DU PP POP
THANATE, 401
78° GENRE. TIHANATE, Thanala. Koch.
(Oävaros, mort, meurtre.)
Synonymie : Philodromus, Walckenaer, Lucas.
È , ; L Fig. 199.
Yeux, petits, presque égaux, les deux lignes ;
C ALU CA e fortement inclinées en arrière, les USE deux yeux de la rangée postérieure -e ®
formant un ovale avec ceux de l’an-
térieure. née Lèvre, ovalaire, tronquée et rétrécie à sa base, arrondie à son extrémité.
Pattes-mâchoires, à coxopodites assez allongés et fortement
couchés en dedans, à base large, à sommet atténué et arrondi; article terminal du mâle peu renflé.
Corselet, déprimé, ovalaire, un peu rétréci en avant. Abdomen, assez allongé, presque cylindrique, en forme d'ovale.
Pattes, presque égales et assez fortes, les trois antérieures étalées. La quatrième paire est la plus longue, la première est la plus courte : toutes sont pourvues de petites brosses gluantes sous les griffes.
Couleur, fauve ou gris assez pâle, rarement des taches.
Taille, de 3 à 7 millimètres.
Patrie, midi de l'Europe, nord de l'Afrique.
Habitudes, araignées courant rapidement à terre ou sur les
herbes; pondant au pied des arbres; mourant presque toujours au commencement de l'hiver,
T. oblongue, * T. oblonga, Walckenaer, France. T. grêle, T. gracilenta, Lucas, Algérie.
T. oblongiuseule, T. oblongiuscula, Lucas, Algérie. T. rhbombifère, T. rhombifera, Walckenaer, France.
(1) Le taumasia senilis de Perty, s'éloigne trop des thanates par ses yeux antérieurs inégaux pour l’en rapprocher. Walckenaer l’a décrit sous le nom de philodroma. senilis.
T. rapide, T, præceps, Abbot, Géorgie.
T. striée, T. striata, Koch, Grèce.
T. parallèle, T. parallela, Koch, Morée.
Les philodrômes, dont Koch a formé le genre thanate, ressemblent beaucoup aux sparasses par leur forme extérieure ; en effet, leurs membres sont assez épais et peu latérigrades, leur abdomen est ovale et cylindrique, etc. Le principal caractère qui serve à les distinguer des autres genres de la même tribu est l'écartement de leurs yeux latéraux, qui fait paraître les deux lignes qu'ils forment courbées en demi-cercle. La seconde, la troisième et la quatrième paire de pattes locomotrices sont presque égales en longueur.
Par leur forme extérieure et leurs couleurs, les thanates se rapprochent un peu de la famille des drassiformes, et en particulier, du genre clubione.
ESPÈCES PRINCIPALES
Thanate rhombifère. — Th. oblongue.
Deux espèces de thanate habitent nos environs et se rencontrent assez fréquemment dans nos bois.
La thanate rhombifère (philodr. rhombifera, Walck.) est
Fig. 190. une araignée. d'assez forte taille, dont le corps est uniformément fauve gris assez clair, dont l'abdomen porte cependant dans son milieu une figure noire, allongée, ayant un peu la forme d’un rhombe, ce qui a valu à cette espèce le nom qu’elle porte.
Ses mœurs, aussi bien que ses caractères anatomiques nous montrent qu'elle s'éloigne fortement du type laté-
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rigrade : elle chasse le plus souvent à terre ou sur le tronc des arbres, alternativement droite comme une clubione, et de côté comme une sélénops; sa vivacité est remarquable, elle atteint dans sa course vagabonde les insectes les plus agiles.
Quoique rare dans les lieux où elle se trouve, la thanate rhombifère a un habitat très-étendu ; la plupart des auteurs l'ont trouvée dans les bois des environs de Paris ; Koch l’a prise en Allemagne, Sundevall en Suède, Savigny et M. Lucas dans le nord de l'Afrique.
Suivant Dugès, elle place son cocon plat et étoilé contre terre, au pied des touffes de gramen, et le surmonte d’une toile verticale, pareïlle à celle d’une brigantine de navire.
La thanate oblongue a une teinte plus jaune, mais porte également une raie plus foncée sur la ligne médiane. Son abdomen est étroit, cylindrique et très-allongé.
Elle paraît plus commune dans nos environs ; ses mœurs n'ont rien de particulier. Pendant le repos, elle étend ses pattes le long des branches et ressemble à l’épisine (1).
(1) Parmi les genres que Walckenaer a établis, il en est peu qui renferment des espèces aussi disparates que le genre philodrôme. Cette division générique est restée, jusqu’à nos jours, un magasin où les auteurs avaient entassé un bon nombre d’espèces très-hétérogènes, et dont le seul caractère commun était d’avoir les pattes fines et égales. Lorsqu’à l'exemple de M. Koch, on examine soigneusement le placement des yeux dans les diverses espèces, on reconnait sans peine qu’il peut se rapporter à trois types principaux, ce qui nécessite l'établissement de trois genres. L'observation montre même que les philodroma jejuna, dispar, rhombifera, etc., diffèrent plus entre elles que les sparasses, les olios, les sélénops, etc., dont Ja séparation remonte cependant à une époque assez éloignée.
19e GENRE. ÉPISINE, Episina. Walckenaer.
(Eriswès, dangereux, nuisible.)
Yeux, huit, presque égaux entre eux, la ligne postérieure peu courbée, la ligne antérieure fortement courbée en arrière et formant avec l’autre un demi-cerele; ils sont placés sur une avance du corselet, qui a la forme d'une carène.
Lèvre, courte, arrondie, plus large que haute, en demi-cercle.
Pattes-mâchoires, à coxopodites allongés, arrondis vers leur extrémité, penchés sur la lèvre ; — à digital du mâle énormément renflé et long, renfermant un gros conjoncteur étranglé dans son milieu et canaliculé sur ses faces supérieure et inférieure.
Corselet, circulaire, aplati, un peu caréné en avant.
Abdomen, à dos fort déprimé, ayant dans ses contours la forme d’un rhomboïde étroit et long.
Pattes, assez renflées et longues, la première, puis la quatrième dépassent de beaucoup les autres; — elles sont, dans le repos, réunies en deux faisceaux et étendues dans le sens longitudinal.
Couleur, brune, ornée de poils fauves.
Taille, 3 millimètres.
Patrie, Europe et nord de l'Afrique.
Habitudes, aranéides tendant des fils sur lesquels elles s'étendent et se tiennent suspendues, en rapprochant en avant et en arrière leurs pattes dans le sens de la longueur du corps.
Fig. 191.
ESPÈCES
E, tronquée, E. truncata, Walckenaer, Europe. E. américaine, E. americana, Nicolet, Chili.
Par l'ensemble de ses caractères, le genre épisine se sépare nettement de toutes les autres aranéides; mais il
ÉPISINE. 405
présente néanmoins des analogies avec des types qui se trouvent éloignés, ce qui fait que les aranéologues sont encore incertains sur le rang qu’il doit occuper dans la classification.
Walckenaer, auquel nous devons sa découverte et sa formation, reconnut dans ses mâchoires inclinées et son petit corselet une grande ressemblance avec ce qui se voit dans le genre théridion. M. Koch, considérant surtout les organes de la locomotion et l’étroitesse du corps, en fit une épéiride voisine des tétragnathes. Cependant si l’on étudie soigneusement les organes les plus importants et ceux qui fournissent les caractères les plus certains, je veux dire le placement des yeux et la forme générale du corps, on arrive à un autre résultat que ces deux savants aranéologues; en effet, les yeux de l’épisine sont placés en demi-cercle et égaux comme ceux des philodrômes du genre type, le corselet est rond et disciforme, les pattes longues, l'abdomen plat et un peu élargi en arrière, comme celui des artames.
L'espèce encore unique qui compose ce genre est l'épisine tronquée ; c'est une petite araignée dont le corselet et l'abdomen sont brun foncé, dont le corps est entouré d’une fine ligne jaune, et dont les membres sont moitié clairs et transparents, moitié noirâtres.
Elle paraît très-rare, et n’a encore été trouvée que par un petit nombre d'observateurs : aux environs de Paris, Walckenaer l’a prise à Sèvres; moi, à Leudeville; en Allemagne, Koch l’a observée non loin du Danube; M. Lucas l’a signalée aussi en Algérie.
80° GENRE. PHILODRÔME, Philodroma. Walckenaer.
(grhéw, aimer; dcdyos, course.)
Yeux, huit, tous égaux et petits, assez reculés sur le haut du front, sur deux lignes, dont l’antérieure, plus étroite que la postérieure, est faiblementinfléchie en NE arrière, dont la ligne postérieure est presque droite.
Lèvre, triangulaire, obtuse.
Pattes-mâchoires, a coxopodites étalés, allongés et infléchis au côté interne, un peu élargis et bombés à leur base; article terminal du mâle assez petit, mais presque globuleux.
Corselet, presque circulaire et tronqué en avant, plus aplati sur les bords.
Abdomen, ovale, un peu aplati en dessus.
Pattes, fines, allongées et divergentes; la première, puis la seconde paire, sont un peu plus longues que les autres.
Couleur, fond blanc ou jaune; de petits points noirs ou roux dessinent sur le dos des figures qui ne sont pas toujours régulières.
Taille, ne dépassant pas 6 millimètres.
Patrie, Europe et Amérique.
Habitudes, araignées chassant à terre ou sur les arbustes bas;
tendant des fils et se laissant souvent glisser à terre; construisant leur cocon à l'extrémité des tiges.
ESPÈCES
P. cespiticole, P. cespilicolis, Walckenaer, Europe. P. flamboyante, P. aureola, Walckenaer, Europe. P, bordée, P. limbata (1), Koch (argentata W.), Europe.
(1) Cette espèce, par sa forme, ses membres et sa coloration, semble appartenir au genre fhanatus. La position de ses yeux latéraux et leur égalité la placent dans le genre philodrôme.
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Philodrômes rapportées du Chili par M. Nicolet et non classées.
P. punctata. P. funebris. P. 4 lineala. P. lineala.
Le nom de philodrôme a été reservé par les auteurs allemands à un très-petit nombre d'espèces qui présentent mieux que les autres tous les caractères de la tribu.
Les quelques araignées dont il se compose sont de taille minime, mais dans leur petit volume, elles représentent exactement les formes des olios que nous étudierons bientôt; leur corselet est également plat et rond; leur abdomen est ovale, et leurs pattes presque égales, sont étalées latéralement.
Le seul caractère qui. les distingue, est l'égalité de leurs yeux, la régularité et la largeur des deux lignes qu'ils forment sur le haut du front.
Les couleurs brunes et ternes des philodrômes leur permettent de se cacher sous l’écorce des arbres sans y être découvertes par leurs ennemis. Lorsqu'on veut les saisir, elles courent avec une telle célérité, qu’elles échappent à l'œil le plus exercé.
ESPÈCES PRINCIPALES
Philodrôme cespiticole. — P. flamboyante. — P. bordée.
Le type du genre, et l'espèce qui se trouve le plus fréquemment dans toutes les parties de l’Europe, est la philodrôme cespiticole. Sa taille est de trois millimètres, le fond de sa coloration est blanc jaunâtre; le corselet est entouré d'une large bordure rousse, et l'abdomen brun dans le milieu est orné de deux rangs de petites taches blanches. Je l’ai trouvée très-fréquemment aux environs
de Paris, et encore plus souvent en Belgique, aux environs de Spa; là, elle recherche de préférence les buissons qui bordent les petits ruisseaux; elle se tient immobile, les pattes étendues dans le sens de la branche ou du roseau; mais dès qu'on touche à la plante qui la porte, elle s'enfuit avec célérité, et court même sur l’eau sans se mouiller les pattes.
A l’époque de la ponte, ainsi que je l'ai observé, cette araignée monte sur un arbuste quelconque, sur un pin par exemple, se rend à l’extrémité d’une petite branche, et là, file un cocon très-gros, dont la forme n’est pas déterminée, mais varie avec la direction des petites feuilles qui le soutiennent. Le tissu extérieur en est gris sale, d’une contexture serrée, et semblable à une toile de tégénaire ; la couche profonde est une bourre grossière et jaunâtre. À la fin de juillet, les jeunes venaient d’éclore ; dès leur sortie de l'œuf, ils sont reconnaissables, et montrent déjà, par la direction de leurs petites pattes, qu'ils sont des latérigrades. Lorsqu'on touche à ce cocon, la philodrôme mère ne s'enfuit pas, mais tient bon, et le défend à coups de mandibules.
La philodrôme flamboyante de Walckenaer, ou auréolée de Hahn, se distingue diflicilement de la cespiticole, elle en diffère cependant par ses teintes plus rouges et plus tranchées; elle est également commune.
La France nourrit encore la philodrôme bordée, dont nous devons la découverte à M. Koch. La coloration de cêtte rare espèce est noir profond; tout son corps est entouré d’une fine bordure blanche. Je ne l'ai prise qu'une
fois, au commencement du printemps, dans un jardin de Paris.
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