nuit que les mygalodontes creusent la terre avec les griffes de leurs pattes et les dents qui garnissent leurs mandibules; c'est aussi la nuit qu’elles sortent de leur retraite, pour chasser leur proie, dans les environs; ou qu'elles se mettent en embuscade derrière leur opercule entr'ouvert, pour guetter les fourmis et les insectes que le hasard fait passer près de là.

Le fond du trou est rempli de débris de toutes sortes : de petites branches, de détritus d'insectes, etc.

C’est sur le penchant des collines stériles, exposées au soleil, sans végétation, exemptes de rochers et de petits cailloux, que l’on trouve les mygalodontes; il faut un œil exercé pour découvrir leur terrier, tant la rainure capillaire, qui dessine le contour de leur opercule, a de finesse.

Cette araignée pond en septembre et en octobre; à cette époque, elle devient méchante et cherche à mordre quand on veut la saisir, ou qu'on menace de vouloir toucher à ses œufs: en été, au contraire, elle est timide et se sauve au moindre bruit.

Son attachement pour ses petits parait assez grand,

MYGALODONTE, 79

car elle cohabite avec eux, longtemps après leur naissance, ainsi qu'avec son mâle, qui alors, chose assez rare, partage les soins de la famille.

Le mâle, beaucoup plus rare que la femelle, n’était pas connu des anciens auteurs, ou était regardé comme formant une espèce distincte.

La mygalodonte pionnière, qui diffère de la mygalodonte maçonne par un corselet plus large, plus carré et plus élevé, habite la Sicile et la Corse; on la trouve surtout sur le bord des chemins. M. Audoin a parfaitement décrit sa demeure, d’après un petit bloc de terre, qui renferme plusieurs de ses tubes, et qui appartient à la collection du muséum.

Les parois du trou creusé dans la terre argileuse, sont garnies à l'intérieur d’une couche de mortier plus solide, comme l'intérieur d’un puits, et pouvant très-bien être isolé de la masse qui l'entoure; ce mortier est uni avec beaucoup de soin à l’intérieur du tube, mais il est raboteux et sans préparation à l'extérieur; de plus, les parois internes sont tapissées d’une double couche de soie très-fine.

L’opercule est un disque plus large en haut qu'en bas, qui clôt hermétiquement l'ouverture ; car son rebord, ainsi que l'entrée du tube, est taillé en biseau en sens inverse, de sorte que lorsque la porte est fermée, elle ne laisse passer aucune parcelle d'air et aucun insecte, quelque petit qu'il soit. Cet opercule est formé de plus de trente couches de terre et de soie superposées ; il se meut à l'aide d’une charnière de soie comme celui de la maçonne ; son bord présente une quantité de petits trous qui servent à l'araignée pour passer l'extrémité de ses pattes et pour retenir sa porte, lorsqu'on veut l'ouvrir.

s0 HISTOIRE NATURELLE DES APAIGNÉES.

Lorsque la pionnière a pondu, elle calfeutre cette ouverture, et ne prend aucune nourriture jusqu’à ce que sa famille soit en état de se fabriquer des demeures et de pourvoir à son existence.

Le muséum possède le tube de la mygalodonte recluse; il ressemble à celui de la maconne, seulement son entrée paraît être fermée par deux opercules ou valves que Brown à figurés.

La morsure de cette grande araignée (4 à 5 centimètres) cause une vive douleur, et est redoutée des habitants de l’île de la Jamaïque, où on la rencontre.

Les plus grands ennemis des mygalodontes mineuses sont les fourmis, qui, en s’introduisant dans leurs trous, y occasionnent des dégâts irréparables, surtout lorsque ces insectes sont en nombre considérable, ce qui arrive souvent.

CYRTOCÉPHALE. 81

$” Gexre. CHRTOCÉPHALE, Cyrlocephala, Lucas.

(xugrès, bossu ;-xewaxkh, tête.)

Yeux, huit, petits, rapprochés sur la partie antérieure du corselet, où ils sont groupés sur trois rangs : l’antérieur et le postérieur formés de deux yeux, l'intermédiaire de quatre.

Lèvre, courte, arrondie à son extrémité.

Mächoires, étroites et allongées.

Palpes, très-allongés, insérés à l'extrémité des mâchoires.

Mandibules, robustes, fort avancées, plus ou moins épineuses

à leur partie antérieure, pourvues de crochets en forme de croissant assez allongés.

Corselet, court, bombé et arrondi à sa partie antérieure, déprimé à sa base et sur les parties latérales.

Abdomen, gros, allongé, à peu près de forme oblongue, cependant plus large postérieurement, un peu plus long que le corselet.

Pattes, robustes, courtes, dans l'ordre suivant pour la longueur : 4, 2,1,3.

Couleur, brun roussâtre, jaune doré, roux clair avec des taches foncées, peu marquées.

Taille, longueur de 24, 30 à 35 millimètres.

Patrie, Algérie.

Habitudes, aranéides mineuses, creusant des trous très-profonds, garnis de toile, mais sans opercule.

ESPÈCES

C. de Walckenaer, C. Walckenaerii, Lucas, Algérie. C. terricole, C. terricola, Lucas, Algérie.

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