CLOTHO
par une couche de bourre, qui garnit tout l'intérieur de la chambre soyeuse.
« Lorsque les petits sont en état de se passer des soins maternels, ils prennent leur essor, et vont établir ailleurs leur logement particulier, tandis que la mère vient mourir dans son pavillon. »
M. Durand, qui a découvert cette espèce, ajoute : « Lorsque cette araignée aperçoit une mouche qui passe autour de sa toile, elle en sort, et saisit l’insecte avec ses pattes de devant, en faisant un mouvement circulaire avec l'extrémité de son abdomen, et s’aidant de ses pattes, elle enveloppe l’insecte comme une poupée, mais ne le suce qu'au fond de sa retraite ; elle suspend son cadavre au-dessus de sa toile. »
M. Lucas l’a très-bien observée en Algérie ; il compare
sa toile à la tente des Arabes; les jeunes qu’il a trouvés avec leur mère, étaient d’un testacé verdâtre uniforme.
28° GENRE. SICAIRE, Sicaria, Walckenaer.
(Sicarius, assassin.)
Yeux, au nombre de six, deux gros au milieu, deux plus petits de chaque côté, au-dessus l’un de l’autre.
Lèvre, allongée, cylindroïde, à côtés parallèles, arrondie à son extrémité.
Mächotres, inclinées, allongées, pointues à leur extrémité, creusées à leur côté externe, cultelliformes.
Corselet, en cœur.
Abdomen, arrondi ou en poire.
Paltes, allongées, peu inégales, fortes, étalées latéralement, à cuisses renflées.
Couleur, brune, tachée de points blancs.
Taille, À centimètre et demi.
Patrie, Nouveau-Monde, Brésil, Chili.
Habiludes,
UNE SEULE ESPÈCE
S. thomisoïde, S. thomisoides, Nicélet, Chili. Ce genre n'est connu que par les figures qu'a données
M. Nicolet, dans l’ouvrage Historia de Chile, de Ga On ne sait rien de ses habitudes.
ÉCOBE, 157
29° GENRE. ÉCOBE, Œcobius, Lucas.
(otxds, maison; ftos, vie.)
Yeux, au nombre de six, élevés sur un mamelon en avant du corselet, disposés sur deux lignes, dont l’antérieure, formée de quatre yeux, est courbée en avant, la postérieure de deux est droite.
Lèvre, presque elliptique, élargie à sa base, à extrémité arrondie; creusée d'un sillon profond, longitudinal. Mâchoires, courtes, apicales, très-inclinées sur la lèvre, et
l'entourant.
Palpes, presque pédiformes, insérés au milieu, au côté latéral des mâchoires.
Corselet, assez court, étroit en avant, large en arrière. Abdomen, subovalaire, déprimé, terminé en pointe.
Pattes, velues, latéro-divergentes ; la première et la quatrième paire sont les plus longues, la deuxième est la plus courte.
Couleur, brun fauve ; orné de taches blanches, assez vagues.
Taille, de 2 à 5 millimètres.
Patrie, Algérie.
Habitudes, aranéides sédentaires, établissant sous les pierres une petite toile à tissu serré, sous laquelle elles se
tiennent.
ESPÈCES
E, domestique, 0E. domesticus, Lucas, Algérie. E. annulé, OE. annulipes, Lacas, Algérie.
Le genre écobe, établi par M. Lucas, ne diffère des clothos que par la disposition de ses yeux, qui sont au nombre de six, très-espacés et rangés sur deux lignes ; à part cette différence aucun genre n'en est plus voisin ; la bouche et tous ses appendices, les pattes, le corselet, l'abdomen et ses longues filières, annoncent une parenté intime entre
ces deux genres; et un observateur peu exercé, prendrait les écobes pour de très-jeunes clothos, tant l'aspect de toutes ces araignées est semblable. Les pattes portées latéralement des écobes révèlent quelque ressemblance avec les araignées latérigrades ; mais il suffit de dire que ces analogies ne sont qu'apparentes, et n’influent en rien ni sur l’organisation ni sur la manière de vivre.
Ce genre, encore rare, ne devra pas nous arrêter longtemps; il suffira de dire que c’est aux environs d'Alger et de Constantine, sous les pierres ou mème à l’intérieur des habitations, que M. Lucas a pris ces petites araignées, dont la démarche est extrèmement vive et la couleur assez agréable.
ÉNYO. 159
30° GENRE. ENW@. Enyo, Savigny.
(evvw, divinité sanguinaire.)
Synonymie : Clotho et Argus, Walckenaer.
Veux, huit, inégaux, deux gros au milieu, entourés Fig. 59. de trois petits de chaque côté, formant + . 1 o e deux parenthèses. ae © ©»
Lèvre, grande, large, très-courte, arrondie ou tronquée à son extrémité.
Mâchoires, courtes, larges, très-inclinées sur la lèvre, l’enclavant, car leurs bases internes sont comme creusées, leurs extrémités se trouvent rapprochées, mais ne se touchent jamais.
Mandibules, assez longues, à crochets rudimentaires. Corselet, grand, globuleux, ovale.
Abdomen, très-globuleux, ovoide.
Pattes, de longueur médiocre, très-grèles, dans l’ordre suivant, Où 4,3, 1, 2, oùk, 1,3, 2.
Couleur, rouge, jaune brun uniforme.
Taille, de 1 à 3 millimètres.
Patrie, Europe et nord de l'Afrique.
Habitudes, aranéides chasseuses, vivant à terre ou sous les pierres, marchant lentement, ettendant de longs fils.
ESPÈCES
E. luisante, E. nilida, Savigny, Égypte.
E. algérienne, E. algericu, Lucas, Algérie.
E. amaranthine, E. amaranthina, Lucas, Algérie. E. longipède, E. longipes, Savigny, Europe.
E. occitanique, E. occitanica, Dugès, Europe. E. germanique, E. germanica, Koch, Allemagne. E. grecque, E. græca, Koch, Grèce.
Walckenaer avait réuni les ényos de Savigny aux clothos; mais comme Dugès en fait la remarque, à part la
disposition des yeux qui est identique, presque tous les organes sont conformés différemment dans ces deux genres.
Le corselet, globuleux comme l'abdomen, les pattes longues et fines des ényos, leur donnent quelques ressemblances apparentes avec les scytodes. Je dirai peu de chose de leurs mœurs qui ont été peu étudiées, à cause de la rareté des espèces, et aussi parce qu'elles n’ont rien de bien remarquable.
ESPÈCES PRINCIPALES. - Enyo luisante. — E. longipède. — E. algérienne.
L'Ényo luisante est une jolie petite araignée, dont le corps est rouge, luisant et glabre, dont les mouvements sont lents et comme mesurés; elle vit à terre, particulièrement sous les pierres, tend de longs fils, et attrape à la course de petites mouches dont elle fait sa nourriture ; cette araignée n’a encore été trouvée qu'en Égypte. M. Lucas, dans son grand ouvrage sur les animaux articulés de l'Algérie, donne quelques détails sur les habitudes d’une ényo dont il décrit le prenuer lespèce (E. algerica):
« Ce n’est qu'aux environs d'Alger, que j'ai pris cette espèce, qui y est très-abondamment répandue, pendant l'hiver et une grande partie du printemps; cette cu- « rieuse aranéide, que j'ai toujours rencontrée sous les pierres, se tient dans un petit cocon de soie blanche assez lâche, et légèrement revêtu de petites parcelles de terre ; ce cocon est sans issue, et lorsqu'on l’enlève de la pierre sur laquelle ilest fixé, pour s'emparer de l'ha- « bitant qu'il contient, celui-ci fuit aussitôt et si rapide-
rs
ÉNYO. 161
« ment, qu'ilest fort difficile de s'en saisir. Je ne sais si « cette ényo abandonne cette soveuse habitation pendant « l'été, pour aller à la recherche de sa nourriture; mais « tous les individus des deux sexes que j'ai pris, jeles ai « toujours rencontrés dans leur cocon, et jamais errants. »
L'Ényo longipéde, qui est la plus petite espèce du genre, est la seule qui ait été rencontrée aux environs de Paris.
Are TriBu. THERIDIENS.
Veux égaux, sur deux lignes, — mâchoires entourant complétement la lèvre, — première paire de pattes toujours la plus longue, — toile en réseau lâche.
Cette tribu comprend les genres Asagène, Théridion, Éro, Latrodecte, Dyctine, Érygone.
31° GENRE. ASAGENE, Asagena, Sundewal.
(&, privatif; caynvn, filet.)
Synonymie : Theridio, Walckenaer.
Yeux, huit, disposés en trois groupes; les quatre yeux qui forment le groupe du milieu, placés sur une proéminence du corselet, de sorte qu'ils paraissent beaucoup plus avancés que les latéraux; ces derniers ne se touchent pas. 3
Lèvre, semi-circulaire, large à sa base, arrondie à son extrémité.
Pattes-mâchoires, à coxopodites courts, fortement inclinés, larges à leur base, effilés à leurs extrémités; à article final, grand, fort, large, recouvrant complétement un organe copulateur ou conjoncteur, épais et robuste.
Corselet, petit, élevé et prolongé en avant, de manière à former un front plus ou moins saillant.
Abdomen, presque circulaire, fort déprimé en dessus.
Pattes, de longueur médiocre, lisses dans la femelle; pis, 60. jambes et tarses fins, cuisses et hanches -— fortes ; articulations armées dans le mâle de FX petites dents de scie acérées.
Couleurs, vives, le plus souvent foncées.
Taille, de 2 à 4 millimètres.
Patrie, deux sont européennes, une est algérienne, et l’autre brésilienne.
Habitudes, araignées vivant sous les pierres ou les mottes de terre, construisant des cocons d’une contexture serrée.
ASAGÈNE. 163
ESPÈCES A. à quatre points, À. 4-punciala, Walckenaer, Europe. A. serratipède, A. serralipes, Koch, Enrope.
A. notée, A. nolala, Koch, Grèce.
A. acuminée, À. acuminala, Lucas, Algérie.
A, Brésilienne, A. Brasiliana, E.S., Brésil.
Le facies des théridions qui composent le genre asagène, se rapproche, à certains égards, de celui des clothos et des ényos. En effet, leur Fig. 61.
abdomenestégalement plat, et leurs pattes sont divergentes ; mais leur corselet est petit, et prolongé en avant en un tubercule qui ie supporte les quatre yeux du Atanere RDC carré médian. C'est à M. Sundewal que nous devons cette nouvelle coupe générique ; les espèces qui s’y rapportent sont en petit nombre, mais sont étroitement unies.
ESPÈCE PRINCIPALE
Asagène à quatre points.
Le type est le theridio signatum, de Walckenaer : c'est une aranéide longue de trois millimètres, dont le corselet est d'un rouge brillant, dont l'abdomen est aplati et porte quatre taches jaunes, disposées en carré ; mais cette coloration n’est pas constante et offre des variations remarquables; ainsi, il est des individus dont l’abdomen porte sur la ligne médiane une large bande, d’autres dont le corps est entièrement brun, etc.
Les mœurs de ce théridien sont fort peu connues : il a toujours été trouvé à terre, dans les endroits humides des
forêts ; il se réfugie sous les pierres, ou plus souvent sous les mousses ; c’est là, qu’en automne, il pond ses œufs, et confectionne son cocon, qui est presque lenticulaire et d'un tissu serré (1).
(1) Je possède une très-petite aranéide originaire du Brésil (fig. 61) que je rapporte à ce genre ; son corselet est noir luisant, son abdomen également luisant, est brun et porte sur la ligne médiane une bande plus rouge ; il est circulaire, et parait recouvert d’une épaisse cuirasse percée d’une infinité de petits trous ou pores. Le facies de l'asagena brasiliana rappelle singulièrement celui du fheridio acuminatum, découvert en Algérie par M. Lucas.
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32° GENRE. THERIDION, Theridio, Walckenaer.
(Onpæ, chasse; etûw, voir.)
Syuonymie : Linyphia, Steatoda, Eucharia, Phrurolitus, Koch (1).
Yeux, huit, peu inégaux, toujours ainsi disposés : quatre au milieu formant un carré presque Fig. 62.
régulier, deux de chaque côté, très- @ © © 6 rapprochés ou se touchant; ils sont Fa presque toujours blancs et entou- = rés d'un petit cerele noir.
Lèvre, courte, assez grande, triangulaire ou semi-circulaire.
Pattes-mâchoires, à coxopodites grands, larges, Fig. 63. carrés et inclinés sur la lèvre; à article f > terminal effilé, ne recouvrant qu'à moitié un organe copulateur large, renfermant un croc ou conjoncteur pointu et bifurqué.
(1) M. Koch a tenté, comme pour le genre drasse, la désunion des diverses espèces de théridions, et les a réparties en plusieurs genres, dont il importe d'étudier la valeur. La famille des théridiformes, d’après cet auteur, comprend cinq tribus, qui sont uniquement caractérisées par leurs mœurs.
La première, ou araignées à sac (Beulelspinnen), a pour type l’épéire brune de Walckenaer, araignée assez semblable à un théridion, mais qui, à cause de son industrie, est inséparable des épéires; la seconde tribu, ou araignées murales (Wandspinnen), comprend le genre Eucharia, qui a pour type le théridion à quatre points; mais cette espèce n'ayant pour caractère distinetif que le rapprochement plus grand de ses yeux antérieurs, ne doit constituer qu'un sous genre; la troisième, ou araignées filandières proprement dites (eigentliche Webspinnen), renferme le genre théridion, qu'il appelle Sfeatoda, subdivisé lui-même en trois groupes, caractérisés par la longueur des appendices et la coloration de l’abdomen. Dans cette tribu sont en outre les linyphies et les micryphantes; une quatrième tribu, ou araignées tricoteuses (s{rickerspinnen), est fondée 1° sur la elubione nourrice de Walckenaer (cheiracantha) ; 2 sur le genre pachygnathe de Sundewal ; et 3° sur le théridion lineatum, appelé Bolyphante, qui s’écarte légitimement des théridions par son palpe et ses yeux latéraux; enfin une cinquième et dernière tribu, ou araignées terrestres (Bodenspinnen), comprend les latrodectes, les phrurolithes, que Walc-
Mandibules, courtes, verticales, à crochets longs et aigus. Corselet, petit, pointu en avant, cordiforme. Abdomen, globuleux, à dos bombé et très-gros.
Pattes, fines, assez allongées, toujours dans l’ordre suivant, 4, 4, 2, 3.
Couleurs, élégantes, souvent des taches rouges, blanches, vertes ou jaunes, se détachant sur un fond blanc ou noir foncé; quelquefois des lignes brisées et ramifiées. Corps luisant et glabre, comme s’il était verni.
Taille, assez minime, de 3 à 7 millimètres.
Patrie, ce genre est répandu sur toute la terre.
Habitudes, aranéides tendant dans les lieux sombres ou sur les feuilles, des fils écartés, qui constituent une petite toile, au milieu de laquelle elles pondent leurs œufs, qu'elles entourent d'une bourre plus ou moins lâche.
kenaer appelait {héridions cachés, et que leurs yeux désunis et leur couleur noire éloignent légèrement du type; enfin les asagènes, les clothos, les ényos, ete, etc.
La base de cette classification est empruntée à Walckenaer, ce qui prouve que les familles établies dans le genre théridion par cet aranéologue sont les plus naturelles et les seules que l’on puisse établir.
Le genre théridion est tellement homogène dans toutes ses parties, qu'une subdivision ne peut être fondée sur des caractères importants. — Les yeux ont dans tous la même disposition, ou du moins, si quelquesuns ont les latéraux plus gros et plus écartés, nous trouvons entre eux et les espèces qui les ont rapprochés et petits, de nombreux intermédiaires, qu'il est impossible de classer; on peut en dire de même de la lèvre, qui est le caractère sur lequel Walckenaer base ses divisions ; on sait que la lèvre fait partie du sternum, et que les variations de sa forme ne doivent point avoir plus d'importance que celles du plastron, qui n’ont jamais pu caractériser les espèces. Les seules particularités qui puissent donc servir, sont la longueur et la finesse des membres, le fond de la coloration et la manière de vivre. — Ce ne sont pas, ce me semble, des caractères de cette valeur qui peuvent distinguer les genres.
J'ai cru devoir cependant éliminer des théridions le {heridio signatum, appelé asagène par Sundewal, et le theridio trilineatum, qui a reçu de Koch celui de Bolyphante.
Quant au genre /heridio, la subdivision ressemble à celle de Walckenaer, les dénominations sont empruntées à Koch. £
suif; eos, ressemblance). — Yeux latéraux se touchant, — pattes aussi longues et aussi fines que celles des scytodes, — abdomen tout à fait arrondi, — couleur blanche ou jaune, sans dessin régulier sur l'abdomen. — Araignées vivant sur
1® Sous-genre. Steatooum, Koch (steuroûns, couleur de suif : or:axos,
Fig. 64.