C. très-pure, €. pellucida, Koch, Bavière
Liste des clubiones rapportées du Chili par M. Nicolet us et encore non décrites.
C. chilienne, C. chilensis. C. porte-quene, C. caudefacta. CG. parée, C. scenica. C. macrocéphale, C. miacrocephala. C. effilée, C. acupilta. C. à abdomen blanc, C. albc-abdominalis. C, triponctuée, C. tripunclata. CG. abdomimale, C. abdominalis. C. chétive, C. pusilla. C. à ventre blanc, C. albiventris. C. à lignes, C. lineata. C. belle, C. pulchella. C. active, C. acris. C. à ventre allongé, C. longiventris. C. extrème, C. ullima. C. émeraude, C. smaragdula. C. citrine, C. citrina. C. jeune-fille, C. puella. CG. soufrée, C. sulphurea. G. enfant, C. puera. C. effacée, C. obliterala. G. accentuée. C. accentuata. GC. à ventre écourté, C.breviventris. AE bordée, C. limbata. C. à pieds jaunes, C. flavipes. CG. attiforme, C. attiformis. G. longipède, C. longipes. G. gibbeuse, C. giblosa. C. maculée, C. maculosa, CG. sternale, C. sternalis. C. arrosée, Caspersa. C. ponctuée, C. punclata. GC. ambiguë, C. ambigua. C. ventrue, :. ventricosa. C. mouillée, C. rorulenta. CG. livide, C. lutea. CG. jaune, C. flava. C. à ventre jaune, C. flavoeincla. C. élégante, C. lepida. C. silaticole, €. silalicolis. C. versicolore, C. versicolor. CG. à cou élargi, C. dilaticollis.
CLUBIONE. 133
G. nuagée, C. nubes. G. grémille, C. gremilla. G. débile, C. debilis. G. noirätre, C. nigricans. C. minuscule, C. minuseula. CG. sinistre, C. sinistre. G. minime, C. minula. C. de Gay, C. Gayi.
C, rousse, C. rufea.
Ce genre, sans être le type de la famille, est le plus connu, parce qu'il renferme des araignées qui se trouvent sans cesse dans les jardins, et qui, pendant tout l'été, couvrent de leurs coques blanches les feuilles des arbres, les murs et même l’intérieur de nos habitations.
Il est impossiblé de les séparer des drasses, et l'on ne peut cependant confondre ces deux grands genres : ils sont en effet intimement unis par la forme de leur corselet, de leurs pattes et de leurs filières ; la disposition de leurs yeux est également semblable, sauf l’écartement des intermédiaires supérieurs. Mais la bouche est toute différente : tandis que chez les drasses les mâchoires son larges et entourent la lèvre, chez les clubiones elles sont étroites, allongées et non inclinées sur la lèvre.
La bouche des clubiones, ainsi que leur corselet et leurs pattes, les rapprochent un peu de la ségestrie perfide.
ESPÈCES PRINCIPALES
Clubione soyeuse.— C. amaranthe. — C. corticale. — C. accentuée. — C. rupicole.
La clubione soyeuse est une des araignées les plus communes ; son abdomen est d’un gris bleuâtre, velouté et argenté, uniforme; son corselet et ses pattes sont d’un blanc jaunâtre, les mandibules et le devant dela tête sont plus foncés que le reste du corps; elle est abondante dans les jardins de Paris, on la trouve partout, sur les feuilles des arbres et des plantes ou entre les pétales des fleurs, sous les pierres et sous les plâtras des vieux murs,
aussi bien que sous l'écorce à moitié détachée des arbres, ou encore, mais plus rarement, à l’intérieur des maisons peu habitées, particulièrement au haut des rideaux ou dans les armoires abandonnées.
Elle construit une coque en forme de cellule oblongue, ou de tube plus ou moins allongé, d'une soie remarquable par sa finesse, sa blancheur et sa propreté; elle a soin de ménager à cette habitation une ouverture par laquelle elle sort pour chasser et s’échapper, lorsqu'elle est poursuivie. Quand on force la clubione à sortir de sa coque, elle se laisse tomber à terre sans se suspendre à un fil, et reste immobile pendant quelques instants, puis elle s'enfuit avec vivacité et se met immédiatement à construire une seconde demeure. Lorsqu'on enferme une jeune clubione dans un bocal, quelques minutes lui suffisent pour se fabriquer une coque, qui est d’abord transparente, mais qu'elle épaissit de plus en plus en v ajoutant de nouveaux fils. Elle s’y tient constamment suspendue et renversée : si un insecte passe près de la petite ouverture qu’elle a eu soin de se ménager, elle sort promptement, le saisit et l’entraîne dans sa cellule, pour le sucer à son aise et à l'abri de tout danger.
En automne, on ne peut agiter une branche de lilas sans voir tomber plusieurs de ces araignées, qui se tiennent ordinairement entre les feuilles et les fleurs de cet arbuste.
C’est au mois de juin que l’on trouve deux individus de cette espèce dans une même coque, l’un mâle, l'autre femelle, habitant chacun dans une portion de cellule ; car celle de Ja femelle est alors séparée en deux moitiés égales par une cloison verticale de soie blanche. C'est au mois de juillet que la femelle pond et construit son cocon.
CLUBIONE. 135
Alors elle calfeutre sa coque: elle pond et enferme ses œufs dans un cocon de soie lâche, aplati, et sur lequel ils forment de petites saillies. À cette époque, elle n’est plus timide, mais elle devient hardie et courageuse; et lorsqu'on veut lui faire abandonner sa progéniture, elle la défend et mord violemment son ennemi. Si l'on emploie la violence pour la tirer hors de sa coque, elle ne s'en éloigne pas, mais se réfugie sous la feuille qui la contient. De Geer à compté cinquante à soixante jeunes dans un même cocon. Cette espèce résiste très-bien au froid, on en trouve tout l'hiver dans les lieux abrités ou sous l'écorce des arbres.
La clubione amaranthe est une espèce excessivement voisine de la précédente, elle est presque aussi commune, et ne s’en distingue que par son abdomen de couleur plus rouge.
Ces deux espèces de clubiones aiment à pénétrer dans les cocons d’autres araignées, et à se nourrir des œufs qu'ils contiennent ; mais leur propre cocon, peu protégé, comme on le sait, a aussi plusieurs ennemis redoutables, indépendamment des cynips. J'ai remarqué dans le bois de Meudon qu’un théridion (reticulatum) se plait à entamer le cocon et à en dévorer les œufs; mais, ce qui est plus curieux, un insecte ailé vient y déposer un œuf qui produit une grosse larve apode et blanchâtre, semblable à celle qu’on appelle vulgairement asticot. Ce ver dévore tout le contenu du cocon, et l’araignée mère ne s’apercoit de sa présence que lorsque, n'ayant plus rien à manger, la larve sort pour chercher un autre cocon dans les environs.
La clubione corticale a une coloration toute différente : cette espèce a l'abdomen noir et le corselet brun
foncé, ainsi que les pattes; elle est moins commune et paraît habiter particulièrement le nord de l'Europe ; elle établit sous l'écorce des arbres, ou moins souvent sous les pierres, une grosse cellule de soie grise, solidifiée au moyen de gravier, de peaux d'araignées, de détritus d'insectes, de. petites coquilles de limaçons, etc.; cette soie forme plusieurs couches munies de bourre épaisse. J'ai pris à Paris cette clubione très-vivace, au mois de mars. L'hiver, on la trouve enveloppée dans sa coque parfaitement close et rembourrée ; elle est engourdie, mais aussitôt qu'on la touche, elle se réveille et court avec autant de vivacité que pendant l'été.
Elle fuit la chaleur, et, suivant l'expérience de Kummer, le grand soleil la fait mourir promptement.
Son cocon est aplati comme celui de la soyeuse, elle l'enveloppe de deux valves d’un tissu serré, et d’une bourre très-blanche, assez épaisse.
Une espèce non moins commune que la clubione soyeuse est la clubione accentuée : cette petite araignée se distingue facilement à sa couleur fauve clair ou jaune, et aux chevrons en forme d'accents noirs qui parent trèsélégamment le dessus de son abdomen et de son corselet.
Elle habite de préférence les grandes forèts, où elle établit sur les arbres, en particulier sur les ormes, une grande cellule qu’elle forme en rapprochant plusieurs feuilles au moyen de ses fils; cette coque a deux ouvertures, l’une antérieure, plus grande, qui est la porte d'entrée; l’autre, plus petite et postérieure, qui-est la porte de sortie; mais la clubione accentuée ne se contente pas de construire ainsi une grande cellule suspendue à des branches et pour ainsi dire aérienne; elle file à l’intérieur de celle-ci une seconde cellule où elle se renferme. Gette coque inté-
CLUBIONE, 137
rieure est plus petite, d’un tissu plus épais et surtout plus blanc.
En automne, en soulevant les feuilles déjà tombées, il n'est pas rare de voir un grand nombre de clubiones accentuées courir rapidement par terre comme les Iycoses. Les œufs sont au nombre d'environ soixante. Ils sont étalés dans un cocon assez gros, et réunis sans être agglutinés entre eux.
Une des espèces les plus remarquables de clubiones est la rupicole, Cette petite araignée, très-rare dans les collections, a le facies des philodrômes; elle court de côté après les insectes, et les saisit en étalant latéralement ses pattes. Kummer l'a prise à la fin du mois d'avril, dans le bois de Romainville. Je l'ai trouvée une seule fois à Leudeville, courant dans un champ de blé.
25° GENRE. AMAUROBIE, faurobius, Koch.
(duausds, obscure; flos, vie.)
Synonymie: Clubiona et Drassus, Walckenaer; Ciniflo, Blackwall.
Yeux, huit, presque égaux, les quatre Fig. 53. intermédiaires formant un = carré à peu près régulier; = #
» , Æ K, les deux latéraux rapprochés Æ #ÿe &, à et élevés sur un mamelon.
Palles-mâchoires, à coxopodites plus ou moins allongés, larges, forts, arrondis et creusés à leur côté interne, arrondis à leur côté externe, enclavant la lèvre; dernier article renflé et épineux,
à conjoncteur double, le plus grand est contourné en
spirale, l'autre a la forme d'une coquille enveloppante.
Lèvre, grande, large, ovalaire ou tronquée, terminée en ligne droite ou échancrée.
Mandibules, tout à fait verticales, bombées à leur insertion. Corselet, grand, large, arrondi et renflé à sa partie antérieure. Abdomen, court, généralement gros, et déprimé en dessus.
Pattes, médiocrement allongées, robustes dans les femelles : leur longueur relative varie suivant les espèces et quelquefois d'un sexe à l’autre.
Couleurs, sombres, noires ou brun foncé.
Taille, grande, 1 ou 1 centimètre et demi.
Patrie, cinq espèces sont communes en France, les autres sont de l'Afrique et de l'Amérique.
Maœurs, elles recherchent les Heux obscurs et cachés, le dessous des pierres, les caves, les trous des murs; y construisent une toile de peu d'étendue, en forme de tube plus ou moins allongé.
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AMAUROBIE. 139
ESPÈCES, A. atroce, A. atrox (Club. atroce, Walckenaer), France. A. féroce, A. ferox, France.
A. très-noire, A. ferox-nigra, France.
A. médicinale, A. medicinalis, Amérique.
A. cruelle, A. sϾva, Iles des Kanguroos, A. menacante, A. tetrica, Koch, Enrope.
A. tigrine, A. tigrina, Koch, Europe.
A. mandibulaire, A. mandibularis, Lucas, Algérie. A. exilipède, A. exilipes, Lucas, Algérie.
A. obscure, À. obscura, Lucas, Algérie.
A. atropos, A. atropos, France.
A. égorgeur, A. trucidator, France.
À. saxatile, A. saralilis, Blackwall, Angleterre. A. effrayante, A. horrenda, Nicolet, Chili.
Walckenaer, dans son Histoire naturelle des Aptères, avait entrevu les rapports intimes qu'ont les clubiones atroce et féroce avec les drasses atropos et égorgeur, et la nécessité d'établir ce genre. M. Koch, en étendant trop loin les limites naturelles de cette division, lui donna le nom d'amaurobie, que je lui ai conservé, quoique ce nom qui signifie vie obscure, puisse s'appliquer à la plupart des araignées. L'utilité de ce genre est double, d’abord parce qu'il simplifie l'étude des grands genres drasse et clubione, en écartant des espèces qui s’éloignent considérablement de leur type, ensuite parce qu'il rapproche des aranéides se ressemblant intimement par les mœurs, les couleurs, et par tous les caractères anatomiques. Chez les amaurobies, les yeux latéraux sont élevés sur deux petits mamelons, les mandibules sont verticales dans les deux sexes, les mâchoires tiennent à la fois de celles des drasses et dé celles des clubiones; elles sont grandes, robustes, larges, étalées, et en même temps creusées au côté interne et enclavant la lèvre: Ia forme du corselet est celle
des clubiones, quoiqu'il soit plus large en avant: les pattes sont robustes. Les amaurobies différent plus des drasses que des clubiones, excepté par la bouche. Les yeux latéraux, qui tendent à s’éloigner des intermédiaires, montrent quelque analogie lointaine avec les théridiformes. Les habitudes sont nocturnes. Elles peuplent les bâtiments abandonnés, les cavités des vieux murs, le dessous des pierres, où elles se plaisent à établir leur coque irrégulière et à élever leur progéniture.
ESPÈCES PRINCIPALES
Amaurobie atroce. — A. féroce. — 4. atropos. — A. égorgeur.
L'amaurobie atroce (clubione atroce) est une araignée commune à Paris; son corselet est grand et rougeûtre ; son abdomen, d’une teinte noirâtre piquetée, présente à sa partie antérieure et supérieure un trait noir entouré d'un disque jaunâtre ; les pattes sont courtes dans la femelle, beaucoup plus allongées dans le mâle.
Elle se trouve abondamment dans les trous des vieux murs ; là elle construit une toile noirâtre ou gris sale, à fils lâches et irréguliers, tombant en lambeaux, et qui entoure l'ouverture extérieure du trou ; elle se tient immobile au fond, les yeux dirigés du côté de l'entrée. Elle est d'un courage excessif, elle se jette sur les plus gros insectes, et son venin paraît les paralyser plus rapidement que celui des autres aranéides. Elle attaque les guèpes, et Lister assure l'avoir vue mordre, tuer et sucer un grand scolopendre, qu'il avait enfermé dans une mème boîte, avec elle.
Cette araignée a l'habitude de relever et d’abaisser continuellement ses pattes antérieures, ce qui lui donne une
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AMAUROBIE. 141
physionomie particulière. C’est une des araignées qui, avec l’amaurobie féroce, résistent le mieux au froid. On en trouve tout l'hiver sous les pierres, dans les caves ou dans les trous de mur, immobiles, les pattes ramassées sous le corps, et enveloppées dans un petit sac de soie assez blanche, semblable à un maillot, formé de plusieurs couches et de bourre qui intercepte parfaitement le passage à l'air et à l’eau.
Lorsque l’on fait sortir de sa toile l’amaurobie atroce, elle se laisse tomber, sans se suspendre à un fil, comme les autres araignées. Par terre, elle fait la morte en rapprochant ses pattes, et échappe ainsi à la poursuite de ses ennemis. Ses fils sont tellement gluants, que les mouches ne peuvent y toucher sans sy trouver prises. Dhs.
Cette espèce est remarquable par la disparité des sexes. Le mâle, suivant une observation intéressante de M. Blackwall, a la seconde paire de pattes la plus longue, tandis que dans la femelle c’est la première qui dépasse les autres.
Cest le 18 juin qu'en Angleterre Lister a trouvé le cocon de cette araignée, formé d'une soie peu serrée, avec des œufs petits, blanchâtres, et des jeunes déjà éclos, blancs, en petit nombre et isolés entre eux. De Geer trouva dans le ventre d'une grosse amaurobie atroce un ovaire rempli de plus de cent œufs blancs et arrondis. « Elle renferme, dit cet observateur, les œufs qu’elle « pond, et qui alors sont d’un jaune clair, dans une « coque de soie blanche, de la grosseur d'un petit pois, « autour de laquelle elle file ensuite une seconde enve- « loppe, d’une soie plus lâche et moins serrée, qu’elle « attache à quelque objet. »
L'amaurobie féroce, qui est une espèce très-voisine de la précédente, s'en distingue cependant par sa taille un peu supérieure, par ses couleurs d'un noir satiné plus obscur ; son abdomen est d’un beau noir et présente à sa partie antérieure une petite ligne jaune entourée de chevrons de mème couleur. Elle a les mèmes habitudes : cependant la féroce recherche partitulièrement les caves et les lieux obscurs, le dessous des pierres, tandis que l'atroce vit plus volontiers dans les jardins ; la toile qu’elle construit est beaucoup plus blanche, plus fine et a un reflet bleuâtre.
Cette espèce, quoique moins commune que la précédente, se trouve fréquemment en France, à Paris même.
L'amaurobie atropos (drasse alropos) est une espèce assez grande, dont l'abdomen est brun, déprimé et marqué de petites bandes jaunes longitudinales et 'transversales; le corselet est grand, très-bombé, d’un brun rouge. Gette espèce est commune, elle recherche les grandes forêts, les lieux peu visités, et construit sous les grosses pierres humides une toile en forme d’un long tube qui se prolonge même dans la terre, assez semblable à celle de l’atype et assez forte pour retenir les plus gros insectes. Walckenaer l’a prise à Lyon, dans la forêt de Villers-Cotterets et dans les Pyrénées; je l’ai prise au mois d'août, dans la forêt de Compiègne, avec sa jeune famille, et au mois d'avril et de mai dans le bois de Meudon, toujours sous les pierres, avec son cocon qui est gros, assez aplati,et tellement transparent qu'il échappe presque à la vue ; les œufs jaunes et gros sont rangés très-régulièrement. Walckenaer remarque qu'elle n'abandonne ce cocon qu'à la dernière extrémité, et le défend jusqu'à la mort.
, .: AMAUROBIE. »« 143
Cette espèce parait avoir la vie très-tenace. J'ai vu plus d'une fois des femelles qui, privées de plusieurs paires de pattes, attaquaient encore et tuaient des proies vigoureuses.
Dans le genre amaurobie, les mâles sont remarquables par l'allongement des appendices et par la gracilité de leur tronc.
4° Trisu. ANYPHÆNIENS où Teéripi-prasses. E. S.
Yeux au nombre de huit, séparés en trois groupes comme ceux des grandes fileuses, — abdomen globuleux à deux stigmates, — première paire de pattes la plus longue.
26° GENRE. ANYWPHÆNE, Anyphena, Koch.
(avuw, tuer; gotvos, rouge ou sanglant.)
Synonymie : Cheiracanthum, Koch ; Clubiona, Walckenaer.
Yeux, huit, étalés sur le devant du corselet, .Fig-54. « ainsi disposés : quatre intermédiaires, n.:
formant un carré, dont les deux yeux antérieurs sont plus rapprochés que les postérieurs, deux de chaque côté rapprochés entre eux, mais rejetés assez loin sur les parties latérales.
Patles-mâchoires, à coxopodites épais, dilatés Z et arrondis à leur extrémité, à portion mobile longue et grêle; article terminal creusé en dessous d’une capsule, et armé en dessus d’une longue pointe recourbée, dans les mâles.
Lèvre, courte, presque triangulaire, terminée en pointe et un peu échancrée.
Mandibules, robustes, verticales dans la femelle, horizontales dans le mâle où leur longueur est excessive; crochet long et aigu.
Corselet, grand et très-bombé.
Abdomen, renflé, globuleux.
Pattes, assez fortes, beaucoup plus longues dans le mâle que dans la femelle, dans l’ordre 1, 4, 2, 3 pour la longueur relative.
Couleur, corselet luisant, glabre, jaune ou rouge, abdomen jaune ou vert.
ANYPILENE, 145
Taille, assez grande, 1 centimètre et plus:
Patrie, deux espèces se trouvent en France.
Habitudes, aranéides construisant de grandes coques sur les végétaux ; cohabitant avec les jeunes après leur éclosion.
ESPÈCES
A. nourrice, A. nutrit, W'alckenaer, France.
A. erratique, A. erratica (carnifex), Walckenaer, France.
Var. Belgica, E.S. Belgique.
A. océanienne, À. oceanica, Océanie.
A. pélasgique, A. pelasgicum, Koch, Grèce.
A. ornée, A. ornala, Lucas, Algérie.
A. barbare, A. barbara, Lucas, Algérie.
A. exilipède. A. exilipes, Lucas, Algérie.
Le genre anyphæne est sans contredit le plus anormal de la famille ; il tient à la fois des clubiones et des théridions. Les espèces peu nombreuses mais très-remarquables qu’il renferme, sont surtout caractérisées par le volume considérable des mandibules dans le mâle, par le renflement de l'abdomen, par les mâchoires droites non inclinées sur la lèvre, et surtout par la disposition des yeux, qui forment, de même que dans la famille suivante, trois groupes nettement séparés.
Je crois qu'il y aurait inconvénient à considérer les anyphænes comme un simple groupe du genre clubione, ainsi que le voulait Walckenaer ; mais je crois également que c'est méconnaître les affinités de ces aranéides que de les classer dans la famille des théridions, à l'exemple de M. Koch. |
Ilest vrai, comme je l'ai dit en commençant, que l’anyphæne forme le passage. des clubiones aux théridions; mais son corselet très-large, ses pattes fortes, ses palpes robustes et longs, ses filières en faisceaux, sa manière
de vivre, la forme de sa demeure et l'aspect général de
son corps, la rattachent évidemment à la première de ces deux familles, dans laquelle elle forme à elle seule une tribu.
ESPÈCES PRINCIPALES
Anyphæne nourrice. — A. erralique ou carnifez.
L'anyphaæne nourrice (clubione nourrice W.) est une grosse araignée dont le corselet est jaune orangé brillant, dont les mandibules sont horizontales et presque aussi longues que le corselet, dans le mâle surtout, dont l'abdomen est jaune verdâtre avec une bande grise dorsale : cette aranéide habite le midi de la France, elle recherche les bois, où elle établit son habitation.
J'en ai trouvé abondamment dans la forêt de Compiègne
Fig. 56. pendant le mois d'août de l’année 1862; elles étaient adultes, mais malheureusement à cette époque elles n'avaient pas encore pondu; elles se tenaient renfermées dans
feuilles ou sous les buissons, mais dans les endroits aérés et exposés au soleil, de préférence dans les épis des graminés les plus élevés
ké (avoine, paturin, etc.); ceux-ci Ù À étaient courbés en demi-cercle, 4 maintenus dans cette position par de nombreux fils, et les grames étaient également retenues et comme soudées par un tissu fin et serré, aux parois d’une grosse cellule d’un blanc de neige, dont la forme était ovale ou ronde, et dont l’ouverture était placée à la partie inférieure. On ne peut
leurs coques, installées, non sur les
Par r:
ANYPHÆNE. 147
comparer cette habitation qu'à celle du petit mammifère - connu sous le nom de rat nain, et à celle de certaines chenilles qui vivent en société.
Comme toutes les clubiones, l'anyphæne est chasseuse ; elle court avec rapidité, et attaque avec courage les proies les plus vigoureuses. Walckenaer à trouvé sa clubione nourrice en compagnie de sa jeune famille ; c’est à lui que j'emprunte les détails suivants.
« Je l'ai trouvée, dit Walckenaer, le 6 octobre 1801,dans « un taillis de la forêt du Lis, à une lieue d’Asnières-sur- « Oise. Elle avait réuni plusieurs feuilles et formé avec « une soie très-blanche un nid gros comme la moitié du « poing, et assez semblable à celui que font les chenilles. « Quelques fils étaient tendus en tous sens sur les feuilles «et les branches environnantes. L'intérieur de ce nid « était tapissé d’une soie plus blanche et plus serrée, où « se trouvaient ses petits déjà grands, et longs au moins « d’une ligne et demie. L’araignée, au lieu de s'enfuir « lorsque je voulus la prendre, avançait ses longues man- « dibules qu'elle retirait aussitôt. Avec mes pinces, je l’o- « bligeai à sortir du trou, mais elle n'abandonna point le « champ de bataille, et s'arrêta sur les feuilles les plus « proches. Je mis fin à ce combat en la faisant tomber dans « un flacon rempli d’esprit--de-vin. Le lendemain matin, « j'allai de nouveau visiter le nid. Le trou que j'y avais « pratiqué pour en arracher la mère avait été rebouché « avec soin par les jeunes. Je fis un dénombrement exact « de cette famille, qui se composait de 54 individus. »
Le mâle diffère de la femelle par sa taille moindre, son abdomen grêle, ses pattes très-longues, et surtout par ses mandibules fortes et horizontales. Je l’ai trouvé parfaitement adulte et orné de ses plus belles teintes, à l’époque
de l'accouplement ; il était alors dans la même coque que la femelle, et fit de la résistance pour en sortir.
L'autre espèce est l'anyphæne erralique, ou carnifex, son abdomen est d’un jaune clair et plus franc. « Elle « se fait remarquer par sa férocité; une femelle, dit « M. Koch, qui avait été enfermée dans un bocal, avec « des araignées plus grandes, se barricada tout d’abord « dans une coque spacieuse, qu'elle avait filée en peu de « temps; une grosse araignée qui s’approchait de cette « toile, fut saisie et mordue par elle à travers le tissu; « elle mourut sur-le-champ, et fut attirée par l'anyphæne, « qui la suçaetla laissa ensuite tomber. Les autres arai- « gnées enfermées dans le bocal eurent toutes le même « sort. » (Koch., Uberc. des Arachn. Syst.)
En Belgique, j'ai pris souvent l'anyphæne erratique, sur des feuilles d'arbustes ; ses œufs, qui ne paraissent pas retenus par un cocon, sont jaune orangé et non agglutinés.
L'anyphæne nourrice ne semble pas habiter cette contrée.
THÉRIDIFORMES. 149