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elle se termine à une de ses extrémités par un trou rond à double ouverture, l’une tournée vers le dessus de la toile, l’autre se retournant par en bas. La grandeur et la forme de cette toile varient beaucoup suivant l’âge de la tégénaire et la convenance du local choisi par elle: elle peut avoir plus d'un mètre de long et s'étendre par exemple sur toute la largeur d'une fenêtre. En se couvrant de poussière, elle se salit, devient noire, et importune la vue par son aspect repoussant; mais lorsqu'elle a été tissée dans un endroit clos et à l'abri de toute souillure, elle est au contraire d’un blanc éclatant et d’une propreté remarquable.
La vie de l’araignée domestique est sédentaire, et d’une durée qui, assure-t-on, dépasse sept années; cette vie se passe sur la toile qu’elle construit au sortir du cocon, et qu'elle agrandit à mesure qu'elle grossit, parce qu'il lui faut alors des proies plus volumineuses et plus abondantes. Sa demeure habituelle est son tube soyeux, placé, comme nous l’avons dit, à un des angles de cette toile; elle s’y tient constamment, immobile, la tête tournée vers le dessus de ses filets. Lorsqu'elle est effrayée par un bruit quelconque, ou par la présence de l’homme, elle se retourne, et si on la poursuit, elle sort par l'ouverture inverse et échappe ainsi aux attaques de ses ennemis. Lors de l’accouplement seulement, le mâle sort de sa toile et va sur celle de la femelle. J'ai vu aussi quelquefois deux femelles venir sur la même toile et se disputer une proie, qui dans ce cas appartient au de A
Lorsqu'on tue une tégénaire, ou qu’on la chasse de sa demeure, quelques jours après une autre araignée de même espèce, ordinairement plus jeune, a pris sa place et profite de la toile déjà construite.
Les araignées domestiques se nourrissent d'insectes de toutes sortes; ce sont les diptères et les lépidoptères qui servent de proie aux jeunes; mais lorsqu'elles sont plus grandes, elles entraînent également dans leur tube les coléoptères, les hyménoptères, les petits scolopendres, et aussi, mais plus rarement, les annélides.
Une proie s’est-elle prise dans ses filets, la tégénaire sort vivement de son tube, s'arrête brusquement pour voir quel ennemi elle a à combattre; si c’est une simple tipule ou une mouche, elle court sur elle comme un trait, lui donne un coup de ses crochets venimeux, la saisit, puis se retourne et s'enfuit avec elle dans son tube pour sucer son sang tranquillement et à l'abri de tout. danger ; si la proie est au contraire volumineuse, si c'est un coléoptère aux mandibules acérées, ou un hyménoptère à l’aiguillon redoutable, c’est alors que s'engage un véritable combat, une lutte acharnée. La tégénaire, après avoir mesuré la force de son ennemi, court sur lui, l’attaque franchement, lui porte un premier coup; si celuici prend la défensive, elle recule d’un pas, s'arrête, revient, se rue sur lui avec une violence excessive, puis recule encore et contemple immobile la frayeur et les vains efforts de son adversaire, attendant patiemment l'occasion favorable de lui porter le coup fatal qui doit décider de la victoire; dans toutes ses attaques, l'araignée a soin de relever au-dessus de sa tête ses pattes antérieures pour les préserver des mandibules des coléoptères et des scolopendres qui les broyeraient inévitablement. I lui arrive souvent aussi de passer sous sa toile pour porter ses coups dans les parties les plus sensibles du corps de ses ennemis, ou pour arrêter leur fuite trop rapide ; d'autres fois, l'araignée plus prudente, avant
d'attaquer une proie trop vigoureuse, emploie un autre artifice, elle colle sur son corps des fils qu’elle enroule avec ses pattes comme sur une bobine, et le garrotte de manière à s’en rendre maitre facilement.
La tégénaire domestique, lorsqu'elle est près de pondre, se retire vers le soir à quelque distance de sa toile ; là, elle file un flocon de soie d’une extrême blancheur,'le tourne et le retourne longtemps avec ses pattes, puis l'entoure d'un sac de fils bruns et lâches, long de 4 à » centimètres. Elle leste ensuite ce sac de graviers, de détritus d'insectes, etc., et l’attache au moyen de fils nombreux, dont quelques-uns communiquent avec la toile. Lorsque ce travail est terminé, elle pond ses œufs et les enveloppe d'un cocon d’une soie fine et transparente, qu'elle transporte aussitôt au milieu du flocon,
qu'elle à préparé et construit avec tant de soin; puis, après avoir fermé l'ouverture du sac qui l'enveloppe, elle
se pose dessus et se tient là constamment en surveillance, abandonnant ainsi sa grande toile et son ancienne demeure. | |
C'est pendant l'été, aux mois de mai, juin et juillet, que l’on trouve les tégénaires femelles sur leur cocon, gardant leur progéniture.
Le 15 juin 1865, une grande tégénaire prise à Leudeville, et enfermée depuis plus de trois semaines, pondit ses œufs entre des feuillets de soie superposés et d’un beau blanc ; ils n'étaient protégés ni par un cocon ni par le gravier qui lui manquait, mais simplement déposés sur une petite toile en forme de coupe (fig. 89).
Les œufs sont ronds et d’un blanc mat, ils sont libres et non agglutinés entre eux ; leur nombre dans chaque cocon est de 155 à 195.
Les jeunes, au moment de leur éclosion, ont l'abdomen jaunâtre, et le reste du corps entièrement blanc.
Le mâle est beaucoup plus rare que la femelle, il s’en distingue par sa taille un peu moindre, nar ses couleurs plus vives, par ses pattes beaucoup plus longues.
La tégénaire civile est une espèce presque aussi commune que la {. domestique, qui lui ressemble beaucoup, et qui habite les mèmes lieux; sa taille est un peu moins grande, ses couleurs sont plus vives et plus foncées, son abdomen est brun avec de petites lignes ondulées jaunes ; sa quatrième paire de pattes est la plus longue, tandis que dans la domestique, c’est la première. Son industrie étant la même, je ne m'y arrèterai pas, je dirai seulement que sa toile est plus lâche et brunit moins à la poussière. "
Quelques espèces recherchent, pour y établir leur toile, les bois et les champs, le pied des arbres, les trous des
murs, le dessous des pierres, etc.:; telles sont les tégénaires champôtre et forestière.
La tégénaire agreste, qui vit aussi dans les champs, est moins grande et aussi commune; l'industrie qu'elle emploie pour préserver ses œufs, est aussi singulière que celle de la tégénaire domestique, mais d'un autre genre. C'est à Walckenaer que j'emprunte le passage suivant :
«Gest sous les pierres et dans les endroits cachés qu'elle dispose son cocon, qu'elle abandonne, parce qu'il est formé avec un art admirable, et”suffit pour garantir sa postérité. Ce cocon est gros, sphérique, de cinq à six lignes de diamètre, d'une éclatante blancheur, et se trouve en assez grand nombre sous les pierres où il y a de la terre humide, et dans les lieux où il y a une grande abondance de cloportes ; il est formé d’une triple enveloppe: la première est mince, très-blanche, fortement tissue; sous cette enveloppe on trouve du sable, de la terre, des débris d’élytres de coléoptères que l’araignée a dévorés ; le tout réuni et agglutiné par des fils presque imperceptibles. Sous cette couche de nn terre est un second cocon d’un beau jaune orangé, d'un tissu serré ; il faut, pour le bien voir, le détacher de la terre qui s’y trouve agglutinée. Ce second cocon, qui est à l’intérieur, d’un orangé plus vif, renferme une bourre lâche et peu serrée qui contient les œufs : ceux-ci sont jaunâtres ou blanchâtres, et au nombre d’environ quarante, leur surface est un peu gluante. Souvent ces cocons sont isolés, au nombre de quatre ou cinq, peu éloignés le#uns des autres ; souvent aussi il s’en trouve deux réunis sous une toile commune, fine et transparente. »
Fig. 90.
C'est en juillet que Walckenaer enferma une femelle dans un verre ; il la vit pondre, entourer ses œufs de la bourre jaune, coller avec ses pattes de la terre humide tout autour de ce flocon, puis tourner et retourner autour pendant toute une journée, pour former la toile extérieure destinée à maintenir la terre.
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40° GENRE. AGÉLENE, Agelena, Walckenaer.
(à, privatif; yæAdvn, calme.)
Synonymie : Nysse, Arachne, Savigny. (äp4xvn, araignée.)
Yeux, peu inégaux, groupés sur le devant du corselct, sur trois lignes, l’antérieure formée de deux yeux, ste l'intermédiaire de quatre dont les deux Dé du milieu sont plus petits que les autres, co e et la supérieure de deux. .
Lèvre, aussi haute que large, presque carrée.
Pattes-mâchoires, à coxopodites larges, courts, ovalaires ou quadriformes, légèrement dilatés à leur côté interne et un peu inclinés sur la lèvre; à organe copulateur creusé d’une vaste cavité, renfermant un conjoncteur formé de deux pièces, la pièce basillaire est large, plate et conchyliforme, la pièce {erminale est longue, effilée et tortillée en spirale.
Corselet, grand, en cœur, élargi et arrondi en arrière, coupé carrément et un peu élevé en avant.
Abdomen, gros et ovalaire.
Filières, très-longues, palpiformes.
Pattes, assez robustes et allongées, dans l’ordre 4, 2, 1, 3, la quatrième et la seconde presque égales.
Couleur, brune avec des figures fauves ou rougeûtres ; corps couvert de poils roides.
Taille, inférieure à celle des tégénaires, atteignant parfois plus d'un centimètre.
Patrie, Midi de l'Europe, Nord de l'Afrique et Amérique.
Habitudes, aranéides construisant sur les herbes, les buis-
sons, etc., une grande toile en entonnoir avec une retraite tubiforme, allongée, où elle se tient.
1°" sous-genre. ÂGELENA. — Yeux équidistants, fort rapprochés entre eux ; les deux lignes suivant la même courbure; les intermédiaires un peu plus gros que les latéraux. — Filières longues.
A. labyrinthique, A. labyrinthica, Schæfer, Europe, A. syriaque, A. syriaca, Koch, Syrie.
A. pensylvanique, À. pensylvaniea, Koch, Pensylvanie, A. orientale, A. orientalis, Koch, Grèce.
A. grèle (*) ({), A. gracilis, Koch, Allemagne. A. de Bourbon, A. Borbonica. Vinson, ile de la Réunion. 2e sous-genre. Nyssa, Savigny (vÜsow, piquer). — Yeux parfaitement
égaux, écartés entre eux, sur deux lignes très-faiblement inclinées eu avant.
N. familière, N. familiaris, Savigny, Égypte.
N. timide, N. timida, Savigny, Égypte.
N. marquée (*), N. nœvia, Abbot, Géorgie (Amérique).
N. pédicolore(*), N. pedicolor, Walckenar, Nouvelle-Hollande.
N. canarienne, N. canariensis, Lucas, Algérie, Canaries. 3° sous-genre. HanniA (2), Koch (nom du docteur Fig. 93.
Habn). — Yeux sur deux lignes, l’antérieure courbe, la
supérieure droite; yeux latéraux plus gros que les inter- 49 «
médiaires. — Filières très-longues, s’écartant en deux °°°°
faisceaux.
(1) Cette marque (*) signifie douteux.
(2) Je réunis aux agélènes, les quelques petites espèces auxquelles M. Koch donne le nom d’Aahnia, et qui ne me paraissent pas différer assez de ce genre pour en être séparées; ce sont les plus petites araignées que l’on connaisse : leur taille, qui ne dépasse pas un demi-millimètre, les distingue, encore mieux que leur conformation, des autres espèces. J'ai cru utile de joindre à cette note la traduction des principaux caractères de l’hahnia pusilla : les formes de cette araignée sont assez sveltes, — le thorax très-brillant est presque circulaire en arrière, — les yeux sont placés tout à fait sur le rebord du front, tous presque d’égale grosseur, la rangée de devant presque droite, celle de derrière inclinée en avant, les deux yeux du milieu de la rangée du devant à peine éloignés de la largeur d’un œil l’un de l’autre, ceux de la rangée de derrière plus écartés à peu près de la même largeur qui sépare les deux rangs, — pattesmâchoires longues et fortes, les deux premiers articles, chez les mâles, sans marque particulière, les deux suivants très-courts à peine aussi longs qu'épais, et pourvus de poils assez forts; article terminal grand, voûté, ovale, creusé en bas, et couvrant d’en haut l'organe copulateur qui est simple et épais, —la poitrine, plus large que longue, est d’un éclat mat, — l'abdomen, plus étroit que le thorax, est couvert de poils soyeux, — les filières, aussi longues que l’abdomen, s'écartent en deux faisceaux, — les pattes, assez grandes et velues, ne sont pas armées de piquants perceptibles. — Je pense que l'Argus fuyard de Blackwall est voisin des Kahnia, ou n'en est que le synonyme.
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H. faible, H. pusilla, Koch, Allemagne.
H. des prés (‘), H. pratensis, . Koch, Allemagne. H. sylvicole, H. sylvicolis, Koch, Allemagne. H. fuyarde (*), H. fugans, Blackwall, Angleterre.
Le genre agélène est un trait d'union entre les tégénaires et les linyphies, il montre combien ces deux types sont voisins, car il tient de l’un et de l’autre : aux linyphies, par ses yeux inégaux et équidistants; aux tégénaires, par ses mâchoires un peu creusées au côté interne, mais il se rapproche davantage des premières. Sa toile a une forme tout exceptionnelle, sur laquelle j'insisterai plus loin; mais la nature de son tissu est semblable à celui des genres voisins. Sous le rapport de la vivacité et de la brusquerie des mouvements, l'agélène se rapproche encore des linyphies et s'éloigne des tégénaires et des théridions, si remarquables par leur prudence et les précautions qu'ils prennent pour préserver leur corps de la morsure des insectes. Une seule espèce est européenne, c'est l’agélène labyrinthique, si: commune dans nos environs.
ESPÈCE PRINCIPALE
Agélène labyrinthique.
L'agélène labyrinthique est une araignée de grande taille pour notre pays, dont la couleur est fauve rougeâtre, dont l'abdomen porte sur son milieu une série de triangles fauve clair, dont les pattes ainsi que le corps sont très-velues et présentent même des piquants cornés. Cette araignée est, après la tégénaire domestique, celle qui file le mieux; aussi ses filières sont-elles longues et bien visibles sous forme de petites pattes articulées.
Elle recherche, pour établir sa toile, la campagne, et
habite surtout, quand elle est jeune, les prairies et les champs de blé; là, elle enveloppe les herbes d’un réseau de fils, dont le tissu aussi doux que celui de la tégénaire domestique, est plus blanc et plus épais; cette toile, qui mesure quelquefois plusieurs décimètres carrés, a la forme d’un entonnoir, c’est-à-dire que les bords en sont évasés et se prolongent en un grand nombre de fils qui, semblables à des cordages, soutiennent l'édifice de toute part en prenant attache sur les corps environnants; le centre en est comme enfoncé et se prolonge en un tube soyeux, long et cylindrique, souvent recourbé, et dans lequel se tient l’agélène ; cette toile, par sa grandeur et la perfection de sa contexture, arrête un grand nombre d'insectes qui, voulant se poser sur la tige des blés pour y déposer leurs œufs, se prennent dans les fils isolés et imperceptibles quien émanent; ainsi arrêtés, leurs efforts ne tendent qu’à les précipiter sur les filets de leur ennemie, où ils sont inévitablement perdus, car l'agélène est très-féroce et d’une vivacité telle, qu'elle ne laisse pas aux mouches les plus agiles le temps de prendre leur essor et de s'enfuir.
Cette araignée est sédentaire et ne quitte jamais sa demeure, mais elle en parcourt souvent toute l'étendue avec une grande rapidité, en courant par saccades et par bonds, surtout le soir et le matin, lorsque le temps est chaud et à l'orage.
Lorsqu'elle est plus âgée, elle construit sa toile dans des endroits plus abrités, particulièrement sous les toits de chaume- ou les meules de foin: c'est là qu'on la trouve adulte, c’est là aussi qu'elle s'accouple; cette toile a alors plus d'étendue, mais elle a toujours la même configuration, elle se moule pour ainsi dire sur Ja
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forme du local qui la reçoit : tantôt elle est très-allongée et tubiforme, tantôt, au contraire, elle est largement évasée, et s'étale comme une toile dé tégénaire.
Au moment de la ponte, l’agélène labyrinthique change encore une fois de domicile et se fixe sur les haies, les buissons ou dans les fossés peu profonds, afin que les jeunes se trouvent, dès leur naissance, au milieu du champ où ils doivent passer la première période de leur existence. C’est sur les haies, au mois d'août et de septembre, au pied des buissons de ronces et d’aubépine, sous les talus, etc., que l’on voit la toile de cette araignée dans toute sa grandeur et se déployant comme une étoffe blanche et argentée, surtout lorsque la rosée l’a blanchie et que le soleil lui donne un reflet brillant ; c'est au fond de ce vaste édifice que la femelle travaille avec un art admirable à la construction du cocon, et de la chambre soyeuse qui doit l’'envelopper. L'industrie qu’elle emploie à cet effet ressemble à celle de la tégénaire agreste, dont je viens de parler, c’est-à-dire qu'après avoir pondu une soixantaine d'œufs, gros, ronds et jaunes, et les avoir rapprochés de manière à en former une petite boule ronde, elle les entoure d'une bourre douce et moelleuse, puis d’une couche protectrice de corps étrangers, de débris solides d'insectes, de petites coquilles de limacon, de graviers, de petites branches, etc. : le tout, recouvert par une toile éclatante de blancheur, forme un cocon rond et très-gros qu'elle suspend en travers de son tube, et qu'elle soigne avec une sollicitude égale à celle de l’araignée domestique.
Après avoir décrit ce cocon, Dugès ajoute : «Get appa- « reil compliqué ne saurait empêcher les œufs d'être fré- « quemment la proie des ichneumons, dont le germe est
« inséré au milieu d'eux, à l’aide de la longue tarière « dont la femelle de ces hyménoptères est pourvue ; aussi « trouve-t-on dans ces cocons tantôt des vers blancs, « tantôt des nymphes près d'éclore, et si ces araignées «ne faisaient point plusieurs pontes par été, l'espèce « si nombreuse en individus serait au contraire fort « rare. »
Comme l'avait remarqué Lister, la rapidité avec laquelle l’agélène file, est prodigieuse; si on l’enferme dans une boîte vitrée, au bout de quelques heures, la boîte est remplie d’une toile floconneuse semblable à une vapeur blanche, au milieu de laquelle on distingue cependant des issues et des sentiers intérieurs, où circule l’araignée avec une agilité étonnante ; ce travail ressemble à un labyrinthe ; de là le nom de cette espèce.
Suivant le mème observateur, les œufs pondus au mois d'août n’éclosent qu'au mois de février suivant : Walckenaer, cependant, a vu des jeunes éclos au mois de septembre.
Dugès, qui a si soigneusement observé cette araignée, a été bien des fois le témoin des combats acharnés que se livrent les deux sexes, à l'époque de leur rapprochement; cette lutte singulière dure quelquefois plus d’une demi-heure, et le mäle plus faible en est souvent la victime.
L'année dernière, au mois de juillet, à Leudeville, j'ai trouvé un grand nombre d'agélènes adultes et grandes ; les femelles étaient très-vives; aussitôt que je touchais tant soit peu à leur toile, elles s’enfuyaient jusqu'au fond de leur tube; le seul moyen de s'en emparer était de fermer ce tube plus bas qu'elles, avec les doigts ou des pinces ; sans cette précaution, elles se sauvaient par l'ou-
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verture inférieure et 1l était impossible de les saisir. Les mâles, au contraire, qui étaient nombreux et adultes, étaient engourdis et se laissaient prendre sans faire aucun mouvement.
La plupart meurent dès les premiers froids, quelquesunes cependant survivent et résistent aux plus fortes gelées ; elles se retirent alors sous l'écorce des arbres, sous les pierres, etc.; là, elles construisent une coque avec des feuilles qu'elles enduisent de fils des deux côtés, de manière à les rendre imperméables au froid et à la pluie; elles en forment une espèce de tente et s’engourdissent dans cette retraite jusqu'au printemps suivant.
k1° GENRE. LACHÉSIS, Lachesis. Savigny.
(hayesw, une des trois Parques.)
Yeux, huit, presque égaux, sur deux lignes de quatre yeux chacune, courbées en avant, les latéraux antérieurs plus rapprochés des mandibules que les intermédiaires.
Lèvre, longue et ovalaire, tronquée à sa base, plus étroite et arrondie à son sommet.
Mâchoires, assez courtes, larges surtout à leur base, à côté interne droit, à côté externe évidé et arrondi à son extrémité.
Mandibules à crochets rudimentaires et rejetés en dehors.
Cvrselet, grand, plus long et aussi large que l'abdomen, plus étroit en avant qu’en arrière où il est arrondi.
Abdomen, ovalaire ou presque rond, filières médiocrement allongées.
Pattes, longues et assez robustes dans l’ordre 1, 4, 2, 3.
Couleur, brun uniforme.
Taille, 1 centimètre de long.
Patrie, Égypte.
Habitudes, aranéides construisant une toile nappilorme.
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