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« souvent loin de son domicile, ce qui n’a jamais lieu le « jour. Après avoir enveloppé ses œufs dans une petite « coque hémisphérique, un peu conique, d’un blanc « soyeux et éclatant, elle les dépose dans son nid de « feuilles. »
Autant l’olios captieuse aime les champs, autant l’olios leucosie affectionne l’intérieur des habitations.
Pendant le jour, elle se cache derrière les boiseries et les meubles, dans les lieux sombres ; la nuit, au contraire, elle se met en chasse et court avec vélocité sur les murs et les plafonds, où elle saisit les plus gros insectes, les blattes en particulier ; ce qui lui a valu de la part des insulaires une sorte de vénération qui empèche qu'elle ne soit détruite.
« Gette aranéide, ajoute M. Vinson, a un gros cocon, « de la circonférence d’une pièce d’un franc au moins, « aplati comme un disque et de l'épaisseur d’une ligne : « elle le tient sous son ventre avec ses palpes et ses man- « dibules. Ce cocon s'ouvre, par la circonférence, en deux « disques égaux, pour donner passage aux petits éclos. « Vers cette époque, l’insecte frappe à petits coups re- « doublés contre les meubles ou les cloisons, son cocon, « qui finit par se fendre en deux, et qui rend un son par- « ticulier dans cette percussion répétée. »
Enfin, une des plus rares. mais aussi une des plus intéressantes est l’olios à tarses spongieux; c'est la seule espèce de ce genre qui soit européenne.
Elle fut décrite, pour la première fois, sous le nom de micrommate où sparasse à Larses spongieux, par M. Léon Dufour, d'après un individu mâle qu’il trouva dans les Pyrénées. Cette découverte fut contestée par plusieurs entomologistes, qui prétendirent que cette araignée n'était
que le mâle du micrommate d'Argelas; mais dans ces dernières années, M. Dufour put confirmer le fait qu’il avait avancé vingt-cinq ans auparavant. En effet, un jour qu'il était dans son salon à Saint-Sever, il sentit un insecte courir sur sa tête, il y porta la main et amena une araignée : quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il reconnut que c'était la femelle de son micrommate à tarses spongieux, très-semblable au mâle qu'il avait décrit dans sa jeunesse et dont il conservait le dessin.
Walckenaer a placé cette espèce dans le genre olios, wais je crois que si elle était mieux connue, elle deviendrait le type d'un genre particulier.
” ARTAME. 15
82° GENRE. ARTANMIE, Ariama. Koch.
(äpräoua, suspendre.)
Synonymie : Philodromus, Walckenaer (1805).
Yeux, peu inégaux, rapprochés du rebord mandibulaire et étalés
sur un front assez large; sur deux Fig. 195,
à APTE à
lignes , l'antérieure courbée en Go» + € arrière, la postérieure plus large : g @
et presque droite, les quatre yeux hr / intermédiaires un tiers moins ——
grands que les quatre latéraux.
Lèvre, grande, presque triangulaire, obtuse à son extrémité.
Pattes-mâchoires, à coxopodites assez longs, larges et bombés à la base, infléchis à l'extrémité; dernier article étroit et peu renflé dans le mâle, à surface lisse et simplement velue. |
C'orselet, déprimé, circulaire, tronqué à la partie antérieure.
Abdomen, aplati, un peu renflé dans le milieu, pointu postérieurement.
Pattes, assez fortes et allongées, peu inégales, la deuxième et la troisième paires les plus longues, la première et la quatrième égales. ù
Couleur, fond gris cendré ou blanchâtre; de nombreuses petites taches noires couvrent le corps et les membres.
Taille, de 3 à 10 miHimètres.
Patrie, Europe et Amérique.
Habitudes, araignées courant avec rapidité à terre ou sur le tronc des arbres, se réfugiant sous les écorces et les
pierres. A. tigrée, À. ligrina, Walckenaer, Europe.
A. sobre, A. jejuna, Walckenaer, Europe.
A. d'Abbot, A. Abbotii, Abbot, Géorgie (Amérique). A. inquisiteur, A. inquisilor, Abbot, Géorgie. A. grise, A. grisea, Hahn (dispar W.), Europe.
A. pâle, A. pallida, Walckenaer, Europe.
A. rouge ? A. rufa? Walckenaer, France.
A. armée, À. armala, Lucas, Algérie.
A. belle, T. pulchella, Lucas, Algérie.
A. rusée, A, callida, Lucas, Algérie.
A. marginée de brun, T. fusco-limbata, Lucas, Algérie,
Le genre artame, tel que Koch l'a établi aux dépens des philodrômes de Walckenaer, est caractérisé, nonseulement par le rapprochement de ses deux lignes d'yeux et la grosseur de ses latéraux, mais encore par un facies tout particulier. En effet, les espèces qui le composent se rapprochent déjà de la forme thomise; leur corps, au lieu d'être allongé et cylindrique comme chez les philodrômes, types de la tribu, est aplati et élargi en arrière.
Les couleurs des artames ont également quelque chose de bien reconnaissable, elles ressemblent pour la plupart, à celles des écorces sous lesquelles elles vivent; le gris bleu en est généralement le fond, de petites tachettes noires couvrent le thorax et l'abdomen.
Elles vivent plusieurs années; pendant l'hiver elles se réfugient sous l'écorce des arbres, elles s'y engourdissent, et passent toute cette saison sans prendre de nourriture.
ESPÈCES PRINCIPALES
Artame sobre. — A. grise.
L'arlame sobre (philodromus jejunus, Walck.), est une espèce assez répandue. Sa taille Fig. 196. dépasse la moyenne; le fond de sa couleur est un gris cendré; les membres sont fort allongés et jaunâtres ; les parties latérales du corselet, ainsi que l'abdomen et les articulations des pat-
tes, sont relevés par des marques noir luisant, Sa dé- #
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marche est des plus vives et des plus rapides : elle atteint dans sa course vagabonde les diptères ailés ; elle se fait aussi remarquer par sa férocité.
On la rencontre dans les jardins, sous l'écorce des ar- . bres, dans une coque blanche qui ressemble beaucoup à celle de la clubione soyeuse. Pendant le rigoureux hiver de 1850, Walckenaer en trouva avec leurs cocons, qui sont aplatis ronds, d’un brun jaunâtre et entourés d’une bourre très-blanche. Clerck a gardé de ces cocons qui contenaient cent œufs non agglutinés entre eux. Les jeunes ont éclos vers la fin de juillet. Panzer ayant enfermé un individu de cette espèce dans une boîte, au mois de novembre, l’en retira au mois de mars suivant, bien portant, quoiqu'il n’eût pris aucune nourriture pendant cet intervalle : c’est à cause de ce fait qu'il lui donna le nom de sobre. |
L’artame grise ou disparate (philodromus dispar, Walck.), est de moitié plus petite, son corps est également déprimé; sa couleur est un gris terne assez uniforme; ses pattes, quoique longues, le sont moins que celles du jejunus, elles sont également annelées de petits cercles bruns.
Elle est tout aussi commune, et se trouve fréquemment dans les jardins de Paris. Elle court avec rapidité après sa proie.
Pour passer l'hiver, elle se réfugie sous l'écorce des arbres, et s’enferme dans une cellule de soie blanche, ou bien encore, elles’enfonce dans les trous des vieux murs, où, grâce à sa petite taille, elle pénètre, et se cache entre les couches épaisses de bourre soyeuse, dont l’amaurobie atroce s’entoure comme d’un maillot.
2° Trigu. THOMISIENS.
Corps cancériforme, très-élargi, déprimé ef court, — yeux inégaux et étalés, — démarche toujours latérale, — pattes très-inégales, dépourvues de pelotes onguiculaires.
Cette tribu comprend les genres : Monaste, délène, arkys, æystique, thomise, phrynoïde, oxyptile, éripe.
83° GENRE. MONASTE, Monastes. Lucas.
(uôvos, seul; asrèc, habitant.)
Yeux, peu inégaux, sur deux lignes, l’antérieure droite, la postérieure courbe ; les yeux latéraux sont élevés sur des mamelons.
Lèvre, allongée, étroite, rétrécie dans son milieu, pointue à son extrémité.
Mächoires, allongées, larges et arrondies à leur base, se touchant à leur extrémité, qui est étroite et également arrondie.
Corselet, étroit, légèrement bombé.
Abdomen, allongé et effilé, trois fois plus long que le corselet.
Pattes, fines et allongées, les deux paires antérieures de beaucoup plus longues que les deux postérieures. La troisième paire est la plus courte; — griffes pectinées.
Couleur, fauve ou roussâtre, uniforme ou finement ponctuée.
Taille, moyenne, atteignant 1 centimètre.
Patrie, ce genre est propre à l'Algérie.
Habitudes, aranéides très-agiles; se tenant sur les branches, les pattes étendues dans le sens de la longueur.
ESPÈCES
M. paradoxe, M. paradoxa, Lucas, Algérie.
M. lapidaire, M. lapidaria, Lucas, Algérie,
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Ce genre a été découvert en Algérie par M. Lucas; il a été décrit et figuré pour la première fois par cet entomologiste, dans son Exploration scientifique de L Algérie ; 11 est intéressant, parce qu'il tient à la fois des thomises et des philodrômes, et qu'il est une véritable liaison entre les deux tribus des araignées latérigrades. L'ensemble de ses formes, son corps allongé, presque filiforme, ses pattes fines et longues, ses mâchoires même étroites et grèles, sembleraient le placer dans la grande division des philodrômes, si les yeux n'étaient ceux des thomises, et si les deux paires de pattes postérieures n’étaient beaucoup plus courtes que les antérieures.
Ces deux aranéides présentent quelques particularités singulières dans leur organisation : ainsi, leur abdomen se prolonge au delà des filières en une sorte de queue plissée et recourbée, leurs yeux, au lieu d’être groupés sur un front, sont placés au milieu de la face dorsale du corselet.
M. Lucas rapporte que les monastes sont très-vives, qu'elles courent souvent après les insectes avec une rapidité surprenante, et qu’elles sont arboricoles ; il les a trouvées sur les branches des arbres, les pattes étendues dans le sens de la longueur, les quatre grandes antérieures portées en avant et les quatre postérieures rejetées en arrière.