pâle, 0. pallida, Koch, Indes
O. marine, 0. thalassina, Koch, Saint-Domingue, O, linéatipède, O. lineatipes, Koch, Singapour.
Walckenaer, en établissant ce genre sous le nom de sphase, lui reconnaissait de nombreuses affinités avec les lycoses et les dolomèdes dont il est évidemment voisin; mais comme la ressemblance frappante de ce dernier genre avec les philodrômes et surtout les olios, lui avait toujours échappé, il avait laissé les sphases entre les lycoses et les saltiques, comme un genre dont le classement est incertain et arbitraire; considéré à son véritable point de vue, le genre sphase, par sa bouche et la disposition de ses yeux est un véritable lycosien; mais par la forme générale de son corps et la disposition de ses appendices, et surtout de ses pattes qui sont fines et longues, il se place naturellement à la fin de cette famille ; par les caractères que nous venons de signaler, ce genre forme une liaison des philodrômes aux dolomèdes, et ne paraît pas au premier abord se rapprocher plus de l’un que de l’autre de ces deux types.
Les yeux de l’oxyope sont inégaux en grosseur et disposés en échelle, par paires rapprochées et superposées.
Comme le démontrait Walckenaer, les oxyopes ont des analogies plus apparentes que réelles avec les saltiques, non-seulement par la forme de leur corselet, mais aussi par leurs mœurs ; les oxyopes en effet épient leur proie et la saisissent, non-seulement à la course droite ou latérale, mais encore au saut.
ESPÈCE PRINCIPALE
Oxyope variée.
Trois espèces d'oxyopes sont européennes, mais rares partout où elles se trouvent; elles ont été rencontrées surtout en Allemagne, en Espagne et en Italie, et quelquefois dans le midi de la France. La plus connue est l'oxyope variée : son abdomen est rougeâtre, au milieu est un ovale noir entouré de blanc, avec un croissant et des chevrons blancs en avant et en arrière de cette figure; quelques variétés sont entièrement grises. Les pattes sont longues, annelées et portent de loin en loin de longs crins roides. Cette espèce est rare, Walckenaer ne l’a jamais trouvée. Les arachnologues allemands Hahn et Koch en particulier, nous apprennent que dans les forêts de leur pays, on la trouve plus communément. Je l'ai prise en Belgique, dans les fanges qui environnent Spa et Malmedy. Léon Dufour et Dugès avaient remarqué que, pour pondre, cette araignée change de vie, et de vagabonde devient sédentaire, de terrestre devient arboricole; en effet, ils l'ont trouvée dans des feuilles d’arbustes roulées en cornet. Les oxyopes que j'ai observées au mois d'août, s'étaient placées à l'extrémité des tiges de bruyères, avaient rapproché plusieurs petits ramuscules, et y avaient construit leur cocon dans une position verticale. Celui-ci était grand, du blanc le plus pur, et avait la forme d'un disque plat, sur lequel se dessinaient nettement les œufs par de petites saillies arrondies, quoique les jeunes fussent déjà éclos; le tissu de ce cocon était solide et serré, mais peu épais : l'oxyope mère se tenait un peu au-dessus, la tête en bas, les pattes étalées comme
OXYOPE,.
celles d’une thomise, mais dès qu’on touchait à ce pré-
cieux cocon, elle se laissait glisser dessus, sans faire aucun mouvement, et le couvrait de son corps. Les jeunes, entièrement verdâtres, étaient presque semblables à des philodrômes naissants.
L'oxyope court avec une grande rapidité, saute mème avec une agilité surprenante, et se précipite à terre au moment où l’on croit la saisir. Sa démarche et sa manière de chasser se rap-
Fig. 183.
prochent de celles des attes; comme elles, elle choisit les endroits échauffés par le soleil, étale ses pattes postérieures, relève les antérieures au-dessus de sa tête, les agite comme de longues antennes, tourne sur elle-même sans changer de place, élève et abaisse alternativement
son grand corselet.
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