C. canellicolore, C. cinnamonca, Koch
2° sous-genre. PHONEUTRA, Koch (poveutela, meurtrier). — Yeux antérieurs presque aussi gros que les intermédiaires supérieurs, formant avec eux un carré régulier; yeux latéraux anté-
rieurs et supérieurs placés sur un même mamelon et rap- Qi o® prochés des intermédiaires de la seconde ligne. 00
Fig. 177.
P. rufibarbe, P. rufibarbis, Perty, Brésil.
P. féroce, P. fera, Perty, Brésil.
P. marginée, P. maryinata, ile Salomon.
P. ochracée, P. ochracea, Koch, Brésil.
Le genre ctène est un genre que le peu d’inégalité de ses yeux et la dépression de son corselet placent dans la tribu qui nous occupe; il a néanmoins de nombreux rapports avec les lycoses, et doit former le passage entre ces deux grands groupes. Les yeux, comme nous l'avons vu, sont placés sur trois lignes. La ligne antérieure est formée de deux yeux assez rapprochés, l'intermédiaire de quatre, et la supérieure de deux plus écartés. Les mâchoires sont droites, la lèvre est carrée, et ces pièces, en se raccourcissant en même temps qu'elles s'élargissent, nous amènent ainsi par transition à la bouche des oxyopes et des philodrômes.
Le genre ctène est nombreux en espèces ; l'Europe n’en possède qu'une seule, qui encore se rencontre rarement. Les ctènes exotiques ne le cèdent qu'aux mygales sous le rapport de la taille, et surpassent parfois les olios.
ESPÈCES PRINCIPALES
Ctène d'Oudinot. — C'. rousse. — C. féroce.
L’unique espèce européenne est la cténe d'Oudinot; cette petite araignée est tellement rare, qu’elle n’a encore été trouvée en France et figurée que par l’auteur dont elle porte le nom. Elle est une des plus élégantes de notre
CTÈNE. 379
pays ; sa coloration est formée par de petites lignes longitudinales blanches et noires, les pattes sont annelées de cercles noirs. Albin a plus tard retrouvé cette espèce en Angleterre, au mois d'août.
Les espèces exotiques se font presque toutes remarquer par la grandeur de leur taille et la longueur de leurs appendices. Leur facies semble au premier abord les confondre avec les olios. Leur couleur est également brun foncé, et leur abdomen un peu déprimé ; leurs habitudes sont presque toujours nocturnes et errantes.
La plus remarquable d’entre elles, et celle qui est la plus répandue dans les collections, est la cténe ou la phoneutre féroce ; sa taille dépasse quatre centimètres, son corselet est rouge lie de vin, son abdomen ainsi que ses pattes sont recouverts d’une couche de villosités jaunätres, les articulations sont en outre armées de poils roides et piquants ; elle se trouve aux Antilles, où elle habite l’intérieur des maisons et des caves peu fréquentées.
On peut encore citer les ctènes rousse et brune, qui ont été découvertes et rapportées pour la premiere fois de la Guyane par M. Doumerc.
# S ï 73° GENRE. STORENE, Storena, Walckenaer.
C'est peut-être ici qu'il convient de placer une magnifique aranéide de la Nouvelle-Hollande, qui n’est encore connue que d’après un individu, décrit par Walckenaer sous le nom de storène.
Les yeux de cette rare espèce sont inégaux et placés sur trois lignes, l’antérieure et la postérieure formées chacune de deux yeux, l'intermédiaire de quatre. Les veux supérieurs et les deux yeux intermédiaires de la seconde ligne sont très-rapprochés et se touchent presque. Quant à la bouche, la lèvre est ovale et allongée, les mâchoires sont étroites, cylindriques et inclinées sur la lèvre. Si la description de Walckenaer est exacte, la storène bleue serait la plus belle des araignées ; son corselet est rouge vif et son abdomen du plus beau bleu. L’extrème rareté de cette espèce fait qu'elle est fort peu connue, et que ses mœurs sont complétement ignorées.
OCYALE, 381
T4 GENRE. GCWALE, Ocyala, Savigny, Koch.
(oxdaxh0oc, rapide.)
Synonymie : Dolomedes, Walckenaer.
Yeux, au nombre de huit, tous semblables, quoique inégaux, disposés sur deux lignes, dont Fig. 178.
l’antérieure, de quatre yeux, pe Ur, o est peu courbée, dont la pos- -< 8° térieure est fortement courbée, c’est-à-dire que ses yeux ue VE latéraux sont plus élevés que ses intermédiaires.
Lèvre, petite, courte, semi-cireulaire. Fig. 179.
Pattes-mâchoires, à coxopodites longs, droits, parallèles, assez élargis, à angles arrondis; dernier article gros dans le mâle, prolongé en avant, à conjoncteur spiral.
Corselet, court, large, en cœur ou presque rond.
Abdomen, étroit, cylindrique, fort allongé, pointu à son extrémité.
Pattes, assez fines et très-allongées, dans l'ordre 4, 2, 1, 3. Elles sont souvent portées de côté.
Couleurs, vives et fraiches, souvent fauve clair, avec des figures brunes, rouges, violettes ou blanches, eu forme de bandes.
Taille, assez considérable, dépassant parfois 1 centimètre. Patrie : Europe méridionale, Amérique et Polynésie.
Habitudes : aranéides chasseuses, courant sur les gazons ou sur le bord des eaux avec une extrême vivacité; construisant une toile au moment de la ponte pour y déposer leur cocon, qui est gros et rond.
O. rousse, 0. rufa, Abbot, Koch, Géorgie.
O. ocyale, 0. ocyale, Savigny, Égypte.
O0. merveilleuse, 0. mirifica, : Nouvelle-Zélande,
O. admirable, 0. mirabilis, Walckenaer, France.
©. remarquable, 0. mira, Abbot, Géorgie.
O. vergetée, 0. virgata, Abbot, Géorgie.
O. noukhaïvienne, 0. noukhaïva, Polynésie.
O. murine, 0. murina, Koch, Schuch, Grèce.
Quoique les espèces d’ocyale se ressemblent toutes, et qu'il n’y ait peut-être pas de genre mieux circonscrit et plus naturel, il n’en est pas un qui soit plus difficile à classer, parce que, par ses formes et ses caractères, il tient à la fois de plusieurs types éloignés.
Walckenaer et plusieurs autres, en les associant aux dolomèdes , en ont fait un groupe très-voisin des lycoses ; en effet, nous trouvons dans le placement de leurs yeux et la hauteur de leur front une ressemblance véritable ; mais, d’une autre part, la forme du corps et de ses appendices rappelle tellement celle des philodrômes, et surtout des olios, qu'on ne sait dans quelle famille les ranger.
Le corselet des ocyales est rond et plat; l'abdomen cylindrique est très-allongé ; les membres, sans être complétement latérigrades , sont comme ceux des olios légèrement étalés de côté et rapprochés par paires dans le repos; les coxopodites des pattes-mâchoires, quoique droits, sont loin d’être aussi courts que ceux des lycoses; ils sont au contraire assez allongés et plus étroits.
Les ocyales sont des araignées élégantes de coloration, moitié sédentaires, moitié errantes, dont la course est d’une rapidité remarquable, et qui soignent leurs œufs et leurs jeunes avec un grand dévouement.
OCYALE. : 383
ESPÈCE PRINCIPALE
Ocyale admirable.
Une seule espèce est commune en Europe et bien connue, c’est l'ocyale admirable (dolom. admirable, Walckenaer). Après la tégénaire domestique, la néphile fasciée et l’épéire diadème, l'ocyale admirable est la plus grosse araignée de nos environs; en effet, sa taille dépasse parfois 1 centimètre; son corps est entièrement fauve blanchâtre, le dessus de l’abdomen présente une large bande brune qui tire souvent sur le violet ; le corselet est bordé d’une ligne de poils blancs très- fine. Elle vit toujours à terre, dans les bois, où elle court avec rapidité sur les feuilles sèches, mêlée aux troupes de lycoses ; on la trouve souvent encore, au printemps ou en automne, dans les hautes herbes, courant à la manière des anyphænes nourrices et des sparasses émeraudes, dont j'ai décrit précédemment les mœurs. L'ocyale admirable, plus vive que ces belles araignées, recherche comme elles la chaleur, et se plaît à chasser au soleil. Elle ne se construit pas de demeure ni de coque fixe, et est erratique comme les lycoses, c’est-à-dire qu’elle court toujours de côté et d'autre, à l'aventure, et qu'elle s’arrête là où elle trouve un endroit favorable et commode pour s'y reposer. Un petit trou, le dessous d’une pierre, l’intérieur d’une feuille sèche, voilà le gîte qu'elle choisit pendant la nuit ou pendant l'hiver.
Lorsque l'époque de la ponte approche, l’ocyale femelle devient plus sédentaire ; elle file une grande toile à tissu lin, serré et blanc, comme celui de la toile des tégénaires ou plutôt des lyniphies, qui couvre le sommet des herbes,
et les enveloppe comme d'un dôme soyeux de la dimension du poing environ ; au centre de cet édifice, l’araignée pond des œufs gros et nombreux, qu'elle rapproche de manière à en former une boule très-ronde de la grosseur d’une groseille, et qu'elle entoure d’une soie serrée, résistante, blanc de lait ou un peu jaunûtre.
Aussitôt que son cocon est terminé, elle le prend entre ses pattes, l'applique sous son corselet, et le maintient dans cette position au moyen de ses mandibules et de ses palpes qui sont longs et forts. Elle ne le quitte jamais, même lorsqu'elle erre autour de sa demeure pour chasser, car l'ocyale, quoique mère, ne perd pas entièrement son caractère sauvage ; elle le tient toujours appliqué sous elle, malgré son poids et son volume ; et, si l'on veut l'en séparer, elle le défend jusqu'à la dernière extrémité et aime mieux mourir que de l’abandonner. Cette habitude rapproche les dolomèdes des lycoses, et montre qu’elles tiennent à la fois des lycosiformes et des thomises, quoique appartenant certaine ment à la première de ces deux familles. J'ai eu souvent l’occasion d'ouvrir de ces cocons, dans les bois de Meudon et de Compiègne: j'y ai toujours trouvé de cent à cent cinquante œufs.
Lorsque les jeunes sont assez forts pour sortir du cocon, la dolomède pose celui-ci au centre de cette coque soyeuse qu'elle a préparée pour eux, et que nous avons décrite.
Les jeunes s'y répandent et vivent quelque temps en famille; la femelle les garde assidûment et ne s'absente que
pour se procurer de la nourriture, elle ne les abandonne
OCYALE, 385
que lorsque ceux-ci, après leur première mue, l’abandonnent eux-mêmes.
Comme toutes les araignées dont les jeunes vivent quelque temps en famille, l'ocyale construit donc pour les recevoir et empêcher leur dispersion, une chambre soyeuse qui est l’analogue de la grande coque de soie blanche de l’anyphæne nourrice, du sac en tissu solide de la néphile fasciée ou de l’argyronète; seulement, sa
forme, ses dimensions, le tissu qui la compose sont tout différents.
15° GENRE. OXYOPE, Oryopa. Dugès.
(6Ed, vivacité; dx, aspect.) Synonymie : Sphasus, Walckenaer (sgdtw, immoler).
Yeux, au nombre de huit, peu inégaux, semblables, sur quatre lignes de deux yeux chacune. La °° seconde paire est la plus grosse et la plus écartée. .e
Lèvre, grande, allongée, ovalaire, à base tronquée, à extrémité un peu élargie et arrondie.
Pattes-mâchoires, à coxopodites très-allongés, droits, arrondis extérieurement, tronqués au côté interne, divergents; article copulateur du mâle allongé, à conjoncteur gros et lisse, terminé par une pointe, effilé et recourbé en forme d'hamecon.
per ie à crochets faibles.
Corselet, grand et carré, très-élevé, surtout en avant.
Abdomen, ovalaire et allongé. .
Pattes, fines et longues, portées latéralement.
Couleurs, foncées : fauves, avec des figures noires.
Taille, moyenne, n’excédant pas 1 centimètre.
Patrie, le midi de l'Europe nourrit trois espèces, l'Asie deux, l'Australie une, l'Afrique quatre à cinq, et l'Amérique cinq.
Habitudes, aranéides chasseuses, courant avec agilité, de côté, droit, ou en sautant; tendant des fils; montant sur les végétaux pour pondre.
ESPÈCES
O. variée, O. variegata, Habn, Europe mérid., cent. 0. italienne, 0. ilalica(gentilis,x.), Walckenaer, Italie, Grèce. O. rayée, 0. lineata, Walckenaer, France.
O. cochinchinoise, 0. cochinchinensis, Cochinchine, O. indienne, 0. indica, Walckenaer, Bengale.
O, timorienne, 0. timoriana, ile Timor.
OXYOPE. 387 O, alexandrine, 0. alexandrina, Savigny, Égypte. O. fossane, 0. fossana, Bose, Caroline.
Ô. lancéolée, O. lanceolata, Abbot, Géorgie.
O. arquée, O. arcuata, Abbot, Géorgie.
O. à bandes, 0. vittata, Abbot, Géorgie.
O. idiops, 0. idiops, Perty, Brésil. :
O. algérienne, 0. algeriana, Lucas, Algérie.