QUATRIÈME FAMILLE
THÉRIDIFORMES.
Cette famille est une des plus nombreuses de l’ordre, et une de celles qui sont le plus répandues dans la nature.
Les espèces dont se compose cette grande division, ont les yeux placés sur la face verticale du front, égaux, mais séparés en trois groupes équidistants, dont un intermédiaire formé de quatre yeux, et un de chaque côté formé de deux yeux; un corselet excessivement petit, pointu et élevé en avant ; un abdomen énorme et extraordinairement renflé; des mandibules toujours petites, reculées sous le thorax; des mâchoires variant dans leur forme suivant les tribus; des palpes d’une petitesse excessive; des pattes longues et surtout très-fines, qui ne sont pas en proportion avec la grosseur du corps. La peau des théridiformes est, dans le plus grand nombre des cas, ornée de taches plus ou moins vives qui sont dues à la coloration du derme, et non à celle des poils qui manquent souvent.
L'anatomie de ces aranéides a été peu étudiée; il est probable qu’elle est identique à celle de l’épéire qui est bien connue ; le volume encore plus grand de l'abdomen tient sans doute à une ampleur plus exagérée du foie;
il est inutile de dire que les stigmates ne sont qu'au nombre de deux.
Pour Walckenaer, les théridiformes, avec les épéires, coniposaient le groupe des araignées sédentaires; mais elles ne le sont pas exclusivement, car elles sortent de temps en temps de leur toile.
Cette toile, qui se trouve aussi bien dans l’intérieur de nos habitations, que dans les bois et dans les champs, a la mème contexture dans tous les genres, c’est-à-dire qu'elle est irrégulière, mais que les fils qui la forment peuvent être très-rapprochés et constituer une trame ; d’autres fois ils peuvent être écartés et former des réseaux très-lâches.
Tels sont les caractères de cette famille d'araignées ; mais en étudiant toutes les espèces que ces particularités rapprochent, on est forcé de reconnaitre que ce groupe doit naturellement encore être partagé en plusieurs tribus : nous parlerons d'abord de quelques espèces anormales, qui ne sont placées dans cette famille qu'avec incertitude; elles ont les yeux des mygales et l'abdomen des épéires : ce sont les clothos ou clothéiens.
Celles qui suivront peuvent être considérées comme type de la famille, car elles en réunissent tous les caractères, et ont de plus les mâchoires courtes et entourant la lèvre; ce sont les théridiens proprement dits.
Dans une troisième division, seront classées des espèces qui ont un corselet plus grand, des mächoires plus verticales et plus écartées, des pattes moins allongées et dont la quatrième paire est la plus longue : ce sont les linyphiens. S
Les premières forment des toiles en réseau et sont lentes dans leurs mouvements, les autres filent toujours
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des toiles en nappe, et sont précipitées et courageuses dans leur attaque.
Les clothos font le passage des drasses aux théridions ; les théridions eux-mêmes représentent le type de la famille dans toute sa pureté; les linyphies sont intimement unies aux premières épéires, et forment une chaine entre ces deux groupes importants.
Lee TriBu. CLOTHÉIENS.
Yeux inégaux, disposés comme ceux des mygales, deux au milieu plus gros, trois de chaque côté, — mächoires très-inclinées sur la lèvre, contiqués, — pattes et palpes fins, portés Latéralement, — abdomen globuleux.
Cette tribu renferme les genres Clotho, Écobe, Sicaire, Ényo.
27° GENRE. CLOTEO®, Clotho, Walckenaer.
(xhw60w, filer.)
Synonymie : Uroctrée, Léon Dufour.
Yeux, huit, trois de chaque côté, formant deux Fig. 57. triangles latéraux; deux intermédiaires, /, E plus gros, sur une ligne transverse. fé 2s;\
Lèvre, triangulaire, large à sa base, se terminant en pointe.
Mâchoires, courtes, très-inclinées sur la lèvre, à côtés parallèles, terminées en pointe un peu obtuse.
Corselet, court, large, en forme de croissant ou de triangle, à base très-dilatée.
Abdomen, ovalaire, grand, déprimé.
Pattes, la quatrième paire sensiblement plus longue que les autres, qui sont presque égales et toutes un peu divergentes.
Filières, très-longues, placées sur des éminences abdominales.
Couleur, brun rougeûtre ou verdâtre, avec des taches de poils fauves.
Taille, 1 centimètre et demi.
Patrie, Europe méridionale.
Iabitudes, aranéides construisant, sous les pierres, une coqué en forme de tente et à plusieurs étages, où elles habitent avec leurs petits.