‹ Histoire naturelle des araignées (aranéides)Chapitre 40 sur 211 · C. C. ruvoisei, Lucas, Algérie · texte numérisé non relu

C. C. ruvoisei, Lucas, Algérie

6° sous-genre. HyLLA, Koch (nom mytholog.). — Yeux : les latéraux antérieurs un tiers plus petits que les intermédiaires, yeux postérieurs petits, formant avec les antérieurs un carré parfait; yeux de la seconde ligne plus près des antérieurs, — mandibules énormes, divergentes et horizontales dans les deux sexes, — pattes antérieures extraordinairement longues et fortes.

H. géante, H. gigantea, Koch, Colombie.

H. active, H. strenua, Koch, Mékique.

H. mordante, H. mordax, VWalckenaer, Montevido.

H. noble, H. nobilis, Koch,

H. combattante, H. pugnax, Koch, Mexique.

H. alternante, H. allernans, Koch, Indes Orientales.

1° sous-genre. Amyca, Koch (nom mytholog.). — Yeux reculés sur le haut du front, les antérieurs intermédiaires extraordinairement grands, ceux de la seconde ligne plus près des antérieurs, — corselet presque globuleux, — mandibules fortes et denticulées, — membres très-longs et gréles, dans l’ordre 3, 1, 2, 4.

A. flamboyante, A. ignea, Perty, Brésil.

A. visible, A. spectabilis, Koch, Brésil.

A. à ligues jaunes, A. flavolineata, Koch, Mexique. d A. sous-fasciée, À. subfasciata, Koch, Brésil.

CYRTONOTE. 329

Je me suis servi du mot de cyrtonote pour désigner un grand nombre d’attes qui se distinguent du genre typique par un facies tout différent, mais non par des caractères anatomiques tranchés.

Le corselet des cyrtonotes, au lieu d'être plat et de niveau avec l'abdomen, est bossu surtout dans le milieu et s’abaisse graduellement jusqu'à l'insertion de l'abdomen ; les mandibules, au lieu d’être renfoncées et courtes, sont plus ou moins saillantes et souvent tout à fait horizontales.

La détermination des espèces qui se rapportent à ce genre est très-diflicile, à cause de la grande similitude qui existe entre elles, et aussi parce qu’elles sont sujettes à de nombreuses variations individuelles. M. Koch, cependant, les a réparties en divers genres que j'ai réduits en sous-genres comme on vient de le voir : quoique j'ai apporté tous mes soins à cette classification, je crois néanmoins qu'elle ne pourra être adoptée qu'après avoir été encore étudiée.

Une seule espèce est fort commune en France, c’est latte parée de Walckenaer ou la calliéthérée parée de Koch.

ESPÈCES PRINCIPALES

Cyrlonote parée. — C'. psylle. — C. sanguinolente.— C. variée. C'. très-belle. — C'. mordante. — C. biche.

La cyrtonote parée (calliéthérée de Koch, atte parée de Walckenaer) est une petite araignée longue de 4 millimètres, dont la coloration est élégante ; son corselet noir luisant porte sur les côtés une bande blanche, et dans le milieu, deux gros points de même couleur.

Fig. 154.

De tous les attiens, cette espèce est la plus commune ; elle apparaît dès les premiers jours d'avril, on la voit, lorsque le soleil donne, courir et sauter sur les haies, les portes de jardins et aussi sur les murs de nos habitations. Elle se fait remarquer entre toutes les autres par sa vivacité et l’agilité avec laquelle elle saisit les insectes, même ceux qui sont ailés, au moment où ils s’envolent ; toujours aux aguets, elle élève son corselet sur ses pattes pour voir tout autour d'elle.

Elle sait se préserver du froid en s’enfoncant sous l'écorce des arbres; la coque qu’elle construit est ovalaire et ressemble pour le tissu et la forme à celle de la clubione soyeuse, seulement elle est plus petite et plus chaude. C’est dans cette même coque qu'elle pond et garde ses œufs, qui, comme ceux de toutes les attes, sont

Fig. 133, gros, mais en petit nombre et collés ensemble. Les mâles, dans cette espèce, se font remarquer par la longueur extrême de leurs mandibules ou chélicères qui sont denticulées et tout à fait horizontales,

La calliéthérée psylle ou actrice, espèce voisine de la précédente, ne s’en distingue que par ses couleurs plus vives et plus tranchées.

Une espèce européenne plus rare, et qu'il faut rechercher particulièrement dans les parties sablonneuses des forêts de Fontainebleau et de Compiègne, est la cyrtonote sanguinolente (philia). Son corselet et ses pattes sont noir profond, son abdomen est d’un rouge écarlate, et porte dans le milieu un trait noir longitudinal,

Les espèces exotiques sont innombrables, et se font toutes remarquer par la grandeur de leur taille et la beauté de leurs couleurs, qui souvent sont tranchées et métalli-

CYRTONOTE. 331

ques. La cyrtonote ou phidippie variée des Indes Orientales est une des plus grandes et une de celles qui sont le plus répandues dans les collections ; ses mandibules sont vertes comme celles d’une ségestrie; son abdomen et son corselet noir profond portent des taches blanches dont le nombre et la forme varient à l'infini.

La cyrtonote ou plexippus biche, originaire du Sénégal, a un système de coloration bien différent; tout son corps est traversé par trois larges bandes blanches longitudinales non interrompues,.

Les grosses cyrtonotes américaines iris et chrysis ont le dos d’un vert clair irisé, et les parties latérales d’un jaune assez pâle. |

Les plus belles cyrtonotes sont celles dont Koch a formé le genre thiania. L'une d’elles, la th. pulcherrima, à un corselet bleu d'azur, un abdomen également bleu et tranché par trois larges ceintures du plus beau rose ; toutes ses couleurs sont changeantes et rappellent celles des oiseaux-=mouches et des papillons.

La cyrtonote mordante (hyllus) et quelques autres voisines sont remarquables par la prodigieuse longueur de la première paire de pattes et des mandibules, qui sont horizontales et divergeantes.

63° GENRE. HÉELIOPHANE, Zéliophana, Koch.

(oc, soleil; &vèc, brillant.) Synonymie : Attus, Walckenaer.

Yeux, disposés comme ceux des attes, c’est-à-dire que ceux de la seconde ligne sont un peu plus rappro- Fig. 156.

chés des yeux de la ligne antérieure que + FA de ceux de la ligne postérieure; seulement « Ê

les intermédiaires de laligne antérieurese °@@° touchent et leslatéraux sont plus éloignés.

Mandibules, verticales, assez longues, mais non proéminentes. Palpes, longs et robustes, second article de ceux des mâles armé en dessous d'une longue pointe pis. 157. recourbée en forme de crochet.

Corselet, grand, très-élevé, plus long que large. Abdomen, ovalaire, allongé, assez étroit, deux fois aussi long que le corselet, à filières très-courtes.

Pattes, assez fortes, peu longues, variant d'un sexe à l'autre, comme il suit : celles de la femelle sont ainsi, 4, 4, 2, 3; celles du mäle ainsi, 4, 1, 3, 2, mais cette différence est peu visible.

Couleur, métallique, mais généralement uniforme, quelquefois ornée de poils blancs ou noirs.

Taille, petite, variant de 3 à 5 millimètres.

Patrie: toutes habitent l'Europe tempérée et méridionale.

Habitudes : araignées chasseuses et coureuses plutôt que sauteuses, se renfermant dans de petites coques blanches.

ESPÈCES, H. des mousses, H. muscorum, Walckenaer, France. H. dorée, . H. aurala, Koch, Allemagne.

II, cuivrée, H. cuprea, Walckenaer, France. M. métallique, H. metallica, Koch, Allemagne. H. douteuse, IH. dubia, Koch, Allemagne.

H. brillante, Il. nitens, Koch, Allemagne.

H. à pieds jaunes, I. flavipes. Allemagne.

HÉLIOPHANE. 333

H. à trois bandes, H. tricincta, Koch, Allemagne.

H. éclatante, H. micans, Koch, Allemagne.

H. en deuil, H. luctuosa, Lucas, Algérie.

H. à ventre brillant, H. nitidiventris, Lucas, Algérie.

H. brillante, H. nitida, Lucas, Algérie.

H. lugubre, H. lugubris, Vinson, ile de la Réunion H. variable, H. variabilis, Vinson, ile de la Réunion.

Les héliophanes pourraient, au premier abord, être confondues avec les attiens que nous avons décrits sous les noms de saltique, d’atte, de calliéthérée, etc. ; en effet , leur forme est tellement semblable, que si un caractère générique, celui de porter une dent cornée audessous du palpe, n’était apparent chez le mâle surtout , la confusion serait inévitable ; la longueur de leurs trois premières paires de pattes varie un peu d'un sexe à l’autre, là quatrième est toujours la plus longue; leur peau, luisante comme si elle était vernie, est le plus souvent dépourvue de poils et d’écailles.

Elles sautent souvent, mais moins lestement que les aîtes, et leurs mœurs se rapprochent davantage de celles des saltiques ou des attiens coureurs et voltigeurs, comme les appelait Walckenaer. Leur organisation n'ayant rien de particulier, je me contenterai de décrire brièvement les deux seules espèces que possède la Faune parisienne.

Héliophane des mousses. — IH. cuivrée.

L'héliophane des mousses est grande pour une espèce européenne ; sa taille dépasse un demi-centimètre ; son corselet est brun, ainsi que ses pattes : son abdomen est vert bronzé ; il est entouré d'une fine raie blanche, et porte sur sa partie postérieure deux accents blancs ren-

versés. Les pattes sont pour la femelle 4, 1, 2, 3, et pour le mâle 4, 1, 3, ». Elle est plus commune en Belgique et en Allemagne qu'en France. Elle construit sous les pierres une coque relativement grande.

Une autre espèce plus intéressante, à cause de sa plus grande vulgarité à Paris, est l’héliophane cuivrée (atlte cuivrée, Walckenaer) ; elle ressemble à la précédente, seulement sa taille est moindre, la couleur de son abdomen est plus brillante et à reflets cuivrés. Cet abdomen est également bordé d’une ligne blanche, et porte, dans son milieu, six taches de même couleur, rangées trèsrégulièrement ; le corselet présente aussi des lignes blanches transverses et longitudinales: le mâle est plus petit que la femelle, et entièrement d'un noir bronzé.

« Gette espèce, dit Walckenaer, saute avec agilité : «Ayant mis un individu dans une boîte, il se fila un nid à «deux issues, composé d’une soie fine et transparente. «On trouve cette aranéide en mai et en juin dans les « jardins de Paris. M. Sündevall dit qu'elle est commune «dans les bois de la Scanie et de Gotland, et que, dans « les mois de juin et de juillet, les femelles se renferment « dans des nids assez resserrés, construits sous l'écorce « morte des arbres ; là elles pondent une vingtaine d'œufs «blancs, ronds, séparés ou non agglutinés entre eux :

«elles enveloppent ces œufs dans un filet ou cocon très- «mince, qui est grand en le comparant au volume de « l'insecte. » À

Aucune atte ne présente des variétés aussi nombreuses et aussi tranchées que cette espèce : Walckenaer les a décrites toutes avec grand soin dans la Faune française.

SALTIQUE. 335

64° GENRE. SALTIQUE, Sultica, Latreille.

(Saltica, danseuse.)

Synonymie : Aftus, Walckenaer,

Yeux, huit, sur trois lignes: l'antérieure formée de quatre yeux, dont les intermédiaires sont plus gros et plus avancés que les latéraux ; la seconde formée de deux yeux très-petits, souvent plus rapprochés des latéraux antérieurs ; la troisième ligne rejetée très-loin sur le milieu du dos.

Mandibules, cylindriques, grèles, plus ou moins allongées et proéminentes.

Corselet, grand, élevé, bombé, carré ou un peu plus étroit en arrière.

Abdomen, à pédicule très-long, cylindrique; quelquefois presque filiforme; à filières très-courtes et cachées.

Pattes, peu longues, dans l’ordre 4, 1, 3, 2, ou 4, 3, 1, 2; elles sont d'une grande finesse, si ce n’est la première qui est souvent renflée.

Couleur, corselet le plus souvent noir, abdomen moitié rouge moitié noir, pattes noires et blanches.

Taille, d'une petitesse extrême, de 1 à3 millimètres,

Patrie: la plupart sont de l'Europe méridionale.

Habitudes : araignées coureuses et chasseuses, sautant peu, tendant des fils etse retirant dans de petites coques à tissu fin et transparent.

Fig. 158

1e" sous-genre. Saurica, Latreille. — Yeux de la seconde Û ligne beaucoup plus rapprochés des antérieurs que des supérieurs, — yeux postérieurs très-reculés, — mandibules g renfoncées dans les deux sexes, — corps allongé. °2@° S. fourmi, S. formicaria, Walckenaer, Europe. S. formiciforme, S. formiciformis, Lucas, France. S. gaie, S. hilarula, Koch, - Allemagne.

S. de Berlin, S. berolinensis, Koch, Allemagne. S. à bandes blanches, $S. albocincta, Koch, Pensylvanie, S. mutilloïde, S. mulilloides, Lucas, Algérie,

S. à 3 lignes blanches, S. albotrilineata, Lucas, Algérie. S. phrynoïdes, S. phrynoïdes (1), Walckenaer, Jamaïqne.

Ë Fig. 159.

2° sous-genre. PyropHORA, Koch (rupèc, feu; vépw, e à

porter). — Yeux de la seconde ligne presque à égale dis- x tance des antérieurs et des supérieurs, — yeux postérieurs ° a très-reculés, — mandibules du mâle aussi longues que le ° F corselet, déprimées, horizontales, (RT =) P. semi rouge, P. semi rufa, Koch, Europe.

P. helvétique, P. helvetica, Koch, Suisse.

P. sicilienne, P. siciliensis, Koch, Sicile.

P. tyrolienne, P. tyrolensis, Koch, Tyrol.

3° sous-genre. Janus, (2) Koch (nom mytholog.). — Yeux de la seconde ligne à égale distance des antérieurs et des supérieurs, — yeux postérieurs assez avancés, — corselet étranglé. :

J. bossu, J. gibberosa, Koch, Pensylvanie.

J. à tête noire, J. melanocephala, Koch, ile Bintang.

M. Sundevall et M. Koch réservent le nom de saltique donné à toute la famille par Latreille, à la saltique fourmi et aux quelques espèces de son petit groupe; ces espèces sont précisément celles qui sautent le moins et auxquelles le nom de saltique s'applique le moins bien; mais j'ai voulu me conformer à l’usage en conservant ce nom. Ce genre correspond à la seconde famille du genre atte de Walckenaer, à celle qu'il a appelée les voltigeuses.

Le placement de la seconde ligne des yeux, qui est plus rapprochée de l’antérieure, et la finesse des appendices, sont à peu près les seuls caractères anatomiques qui distinguent ces araignées; mais elles ont une.physionomie si spéciale et des mœurs si différentes, qu'il est impossible de les confondre.

(1) Par la singularité de ses pattes antérieures, cette espèce pourrait former un sous-genre. (Voir Walck., p. 479, p!. 12.)

(2) Il est impossible, comme le veut M. Koch, de fonder un genre sur les débris d’un insecte exotique; le genre {oxeus ne pourra être adopté que lorsqu'on en connaitra des individus complets,

SALTIQUE. 337

ESPÈCES PRINCIPALES

Saltique fourmi. — S. semi-rouge.

Aucune araignée, même parmi celles des genres drasse et micryphante, que l’on appelle souvent formi- kg. 160. coïdes à cause de leur petite taille, ne ressemble davantage à une fourmi que la saltique à laquelle on a, pour cette raison, donné le nom de fourmi; un observateur exercé même, pourrait se tromper en voyant cette petite araignée courir sous ses yeux.

En effet, sa taille ne dépasse pas un millimètre et demi, la couleur de son corselet est noire, la partie antérieure de son abdomen est rousse et séparée de la postérieure, qui est noire, par une fine ceinture blanche ; les grosses pattes antérieures sont noires, les autres sont également noires à la base, mais blanches à leur extrémité.

Cette espèce est peut-être la plus commune de toutes les attes, et le représentant le plus vulgaire et le plus répandu de cette nombreuse famille. Depuis les premiers jours d'avril jusqu'aux derniers jours de septembre, et même en octobre, on la rencontre sur les murs exposés au soleil, mais particulièrement sur les treillages et les portes des jardins, même parfois sur l'écorce des arbres sous laquelle elle se réfugie l’hiver.

Cette petite saltique a une démarche toute particulière, qui ne ressemble en rien à celle des attes et des autres araignées que nous avons étudiées; aucune n'est plus lente en cherchant sa proie et n’est plus rapide dans sa fuite. En effet, lorsque la saltique est en chasse, elle se promène lentement et avec précaution, regardant et épiant tout autour d'elle, et saisissant les petites mouches, particulièrement les pucerons. Mais lorsqu’elle est effrayée

elle s'arrête brusquement, élève son corselet sur ses pattes pour mieux voir son ennemi, et puis fuit à reculons et avec une telle rapidité qu'il est difficile de la saisir; une fois qu'elle est à une certaine distance, elle s'arrête, puis se retourne, et si elle est placée sur un corps élevé, elle se laisse tomber à terre au moyen d’un fil très-fin ; pendant tout ce temps, ses palpes ne cessent de s'élever et de s'abaisser, et ses deux pattes antérieures toujours relevées s’agitent constamment comme de longues antennes. Je ne sais quel est l'usage de cette manœuvre, mais je suppose que c'est simplement un signe de crainte.

Je ne puis mieux comparer cette course singulière de la saltique qu'à celle d’un habile patineur qui se lancerait à reculons, puis s’arrêterait quelques secondes pour tourner sur lui-mème et ensuite se relancerait avec plus de vitesse sur la glace. La saltique a de plus la faculté de donner toute sorte de mouvements à son abdomen, en le haussant, le baissant et le dirigeant de tous les côtés.

Elle se construit, sous les pierres et plus souvent sous l'écorce des arbres, une coque soyeuse, très-petite, de forme ovale, déprimée, ouverte à ses deux extrémités, et d'un tissu si fin et si transparent qu'on la voit au travers.

Elle s'éloigne ‘moins de sa demeure que les autres attiens, et s’y renferme plus souvent: aussi est-ce là qu'on doit la chercher : seulement il faut la saisir tout de suite, car aussitôt qu'elle se voit découverte, elle sort de sa coque et se précipite à terre au moyen d'un fil, avec une adresse remarquable,

La rapidité avec laquelle cette cellule est construite est prodigieuse : en effet, une saltique enfermée dans un

SALTIQUE. 339

bocal est, au bout d'une demi-heure, au milieu de sa coque, souvent appliquée contre la surface la plus verticale et la plus lisse du verre.

Au mois de juin, son abdomen cylindrique se gonfle, elle pond ses œufs qui sont jaunes, en petit nombre, non agglutinés, dans un cocon fin et presque rond.

Plusieurs espèces, en particlier la saltique semi-rouge ou formicoïide du midi de l'Europe, Fig. 4161. dont M. Koch a fait le genre pyro- ; phore, ont les mandibules et leur crochet d’une longueur excessive dans le mâle, ce qui donne à ces araignées un aspect des plus singuliers. J'ai pris plusieurs fois la saltique formicoïde courant par terre dans le bois de Meudon.

Voiei la liste des espèces de salticiformes-ameéricaines que Walckenaer ne connaissait que par les descriptions des voyageurs Bosc et Abhot, et qu'il est impossible de classer avec certitude.

Locusloides. Divisa. Tridentigeru. Provocator. Gerbilla. Clandestina. Pileata. Inclemens.

Opposita. Scenicoides. Canos«. Lentu.

Cluveata. : Investigador. Icterica. Marginalu. Excubilor. Peregrina. Ambesas. Inoratu.

Attenta. Scrutlator. Quaterna. Asperçqala.

Inquies. Purpuraria. Dissimulator. Ambiqua.

Lata. Cancroides. À aga. Infesta.

Pulchre. Cerulea. Plumosa. Verna.

Cinerea. Smaragdin«. Speculaltor. Pistacia.

Fraudulenta. Quinque-tesserata. Leoparda. Virüdlis,

On peut en dire de même des trois, A. rubra. A. d'Urvilli. A. doreyanu.

rapportées de la Nouvelle-Calédodie, et que Walckenaer décrit d'une manière trop incomplète.

65° GENRE. DÉINOPE, Deïinopis, Mac Leay.

(Gesvès, terrible, hideux ; àb:, aspect.)

Yeux, très-inégaux, sur trois lignes, dont les deux antérieures sont frontales et la supérieure dorsale; l’antérieure formée de quatre yeux très-petits et opaques ; l’intermédiaire formée de deux yeux, environ dix fois plus gros que les autres.

Lèvre, allongée, quadriforme, quoique un peu étranglée.

Mâchoires, droites, larges, divergentes, tronquées obliquement au côté interne, étroites à leur extrémité, très-dilatées et arrondies à leur base.

Corselet, grand, en cœur, allongé.

Abdomen, très-long, cylindrique.

Pattes, fort allongées et assez grèles, dans l’ordre 1, 2, 3,4.

Couleur, grisâtre, velue, pattes annelées.

Taille, près de 2 centimètres.

Patrie : Antilles, Cuba.

Habitudes : aranéide courant vite, au bord des eaux, après les insectes, se réfugiant parfois sous les pierres.

C'est avec incertitude que je place à la fin de la série des salticiformes la singulière et rare aranéide qui compose le genre déinope, et que M. Mac-Leay a découverte il n'y apas longtemps dans l’île du Cuba. C'est une atte dont les pattes sont fines et aussi longues que celles des pholques, dont les yeux sont très-inégaux et disposés un peu comme ceux des lycoses. Ainsi que le fait remarquer M. Mac-Leay, elle ressemble aussi à une dolomède par sa couleur brune et son aspect général. Le peu que l'on connaît de ses mœurs la rapproche davantage des saltiques.

LYCOSIFORMES. 341

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